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Le carnet d’expériences... Pourquoi ? Pour quoi ?

Temps de lecture : 7 minutes

Apparu avec les programmes 2002, quels en sont les enjeux, qu'y noter ?

Le carnet d’expériences !
Bel objet apparu dans le paysage scolaire avec les programmes de 2002.
« Tout au long du cycle (trois) les élèves tiennent un carnet d’expériences et d’observation » (BO). « Il appartient à l’élève, il est donc le lieu privilégié de l’écrit pour soi, sur lequel le maître n’intervient pas d’autorité, mais c’est aussi un outil personnel de construction d’apprentissages ». (Document d’accompagnement).

Quelles différences avec le cahier de sciences ?
N’est-ce qu’une question d’appellation ? Sans doute pas.
Le mot « carnet » mérite attention. Il évoque bien évidemment, de par son format, le caractère intime repris dans les documents d’accompagnement. Il renvoie, du point de vue des références sociales, au carnet de notes du journaliste, de l’enquêteur, du chercheur qui le gardent sur eux en permanence prêt à accueillir toutes remarques, idées, observations, schémas dont la consignation ne saurait attendre. Si l’on peut raisonnablement opter pour un format de taille supérieure, type cahier ou classeur, il convient toutefois d’en garder l’esprit. Le « carnet » d’expériences institue à lui seul l’idée que « faire des sciences à l’école » ce n’est pas, ce n’est plus seulement faire une leçon, dispenser un savoir aux plages prévues pour cela dans l’emploi du temps. C’est partir à la Découverte d’un Monde inconnu pour établir « des îlots de rationalité dans des océans d’ignorance » (Gérard Fourez). Il s’agit d’apprendre aux élèves qu'on ne sait pas tout et à ne pas s’en satisfaire.

Les enjeux citoyens
Ils sont colossaux : « … préparer les élèves, futurs citoyens, à participer de manière raisonnée aux choix politiques, économiques, sociaux, voire éthiques que notre société devra effectuer en ce début de siècle …» (Main à la pâte). Si l’école permet à chacun de ses élèves, non pas de devenir chercheur, mais d’être capable d’adopter des attitudes scientifiques raisonnables face aux problèmes qu’il rencontrera, elle n’aura pas failli à sa mission.
« L’élaboration d’écrits permet de soutenir la réflexion et d’introduire rigueur et précision dans les démarches, comme dans les argumentations ». IO Cycle 3.
Un arrêt sur image s’impose pour insister à nouveau sur la différence qu’il pourrait y avoir entre un cahier de sciences gardant mémoire du savoir et un carnet ou cahier d’expériences permettant de soutenir la réflexion.
C’est tout au long de la démarche qu’il convient de faire dire et écrire les élèves. Le langage contribue à l’élaboration de la pensée. Combien d’élèves, mais il en est de même en formation d’adultes, croyant avoir compris et trouvé la réponse à leur question se retrouvent incapables de l’énoncer dans le cadre rigoureux qui leur est imposé, ressentant alors la nécessité de retourner consulter, observer ou manipuler ? Qu’en aurait-il été s’il n’y avait pas eu, institutionnalisée, l’obligation de rendre compte ? Le « carnet » d’expérience n’est dès lors plus l’objet scolaire que l’on utilise à la fin d’un travail mais l’outil central sans lequel la recherche n’aboutit pas.
Au travers de ces deux aspects, intimité d’une part et structuration de l’autre, apparaît nettement la nécessité de distinguer...

Deux types d’écrits dans le carnet/cahier d’expériences
« Les écrits pour soi-même, les écrits pour les autres » (voir document d’application cycle trois, et document d’accompagnement cycles 1, 2 et 3).
Les mises en œuvre sont diverses mais reprennent souvent l’idée de distinguer clairement ces deux types d’écrits, par des jeux de couleurs par exemple. D’autres proposent de permettre aux élèves de disposer à la fois d’un carnet d’expériences pour les écrits en cours de démarche et d’un cahier pour la mise en forme. Une équipe de l’Ifucome a travaillé sur ces aspects il y a quelques années.
Vous pourrez trouver le fruit de leurs réflexions sur le site de La Main à la Pâte.