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Le sens des textes de la messe

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Le sens des textes de la messe

Un arrêt sur les textes, dits ou chantés, qui s’égrènent tout au long de la liturgie de la messe pour redécouvrir la richesse de la célébration eucharistique.

Le rite pénitentiel

Il se situe au début de la messe, après le salut du célébrant à l’assemblée, et est, de la part de tous, un appel à la miséricorde divine : les rendez-vous avec le Dieu vivant ne s’improvisent pas et avant tout je me reconnais pécheur devant Dieu, devant mes frères. L’acte pénitentiel peut revêtir trois formes :
-"Je confesse à Dieu" : on l’appelle encore le confiteor (avouer, reconnaître), le premier mot qui débute ce texte en latin. Par cette prière, le chrétien se reconnaît devant Dieu pécheur vis-à-vis de lui et vis-à-vis des hommes et il sollicite son pardon.
- L’aspersion (on dit encore l’asperges, mot latin signifiant "répandre vers ou sur"). Ce rite qui consiste à lancer sur les fidèles à l’aide d’un goupillon quelques gouttes d’eau préalablement bénite par le célébrant est une invitation pour chacun à regretter ses fautes et à actualiser son baptême. Souvent elle tient lieu de préparation pénitentielle durant les célébrations eucharistiques du temps de Pâques.
- Le Kyrie : c’est une acclamation grecque qui se traduit par "Seigneur, prends pitié". On la trouve tout au long de la Bible et en particulier dans les psaumes ("Pitié pour moi, Seigneur" dans les psaumes 4, 6, 14, 25, etc...) et dans les évangiles : c’est le cri de la Cananéenne
(Mat.15, 22 ) ou des aveugles sur la route de Jéricho (Mat. 20, 30).


Le Gloire à Dieu
Il s’agit d’une très vieille hymne, aussi appelée "cantique des anges", que l’on chante au début de la messe sauf pendant l’Avent et le Carême. Dès le IVe siècle, elle faisait partie de la prière du matin en Orient, mais on n’en connaît ni l’auteur ni la date de composition.
Là encore, nous utilisons pour désigner cette hymne le mot latin "Gloria" qui veut dire Gloire. Ces premiers mots nous renvoient à l’évangile de la Nativité où les anges annoncent la nouvelle de la naissance de Jésus aux bergers : "Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu’il aime". (Luc 2, 13-14)

La profession de foi ou Credo
Elle vient en réponse à la Parole de Dieu que les fidèles viennent d’écouter dans l’Évangile : le chrétien proclame sa foi en récitant ou en chantant l’un des deux symboles de foi proposés par l’Église : le symbole des apôtres ou le symbole de Nicée-Constantinople.
- Le symbole des apôtres est le plus ancien. Lui-même synthèse de formulaires antérieurs, il a vu le jour au IIe siècle et a pris sa forme actuelle au VIe siècle ; c’est avant tout une profession de foi ramenée à l’essentiel. Il est une des prières de base du chrétien.
- Le symbole de Nicée : ce texte a été adopté par le concile qui s’est tenu dans cette ville d’Asie Mineure en 325. Il s’agissait alors de réfuter l’hérésie arienne niant la divinité de Jésus-Christ. Les évêques ont jugé alors nécessaire de reprendre dans une profession de foi unique les affirmations déjà existantes dans les symboles de foi antérieurs et aussi celles que le concile venait d’adopter : le Christ est de même nature que le Père. En 381, le concile de Constantinople viendra compléter ce texte en affirmant la divinité de l’Esprit.
- Au cours des dimanches qui suivent la fête de Pâques ou lors d’un baptême, la liturgie fait appel au symbole de foi de la nuit pascale : aux questions du prêtre reprenant les affirmations du symbole des apôtres, chacun répond "Je crois".

Le Sanctus (mot latin signifiant "Saint")
C’est un chant en l’honneur de la grandeur et de la sainteté de Dieu. Il fait suite à ce qu’on appelle la préface (texte d’action de grâces et de louange) et ouvre la prière eucharistique au cours de laquelle sont consacrés le pain et le vin.
Cette acclamation au Dieu trois fois Saint est reprise à la vision inaugurale du prophète Isaïe, qui entendit les séraphins se crier l’un à l’autre : "Saint, saint, saint est Yahvé Sabaoth, sa Gloire emplit toute la terre" (6, 3). La formule qui suit : "Hosanna au plus haut des cieux. Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur. Hosanna au plus haut des cieux" est l’acclamation des Juifs à Jérusalem, lors de l’entrée messianique de Jésus, au jour des Rameaux (cf. Mt 21, 9 et parallèles).

L’anamnèse
Un mot bien étrange et qui ne rentre pas dans notre vocabulaire habituel. Il vient du grec "anamnesis" qui signifie souvenir. Il désigne la prière qui suit immédiatement la consécration et par laquelle, en quelques mots, nous rendons présents les principaux mystères de la vie du Christ en nous les remettant en mémoire : il est mort, il est ressuscité, il est présent et nous attendons sa venue.

L’agneau de Dieu
Cette triple acclamation chantée au Christ au moment de la fraction, à la messe, n’est que la reprise d’une invocation qui se trouve littéralement dans le chant du Gloria : "Agneau de Dieu, qui enlèves le péché du monde, prends pitié de nous" (la troisième fois, on demande : "donne-nous la paix"). La formule trouve son origine dans la désignation de Jean-Baptiste, au moment du baptême de Jésus dans le Jourdain : "Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde" (Jean 1, 29).
Au-delà, elle évoque le sacrifice du Serviteur souffrant, tel que le prophète Isaïe l’a décrit à l’avance en prenant l’image de l’agneau que l’on conduit à l’abattoir (53, 4.6.7). Son insertion dans la messe romaine remonte au VIIe siècle.

"Seigneur, je ne suis pas digne"
Un peu avant la communion, le prêtre montre le Corps du Christ et dit de nouveau : "Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde". Et les fidèles de répondre : "Seigneur je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole et je serai guéri". Cette réponse rejoint
celle du centurion de Capharnaüm demandant à Jésus la guérison de son enfant atteint de paralysie (Matthieu 8, 5-12).


Le rite du renvoi
C’est la conclusion de la messe avec le salut du prêtre et sa bénédiction, ainsi que la formule du congé donné à l’assemblée ; celle-ci exprime alors son action de grâces. La bénédiction que le prêtre donne à l’assemblée exprime et procure la protection de la Trinité ; le signe de croix manifeste que les dons d’en-haut proviennent toujours de la Croix du Christ.