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En marche vers Noël, cycle 3

Temps de lecture : 24 minutes

Faire découvrir aux enfants le sens de la fête de Noël, fête de la naissance de Jésus. S'attacher, à partir de la légende " Le chant des bergers ", à vivre avec les enfants les préparatifs de la fête de Noël, en centrant sur l'accueil.

Extrait de Sklerijenn, la revue de pastorale des DEEC du Finistère et des Côtes-d'Armor

Voici quatre séances qui peuvent être vécues avec des élèves de cycle 3 pour dégager avec eux le sens de Noël et de ce temps de l'Avent, temps de l'attente, temps de la préparation à l'accueil de Jésus.
Ces propositions sont bâties en particulier autour d'une légende du temps de l'Avent : « Le chant des bergers » (texte que vous trouverez en fin de document)

N.B. Cette légende servira aussi de point d'appui à des activités avec les élèves de cycle 1 et de cycle 2.

Objectifs
Faire découvrir aux enfants le sens de la fête de Noël, fête de la naissance de Jésus.
S'attacher, à partir de la légende " Le chant des bergers ", à vivre avec les enfants les préparatifs de la fête de Noël, en centrant sur l'accueil.

Pour accueillir quelqu'un, pour recevoir ses amis, on se prépare. On prépare la maison (des fleurs, une belle table, etc.…). On prépare des cadeaux à offrir. On se prépare le cœur à accueillir les amis. Ainsi dans la classe, on prépare la fête de Noël : décoration, cadeaux-surprises, etc.….
A Noël, en Jésus, Dieu vient à la rencontre des hommes. Certains l'ont accueilli, d'autres pas. Et Dieu est venu : il a pris corps sous les traits d'un petit enfant, faible, fragile, dépendant. Et désormais, en tout homme, en toute femme, je peux recueillir les traits de Dieu.

Séance 1 - A partir du conte " le chant des bergers "
Lecture par l'enseignant du conte " Le chant des bergers " (avoir le souci de le raconter)
- Possibilité de le mettre en scène en soulignant les points forts de cette histoire.
- Dialogue avec les élèves sur ce conte : la déception du berger, l'attitude du grand-père, le lien avec d'autres histoires que les enfants ont vécues et qui font penser à ce qui est raconté dans ce conte…
- Temps de prière : " Dieu avec nous " de Charles Singer (les textes de prières sont proposés ci-dessous)
- Chant : choisir un chant sur le thème " préparer la route au Seigneur " (exemple : " Il faut préparer la route au Seigneur " de Jean-Claude Gianaldda)

Séance 2 - A travers les récits bibliques, l'accueil réservé à Jésus
— A partir des textes d'Evangile, de l'annonce faite à Marie jusqu'à la visite des mages, chercher :
- par qui Jésus a-t-il été accueilli ? (Marie, Joseph, les bergers, les mages)
- par qui a-t-il été rejeté ? ( les gens de Bethléem, Hérode)
—Par une image de l'Annonciation, évoquer l'accueil de Marie. (On pourra ici très judicieusement en profiter pour travailler avec les enfants sur une œuvre de peintre et effectuer une lecture d'image : comment le peintre exprime-t-il l'attitude de Marie ?) ; Voir le texte de Saint Luc : 1, 26-38.
— Afficher et mettre autour de la crèche des images de ceux qui ont accueilli Jésus. Ne pas oublier de prendre en compte l'accueil des bergers.
— Remettre à chaque enfant le texte de Luc (2, 1-21) ; on veillera à la présentation matérielle de ce texte.
— Par deux ou trois, les enfants sont invités à rédiger une prière sur le thème " Je veux t'accueillir Jésus ". Elles pourront être affichées.

Séance 3 - Accueillir Jésus, l'enfant roi
Cela va se traduire par la fabrication ensemble de la crèche et la décoration du local classe.
La crèche terminée, on se rassemble pour un temps de prière (cf. ci-dessous " Noël " de J.P. Jung)

Séance 4 - L'accueil des mages
- Après Noël, parler de l'accueil des mages. On prendra appui sur le texte évangélique qu'on remettra à chacun avec le même souci de présentation soignée. (Matthieu 2, 1-12)
- Il est possible aussi de faire un travail à partir du conte du quatrième roi que vous trouverez ci-dessous. Ce conte est propice à réfléchir sur l'accueil dans une dimension évangélique.
- Se donner un temps de prière à l'aide d'un beau texte ou encore d'un chant reprenant le thème d'annoncer que Noël c'est tous le jours et qu'il faut le faire savoir à tous les hommes.
- « Allez crier » de Noël Colombier (Aux quatre chemins de l'Evangile)
- C'est Noël chaque fois…

Une légende du temps de l'Avent : Le chant des bergers
Texte de Max Bolliger

Pour cycles 1, 2 et 3.

Il était une fois un vieux berger qui aimait la nuit. Il connaissait bien les étoiles et savait leur nom.
Appuyé sur son bâton, le regard levé vers le ciel, le vieux berger se tenait en haut de la colline.
« Il va venir, disait-il.
- Quand viendra-t-il ? demandait son petit-fils.
- Bientôt ! »
Les autres bergers riaient.
« Bientôt ! … C'est ce que tu répètes depuis des années ! »
Mais le vieux berger ne les écoutait pas. Une seule chose le troublait : le doute qu'il voyait poindre dans les yeux de son petit-fils.
Et quand lui mourrait, qui donc redirait aux plus jeunes ce que les prophètes avaient annoncé depuis toujours ? Ah ! s'il pouvait venir bientôt !
Son cœur était tout rempli de cette attente.

« Portera-t-il une couronne en or ? demanda soudain le petit-fils, interrompant le vieux berger dans ses pensées.
- Oui !
- Et une épée d'argent ?
- Oui !
- Et un manteau de pourpre ?
- Oui, oui ! »
Et le petit-fils semblait heureux.
Le jeune garçon était assis sur un rocher et jouait de la flûte. Le vieux écoutait attentivement. La mélodie s'élevait simple et pure ; l'enfant s'exerçait jour après jour matin et soir. Il voulait être prêt lorsque le roi viendrait.
« Voudrais-tu aussi jouer pour un roi sans couronne, sans épée et sans manteau de pourpre ? demanda le berger.
- Non ! » répondit son petit-fils.
Comment un roi sans couronne pourrait-il le récompenser pour son chant ? Il voulait de l'or et de l'argent ! Il voulait que les autres ouvrent de grands yeux et le regardent avec envie.
Le vieux berger était triste. Pourquoi donc promettait-il à son petit-fils ce que lui-même ne croyait pas ?
Sur les nuages, venant du ciel ? Depuis l'éternité ? Comme un enfant ? Pauvre ou riche ? Certainement sans couronne, sans épée, sans manteau de pourpre !
Et pourtant plus puissant que tous les autres rois. Comment ferait-il comprendre cela à son petit-fils ?
Une nuit apparurent dans le ciel les signes que le vieux berger attendait. Le ciel était plus lumineux que d'habitude et au-dessus de Bethléem brillait une grosse étoile. Les bergers virent alors des anges tout vêtus de lumière qui disaient : " N'ayez pas peur ! Aujourd'hui vous est né le Sauveur ! "
Le jeune berger se mit à courir au-devant de la lumière. Sous son manteau, tout contre sa poitrine, il sentait sa flûte.
Il arriva le premier et regarda l'enfant nouveau-né. Il reposait, enveloppé de langes, dans une crèche, une mangeoire pour les animaux. Un homme et un femme le contemplaient, tout heureux. Le grand-père et les autres bergers arrivèrent bientôt et tombèrent à genoux devant l'enfant.
Etait-ce là le roi qu'on lui avait promis ? Non ! Ce n'était pas possible, ils se trompaient. Jamais il ne jouerait son chant ici ! Et déçu, tout rempli d'amertume, il s'en retourna et plongea dans la nuit. Il ne vit même pas les anges qui volaient au-dessus de l'étable.
Mais bientôt, il entendit l'enfant pleurer. Il ne voulait pas l'entendre, il se bouchait les oreilles et continuait sa route. Pourtant, les pleurs le poursuivaient et lui perçaient le cœur. N'y tenant plus, il rebroussa chemin.
Il vit alors Marie, Joseph et les bergers qui s'efforçaient de consoler l'enfant qui pleurait. Il ne pouvait plus résister ! Tout doucement, il tira sa flûte de dessous son manteau et se mit à jouer pour l'enfant. Et tandis que la mélodie s'élevait toute pure, l'enfant se calma et le dernier sanglot s'arrêta dans sa gorge. Il regarda le jeune berger et se mit à sourire. Et au même instant, celui-ci comprit dans son cœur que ce sourire valait tout l'or et tout l'argent du monde.


D'après « Le quatrième Roi Mage » de Joannes Joergensen - Edition du Seuil, 1961, p. 63-67

Les sages de l'Orient apportèrent l'or, l'encens et la myrrhe pure. Une vieille légende raconte que lorsqu'ils déposèrent leurs trésors, l'enfant ne voulut pas sourire. Marie était très honorée par l'encens, qui brûlait comme elle l'avait vu brûler dans le temple de Jérusalem, et, les yeux pleins de larmes, elle cacha la myrrhe dans son sein. Mais l'enfant ne tendit pas ses petites mains vers l'or éclatant ; la fumée fit tousser ses petits poumons ; il se détourna de la myrrhe et embrassa les larmes dans les yeux de sa mère.

Les trois saints rois se relevèrent et prirent congé, avec le sentiment de gens qui n'ont pas été appréciés selon leur mérite. Mais quand la tête et le cou de leurs dromadaires eurent disparu derrière les montagnes, quand le dernier tintement de leur harnais eut expiré sur la route de Jérusalem, alors parut le quatrième roi. Il apportait de Perse trois perles précieuses. Mais il arrivait trop tard, les autres rois étaient partis. Il arrivait trop tard… et les mains vides… il n'avait plus de perles !

Il ouvrit lentement les portes de l'étable sainte où se trouvaient le Fils de Dieu, la Mère de Dieu et le père nourricier de Dieu. Le jour tombait, l'étable devenait sombre ; une légère odeur d'encens flottait encore… Joseph retournait la paille de la crèche pour la nuit, l'Enfant Jésus était sur les genoux de sa mère. Elle le berçait doucement.

Lentement, en hésitant, le roi de Perse s'avança puis il se jeta aux pieds de l'Enfant et de sa mère. Lentement, en hésitant, il commença à parler.
" Seigneur, dit-il, j'avais une offrande pour toi, trois perles précieuses, grosses comme un œuf de pigeon, trois vraies perles de la Mer Persique. Je ne les ai plus.

Je suis venu à part des trois autres rois. Ils marchaient devant moi sur leurs dromadaires ; je suis resté en arrière dans une hôtellerie sur le bord du chemin. J'eus tort... Quand j'entrais dans la salle des voyageurs, j'aperçus un vieillard tremblant de fièvre, étendu sur le banc du poêle. Nul ne savait qui il était. Sa bourse était vide ; il n'avait pas d'argent pour payer le médecin et les soins qui lui étaient nécessaires. Seigneur, pardonne-moi, j'ai pris une perle de ma ceinture et l'ai donnée à l'aubergiste, pour qu'il lui procurât un médecin et lui assurât les soins et, s'il mourait, une tombe en terre bénie.

Le lendemain je repartis. Je poussais mon âne autant que possible pour rejoindre les trois autres rois. Soudain j'entendis des cris venant d'un fourré. Je sautai de ma monture et trouvai des soldats qui s'étaient emparés d'une jeune femme et s'apprêtaient à lui faire violence. Ils étaient trop nombreux, je ne pouvais songer à me battre avec eux. Oh ! Seigneur pardonne-moi encore une fois, je mis la main à la ceinture, pris ma seconde perle et achetai sa délivrance. A présent il ne me restait plus qu'une perle, mais au moins je voulais te l'apporter, Seigneur !

Il était plus de midi. Avant le soir je pouvais être à Bethléem à tes pieds. Alors je vis une petite ville à laquelle les soldats d'Hérode avaient mis le feu. Je m'approchai et trouvai les soldats d'Hérode tuant tous les garçons de deux ans et au-dessous. Près d'une maison en feu, un grand soldat balançait un petit enfant nu qu'il tenait par une jambe. L'enfant criait et se débattait. Le soldat disait : " Maintenant, je le lâche et il va tomber dans le feu. Il fera un bon rôti de cochon. " La mère poussa un cri perçant. Seigneur, pardonne-moi ! Je pris ma dernière perle et la donnai au soldat pour qu'il rendît l'enfant à sa mère. Seigneur, c'est pourquoi me voilà les mains vides. Pardonne-moi, pardonne. "

Le silence régna dans l'étable quand le roi eut achevé sa confession. Pendant un instant il resta le front appuyé contre le sol ; enfin il osa lever les yeux. Joseph avait fini de retourner la paille et s'était approché. Marie regardait son fils qui était contre son sein. Dormait-il ? Non. L'Enfant-Jésus ne dormait pas. Lentement, il se tourna vers le roi de Perse. Son visage rayonnait ; il étendit ses deux petites mains vers les mains vides. Et l'Enfant-Jésus sourit.


Noël
J-P Jung (CNER)

Avant
C'était Noël dans le cœur de Dieu,
Au nom du Père et du Fils et du saint Esprit.
Et Dieu créa le monde

Après
Ce fut Noël dans le cœur de Marie.
Je te salue Marie, pleine de grâces,
Jésus-Christ est avec nous.

Et puis
Ce fut Noël dans le cœur de Jésus.
Né de Dieu, lumière née de la lumière
Crucifié pour nous sous Ponce-Pilate
Il ressuscita le troisième jour !

Toujours
C'est toujours Noël dans le cœur de Dieu
Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.
Jésus nous conduit tous, à la Table de Dieu.


Dieu avec nous
De Charles Singer

Aujourd'hui, lumineuse sera la nuit, et resplendissant le jour.
Car il est né l'enfant qui change le monde.
Connaissez-vous son nom ?

Il est né,
il reste avec nous
et l'amour des hommes devient l'amour de Dieu.

Il est né,
il reste avec nous
et se paroles portent la vie en elles comme un printemps gonflé de promesses.
Connaissez-vous son nom ?
Je vais vous le dire et je voudrais qu'il reste attaché à votre cœur.
Il s'appelle EMMANUEL.
Il est Dieu avec nous