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La messe expliquée aux enfants : notre corps en action

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La messe expliquée aux enfants : notre corps en action

Quand nous participons à la messe, nous sommes invités à accomplir un certain nombre de gestes rituels brefs dont trop souvent la signification peut nous échapper. Découvrons ensemble ces gestes.

En effet c’est avec notre cœur, notre esprit mais aussi notre corps que nous manifestons notre foi. Trop souvent le sens des gestes que nous effectuons au cours de l’Eucharistie nous échappe, alors essayons de mieux comprendre.

Les positions de notre corps :
- Debout : la position debout est une marque de respect vis-à-vis de quelqu’un et en même temps c’est une attitude d’éveil à la parole de celui devant qui on se met debout : "Je suis prêt à recevoir ta parole". Cela veut dire qu’il est important de prendre une véritable station debout : bien droit sur les jambes, en évitant de plier le genou avec indolence. Pour le Notre Père, on ajoute, à cette position debout, les bras déployés pour mieux signifier la dimension du regard vers le Père qui est aux cieux.
- Assis : c’est l’attitude du repos, de la quiétude, de la détente du corps. On notera la racine hébraïque du mot (hesychia : être assis) qui signifie se tenir calme, immobile. Là encore, une attitude "assis" doit signifier une véritable maîtrise de soi, le dos bien droit, les bras posés sur les genoux.
- A genoux : deux gestes existent dans la liturgie : s’agenouiller et faire une génuflexion.
L’agenouillement manifeste une attitude de pénitence, un regret d’avoir peiné quelqu’un. Cela peut aller jusqu’à la prosternation (on parle de "métanie" - la métanoia, c’est-à-dire la conversion du cœur). En nous abaissant devant Dieu, nous reconnaissons notre petitesse (la racine du mot humilité rejoint le mot humus).
La génuflexion est une sorte d’agenouillement bref. Elle est née au Moyen Age de la belle réaction de ceux qui ne voulaient pas faire moins devant leur Seigneur Jésus que devant le seigneur du lieu. Aujourd’hui, elle est souvent remplacée par l’inclination profonde de tout le buste et non seulement de la tête. N’oublions pas que cela veut dire que nous reconnaissons que nous sommes en présence de quelqu’un de plus grand que nous.
- S’incliner : au cours de l’Eucharistie, nous prenons cette attitude en de nombreuses occasions manifestant ainsi que notre corps participe pleinement à la prière.
* Au signe de croix, au début et à la fin.
* A la proclamation du symbole des Apôtres quand nous disons "Par l’Esprit Saint il a pris chair de la Vierge Marie et s’est fait homme", honorant ainsi l’incarnation du Seigneur par laquelle s’inaugure le mystère du Salut.
* Durant la formule du pardon à la fin de la prière pénitentielle.
* Après l’élévation de l’hostie et de la coupe, mais pas pendant que le prêtre élève l’hostie ou le calice (l’élévation fut inventée au 13ème siècle pour que l’hostie soit vue et adorée, alors regardons avant de nous incliner).

Les positions des mains : en plus du signe de la croix ou du geste de paix, notons trois gestes impliquant nos mains au cours de la messe :
- Les mains jointes : c’est un geste de supplication, on implore quelqu’un et en même temps en joignant ainsi les mains nous unifions notre corps.
- Les mains tendues pour recevoir l’hostie : nos deux mains se croisent en forme de croix pour recevoir comme sur un trône le corps du Christ.
- Les mains levées pour le Notre Père : mains levées pour louer, pour glorifier.

Se frapper la poitrine
Trois fois, nous effectuons ce geste :
- à la demande de pardon au début de l’eucharistie : un geste de désignation, manifestant que l’on reconnaît publiquement que l’on est pêcheur,
- au chant de l’Agneau de Dieu,
- puis juste avant la communion : "Seigneur, je ne suis pas digne…".
La poitrine est le lieu vital du cœur et du souffle. Le cœur est le lieu de la présence de Dieu en l’homme. En se frappant la poitrine, nous pouvons symboliser le Seigneur qui se tient à notre porte et qui frappe : "Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui et je dînerai avec lui et lui avec moi" (Apocalypse 3, 19).

Le geste de paix
Voilà un geste qui n’est pas toujours bien compris. Repérons la phrase dite par le prêtre : "Dans la charité du Christ, donnez-vous la paix". En effet ce n’est pas notre paix que nous nous donnons, mais la paix du Christ : cette paix que le Seigneur donne à ses disciples le soir de Pâques, nous nous la donnons pour la semaine qui vient. Pour mieux signifier, on peut se donner cette paix des deux mains la distinguant mieux du simple bonjour donné dans la rue.

Le signe de croix
Le signe de croix est le geste fondamental de la vie chrétienne, il rappelle notre baptême où fut tracé pour la première fois ce signe sur notre front par le prêtre.

Son histoire : au début ce fut une marque tracée avec le pouce sur le front. Puis vers le 11ème siècle, le signe de croix se fait du front à la poitrine et d’une épaule à l’autre. En Orient, les chrétiens se signent encore avec le pouce, l’index et le majeur réunis (rappel de la Trinité), les deux doigts restants symbolisant les deux natures du Christ, Homme et Dieu. Et ils se signent de droite à gauche. Le signe de croix est fait "au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit" : le calme du tracé et du débit des paroles prononcées permet de donner à ce signe tout son poids pascal. Pour encore mieux marquer le lien avec le baptême, nous sommes invités parfois à nous signer avec de l’eau, rappel de notre ensevelissement dans la mort du Christ.

Au cours de la messe, trois temps où nous sommes invités à nous signer :
- Au début de la célébration
- A la fin lorsque le prêtre nous donne la bénédiction (il est justement intéressant de noter que ce signe de croix encadre la messe puisque nous l’effectuons au début et à la fin)
- Avant l’écoute de l’Évangile, où nous nous signons avec le pouce sur le front, la bouche et le cœur : "Que cet Évangile pénètre mon intelligence pour que je le comprenne, ma bouche pour que je le proclame et mon cœur pour que je l’aime".

Pour prier avec le signe de la Croix
La croix est le symbole de reconnaissance des chrétiens. Au baptême, le prêtre en trace le signe sur le front de l'enfant. Le signe de croix marque le début de la prière, mais on le fait souvent sans réfléchir. Mgr Christophe Dufour propose à des jeunes de le méditer et de le prier.

1. Au nom du Père
Je regarde ma main se lever vers le haut pour dessiner sur mon front le signe de ma foi. Un mouvement de bas en haut qui élève mon cœur vers Dieu, le Très-Haut, l'Éternel. Je dis Dieu et me reconnais fils de Dieu. Je balbutie ma foi devant l'invisible.
Prière :
Toi qui es depuis le commencement,
toi qui crées, toi qui es aux cieux,
je te salue, tu es Père, notre Père !

Cette prière, je l'écrirai sur mon front, je la dirai aussi bien debout ou à genoux, soir ou matin, assis ou couché, seul ou avec d'autres, dans le silence ou en chantant.

2. Au nom du Fils
La main descend et touche le ventre. Elle dessine le mouvement d'un Dieu qui se fait chair. Dieu descend du ciel et se laisse porter par les entrailles d'une mère. Il vient habiter parmi les siens. Il dit l'Amour. Dans le Fils, le Père a mis tout son Amour. Pour le révéler, il livre son corps, il donne son sang. Dieu se laisse toucher, contempler dans le visage d'un homme qui a vécu jusqu'au bout de l'amour.
Prière :
Tu n'es pas resté loin de moi,
Dieu, tu es proche, toi mon frère.
Ton regard d'Amour divin,
tu me le dis par un frère de ma chair.
Vrai Dieu et vrai homme.


3. Au nom du Saint Esprit
Côté cœur, la main remonte vers l'épaule. Le mouvement sera désormais horizontal. La foi n'est pas à vivre seulement à regarder le ciel, elle invite à regarder autour de soi, par-dessus l'épaule. Pour vivre l'amour des frères, Dieu me donne son Esprit.
Prière :
Tu es vent d'Amour et tu souffles la paix.
Comme l'huile, tu pénètres mon cœur et le sanctifies.
Tu m'ouvres à la vérité des paroles de Jésus,
la vérité tout entière.
Tu es communion d'Amour. Viens Esprit Saint !


4. Amen
C'est le oui qui engage. Je le marque sur mon épaule droite pour dire que j'accepte de porter la croix du Christ et la vie de mes frères. Je dis oui à mon baptême qui a fait de moi un fils du Père. Je dis oui à l'Amour, du fond de mon cœur où habite l'Esprit. "Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit..." je n'aurai jamais fini de dire AMEN !

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