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Travailler les compétences phonologiques en anglais 

Temps de lecture : 24 minutes
Travailler les compétences phonologiques en anglais 

Mal à l'aise avec la prononciation en anglais ? Cet article propose de l'aide.

Les enseignants sont souvent démunis face à la nécessité de travailler les compétences phonologiques en langues vivantes : d’une part, ils ont l’impression de mal maîtriser eux-mêmes la prononciation et l’accentuation, d’autre part ils ont du mal à concevoir des situations d’apprentissage centrées sur les compétences phonologiques. Cet article proposera d’une part des ressources permettant aux enseignants d’améliorer leurs propres compétences phonologiques et d’autre part quelques idées de situations d’apprentissage. Chaque langue ayant un système phonologique qui lui est propre, cet article concerne uniquement la phonologie de la langue anglaise, même s’il certaines situations d’apprentissage peuvent s’appliquer à d’autres langues. 

1. Ce que disent les programmes
Le BO hors série du 30 août 2007 sur les programmes de langues étrangères pour l’école primaire définit trois axes pour l’étude des compétences phonologiques. 
-Les phonèmes, autrement dit savoir distinguer et reproduire les sons constitutifs de la langue anglaise, en s’attachant plus particulièrement aux sons les plus différents du français. 
-Le rythme, autrement dit le respect de l’accentuation dans les mots, dans les phrases et dans les groupes de sens. 
-L’intonation, autrement dit la pratique des deux schémas intonnatifs principaux, le shéma montant et le schéma descendant. 
 
2. Travailler la prononciation des phonèmes
Le BO fourni la liste détaillée des différents sons à étudier. Il s’agit essentiellement de travailler : 
- Les sons qui n’existent pas dans la langue française, en particulier θ (thank you), ð (this), h (house), tƒ (chips) et r (red). 
- Les diphtongues, qui n’existent pas en français, par exemple le ide boy, le  de toast, le de poor (voir liste complète dans le BO)
- Les sons qui peuvent sembler proches à une oreille française mais qui se distinguent en anglais par leur longueur. Le BO propose des rapprochements entre les sons, mais on peut aussi en proposer d’autres, par exemple : 
. le æ de cat et le a: de car,
. le de hot et le : de horse ou de ball, 
. le i de happy et le i: de bee.
Pour pouvoir prononcer ces sons correctement, les élèves doivent d’abord avoir conscience de leur existence et être capable de les différencier lorsqu’ils les entendent. On proposera donc des exercices de différenciation phonologique, par exemple : 
- Associer chaque son à un mot repère (le a: de car, le æ de cat)
- Réaliser des affichages ou des fiches de type « maison des sons » où l’on regroupe tous les mots connus dans lesquels on entend le son étudié. 
- Lever l’image de la voiture quand on entend le a: de car et l’image du chat quand on entend le æ de cat. Si les élèves ne connaissent pas le sens de tous les mots écoutés, cela n’a pas d’importance, ils se concentrent d’autant plus sur la prononciation qu’ils ne se préoccupent pas du sens. 
- Entourer les mots, ou les images correspondant aux mots, dans lesquels on entend le son étudié. 
- Jouer à « Je cherche ma famille ». Distribuer aux élèves des images représentant des mots connus. Leur expliquer qu’il y a, par exemple, quatre familles de sons représentées (la famille du le a: de car, la famille du æ de cat…) et cinq cartes par famille. Au signal, les élèves se dirigent les uns vers les autres et se présentent (I’m a cat, I’m a car…). S’ils rencontrent quelqu’un qui a une carte représentant un mot qui appartient à la même famille de son, ils restent ensemble. La première famille à être au complet a gagné. 
- Jouer au labyrinthe des sons. Sur une fiche représentant un labyrinthe, on se dirige, par exemple, à droite si l’on entend le a: de car et à gauche si l’on entend le æ de cat dans le mot prononcé par le meneur de jeu. On peut aussi, par exemple, aller à droite si le mot commence par un h aspiré, et à gauche si ce n’est pas le cas… 
Accéder à une conscience phonologique des différents phonèmes est indispensable, mais il faut bien sûr dans le même temps prendre le temps de répéter et de mémoriser chaque mot nouveau avec la bonne prononciation – de façon ludique, évidemment ! 
Les tongue twisters (virelangues) permettent de travailler plus spécifiquement un phonème particulier ou l’opposition de deux phonèmes. Vous en trouverez des exemples sur Learn English Kids et sur Tongue Twistters (ce dernier site permet de les écouter et de les répéter façon « karaoke »).
 
3. Travailler le rythme et l’accentuation
« Chaque mot anglais possède un accent principal qui entraîne la réduction des syllabes inaccentuées. Pris isolément le mot est toujours accentué de la même façon et la place de son accent ne varie pas. Chaque mot est donc à apprendre avec son accent. » 
« Les mots une fois placés dans la phrase, l’accent de certaines catégories de mots sera entendu en général plus clairement. Il s’agit des mots importants pour le message, donc principalement les noms, les adjectifs, les adverbes et les verbes » (BO hors série du 30 août 2007)
La langue française n’étant pas accentuée, les élèves doivent identifier de manière auditive le phénomène d’accentuation avant de pouvoir le reproduire. Certains élèves y arrivent très spontanément, d’autres ont besoin d’entraîner leur oreille. 
Voici quelques idées de situations d’apprentissage : 
- Une fois les mots mémorisés, entourer ou souligner les syllabes accentuées. Le faire de mémoire d’abord, puis réécouter les mots pour valider. 
- Ecouter des mots de trois syllabes et les classer en fonction de la syllabe accentuée (on peut proposer un tableau à double entrée à remplir, des étiquettes-images ou des étiquettes-mots à classer)
- Scander, rapper des énoncés. Marquer l’accent en tapant sur le bureau, en utilisant un instrument à percussion, en sautant… passer par le corps à chaque fois que c’est possible. 
- S’appuyer sur des chansons, des comptines, des poèmes. En effet, dans la poésie classique anglaise, on ne compte pas le nombre de pieds (syllabes) mais le nombre d’accents. C’est la même chose dans les chansons où les syllabes accentuées tombent toujours sur les temps forts de la mélodie. En chantant, les élèves ne peuvent donc faire autrement qu’accentuer correctement. Quand ils disent « en parlant » une chanson qu’ils connaissent par cœur, on se rend compte qu’ils placent spontanément les accents au bon endroit. Penser, lors de l’apprentissage de la chanson, à la « raper », à la dire en rythme en tapant sur la table… De la même façon, il est pratiquement impossible de dire une comptine ou un court poème (versifié de façon classique) sans placer correctement les accents. Cette situation d’apprentissage est particulièrement intéressante car elle permet aux élèves de dire en accentuant correctement des énoncés plus longs qu’une simple phrase. 
- Lorsqu’une chanson, une comptine ou un court poème ont été mémorisés, distribuer une trace écrite et faire surligner, entourer ou colorier les syllabes accentuer. On peu alors repérer le schéma d’accentuation : plusieurs vers ont en général le même.
 
4. Travailler l’intonation
Deux schémas intonatifs principaux sont à travailler dans la langue anglais : 
- Le schéma descendant : ton de l’objectivité (My name is Sophie.), des questions commençant par un mot interrogatif en Wh (Where is my car ?), des listes fermées (I want a pencil, a pen and a ruber.), des ordres et des consignes (Stand up !), des exclamations (What a nice car !)
- Le schéma montant : ton amical (good-bye !), questions ne commençant par un mot interrogative en Wh (Have you got a cat ?)
Là encore, il s’agit tout d’abord de prendre conscience de la différence entre les deux schémas en les repérant auditivement. 
- Il est toujours efficace de par le corps en faisant des gestes suivant le schéma intonatif ou de le dessiner. 
- On peut aussi demander aux élèves de lever une pancarte symbole lorsqu’ils entendent le schéma montant dans un texte lu. 
- Les dialogues, les sketchs, les marionnettes voir le théâtre sont des situations idéales pour travailler la reproduction du schéma intonatif. 
Inutile bien sûr de faire mémoriser aux élèves la liste des cas où l’on utilise l’un des schémas. Cela viendra avec l’écoute et la pratique…
 
5. Doit-on toujours veiller à la correction de la prononciation, de l’accentuation et de l’intonation ? 
Il est indispensable de mémoriser chaque mot avec la prononciation et l’accentuation correctes. Pour les mots dont la relation graphie / phonie est très éloignée de celle du français (« girl », par exemple), on veillera à vérifier que la mémorisation est acquise avant de monter de l’écrit pour ne pas risquer que les élèves les plus visuels mémorisent une mauvaise prononciation. 
En revanche, lorsque les élèves sont amenés à construire leurs propres énoncés en situation de communication, ils se concentrent d’abord sur le sens, puis éventuellement sur la syntaxe, au détriment de la correction phonologique. Les interrompre pour corriger ne servirait qu’à inhiber la communication. De plus, lorsque les élèves sont en situation de communication entre eux (lorsqu’ils jouent, par exemple), l’enseignant ne peut de toutes façons pas vérifier la correction de la prononciation. Il est donc important d’alterner les temps où l’on relâche l’exigence sur la correction phonologique et les temps où l’on la travaille spécifiquement. 
 
6. Et les élèves qui n’y arrivent pas ? 
Acquérir les compétences liées à la phonologie peut s’avérer difficile pour certains élèves. Cette difficulté est souvent liée à une difficulté de discrimination auditive : certains élèves ont du mal à entendre la différence entre certains phonèmes, ou à identifier la place de l’accent dans un mot en l’écoutant. Ce sont souvent les mêmes élèves qui chantent faux, ou qui font également des confusions entre les sons en français. Il convient bien sûr de ne pas les stigmatiser, d’autant plus que la timidité a souvent sa part dans les difficultés rencontrées par ces élèves. Pour les aider, il faut privilégier une approche ludique de la phonologie et surtout être convaincu des bénéfices de la mise en œuvre de situations d’apprentissages de la phonologie courtes et fréquentes. Dans les classes où elles sont mises en place, on constate que l’écart entre les élèves en difficulté sur le plan de la phonologie et les autres se réduit de façon significative. C’est comme en musique : l’oreille s’éduque. 
 
7. Si ma prononciation n’est pas très bonne, est-ce que je ne risque pas de faire plus de dégâts que de bien en enseignant l’anglais à mes élèves ? 
Certes, si l’enseignant maîtrise bien l’accentuation, la prononciation et l’intonation, c’est un atout. Cependant, un enseignant à la prononciation imparfaite mais capable de mettre en œuvre des situations d’apprentissages telles que celles qui ont été décrites ci-dessus fait plus progresser ses élèves qu’un enseignant à la prononciation parfaite qui pense qu’il suffit que ses élèves l’écoutent pour acquérir à leur tour les compétences nécessaires !
Prendre conscience des éléments de phonologie à faire travailler aux élèves permet déjà à l’enseignant de progresser… n’hésitez pas à vous lancer !
 
8. Des ressources pour les enseignants
- Pour améliorer ses compétences phonologiques, on peut se procurer un audio-book (enregistré pour les malvoyants) et l’utiliser comme laboratoire de langues. On écoute un court passage et l’on repère les éléments que l’on souhaite travailler (phonèmes spécifiques, accentuation, intonation…) puis l’on répète, et enfin on lit le passage correspondant à voix haute autant de fois que nécessaire. Pour progresser rapidement, cinq à dix minutes par jour suffisent ! 
- Pour travailler l’accentuation, rien de tel que de lire à haute voix des poèmes ou des textes de chansons (ce qui marche pour les élèves marche aussi pour les enseignants !)
Quelques sites qui peuvent vous aider à progresser : 
Howjsay.com : un dictionnaire anglais qui vous permet aussi d’écouter la prononciation des mots et des expressions. On peut aussi choisir d’autres langues.
Franglish : plein de tests à faire en ligne pour améliorer votre conscience phonologique. Allez voir, ce site est une mine !
Shiporsheep  : pour distinguer les phonème proches de façon ludique et très visuelle. On peut écouter la prononciation. A utiliser aussi avec les élèves ! 
- Languageguide : des listes de mots par catégoriques (greetings, the body…). Chaque mot est représenté par une image, on peut écouter la prononciation. 
- Learning english : des mini cours d’anglais en ligne… une vidéo, un texte… écoutez, répétez, faites les exercices. 
- Phonetics Focus : plein de jeux en ligne pour améliorer votre conscience phonologique. Beaucoup sont basés sur la connaissance de l’alphabet phonétique. Ne manquez pas le « flash cards maker » !
- Anglaisfacile : plein de cours de prononciation en ligne, des vidéo, des enregistrements, des tests… 

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