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L'Islam : le Coran

Temps de lecture : 20 minutes
L'Islam : le Coran

Pour s’y retrouver dans la connaissance de la religion musulmane, quelques repères sont nécessaires. Ces quelques aspects permettront à chacun d’aller plus loin pour en savoir plus.

Le fondateur de l’Islam : le prophète Mahomet

Mahomet est né en 570 dans la ville de La Mecque. C’était un membre de la tribu des Quraychites. Sa mission de Prophète de l’Islam débuta en 610, lorsqu’il eut la révélation du Coran. Et trois ans plus tard, il commença à prêcher. Peu apprécié à La Mecque, il se rendit dans la ville de Médine : ce fut la migration de Mahomet et de ses disciples, le hidjrah - l’hégire - point de départ de l’ère islamique. 
Autre temps fort de la vie de Mahomet : son voyage de nuit sur le cheval baptisé al-Buraq qui le conduisit jusque Jérusalem d’où il monta au ciel. 

Le livre de l’Islam : le Coran

Mahomet n'ayant rien écrit, le message divin transmis par le Prophète a été recueilli par ses compagnons qui l'ont transcrit sur des omoplates de chameaux, des peaux de bêtes et des pierres plates. Les écrits rassemblés sous le calife Othman (644-656), un demi-siècle après la mort du Prophète, constituent le Coran (= "récitation", en arabe). Le Coran est donc l'expression d'une "révélation" verbale, qui ne reçut que lentement la sanction de l'écriture.
Le livre sacré de l'Islam est à la fois un livre de doctrine et de prière, code de droit, guide de la vie quotidienne, encyclopédie du pauvre.
Le Coran comprend 6226 versets, répartis en 114 sourates (chapitres).
Excepté la première, très courte, élément essentiel de la prière du musulman, les sourates sont classées par ordre de grandeur décroissante. Chacune commence par une formule que le croyant prononce également avant toute action importante : « Au nom de Dieu le Clément, le Miséricordieux ! »
Les enfants et les adultes apprennent le Coran par cœur, dans les écoles coraniques.
Le Coran répète avec insistance qu'il n'y a qu'un seul Dieu : Allah. Il est créateur de tout ce qui existe et rien n'existe en dehors de lui. Le Coran précise que Dieu a envoyé à chaque communauté un Prophète, un Livre, une Loi : Abraham puis Moïse ont reçu la Torah, Jésus l'Evangile et Mahomet le Coran.
Comme la Bible, le Coran annonce que Dieu, à la fin des temps, jugera les hommes et les communautés.

La Sunna ou Hadith est un recueil de dits, faits et gestes du Prophète : elle est parole du prophète alors que le Coran est celle de Dieu. Mais cette Sunna est également importante dans la religion islamique.
C'est sur le Coran et sur la Sunna que se fonde la loi islamique ou charia, de sorte que l'Islam est à la fois religion, loi, morale, style de vie et culture, la langue arabe étant la langue sacrée de tous les musulmans du monde.
 
Les branches de l'islam 

L'islam n'est pas un ensemble uniforme, il se divise en 2 grandes branches principales :

  • Les sunnites (85% des musulmans) : ils pensent que Mohammed n'a désigné aucun successeur.
  • Les chiites (15 % des musulmans) : ils soutiennent que Mohammed a désigné comme successeur son gendre Ali.

Les cinq piliers de l’Islam

  • La Chabada, est l'attestation de foi de l'unicité de Dieu et de la prophétie de Mahomet. 
    L’Islam, qui signifie « soumission » et vient du mot « paix », reprend dans cette profession de foi la croyance en un Dieu unique, révélée par le biais des prophètes de Dieu, Moïse, Jésus et le dernier, Mahomet. Ce dernier message de Dieu à Mahomet est le plus universel.
     
  • Les cinq prières quotidiennes ou As-salaat : c’est le deuxième pilier de l’Islam, une obligation à laquelle tout fidèle est astreint. Dans la religion musulmane, il y a les prières canoniques, obligatoires pour tous (les cinq journalières et celle du vendredi) et les prières supplémentaires (demandes individuelles ou liées à des circonstances particulières : deuil, mariage…).
    La prière rituelle (la salât) est donc récitée par tout musulman cinq fois par jour, à des heures précises (à l'aube, à midi, en fin d'après-midi, juste après le coucher du soleil et dans la nuit noire). Elle est précédée du temps des ablutions où le priant se met en état de pureté, toilette qui est aussi demande de pardon. Ensuite, il se déchausse, se place sur un sol pur (d'où le tapis) et s'oriente face à la Mecque. Il commence debout en reconnaissant combien Dieu est grand, récite la première sourate du Coran puis un ou deux versets de son choix et répète quatre fois : « Seigneur, à toi la louange » en se prosternant profondément, genoux et face contre terre, en signe d'adoration. La prière se termine en souhaitant la paix à ceux qui se trouvent près de lui.
    Le vendredi, la prière communautaire s'effectue dans la mosquée sous la conduite d'un imam. Les fidèles sont tournés vers La Mecque, dont la direction est indiquée par le mihrâb (niche creusée dans le mur et richement ornée). La proclamation de l'unicité et de la grandeur d'Allah s'accompagne d'une posture particulière, la ra'ka, qui associe à la station debout l'inclinaison du buste parallèlement au sol, les mains sur les genoux, suivie d'une prosternation en signe d'adoration du fidèle soumis corps et âme à son Dieu.
    Pourquoi le vendredi ? « Venus les derniers, les musulmans seront les premiers au jour de la Résurrection. Dieu nous a guidés vers ce jour en sorte que les autres peuples viennent après nous : les juifs, le lendemain et les chrétiens, le surlendemain. » Mais surtout cette prière est communautaire et le prophète a dit, dans un de ses commentaires, à l'un de ses compagnons : « La prière communautaire vaut vingt-sept fois la prière individuelle. »
     
  • Le jeûne du mois de ramadan : Mahomet reçut la première révélation du Coran durant le neuvième mois lunaire, celui du ramadan. Ce mois possède donc une signification particulière dans l’islam. Durant ce mois, les musulmans jeûnent du lever au coucher du soleil ; ils s’abstiennent de manger, de boire et d’avoir des relations sexuelles. Ils rompent le jeûne après le coucher du soleil et, à la fin du ramadan, il y a la grande fête de l’Id al-Fitr.
     
  • L’aumône envers les pauvres et les nécessiteux. L’une des manières de faire cette aumône est l’impôt annuel (Az-zakaat) correspondant à un pourcentage de la fortune du donateur.
     
  • Le pèlerinage à La Mecque : Al hadj au moins une fois dans sa vie si possible.

Le clergé et les lieux de culte 

L'islam n'a pas à proprement parler de clergé. Au sein de la communauté, cependant, trois " ministères " sont repérables.
L'imam conduit la communauté, prodigue des conseils, rappelle la loi coranique et les coutumes islamiques. Il est choisi par la communauté pour sa sagesse et ses qualités de dirigeant.
Le muezzin annonce l'heure de la prière et exhorte les fidèles du haut de son minaret.
Le khatib prononce le sermon lors du rassemblement du vendredi, c'est un docteur de la loi coranique et de la loi musulmane. Ce rôle est souvent assuré par l’imam.

La mosquée est le coeur de la communauté musulmane : même s’il est possible de prier au travail ou chez soi, elle est ouverte toute la semaine. C’est aussi un endroit où on peut parler religion et régler les questions qui touchent à la communauté, à l’enseignement ou à la charité. 
    
Les pratiques alimentaires et vestimentaires

Comme chez les Juifs, on ne pourra manger n'importe quoi. Si la famille est croyante, on ne verra jamais sur la table de la charcuterie de porc. On ne boit ni vin ni boissons alcoolisées.
C'est le Coran lui-même qui précise ces interdictions : « Ils t'interrogent sur le vin et les jeux de hasard ; dis-leur : dans les deux, il y a grand pêché, et quelques avantages, mais le pêché est plus grand que l'utilité ».
Le porc n'est pas la seule viande interdite. Pour être consommée, toute viande doit provenir d'un animal abattu au cours d'une invocation du nom de Dieu ; elle devient alors halal. Le Coran interdit, de plus, la consommation de porc et d'alcool. : « Vous sont interdits la bête morte, et le sang, et la chair de porc, et ce sur quoi on a invoqué quoi que ce soit d'autre que Dieu, les animaux assommés ou tués d'une chute. Ceux qui ont été entamés par une bête féroce ».

Il n'existe pas de vêtement spécifiquement islamique. Le Coran recommande au croyant de ne pas faire preuve d'orgueil dans la façon de se vêtir. De nombreux musulmans considèrent alors que se couvrir la tête pour les hommes ou porter un voile pour les femmes est un signe de pudeur, de modestie.

Fêtes musulmanes

Les fêtes musulmanes sont célébrées selon le calendrier hégirien, en référence à son début, l’hégire, ou exil de Mahomet et de ses compagnons à la Mecque en Médine, en 622 de l’ère chrétienne. C’est un calendrier fondé sur les cycles de la lune et formé de douze mois de 29 ou 30 jours, totalisant 354 jours soit donc un décalage de onze jours par an sur l’année solaire de 365 jours.
Trois grandes fêtes importantes : Aïd al-Adha (fête de la rupture du jeûne) et Aïd al-Fitr (la fête du sacrifice) et la fête  de la naissance de Mahomet (cette fête est  rejetée par les fondamentalistes).

Al Mawlid an-Nabi : c’est la commémoration de la naissance (mouled) du prophète Mahomet. C’est une fête très populaire, célébrée selon les coutumes propres à chaque région ou pays où il existe une communauté musulmane. Elle est apparue dans les pratiques à partir du 10ème siècle, à l’époque ottomane, et est très vite érigée en fête officielle. Elle est marquée par des échanges de cadeaux et par la récitation d’un poème, la Burda, à la gloire de Mahomet. 

Aïd al-Fitr : c’est la fête de la rupture du jeûne, dite aussi la petite fête ; elle marque la fin du mois de ramadan. Avant la prière collective à la mosquée, le fidèle s’acquitte de l’aumône de la rupture du jeûne pour le valider. Cette fête est l’occasion de réjouissances qui durent deux à trois jours : les gens frappent à la porte de leurs voisins et les saluent en disant : « Id Mubarak » (Heureuse fête) ; on envoie des cartes de vœux aux amis ou aux parents qui vivent loin.

Aïd al-Adha : la fête (aïd) du sacrifice (adha) est appelée aussi Aïd al-Kebir (la grande fête). C’est la principale fête de l’Islam qui commémore l’alliance d’Abraham avec Dieu. Selon la tradition musulmane, Dieu a demandé à Abraham de lui sacrifier son fils Ismaël (Isaac dans la Bible) avant de lui envoyer l’ange Gabriel qui substituera un mouton (ou un bélier) à ce fils. Cette fête constitue le point d’orgue du grand pèlerinage à La Mecque, une journée durant laquelle les pèlerins immolent des moutons en souvenir du sacrifice d’Abraham. Toute la communauté musulmane s’associe aux pèlerins pour accomplir cet acte expiatoire, qui n’est cependant pas une obligation.

Sur le site Enseignement & religions, de nombreux articles sur l’Islam

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