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Les statues dans nos églises

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Les statues dans nos églises

Une visite dans une église ou une chapelle avec des élèves peut constituer un moment de découverte de la richesse de notre patrimoine. Arrêtons-nous sur les statues qui ornent nos édifices. Apprenons à reconnaître les saints.

Histoire du culte des saints

Pour mieux comprendre cette richesse de la statuaire, il est nécessaire de situer le culte des saints dans la religion catholique.
En Occident, dès le 3ème siècle, les chrétiens prennent l’habitude de se réunir près de tombes des martyrs ou sur les lieux de leur supplice. Très rapidement ces martyrs deviennent des modèles et les évêques favorisent le culte de ces saints en invitant les fidèles à solliciter leur intercession auprès de Dieu.
Dès le 4ème siècle, on se met à vénérer leurs reliques (corps, fragments de corps, morceaux d’étoffe, etc.) et on construit des église dédiées au saint martyr. En cas de danger (épidémie, famine, etc.) on promène les reliques en procession.
Et puis très vite ce culte s’étend bien au-delà du lieu où ils sont morts. On met des villes, des points géographiques sous leur patronage. Et bientôt, on ne se contente pas de vénérer les martyrs ; moines évangélisateurs, vierges ou veuves consacrées, ascètes, maîtres à penser sont aussi déclarés saints. La Vierge Marie est vénérée dès les 4ème et 5ème siècles.
Vers le milieu du 4ème siècle, apparaissent les premières vies de saints, puis les calendriers qui sont à l’origine du martyrologe (fin du 6ème siècle).
A la fin du Moyen-âge, le culte des saints va connaître un grand développement issu de la conjonction de deux mouvements : l’Église propose, d’une part, l’exemple des saints comme modèle de vie chrétienne et les fidèles sont, d’autre part, désireux d’invoquer une protection dont l’efficacité a été démontrée par des miracles. C’est à cette époque que l’on voit apparaître tous les saints guérisseurs dont nous découvrons encore les noms dans nos églises et chapelles. Citons par exemple pour la Bretagne Saint Roch et Saint Sébastien jadis invoqués en temps de peste, Saint Mamert qui soigne les maux de ventre, Saint Yvertin, les maux de tête, Sainte Apolline, les maux de dents, Saint Méen, les troubles de l'esprit.
Au 16ème siècle, les protestants rejetèrent le culte des saints considérant que ce culte s’oppose au fait que le Christ est le seul médiateur entre Dieu et les hommes.

Les statues qui ornent nos églises sont le reflet de ce culte des saints à travers les siècles. Certes, beaucoup ont souffert de l’outrage des ans, de la période révolutionnaire et ont disparu. Mais il existe encore de nombreuses statues très anciennes et au 19ème siècle de nouveaux saints canonisés par l’Église sont vénérés par les fidèles : citons, par exemple, le curé d’Ars ou sainte Thérèse de Lisieux dont on trouve des représentations statuaires en de nombreuses églises.

De quelques saints et de la manière de les identifier

Les apôtres
La série des douze apôtres est un thème souvent traité dans les églises. Il est donc intéressant de voir comment il est possible d’identifier chacun d’eux.
On pourra y arriver grâce à l'attribut qui rappelle un trait de sa vie et souvent l'instrument de son martyre :
Pierre : une ou deux clés ; la croix renversée (il avait désiré être crucifié la tête en bas) ; le coq du reniement ; la croix papale.
André (frère de Pierre) : une croix en X.
Jean (frère de Jacques le Majeur) : un aigle ; une coupe empoisonnée par laquelle on voulut le faire périr (et non un calice, comme on le croit parfois).
Jacques le Majeur : le bourdon des pèlerins de Galice ; le chapeau à coquilles.
Thomas : une équerre (par allusion à son métier d'architecte) ; une lance (en souvenir de son martyre) ; la ceinture de la Vierge que celle-ci lui jeta du Paradis pour le convaincre de son Assomption.
Jacques le Mineur (cousin du Christ) : une massue ou un bâton de foulon dont on l'assomma à Jérusalem.
Philippe : une croix pourvue d'une longue hampe par laquelle il exorcisa un dragon.
Barthélémy ou Bartholomé : le couteau avec lequel il fut écorché vif.
Matthieu : une bourse (en souvenir de son état de percepteur) ; une hache ou une hallebarde.
Simon : la scie qui servit à son supplice.
Jude, surnommé Thaddée (frère de Jacques le Mineur) : une massue ou une hallebarde.
Matthias : une hache.
Aux apôtres se joignent parfois Saint Paul, avec l'épée qui servit à sa décollation et, très rarement, Judas, ordinairement figuré de profil par crainte du mauvais œil.
Lorsqu’il s’agit de la série des douze apôtres, à leur tête on trouve souvent Jésus qui préside le cortège, globe du monde en main.
Parfois, plus simplement, les apôtres sont identifiables grâce à leur nom inscrit sur le socle.

Les quatre évangélistes
Ils sont identifiables grâce à des symboles empruntés à l'Apocalypse :
- Marc : le lion.
- Matthieu : le visage d'homme.
- Jean : l'aigle.
- Luc : le bœuf.

Les saints de l'Église universelle
Nous nous contenterons de citer quelques-uns d’entre eux, ceux que l’on trouve le plus fréquemment dans nos églises.

- St Christophe : il porte l'enfant Jésus (c’est l’occasion de retrouver la légende de ce saint)
- St Sébastien : ligoté au poteau, transpercé de flèches.
- St Roch : en costume de pèlerin, avec un bubon sur la cuisse.
(Ces deux derniers saints sont souvent représentés dans les églises : en effet, ils étaient invoqués en cas de peste et nous savons que les épidémies de peste ont été fréquentes au cours des siècles)
- St Adrien : en militaire, avec une épée (patron des soldats).
- St Antoine, ermite : ce moine protège contre la mort et la maladie, et on l’implore pour la protection des porcs.
- Sts Côme et Damien : médecins reconnaissables à leur toque et souvent avec un vase de médicament.
- Ste Barbe : reconnaissable à la tour de son supplice et à la palme du martyre, avec un livre.
- Ste Catherine, couronnée, elle porte une roue et une épée, ainsi qu'un livre, symbole de sa science théologique.
- Ste Marguerite : protectrice des accouchements, figurée avec un dragon.
- Ste Apolline : brûlée vive après avoir eu les dents arrachées, protège contre les maladies des dents.
- Ste Geneviève : quenouille en main, avec un livre et un cierge.
- St Martin : à cheval, souvent représenté coupant son manteau pour le remettre à un pauvre.
- St Georges : à cheval, terrassant un dragon.
- St Hubert : avec un cerf (patron des chasseurs).
- St Gilles : en ermite, avec une biche.
- St Nicolas : et les trois enfants dans un baquet.
- St Eloi : avec un cheval, patron des orfèvres, des forgerons, des maréchaux-ferrants.
- St Laurent : jeune, vêtu en diacre, tenant un livre, ou le gril de son supplice.
- St Fiacre : en moine, tenant une bêche et un livre, protecteur des travaux des champs.
- St Isidore : avec la pioche et la houe.
- St Dominique, associé à sainte Catherine et saint Fiacre, avec un rosaire.

Les saints bretons
Ce sont d'abord les sept saints fondateurs des évêchés armoricains ou pères de la patrie :
- St Patern (Vannes).
- St Corentin (Quimper) avec un poisson.
- St Brieuc
- St Tugdual (Tréguier), avec tiare et croix triple.
- St Samson (Dol)
- St Malo
- St Pol Aurélien (St-Pol-de-Léon), tenant en laisse le monstre qu'il rendit inoffensif en lui faisant un collier de son étole.
Ensuite :
- St Hervé : aveugle, en ermite, drapé d'un manteau grossier, avec un bonnet et tenant un grand bâton.
- St Ronan : en évêque.
- St Herbot : patron des bêtes à cornes, souvent représenté accompagné d'un bovin.
- St Yves : patron des avocats, exemple et témoin de la vertu d'équité entre deux justiciables, le pauvre et le riche.
- Ste Anne : rarement seule (elle est alors assise, un livre sur les genoux), elle tient le plus souvent dans ses bras sa fille Marie, aux cheveux longs ; ou encore assise, la Vierge debout à côté d'elle, épelant dans un livre. Très souvent le groupe comporte l'enfant Jésus. Le culte de sainte Anne, épouse de Joachim, mère de la Vierge, succéda à celui de la déesse celtique Ane.

(NDLR : Si vous voulez enrichir cet article en parlant des saints de votre région, nous sommes preneurs)

Que faire avec les enfants ?

Vivre une sortie découverte dans l’église paroissiale ou dans une chapelle.

Voici quelques aspects pratiques pour une telle sortie :
• Prendre contact avec le prêtre responsable de la paroisse ou la personne qui pourra vous ouvrir les portes et vous accueillir.
• Munir les enfants de planches à dessin garnies de feuilles pour croquis, ou encore d'appareils photos numériques.
• S'assurer le concours de personnes ressources compétentes et pédagogues. Prévoir avec elles le déroulement de la sortie.
• Réunir une documentation sur le sujet : dépliant sur l’église, informations recueillies sur le net…
• Prévoir l'observation en grands groupes, en petits groupes (avec accompagnateur) dans une église suffisamment éclairée.
• Garder des traces : fichier, recueil de croquis ou de photos.

Et au retour en classe :

Se donner un temps pour s’interroger sur ce qu'est un saint ?


• Accueillir l'expression des enfants : une palette d'expressions traduisant dans le désordre l'idée approximative : quelqu'un qui est parfait ; qui fait des choses extraordinaires ; que l'on prie ; qui aime Dieu ; qui est mort ; etc.
On mettra en évidence que la sainteté c'est :
Accueillir la Parole et le Don de Dieu : quelle(s) parole(s) traverse(nt) la vie de tel saint et éclaire(nt) les actions menées ?
Se mettre en route : on n'est pas saint par enchantement. On le devient un plus chaque jour à condition d'accueillir la Parole de Dieu et les autres.

• Découvrir un témoin pour aujourd’hui : Raoul Follereau ; Charles de Foucauld ; Jean XXIII ; Mgr Romero ou encore Mère Téresa...

Élaborer une fiche sur chaque saint
à partir des photos, croquis recueillis lors de la visite et à partir des informations fournies. Il sera également possible d’élargir en incluant le saint patron de l’école.

° On s'aidera d'albums ou de revues :
- Les chercheurs de Dieu, éd. Centurion/Grain de soleil
- Les grandes heures des chrétiens, éd. Fleurus/Univers Média.
- Grain de soleil.

° Pour connaître la vie réelle ou légendaire de quelques saints, voir :
- Théo, p. 45-133.
- Le livre d'or des saints de Bretagne, J. Chardronnet, Ed. Coop. Breizh.
- La légende dorée, Jacques de Voragine, Ed. Garnier-Flammarion (2 volumes, poche)

Quelques locutions ou expressions populaires :
Avoir la patience d'un saint : avoir beaucoup de patience.
Prêcher pour son saint : louer ou conseiller quelque chose en visant son intérêt personnel.
Une sainte-nitouche : personne qui affecte l'innocence ou la piété.
Ne plus savoir à quel saint se vouer : avoir perdu toute ressource.
A la saint-glinglin: dans un temps indéterminé.
Se donner des airs de petit saint : se dit d'un hypocrite.
Le saint-frusquin : ce qu'on a d'argent et d'objets... Après une énumération : et tout le reste.
Une sainte colère : une colère moralement justifiée.
La sainte-touche : le jour de la paie.
Comme on connaît ses saints, on les honore : traiter chacun selon ses mérites...
Il vaut mieux s'adresser à Dieu qu'à ses saints : il vaut mieux avoir affaire au maître qu'à ses subalternes.

Et si on célébrait les saints à l’issue de la visite ?
Préparation :
- Un grand panneau décoré d'images représentant des saints de partout et de toujours disposées en rond ou en ovale (photos, dessins,...) ; laisser vide la partie centrale.
- Un carton avec le prénom de chaque enfant.

Déroulement :

Chant (pour entrer dans un temps différent de celui de la visite).
Un refrain tel que "Jour de fête, jour de joie, le Seigneur nous invite, Jour de fête, jour de joie, alléluia ! " (Noël Colombier).

Temps de partage sur les saints qui ont été découverts. On vivra ce temps en procession dans l’église.

On demande aux enfants de dire le nom du saint et un mot sur leur découverte.
Après ce temps de partage, écoute de la Parole, par exemple le court passage suivant extrait de l'Apocalypse (Ap 7, 8-12)
J'ai vu plein de monde, une foule immense, tellement grande que personne ne pourrait la compter !
Il y a des gens de partout, de tous les pays, de toutes les couleurs.
Ils chantent : Gloire à Dieu ! Alleluia !

L’animateur peut ajouter : "Parmi cette foule dont on vient de parler, parmi les personnes que nous avons citées en visitant l'église, parmi d'autres qui vivent aujourd'hui en amis de Dieu, il y en a qu'on appelle Saints parce que leur vie nous montre comment aimer Dieu..."

Refrain :
Chantons notre joie, Dieu nous aime, Dieu nous aime,
Chantons notre joie, Dieu nous aime toi et moi.
(Noël Colombier)

Tout le monde se rassemble devant le panneau ; un animateur montre les saints dont on vient de parler, éventuellement les saints patrons des enfants.
On explique que les saints ne sont pas seulement des personnages du passé et pas tellement des gens extraordinaires : Dieu nous appelle à être nous-mêmes saints en acceptant l'amour qu'il nous offre. Les enfants viennent coller leur carton avec leur prénom sur le panneau

Prière : une courte prière dite par l’animateur
Chant : pour conclure cette célébration
Des millions d'hommes et de femmes
Ont pris la route d'Abraham.
Ils viennent de la nuit des temps
Ils sont le peuple des croyants.

2 - Les pas des apôtres
Nous conduisent vers toi,
Notre Dieu, notre Dieu !
Comme Matthieu, Paul et André,
Nous sommes bâtisseurs de ton royaume !

3 - Les saints de l'Église
Nous affament de toi,
Notre Dieu, notre Dieu !
Comme Thérèse, ou Augustin,
Nous sommes les témoins de ton royaume !