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Accepter des parcours individuels atypiques

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Témoignage d'un établissement à Nice.

Les Assises de l'Enseignement catholique, tenues en décembre dernier à la maison de l'UNESCO à Paris, ont inscrit cette motion dans leurs résolutions : " Accepter des parcours individuels atypiques ". On peut se dire que ça fait joli, que ça ne veut pas dire grand chose, classer ce papier dans le dossier " Assises/EC/déc.02 ", mettre un bon élastique autour du dossier et l'archiver.

On peut y réfléchir, se laisser interpeller ( ! ) et c'est ce que j'aimerais faire aujourd'hui avec vous.

Nous rêvons tous pour nos enfants de parcours classiques. Une entrée en maternelle à trois ans, à deux ans et demi ce serait mieux, car il est déjà très dégourdi pour son âge, mais peut-être devra-t-il alors redoubler sa première section (ça commence bien !). Tous, parents et enseignants, nous avons dans l'inconscient que ce serait tellement plus simple et tellement mieux si nos enfants étaient " dans la norme ". Qu'ils soient de bons élèves, fassent de bonnes études, passent leur bac à 17 ans (à 15 ans et demi ce serait mieux, ça c'est un atypique qu'on aimerait encore bien), qu'ils soient dans les bons en dictée, les sans problème en math, dans ceux qui apprennent bien leurs leçons. On aimerait être dans les parents qui ne sont jamais " convoqués ", ceux qui s'entendent dire par les professeurs, quand ils prennent rendez-vous : " Mais Madame, je ne vois pas pourquoi vous venez, ça marche très bien, il n'y a pas de problème… "

Seulement tout ça c'est bien beau, mais nous nous sommes tombés sur un atypique ! Un enfant qui peine à apprendre à lire, une adolescente qui préfère écrire des poésies dans son cahier que de sortir avec ses copines, un garçon qui est capable de démonter et de remonter un moteur de mobylette mais qui n'aime pas l'école, un fondu d'informatique ou de dessin (l'informatique ça va encore, mais le dessin, comment veux-tu gagner ta vie en dessinant des petits Mickeys ?) Un passionné de musique (d'accord mais passe ton bac d'abord), d'équitation (même remarque) de skate board (pareil).

Je serais mal placé pour dire qu'il ne sert à rien de faire de bonnes études. Mais faire de bonnes études est tout à fait insuffisant pour réussir sa vie. Il faut aussi une passion, elle existe dans chacun de nos enfants, il faut la faire éclore si elle est trop enfouie. Nous connaissons tous dans nos relations des anonymes qui ont suivi un chemin pas trop classique et qui sont épanouis dans la vie. Il en est de plus universellement connus : la télé nous a en ce sens imposé " Guy Degrenne ", le siècle dernier nous a donné Einstein. Jésus-Christ dans son genre n'était pas mal non plus.