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Entretien avec les parents

Temps de lecture : 8 minutes
Entretien avec les parents

Voici le feuilleton d’un travail d’équipe à l’école Saint Martin de Mayenne autour de l’entretien avec les parents ou comment vivre une évaluation positive ? Première étape : le questionnement. À suivre… pour la deuxième étape !

Une pratique d’école questionnée
Notre école souhaite promouvoir une évaluation positive (« une évaluation constructive qui régule, encourage, soutient les apprentissages », Programmes 2015). Pour cela, chaque pratique est questionnée : l’appréciation scolaire, la correction, le dialogue pédagogique en classe, l’entretien avec les élèves et celui avec les parents.

L’an dernier, nous avons cherché à en savoir plus sur les appréciations scolaires et les corrections positives. Cette année, nous nous mettons au travail sur le sujet des entretiens avec les parents.

Première étape : le questionnement
Mi-septembre, une première réunion a permis de relever différentes façons d’aborder les rencontres avec les parents. La discussion a permis de dégager deux questions fondamentales : la place des interlocuteurs et le sens donné aux entretiens. Ce sont les mêmes axes de réflexion que lors du travail précédent sur les appréciations scolaires !

Voici nos premières questions :

1. La question de la place

La place des enfants – élèves dans l’entretien ?

  • Leur présence physique est-elle justifiée ? Tout au long de l’entretien ? Est-ce fonction de leur âge ? Des sujets abordés ?
  • Faut-il leur donner la parole d’emblée, en cours d’entretien ou en fin ? Est-ce pertinent de différer le moment de parler avec l’élève ?
  • Peut-on se faire le porte-parole de l’enfant ?

La place des parents ?

  • Accueillir qui vient (les deux parents avec ou sans l’enfant, la mère seule, les frères et sœurs éventuellement…) ? Considérer cet acte comme faisant partie de la liberté des parents et comme un indicateur de leur demande d’échange ?
  • Demander aux deux parents d’être là et leur réserver une disponibilité horaire suffisante pour que ça se fasse ?
  • Qu’est-ce qui compte : la présence physique (pour savoir à qui on a affaire) ou la présence symbolique (la place du parent absent dans le discours de celui présent, la possible référence à un discours tiers pour parler de l’enfant) ?

Notre place d’enseignant ?

  • Où accueillons-nous les parents ?
  • Quelle disposition spatiale et quel cadre horaire prévoyons-nous ?
  • D’où parlons-nous (symboliquement) ? S’engager en son propre nom (« Je suis inquiète parce que … »), au nom de sa fonction d’enseignant (« Je pense que… ») ou au nom de l’équipe à laquelle on appartient (« Nous avons parlé de votre enfant en réunion et nous pensons que… ») ?

2. La question du sens

Préparer l’entretien ou pas ?

  • Préparer l’entretien, en donnant aux parents une grille afin qu’ils anticipent les points qui seront abordés (ex : leur enfant par rapport à l’école, dans ses apprentissages, pendant les leçons) ?
  • Préparer notre entretien en posant les grandes lignes du message que l’on veut faire passer ?
  • Ne pas préparer l’entretien et offrir la parole d’emblée aux parents ? Articuler nos interventions (questions, observations), à partir de ce qu’ils énoncent ?

Qu’est-ce qui compte dans l’entretien ?

  • Quels sont les sujets incontournables ? Les leçons ? Les évaluations ? L’autonomie (notion à éclairer) ? Le rapport à l’école, vu de la maison ?
  • Que voulons-nous savoir ? S’autoriser (ou pas) à questionner la vie de l’enfant ? Mesurer l’écart ou la continuité dans la façon d’être de l’enfant, à la maison et à l’école ; ce qui renvoie peut-être à l’idée de séparation (des lieux) et d’adaptation (selon les lieux) ? Echanger autant sur l’enfant que sur l’élève pour se faire une représentation commune avec les parents, suffisamment partagée, nuancée, ouverte ? En apprendre plus sur l’enfant (tel qu’il est en dehors de l’école) est-ce une aide pour le pédagogue ?
  • Qu’est-ce qui est en jeu pour l’enfant-élève pendant l’entretien ? Est-ce véritablement ce qui se dit ou la part de représentation (intuitive, subjective) qu’il se fait de la relation entre ses parents et son enseignant (de défiance, de confiance, de bienveillance, de neutralité…) ?

Comment aborder, nommer les difficultés de l’élève ?

  • Comment ne pas les inquiéter sans – pour autant – minimiser la situation ?

Quelle posture tenir quand nous sommes confrontés à des discours de parents particuliers ?

  • Un discours clos, empreint de certitudes. Quand il n’y a pas de dialogue, de rencontre, que faire ? Laisser dire, essayer de convaincre, questionner ?
  • Un discours continu, envahissant au point où leurs problèmes quotidiens ou personnels sont abordés ? Dire « stop » ?
  • Un discours peu consistant, minimal, lisse, conforme. Des parents parlent peu de leur enfant. Insister ? En rester là ? Comment les autoriser à en dire plus ?

Comment conclure (ponctuer) l’entretien ?

  • Faut-il poser une limite de temps, suffisamment pour pouvoir se parler, pas trop pour ne pas se répéter ?
  • Est-ce utile de conserver une trace écrite de l’échange ? Quelle trace ?

À suivre…
Ces questions ont été adressées au psychologue de la DDEC53 qui intervient à l’école Saint-Martin. Il réfléchira avec nous à ces questions. La suite au prochain numéro…


© Crédit image : JackF - Adobe Stock 

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