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Aider les garçons à réussir à l'école

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Les garçons seraient-ils en difficulté à l'école ?

Les garçons seraient-ils en difficulté à l'école ? Il ne s'agit pas de faire des généralités mais les chiffres parlent.
Le nombre de garçons pris en charge dans les dispositifs d'aide spécialisé est bien supérieur à celui des filles. 2/3 de garçons pour 1/3 de filles.
La proportion actuelle de garçons médicamentés pour hyperactivité est plus forte .
Les garçons redoublent davantage. En 1999-2000, 22,5% des garçons ont 1 an de retard ou plus contre 16,9% des filles en CM2 .
Les évaluations nationales en début de 6ème sont mieux réussies par les filles. Exemple, en 2001, elles ont réussi 75% des questions en français, et les garçons 69% .
A 15 ans, 20,5% sont de mauvais lecteurs contre 10% des filles. 47% ne lisent que si ils sont obligés contre 27% des filles. Les garçons de 15 ans et plus sèchent davantage les cours et s'ennuient beaucoup plus souvent en classe. 38% des garçons déclarent s'ennuyer à l'école contre 29% des filles. .
Les résultats des garçons au Bac sont inférieurs de 5 points par rapport à ceux des filles .

Forts de ces constats certains sont tentés de trouver « la solution à ce problème actuel, en remettant à la mode des pratiques éducatives appliquées aux générations antérieures ». Alors qu'il « y a lieu de se mettre en recherche active de stratégies adaptées au contexte contemporain. » Bref, « Il ne suffit pas de mettre les garçons ensemble pour que leurs problèmes scolaires disparaissent. »

Voici quelques pistes pour aider les garçons à réussir à l'école. Elles sont majoritairement tirées du dossier « le désengagement et l'échec scolaires d'un trop grand nombre de garçons », pages 8 à 47, in la Vie pédagogique N° 127 - Avril-mai 2003 :

1. « Reconnaître que les filles et les garçons sont biologiquement différents et que cette réalité peut avoir une influence déterminante dans le rapport jeune-école. Il ne s'agit pas de s'enfermer dans un déterminisme biologique, mais simplement de reconnaître que le corps est le premier outil d'adaptation, le premier tremplin d'interaction entre le sujet et son milieu. »
2.« Y aurait-il un moyen pour que le profil comportemental plus probable des garçons soit mis à profit plutôt que combattu parce qu'il est non-conforme aux attentes contextuelles ? » « Indépendance, compétition, prise de risque, agressivité, performance, détermination et confiance en soi » sont des caractéristiques différentes de celles plutôt observées chez les filles « empathie, conformisme, altruisme, sociabilité, émotivité, besoin d'approbation et sensibilité à autrui ». Autrement dit, comment miser sur la masculinité et la féminité plutôt que de les combattre.
3.« Permettre l'action, le mouvement peut faciliter la mise en route des garçons. »« L'énergie des enseignants est souvent consacré à l' « arrêt d'agir » des garçons. » Or, « L'immobilité n'est pas forcément un bon prédicteur d'engagement dans la tâche ! » « La classe en mouvement, à qui les déplacements fonctionnels donnent un peu l'allure d'une ruche où l'uniformité et la stimultanéité ne sont plus exigées, paraît de toute évidence mieux entretenir l'engagement des garçons dans la démarche d'apprentissage. »
4. Permettre « une présence masculine plus visible dans la classe aurait l'avantage d'offrir aux garçons comme aux filles des modèles masculins utiles. » Il convient de favoriser la participation des pères à des activités. Les écoles qui travaillent le samedi ont plus de facilités mais on peut aussi organiser des activités tôt avant le départ au travail ou profiter des RTT qui se développent. Une question à reprendre avec les « APEL ».
5. Prendre en compte les différences, notamment entre filles et garçons. « L'école est trop souvent indifférentes aux différences, mal à l'aise avec la diversité ». Il ne s'agit pas de trouver « un dénominateur commun » entre toutes les caractéristiques des élèves. Par contre, « cela demande que l'enseignant crée des situations d'apprentissage larges, complexes, complètes et signifiantes, qu'il sache reconnaître les mécanismes de l'apprentissage, qu'il soit attentif aux diverses manifestations de ces mécanismes chez les élèves en cours d'apprentissage, qu'il observe ceux en processus de construction de sens et qu'il attende de leur part des solutions et des productions variées. » Donc « Tenir compte des différences exige un contexte d'apprentissage large, ouvert et rempli de sens pour les élèves. » « On emploiera des modèles comme le multiâge, le regroupement intercycles, les regroupements intracycles selon les besoins, les centres d'intérêt, etc. » « Enseigner pour l'élève moyen, travailler seul, enseigner selon les années et non pas par cycles, ne pas tenir compte des différences sont parmi les moyens les plus sûrs de maintenir ou d'augmenter les difficultés des garçons à l'école. »
6. Rattacher les enseignements « à des éléments concrets et pratiques » aide à trouver du sens et motive souvent les garçons.
7. Utiliser l'ordinateur, qui par son aspect ludique « réconcilie des garçons jeunes avec des tâches qui leur semblaient souvent insurmontables ». C'est le cas du traitement de texte qui favorise l'expression écrite.
8. Proposer des alternatives à l'écrit aux garçons qui ont des difficultés de graphisme : démarche orale, jeux d'étiquettes, usage du tableau noir, du traitement de texte… Il s'agit d'être au clair avec les objectifs d'une séquence, développer la calligraphie et la qualité d'écriture ou permettre les apprentissages.
9. Proposer des challenges.Le « besoin plus marqué de défis, donc d'une tâche comme la possibilité d'une victoire, d'un temps d'effort couronné de succès visible ». Il n'y a qu'à voir la mobilisation des garçons autour des jeux vidéo. A nous de proposer des défis accessibles.
10. Diriger sa classe, c'est-à-dire donner un cadre. Les garçons « comparativement aux filles sont plus à l'aise avec une hiérarchie plus structurée » « C'est pourquoi le laxisme, la réticence à vraiment conduire la classe, très souvent inspirée de la non-directivité, se révèle parfois un piège pour les garçons qui auraient besoin d'un leadership plus évident et plus solide. »

Pour scolariser de manière efficace les garçons, « il faut certes évoluer, changer des aspects dans la mentalité de l'école. Toutefois l'adaptation totale n'est pas forcément la solution ». « Il faut se garder de renforcer exclusivement les capacités plus « naturelles » des garçons et les aider à développer d'autres potentiels. » Autrement dit, « le problème de la réussite scolaire nécessite des solutions complexes. » C'est en équipe qu'on pourra les explorer.

Pour en savoir plus consulter
- Le dossier « le désengagement et l'échec scolaires d'un trop grand nombre de garçons », pages 8 à 47, in la Vie pédagogique N° 127 - Avril-mai 2003
- La rubrique « L'égalité des chances » sur le site de l'Education nationale www.education.gouv.fr/. Des références et des outils. Certains concernent le 2nd degré et l'orientation professionnelle. Mais on trouve aussi des éléments pour le 1er degré et des liens vers des sites.
- « Filles et garçons à l'école. » sur sitEColes.

(1) Les réseaux d'aides spécialisées aux élèves en difficulté - Rapport de l'Inspection générale de l'Education nationale (IGEN) de 1997 - CNDP. Sur un échantillon représentatif : 2 106 garçons suivis pour 1 460 filles.
(2) Dossier, « le désengagement et l'échec scolaires d'un trop grand nombre de garçons », in la Vie pédagogique N° 127 - Avril-mai 2003
(3) Ministère de l'éducation nationale, DPD. https://www.education.gouv.fr/syst/egalite/statistique.htm
(4) Fabrice Murat, statisticien de l'INSEE, in La Croix, 7 mars 2003
(5) Donnée INSEE, N°886 de mars 2003
(6) Enquête de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économique) réalisée en 2000.
(7) Idem 2