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Situation de Camille 

Temps de lecture : 6 minutes

Cet article est une étude de cas en lien avec le dossier « Penser l'exclusion d'un élève ».

Camille casse les  crayons, lance sa chaise, frappe sans pouvoir l’expliquer. Il répond à l’enseignant, l’insulte, se moque de lui. Il part dans des colères violentes, fait du mal et se fait mal. Il menace verbalement et physiquement. Camille a le même comportement à la récréation.
 
Constat – analyse de l’enseignant :
- Camille supporte difficilement la relation avec les autres.
- Quand il est en crise, il n’entend personne et quand il se calme, il a du mal à se souvenir de ses actes. Il ne peut pas en parler.
- Il porte atteinte aux biens et aux personnes. Il se met en danger. Il met les autres élèves en danger. 
- Les enseignants peuvent ressentir un sentiment d’inquiétude et de désarroi.
 
Que faire ?
 
1. En cas de crise violente, l’urgence est de mettre en sécurité l’enfant et de protéger les autres. Si possible, appeler les parents de l’enfant pour qu’ils viennent le chercher.
 
2. Prévoir un temps de travail en équipe afin de :
- verbaliser le ressenti, constater que le seuil de tolérance n’est pas le même pour tous, partager les observations et les façons de réagir
- repérer pour mieux les prendre en compte les éléments déclencheurs des crises (moments, mieux, activités, personnes, …)
- analyser et rechercher des dispositifs d’aide en interne : trouver des gestes qui apaisent (main sur l’épaule, regard, …), aménager la récréation, envisager le changement temporaire de classe, …
- aménager les temps d’apprentissage
- faire appel à d’autres professionnels : psychologue de l’éducation, médecin scolaire
- identifier éventuellement les besoins en formation pour compléter les connaissances et adapter les façon de réagir
 
3. Recevoir la famille
- évoquer les faits vécus à l’école
- recueillir leur avis, constater s’il y a similitude de comportement à l’école et à la maison ou non, …
 
4. Prévoir une réunion d’équipe éducative
- s’interroger comment aider l’enfant, faire le point sur les dispositifs d’aide mis en place, évoquer les autres aides possibles
- croiser les avis de tous les professionnels concernés
- établir une « fiche de progrès » qui repose sur quelques items (3 ou 4 attitudes) définis collectivement avec les parents, leur enfant, l’enseignant, le chef d’établissement.
 
5. Si rien ne change au fil du temps
Une nouvelle équipe éducative est nécessaire, elle peut envisager : une information préoccupante, une saisine de la MDPH (MDA dans certains départements), un aménagement de l’emploi du temps avec une scolarisation partielle (information IEN), une remise temporaire à la famille (information IEN).
 
6. Si aucune amélioration n’a pu être observée chez l’élève (période au moins d’un mois), une décision de changement d’école peut être envisagée voire nécessaire, en accompagnant la famille. En effet, un changement d’école pour l’enfant lui permettra de rencontrer d’autres adultes et d’autres enfants qui ne le connaissent pas. Une relation éducative nouvelle pourra se construire. (cf. circulaire n°2014-088 du 9-7-2015
NB : dans l’Enseignement catholique sous contrat, c’est le chef d’établissement qui est responsable de l’inscription et de la radiation d’un élève.