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Maternelle : 10 bonnes raisons de s’emparer des nouveaux programmes 

Temps de lecture : 20 minutes
Maternelle : 10 bonnes raisons de s’emparer des nouveaux programmes 

Des programmes publiés le 26 mars 2015 pour une entrée en vigueur à la rentrée 2015. Qu'y a-t-il de nouveau ?

1. Retrouver une place pour le jeu
Que ce soit en langue, dans les activités corporelles ou artistiques, en mathématiques, ou encore dans les activités libres, l’insistance est mise sur les pratiques de jeux spontanés ou organisés par l’enseignant, individuels, mais surtout collectifs, en interactions avec les pairs ou dans le but de réaliser une production commune… C’est l’omniprésence du jeu et l’insistance sur la coopération entre pairs qui est à relever, et ceci jusqu’à la fin de la grande section.
 
2. Donner de la valeur à l’expérience, au vécu,  au corps, dans les situations d’apprentissage
Dans tous les domaines, l’importance est donnée aux situations d’apprentissage inscrites dans un vécu commun, préférables aux exercices formels. Une place pour l’expérience qui va bien au-delà de la manipulation, ou encore de la référence au vécu. Il s’agit de vivre ensemble pour apprendre.
 
3. Faire de la classe un espace de communication
Certes l’apprentissage de la langue (française) reste primordial en maternelle, mais,  l’accent est mis aussi sur la communication avec les autres, avec les adultes, avec les autres cultures et langues. Des pratiques de communication à instaurer dans tous les domaines et qui sont présentées comme essentielles pour la réussite de tous. Elles vont jusqu’à la communication à distance.
Une communication à différentes visées :
Communiquer pour apprendre : tirer des connaissances  et des savoir faire de ses expériences, des problèmes résolus
Communiquer pour exprimer des émotions
Une réflexion sur le langage de l’adulte dans la classe, une valorisation des commentaires des enseignants pour : 
- Mettre des mots sur les productions des élèves,   expliquer ce qu’ils ont en train de faire…
- Permettre de remobiliser des acquis ou des situations problèmes vécues, de faire des liens entre les différentes situations d’apprentissage 
- Questionner, systématiser progressivement des façons de faire.
 
4. Penser la  progressivité des situations d’apprentissage de façon renouvelée : recentrer la mission de l’école maternelle
Quelques idées essentielles : 
L’école maternelle n’est pas un lieu de performance (mise en place rapide de savoirs et savoir-faire stabilisés). L’enseignant est invité à mettre l’accent sur les démarches (activités réflexives autour de situations problèmes vécues) plutôt que sur les résultats ou la qualité des productions (p.2 : « Dans tous les cas, les situations inscrites dans un vécu commun sont préférables aux exercices formels proposés sous forme de fiches »).
Une des missions de l’école maternelle est de permettre à l’élève de construire progressivement une posture d’élève (p.5 : « l’enfant est appelé à devenir élève, de manière très progressive sur l’ensemble du  cycle ») jusqu’en fin de grande section.
Pour « mettre en œuvre une véritable continuité » l’école maternelle construit des passerelles avec la famille, avec l’école élémentaire, avec des partenaires (services de soins, différents lieux d’éducation…)
 
5. Multiplier les  activités de coopération, d’interaction dès la petite section : faire de la maternelle une communauté d’apprentissage
Les anciens programmes  pour la maternelle insistaient sur l’apprentissage du bien vivre ensemble, les textes d’aujourd’hui parlent d’une « école où les enfants vont apprendre ensemble et vivre ensemble », p.5.  C’est cette place donnée aux interactions, dès la petite section, et au rôle de l’enseignant dans l’organisation de ces interactions qui est renforcée. S’entraider, partager avec  les autres, participer à des productions communes, éprouver le rôle des autres dans la construction des apprentissages (p.6), confronter son point de vue, débattre… Autant d’activités d’interactions et de communication qui sont présentées comme des leviers incontournables pour permettre à l’élève, dès la petite section, de « se construire comme une personne singulière au sein d’un groupe » (p.5) et de construire progressivement ses capacités d’apprentissages.
 
6. Mettre l’accent sur les activités réflexives ou « prendre le temps de la pensée » (ECA n365 février/mars 2015) en maternelle
Les textes rejoignent là une idée développée par Pascal Balmand, secrétaire général de l'Enseignement catholique, dans  l’ECA n°365, février mars 2015 : Dès la maternelle, il est nécessaire de permettre à tous de disposer de clés d’usage du monde à travers des activités cognitives de Haut niveau… fondamentales pour rendre les élèves autonomes intellectuellement (P.4).
Des activités de « haut niveau » sont présentées dans les nouveaux programmes : 
1- Devenir élève à l’école maternelle c’est aussi : 
- Apprendre à se questionner, à chercher à résoudre des problèmes, à remobiliser de façon consciente des connaissances dans différentes situations… pour aller plus loin.
- Enter progressivement dans les spécificités des situations d’apprentissage à l’école : agir, parler sur l’action, tirer des enseignements, apprendre avec d’autres...
2- Aborder par l’expérience la compréhension des problèmes du monde : 
- Bénéficier d’expériences morales (…..)
- Pratiquer le débat collectif 
- S’ouvrir sur la pluralité des cultures dans le monde (citoyenneté) 
- Devenir progressivement des spectateurs actifs et attentifs (spectacle vivant) 
- Bénéficier d’une initiation concrète  à une attitude responsable (respect des lieux, de la vie, connaissance de l’impact de  certains comportements sur l’environnement), 
- S’éduquer à la santé et approcher des questions nutritionnelles 
- S’interroger sur la protection du vivant et de l’environnement 
- Aborder la prévention des accidents domestiques et la prise en compte des risques
- Eprouver l’idée d’un monde en réseau 
- Lutter contre les stéréotypes
Une fonction de l’enseignant : se centrer sur l’enfant qui apprend et non sur les savoirs à transmettre, y compris dans les activités de répétition ou d’automatisation (qui sont réservées pour les plus grands, p.4), ou de mémorisation où l’enseignant « aide les enfants à prendre conscience qu’à l’école apprendre c’est remobiliser en permanence les acquis antérieurs pour aller plus loin » (p.5)
 
7. Privilégier le développement de la personne 
La centration sur le développement de la personne dans toutes ses dimensions jalonne  l’ensemble du texte :
- Une fonction essentielle de l’école maternelle réside dans l’articulation entre la personne et le collectif, dans le développement du respect de soi et des autres ;
- L’erreur, le tâtonnement doivent être non seulement valorisés, mais, présentés comme la seule façon possible d’apprendre : « mettre en valeur, au-delà du résultat obtenu, le cheminement de l’enfant et les progrès qu’il fait » (p.4).
- Une réaffirmation du principe d’éducabilité : l’école engage chaque élève «  à avoir confiance dans son propre pouvoir d’agir et de penser, dans sa capacité à apprendre et réussir sa scolarité et au-delà » (p.3), elle leur permet de développer leur estime de soi.
- L’importance donnée à la sensibilité exprimée  de différentes façons et dans différentes disciplines (langage, activités physiques, activités artistiques dont la musique)
- L’accent est mis sur la possibilité d’une construction de liens forts d’amitié.
- Les enfants sont des interlocuteurs à part entière. L’enseignant leur propose des temps d’échanges individuels et collectifs afin qu’en fin d’école maternelle l’enseignant puisse « avoir avec les enfants des conversations proches de celles qu’il a avec les adultes ».
 
8. Développer l’Envie, le plaisir pour l’apprentissage
La référence à l’envie et au plaisir se trouve plusieurs fois dans le texte, mais, une toute première fois dès l’introduction où l’on rappelle que la « mission principale (de l’école maternelle) est de donner envie aux enfants d’aller à l’école pour apprendre, pour affirmer et épanouir leur personnalité » (p.2) 
Le plaisir d’apprendre est à persévérer, voire à mobiliser grâce à des encouragements de l’adulte qui favorise aussi leur bien-être et grâce à l’aide des pairs.
 
9. S’intéresser à  la diversité des élèves
Le principe d’équité est rappelé, ainsi que la nécessité pour les adultes de porter un regard positif sur les différences et de permettre aux élèves de développer eux-mêmes ce regard positif pour soi et pour les autres. S’intéresser à la diversité, un objectif pour les enseignants et pour les élèves. 
L’approche didactique posée permet aussi d’éclairer l’enseignant pour rejoindre les élèves les plus fragiles, pour qui pourraient se jouer certains malentendus : découvrir la quantité plus que savoir la comptine numérique, comprendre les différents aspects de la langue écrite par l’imprégnation. 
 
10. Découvrir les domaines d’apprentissage 
Ils sont au nombre de 5. Pour chacun des domaines des éléments de clarification didactique sont précisés de façon très explicite. C’est une des nouveautés de ce texte pour la maternelle. 
Les 5 domaines sont  :
1- Le langage dans toutes ses dimensions
- L’oral
- L’écrit (lire et écrire sans pour autant se centrer sur des apprentissages formels). Deux grandes acquisitions : la conscience phonologique et le principe alphabétique 
- Une place pour la production d’écrits (pas d’apprentissage systématique de l’écriture cursive).
2- Agir, s’exprimer, comprendre  à travers l’activité physique
3- Agir, s’exprimer, comprendre à travers les activités artistiques : productions plastiques visuelles, univers sonore, spectacle vivant.
4- Construire les premiers outils pour structurer la pensée : (éviter le comptage-numérotage, pratiquer la décomposition des nombres). 
5- Explorer le monde
Pour chaque domaine une liste simplifiée des attendus à la fin de l’école maternelle est donnée.
Cette liste met en évidence l’écart entre les activités réflexives de haut niveau à conduire avec et par les élèves seuls ou à plusieurs et les niveaux de réussite attendus.
Elle explicite très clairement les apprentissages formels qui seront réservés au CP ou les acquisitions qui ne pourront être exigées qu’en CE1 par exemple.
Elle permet de penser la progressivité des apprentissages sur le cycle.
 
Plus que jamais on rappellera que si rien ne se joue jamais  de façon définitive avant cinq ans ou avant six ans, c’est pourtant dès l’école maternelle que peuvent se réduire les inégalités . Prendre le temps pour engager dans les savoirs, prendre en compte les enfants qui entrent à l’école et sont déjà élèves et ceux qui ne sont qu’écoliers,  ceux qui possèdent déjà le bagage langagier nécessaire pour découvrir le monde et ceux qui savent à peine nommer les objets du quotidien ceux qui enrichissent leur vocabulaire et peuvent entrer par la pensée sur les objets de savoir et ceux qui découvrent simplement de quoi on parle et peinent à faire des liens.  
On pourra relire sur la question du temps : La question du temps à l’école maternelle.
 
Accéder au texte officiel des programmes de l'école maternelle. BO spécial du 26 mars 2015.

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