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La messe expliquée aux enfants : les objets de la messe

Temps de lecture : 13 minutes

En allant à l'église, regardons autour de nous et cherchons à désigner et à comprendre la place des objets de la messe.

Les lieux : il y en a quatre essentiels

L’autel :
ce mot prend son origine dans le latin altus, élevé. C’est la table de pierre ou de bois sur laquelle on offre à Dieu le pain et le vin, où le prêtre les consacre pour qu’ils deviennent le corps et le sang du Christ.

L’Ambon : l’origine de ce mot, le grec anabaïnen qui veut dire monter. C’est l’emplacement surélevé où montent ceux qui ont à faire une lecture pendant la messe et d’où le célébrant, le plus souvent, fait son homélie. Dans l’antiquité, c’était le lieu de la parole, réservé aux chantres et aux lecteurs.

Le siège du prêtre : c’est de cet endroit que le célébrant ouvre et clôt la messe, invite à chanter le Gloria et à proclamer la foi par le Credo. C’est là aussi qu’il se tient en silence après la communion. Ce siège symbolise sa fonction de ministre ordonné. Il est l’image du Christ qui préside à la liturgie éternelle. Pour l’évêque, on appelle aussi ce siège la cathèdre (du grec katédra, chaire), allusion à sa fonction d’enseignement. On notera que le mot cathédrale vient de là également. De plus lorsque l’évêque entre en fonction dans un diocèse, on parle d’intronisation, en référence à ce trône, à ce siège. Le prêtre, lui, est installé en référence aux stalles du choeur, là où les prêtres entourent l’évêque dans sa cathédrale.

Le tabernacle : du latin tabernaculum qui veut dire la tente. Ce mot fait référence à la tente sous laquelle, chez les Hébreux, dans le désert, était mis à l’abri l’Arche de l’Alliance qui transportait les tables de la Loi. C’était la demeure de Dieu parmi son peuple, la Tente de la rencontre, du rendez-vous. Puis une fois que le peuple fut installé en Canaan, la tente fut remplacée par le Temple construit par le roi Salomon. Et, dans nos églises, on a repris ce mot tabernacle pour désigner la petite armoire où sont conservées les hosties consacrées ("la réserve eucharistique"). Et une petite lampe à proximité désigne cette présence.

Des objets sur l’autel

Les burettes : c’est un diminutif du vieux mot français "buire" qui désignait un vase en forme de cruche, à bec et à anse. Au moment de l’offertoire, le prêtre verse dans le calice le vin et l’eau et il se sert de l’eau pour le lavement des mains.

Le calice : pour les latins, c’était le vase à boire. C’est lui qui reçoit le vin destiné à devenir le sang du Christ.

La patène (du latin patena, plat creux) : c’est le plat de forme circulaire et concave destiné à recevoir l’hostie. Souvent elle est faite en métal précieux et assortie au calice.

Le ciboire : l’origine du mot est intéressante : le mot grec kiborion qui désigne le fruit du nénuphar d’Égypte et le mot latin ciborium désignant une coupe ayant la forme de ce fruit !
C’est le vase qui contient les hosties consacrées avec un couvercle surmonté d’une croix.

Du linge aussi sur l’autel

La nappe
qui, comme lors d’un repas familial, recouvre la table, l’autel.

Le corporal (de corpus, corps) : c’est le linge blanc que le prêtre pose sur la nappe d’autel au début de l’offertoire et sur lequel il place le calice et la patène. On l’appelle ainsi car autrefois on y posait directement l’hostie, le corps du Christ.

Le purificatoire : c’est le linge destiné à la purification du calice et des doigts du prêtre au moment des ablutions.

Le manuterge : c’est l’essuie-main (de manus, main et tergere, essuyer) utilisé par le prêtre au moment où il se lave les mains à l’offertoire.

D’autres objets ou meubles

Les livres :
le missel d’autel qui contient les textes de la messe et le lectionnaire avec les lectures de la Parole de Dieu.

La crédence (un mot issu du vieux français signifiant "confiance"). C’est la table où on dépose calice, patène, ciboire, etc. qui seront apportés sur l’autel au moment de l’offertoire. Autrefois, c’était la table où l’on faisait l’épreuve des mets et des boissons à servir aux seigneurs et grands de la cour. Par crainte d’empoisonnement, on goûtait ces aliments avant de pouvoir les offrir en toute confiance. Et ce mot est venu à désigner dans une maison la table où l’on dépose les plats et bouteilles nécessaires à un repas.

Le bénitier : c’est le récipient contenant l’eau bénite. Il est fixe (placé à la porte de l’église) ou portatif pour les aspersions au cours de la messe. Ces aspersions nous rappellent notre baptême.

Le goupillon (du vieux français "guipon" : balai servant à laver le plancher) : c’est ce petit manche en métal, terminé par une boule en métal creuse et percée de trous, qu’on utilise pour les aspersions en le plongeant dans le bénitier.

L’encensoir : c’est un brûle-parfum, accroché à des chaînes conçues pour pouvoir l’ouvrir ou le fermer. On y place des charbons sur lesquels on dépose de l’encens. L’encens est une résine aromatique qui brûle en dégageant une fumée odoriférante (on ajoute souvent du benjoin à la résine).

Le cierge pascal : un cierge, c’est une colonne de cire, cire produite par les abeilles. Sur la cire du cierge pascal sont inscrits des symboles en rouge : la croix ; deux lettres de l’alphabet grec : la première, l’alpha, et la dernière, l’oméga (Dieu est celui qui est, qui était et qui vient) ; les chiffres du millésime de l’année en cours.

Ce cierge, béni la nuit de Pâques, restera allumé tout le temps qui suit cette fête et il sera allumé lors des temps forts de la vie du chrétien en particulier pour le baptême.
L’hostie : ce mot vient des mots latins hostia, victime et hostire, frapper. Il désigne la victime que l’on offrait lors d’un sacrifice et qui devait être frappée, immolée avant d’être présentée à Dieu. Dans ce sens, l’hostie désignait le pain et le vin sur l’autel mais comme le pain est plus immédiatement visible que le vin contenu dans le calice, l’hostie désigne désormais le disque de pain azyme (pain sans levain) qui devient le corps du Christ.

L’ostensoir est une pièce d’orfèvrerie destinée à recevoir l’hostie consacrée, contenue dans la lunule (un diminutif de lune désignant le disque circulaire au centre de l’ostensoir), pour l’exposer à l’adoration des fidèles. L’ostensoir comporte un pied et, plus haut, un motif ornemental doré ou argenté entourant l’espace laissé libre pour l’hostie : souvent, ce motif représente le rayonnement d’un soleil. Ce mot n’a pas la même origine qu’hostie puisqu’il vient du latin ostensor : "celui qui montre", le verbe ostendere voulant dire "montrer".

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