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La Sieste en maternelle

Temps de lecture : 21 minutes

La sieste est-elle obligatoire en maternelle ? En quelle section ? Quelle durée ? Face à ces questions il n’existe pas de réponse unique mais  plus une réflexion à mener sur l’aménagement du temps de l’enfant, pour qu’il puisse vivre une première expérience scolaire réussie.

Qu’est-ce que la sieste ?
Le mot sieste vient du latin « sexta » qui signifie « la sixième heure ». La sieste désigne ainsi le sommeil pris au milieu de journée, mais aussi toute forme de repos pris en cours de journée après le repas de midi par opposition au sommeil de la nuit.
C’est un  temps de repos, avec ou sans sommeil qui se prend après le temps de midi.
Le repos : c’est le fait  de cesser une activité  travail, exercice physique, occupation, en adoptant une position ou en prenant une activité propre à se délasser.

La réglementation
La sieste n’est pas obligatoire. Il n’y a pas de texte réglementaire ou législatif qui encadre ce temps, seules des  recommandations. Le document « pour une scolarisation réussie des tout petits souligne l’importance et le cadre de ce moment pour qu’il respecte les besoins et les rythmes biologiques des enfants tout en permettant le bon déroulement des activités de la classe.

Les textes de réflexion
- BO 2002, BO Hors série n°1 du 14 février 2002
- BO 2008, BO Hors série du 19 juin 2008
- Guide pratique des parents 2012-2013 Votre enfant à l’école maternelle.
- le document : Pour une scolarisation réussie des tout petits. Desco 2003


« L'organisation du temps respecte les besoins et les rythmes biologiques des enfants tout en permettant le bon déroulement des activités et en facilitant leur articulation. La durée des séquences est adaptée à la difficulté des situations proposées autant qu'à l'âge des enfants concernés. Les moments exigeant une attention soutenue alternent avec d'autres plus libres, les ateliers avec les regroupements, les travaux individuels avec les activités nécessitant échange ou coopération. L'accueil, les récréations, les temps de repos et de sieste, de goûter ou de restauration scolaire sont des temps d'éducation. Ils sont organisés et exploités dans cette perspective par ceux qui en ont la responsabilité. » BO 2002

Pour permettre à chaque enfant, de vivre une expérience scolaire réussie, l’école doit prendre en compte le respect des rythmes de chacun, tout en proposant un cadre pour le groupe classe.
L’école maternelle doit proscrire un temps de sieste systématique et identique pour tous, toute l’année et pour toute classe d’âge.
En revanche, un temps de repos comme défini précédemment, peut être proposé à tous les élèves, dans un souci de respect des rythmes de l’enfant et d’une articulation des activités de la classe.

Vous trouverez des réponses à des questions posées dans le document d'accompagnement des programmes de 2003  "Pour une scolarité réussie des tout-petits" , les pages indiquées font référence à ce document.

« S'il fait la sieste à l'école, il ne dormira plus le soir ? »
« Le tout-petit a besoin de nombreuses heures de sommeil (plus de douze heures quotidiennes). La sieste doit lui être proposée en début d'après-midi : il dormira le temps qui lui est nécessaire, sans que cela porte préjudice au sommeil de la nuit, contrairement à ce que croient certains parents. Un enfant fatigué au cours de la journée doit aussi pouvoir se reposer, quelle que soit l'heure. Cela suppose que l'école qui reçoit des enfants de deux ans soit équipée à cet effet. » (p. 7)
Où faire la sieste?
« Avoir une véritable salle de repos permanente proche du lieu de vie des tout-petits. » (p. 20)
« Le dortoir reste réservé au repos. » (p. 22) Ce n'est pas une salle polyvalente !
Et pour les "endormis du matin" …
« Il n'est donc pas inutile de prévoir un "coin rêverie", pour les tout-petits qui ne sont pas prêts à 8H30 ou 9H00 à entrer véritablement dans les contraintes de la vie collective et des activités scolaires. Ils peuvent trouver là le moyen de s'isoler encore un peu et même de somnoler jusqu'à ce qu'ils soient véritablement prêts à s'engager dans la journée scolaire. » (p. 24)
A quel moment ?
La sieste doit se faire aussitôt après le repas et ne pas se poursuivre trop tard dans l’après midi. Le réveil spontané est à privilégier. Réveiller un enfant dans une phase de sommeil profond ferait qu’il ne tire pas profit de sa sieste.
Un cycle de sommeil varie en fonction des enfants mais dure en moyenne entre 75 et 90 minutes. Au delà, l’enfant entame un nouveau cycle de sommeil.
Dans un exemple d'organisation, il est dit : « La sieste est intégrée au temps d'interruption des classes entre 11H30 et 13H30 (La plupart des enfants mangent au restaurant scolaire) » (p. 22). Dans un autre exemple : « 13H20 : installation pour la sieste des enfants qui ne mangent pas à la cantine. Accueil échelonné (moment important pour faire acquérir aux enfants les règles de la vie en groupe : respect des autres, calme, silence, etc.) » (p. 23)
« La sieste organisée dans l'école, pour les enfants qui ont déjeuné à la cantine, doit être située au plus près possible du repas. En effet, pendant la digestion, l'essentiel de l'activité physiologique du tout jeune enfant est détourné vers cette fonction essentielle à sa santé et il serait absurde, au même moment, de le pousser à des jeux animés ou à des courses dans la cour de récréation. Les enfants doivent avoir un "endormissement" calme, dont le rituel est parfaitement établi. Là, aussi, la maîtresse et l'ATSEM sont des éléments de référence. » (p. 25)
Dans quelle tenue ?
« Les enfants sont déshabillés (on ne dort pas avec sa robe ou son pantalon), leurs vêtements sont regroupés (dans une corbeille par exemple.) » (p. 25)
Qui surveille ?
« L’enseignant est responsable de sa classe, mais la surveillance de la sieste peut être assurée par une ATSEM libérant ainsi l'enseignant, soit pour des activités décloisonnées avec d'autres classes si tous ses élèves dorment, soit pour des ateliers ou des activités en petits groupes si une partie de ses élèves ne dort pas. Dans certains cas, l'enseignant ne peut se départir de la surveillance de la sieste. Il peut, toutefois, organiser celle-ci de manière à s'occuper à la fois de ceux qui ne dorment pas (pour des activités silencieuses et calmes) et surveiller ceux qui dorment. » (p. 25)
Il est important que l’enseignant soit disponible au moment du  réveil  des enfants.
Pour ceux qui mangent chez eux.
« Certains d'entre eux peuvent avoir besoin, au moins provisoirement, de ne pas revenir à l'école l'après-midi. Ils peuvent être repris soit par les parents, soit par une assistante maternelle qui leur permettra de mener une vie plus calme dans un milieu plus intime. Ils peuvent aussi bénéficier, hors de l'école, d'un moment de sieste plus confortable et plus long. S'ils se réveillent assez tôt, on peut imaginer qu'ils reviennent à l'école (l'heure en est déterminée avec la maîtresse). Tout est modulable dans le courant de l'année, au fur et à mesure que l'enfant grandit, et que le rythme de vie change. » (p. 25)
Il ne veut pas dormir !
« Le refus de la sieste ou de la nourriture ne sont pas en tant que tels des signes de souffrance. La sieste ne doit pas être imposée : un enfant fatigué s'endormira s'il se sent en confiance. S'il n'y parvient pas, il importe d'en informer les parents pour qu'ils en tiennent compte dans la durée de sommeil journalier dont l'enfant a besoin. » (p. 12)
Une sensibilisation des adultes sur la nécessité du sommeil régulier des enfants est importante.
La question de la sieste doit être abordée avec les familles dès le rendez-vous d’inscription, pour que parents et enseignants connaissent les réalités de vie de l’enfant.
Il veut faire "pipi" !
« Il importe que leur accès [aux lieux d'hygiène] puisse être libre et, pour les WC, que leur propreté soit régulièrement contrôlée et l'intimité de l'enfant préservée. Les passages collectifs aux toilettes sont un archaïsme qu'il convient d'éliminer rapidement. » (p. 20)
Le "doudou" ?
Le "Nounours" favori que l'on garde à l'école, le tissu serré dans sa main qu'on ne quitte pas peuvent constituer les éléments sécurisants des premières semaines d'école, le lien nécessaire pour passer d'un monde à l'autre. Une fois le monde de l'école accepté, ces objets ne seront plus nécessaires. Leur usage disparaîtra progressivement. Il va de soi que cet abandon n'est que la conséquence d'une bonne intégration dans l'école et ne saurait, en aucun cas, être obtenu par la contrainte. " (p. 12)
Et le réveil ?
« Réveil lui aussi échelonné (mêmes exigences) : mise en place dans la classe d'activités en petits groupes (langage) ou de jeux calmes (individuels ou en petits groupes) jusqu'à 14H30. » (p. 23)
« Quand ils se réveillent, ils s'habillent avec l'aide de l'ATSEM et de la maîtresse. C'est l'un des moments privilégiés pour raconter une histoire, lire un album avec un petit groupe des premiers réveillés. » (p. 25)
« Les réveils échelonnés permettent un nouvel accueil dans la classe, en général très calme. » (p. 25)
L'après-midi est trop courte !
« Les activités de l'après-midi sont souvent obérées, dans les sections de tout-petits, par un trop long temps de sieste. Ce problème peut-être facilement résolu si la sieste commence bien dès la fin du repas. Il reste alors un long après-midi qui peut être aussi riche en activités que la matinée. » (pp. 25 et 26).
Il n’est pas opportun de proposer une récréation l’après midi pour des élèves de petite section qui viennent de se lever de la sieste.

Et en moyenne section ?
L'enfant grandit. Ses besoins évoluent. Il peut toutefois y avoir des différences de rythmes suivant les enfants. Le texte ci-dessus concerne les enfants de 2 ans. Il y est dit : « La sieste ne doit pas être imposée ».
Doit-elle être proposée aux enfants de 4 ans ? C'est à l'équipe pédagogique de repérer les besoins physiologiques des enfants. Une analyse du contexte sociologique et de l'environnement est indispensable. Les enfants sont-ils dans de bonnes conditions de sommeil la nuit ? Le trajet vers l'école est-il long (conditions du ramassage scolaire) et oblige-t-il à un lever exceptionnellement matinal ? Est-ce que des activités calmes en début d'après-midi sont suffisantes pour répondre aux rythmes biologiques ? C'est toute une réflexion sur le rythme de la journée et de l'alternance des activités qui doit être effectuée.
Et d'ailleurs pourquoi ne pas prévoir aussi en moyenne section un "coin rêverie" qui donne de la souplesse pour répondre aux besoins particuliers ?

La sieste et les nouveaux rythmes scolaires

Dans le guide pratique des parents : « mon enfant à l’école maternelle » il est souligné que « la sieste est un temps nécessaire pour certains enfants, les plus jeunes surtout ; la possibilité de se reposer est proposée dans des conditions psychologiques positives et matérielles correctes »
Les petits enfants ont besoin de plus de douze heures de sommeil par jour. La sieste de l’après-midi ne compromet  pas le sommeil de la nuit. Le jeune enfant a besoin de temps de repos en début d’après-midi, des temps de repos à la carte pour chaque enfant, la sieste dès la sortie du restaurant scolaire.

Si vous voulez poursuivre, avec quelques albums :
- Bonne nuit, mon tout petit Soon Hee Jeong, Didier Jeunesse
- Le bébé qui ne voulait pas se coucher, Helen Cooper kaléidoscope
- C’est l’heure de dormir, Mireille d’Allancé Ecole des loisirs
- Dormir, moi jamais V.Bourgeau  Ecole des loisirs

Pour aller plus loin
Des dossiers proposés par les académies de Créteil et d’Orléans Tours.

Alors la sieste ? Une question d'organisation à réfléchir en fonction des contraintes et des objectifs attendus. " Bonne sieste ! "