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Conférence sur l'évaluation et l'aide aux apprentissages en GS/CP

Temps de lecture : 20 minutes

L'évaluation, un tremplin pour la différenciation.

Ce document est la prise de note de Marie Thérèse Jenny lors d'une Conférence de Madame Fabienne Rondelli, professeur à l'IUFM d'Orléans-Tour-Site de Bourges. Cette conférence a été faite dans le cadre d'une journée d'étude organisée par l'UNAPEC, le 24 juin 2002. Ces notes n'ont pas été relues par Madame Rondelli.

Une évolution de la pédagogie nécessite une évolution de l'évaluation. Les enseignants doivent absolument être conscients du lien entre le type d'évaluation privilégié et les choix pédagogiques qu'ils réalisent.
L'évaluation doit être de type formative et non sélective. L'évaluation est un tremplin pour la différenciation. La différenciation est un moment nécessaire où, dans le système, on se focalise sur un individu. Si on ne différencie pas, l'élève est toujours en échec. Si on différencie toujours, l'élève restera à un niveau inférieur, d'où une perte de sens des activités mises en place par l'enseignant.
L'écueil de toute évaluation est de ne voir que les résultats. L'apprentissage n'est pas que de la répétition pour être prêt le jour du "contrôle" ... !!! Un rapport au savoir autre que le rapport utilitaire est à mettre en place

1. Les enjeux de l'évaluation Grande section / Cours préparatoire
Ne pas confondre évaluation (pas d'étalonnage, pas de résultats chiffrés) et test (évaluation standardisée).
Objectifs de l'évaluation pour les élèves : Modifier les conceptions erronées. Développer des compétences. Renforcer des compétences
Informer les parents de l'aide à apporter : Aide directe (sollicitations, éducation). Aide indirecte (orthophoniste, CMPP...). Participer au devenir de l'enfant
Pour les enseignants : Analyser et adapter ses démarches. Concevoir des projets individualisés
Pour les instances institutionnelles : Analyser et modifier les programmes, réviser le système (ex : mise en place des cycles)
L'évaluation n'est pas quelque chose en plus, elle est à intégrer aux processus d'apprentissage.
L'évaluation formative
se déroule en trois moments :
- Recueil d'informations (réussites et difficultés)
- Interprétation de ces informations :
Dans une perspective critérielle. Des critères sont préalablement définis et l'élève est jugé par rapport à un comportement attendu = on met une croix dans une case. On établit un profil qui est un tremplin vers la différenciation. C'est un point de vue comportementaliste et il faut aller plus loin pour comprendre ce qui se passe dans la tête de l'enfant.
Dans une perspective diagnostique = essayer de comprendre la situation psycho-cognitive dans laquelle se trouve l'enfant au moment de l'évaluation. Des moyens sont mis à notre disposition : Observation fine de ce que fait l'enfant, dialogue pédagogique = entretien avec l'enfant dans le souci de comprendre pourquoi il a échoué.
- Adaptation des activités d'enseignement / apprentissage en fonction de l'interprétation des informations.
L'évaluation diagnostique
L'élève montre ce qu'il sait faire (savoir opérationnel)
L'élève a une conception de ce qu'il fait (savoir méta-opérationnel)
L'enseignant définit la notion que l'élève doit acquérir (savoir notionnel)

2. Les objectifs de l'évaluation GS/CP
Circulaire n° 20012-148 du 27 juillet 2001 BO n° 31 du 30 août 2001
Faire le point en début d'année sur les compétences et les difficultés des élèves afin de concevoir la programmation des activités pour la classe. Il s'agit d'un dispositif pédagogique à usage des enseignants dans leur classe qui ne saurait être assimilé à des tests psychologiques et ne donne lieu à aucune information chiffrée. Evaluation à caractère national et systématique qui n'exclut pas cependant que les enseignants utilisent d'autres outils.

3. Les domaines de compétences
Communication et prise de parole
Compréhension lexicale, dénomination et catégorisation
Compréhension de consignes
Compréhension et production de récit
Pragmatique du langage (usages du langage)
Représentation et identification d'écrits
Phonologie
Attention partagée (par ex : écouter le maître, tout en réalisant une tâche graphique)
Notions spatiales et temporelles
Graphisme
Motricité fine et globale
Dénombrement
Connaissances sur le monde

4. Commentaires sur les épreuves 2001
A prendre sur www.banqoutils.education.gouv.fr Taper « outils » pour le nom de l'utilisateur, et « dpd » pour le mot de passe.
Numéroter les épreuves dans l'ordre de réception.
Mettre l'enfant dans les conditions maximales de réussite. Enjeu de la consigne : mobilisation.
Ep.1 : On est dans un lexique complètement déconceptualisé. Situation la plus difficile pour réaliser l'épreuve. Ne pas confondre performance et compétence. Reproposer un contexte pour vérifier si l'enfant connaît le vocabulaire.
Ep.3 : Mener un petit dialogue pédagogique si la réponse est erronée.
Ep.5 : Deux niveaux d'analyse : aspect cognitif/aspect textuel.
Deux cas de figure :
L'enfant termine le récit mais le contenu est en décalage par rapport à ce que l'on attend. Bon au niveau cognitif car l'histoire se construit.
Si l'élève ne termine pas le récit, deux éléments sont à interroger : L'aspect culturel - l'enfant n'a pas écouté suffisamment d'histoires. Le problème de traitement de l'information - un travail de réseau d'aides est peut-être à mettre en place.
Ep.6 : Evaluation construite de façon cohérente qui fait appel à ce qui a été appris à l'école
Ep.7 : Comprendre un récit d'expérience : proposition d'enlever la dernière phrase car les enfants ne retiennent que cela.
Ep.8 : Même remarque que Ep.1. Il est plus pertinent de proposer, à un petit groupe, un jeu que les autres enfants ne connaissent pas. Trouver un dispositif dans lequel on est dans une situation de communication.
Ep.9 : Evaluation plus subjective : point de vue de l'enseignant sur le comportement d'un enfant.
Ep.10 : Ce sont des consignes.
Ep.11 : Vérifier où en sont les élèves sur leur conception des métiers. On est à la recherche du vocabulaire actif et du vocabulaire passif de l'élève.
Ep. 14 : Reconnaissance des caractéristiques de l'écrit et en particulier du livre. Si les enfants échouent, c'est qu'ils n'ont rencontré que des albums.
Ep. 15 : Distinction : chaîne orale, chaîne écrite (GS). Epreuve à ne pas faire passer à tous en début d'année. Au troisième trimestre, vérifier là où en est l'enfant. On est dans le domaine du conceptuel encore difficile en GS.
Ep. 17 : Difficile mais c'est une habileté qu'un enfant de GS doit avoir acquis. Ne pas proposer au 1er trimestre.
Ep. 21 : Spécifique CP : métalangage - conception de l'écrit
Ep. 22: CP : manipulation des sons. Cette compétence va se développer pendant l'apprentissage de la lecture.
Ep. 24 : quantité d'oral / quantité d'écrit. Indispensable en fin de CP.

5. La mise en œuvre de l'évaluation
Liberté de choix des exercices pour les enseignants. Ne peut se concevoir qu'en conseil de cycle = répartition des activités. Les moments précis de passation sont à déterminer par chaque conseil de cycle. Il faut s'appuyer sur le "déjà-là" des enfants et non sur les manques.
Pas de photographie figée des compétences des élèves et de leurs difficultés éventuelles.
Deux raisons principales : Le développement n'est pas linéaire. Considérer les résultats individuels dans une perspective dynamique orientée vers les activités à proposer, l'aide aux apprentissages et les progrès qui peuvent être réalisés.

6. L'information sur les évaluations
Auprès des élèves : Expliquer le sens de l'évaluation. Rassurer les élèves. Les motiver
Avec les collègues de l'école : Echanges conseil des maîtres. Liaison cycle 1 / cycle 2. Elaboration de projets communs.
Auprès des familles : Ce n'est pas un examen de passage. Evaluation non chiffrée différente du CE2. Insister sur la dimension pédagogique
Le traitement des productions se fait sous une forme qualitative
Les résultats ne font pas l'objet d'une exploitation extérieure à l'équipe pédagogique


7. Pistes pour les modalités de passation
Prévoir un lieu à l'écart.
Classes isolées : chercher des moyens de remplacement, participation de l'enseignant AIS / des membres des RASED
Classes regroupées au sein d'une école : faire des échanges de service, profiter des aides éducateurs, de la maîtresse des petits (sieste)

8. Evaluer : pour quoi ?
J'ai des inquiétudes vis-à-vis d'un enfant …. Je souhaite mieux connaître le potentiel de ma classe pour constituer un groupe de besoins, pour conduire un projet spécifique ...

9. Quelques questions à se poser…en amont
J'ai des inquiétudes vis à vis d'un élève ou d'un groupe d'élèves :
Dans quel(s) domaine(s) est-il en réussite ?
Dans quelle(s) circonstance(s) ?
Au travers de quelle(s) activité(s) ?
Quelles sont ses compétences avérées ?
Quelles sont ses compétences instables ?
De quelles compétences aura-t-il besoin pour réussir les activités proposées ?
Quelle(s) investigation(s) faut-il conduire pour affirmer cette compétence ?
Je souhaite mieux connaître le potentiel de ma classe :
Quelle est la nature du projet à conduire ?
Est-il une émanation du projet d'école ?
Quelles compétences sont attendues pour conduire à bien le projet visé ?
Quelles sont les compétences détenues par l'ensemble des enfants ?

10. Quelques questions se poser … au regard des évaluations.
Quelles informations sont actuellement en ma possession ?
Quelles investigations ai-je déjà entrepris ?
Parmi les situations, quelle est celle qui me permettra de mieux analyser le potentiel de chacun de mes élèves ? Pour la maîtrise de la langue (Lexique ? Langue orale ? Langage de récit ? Langage d'évocation de l'action ?) Dans les compétences transversales (Repérage dans le temps ? Attention ? Repérage dans l'espace ?

11. Quelques questions à se poser … en aval
Combien d'élèves maîtrisent les compétences attendues ?
Combien doivent renforcer les compétences attendues ?
Au vu des résultats, comment affiner mon projet de classe ? Quel(s) ajustement(s) des objectifs ? Quelle(s) modification(s) des actions ?
Quelles conduites pédagogiques impulser auprès d'eux ? Modalités. Fréquence. Durée. Intervenant

12. Quelques pistes pour une exploitation pédagogique. Redéfinir l'appropriation langagière.
Compétence linguistique et compétence communicationnelle
Compétence linguistique

La grammaire s'arrête à la phrase
Grammaire = étude de l'ensemble des règles de fonctionnement d'une langue donnée
Être compétent = comprendre et produire des phrases grammaticales
Langage fondamentalement miroir de l'esprit, expression de la pensée
Compétence communicationnelle
La grammaire analyse les discours et les textes.
Grammaire = analyse des compétences d'un locuteur dans un cadre socio-culturel donné
Être compétent = comprendre et produire des énoncés adaptés au contexte
Langage fondamentalement pratique sociale
Objectifs principaux d'apprentissage du langage en maternelle
Apprendre à vivre en collectivité
Apprendre à prendre la parole
Apprendre à maîtriser les différents types de communication orale
Apprendre à maîtriser les différents contextes sociaux de la communication orale
Apprendre à structurer son langage
Apprendre à rendre son langage de plus en plus explicite (langage des apprentissages et de l'écrit)
Apprendre à penser plus efficacement
Apprendre à s'intéresser au langage
La notion de situation fonctionnelle de langage : quelles variables ?
Taille du groupe, depuis l'échange duel maître-élève au groupe classe en passant par toutes les possibilités de groupes intermédiaires
Thème abordé (ils sont innombrables)
Nature du référent (présent ou absent, statique ou dynamique, connu ou inconnu, ...)
Nature de la tâche langagiaire (raconter, expliquer, décrire, justifier, argumenter, ...)
Fonctions linguistiques dominantes
Organisation matérielle (disposition des interlocuteurs dans l'espace, place d'objets éventuels)
Nature du contrat de communication