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Aider sans stigmatiser

Temps de lecture : 12 minutes

Dans certains lieux, les injonctions institutionnelles ou le calendrier adopté par l’équipe obligent à mettre en œuvre l’aide personnalisée très rapidement. Cela incite l’enseignant à évaluer ses élèves, parfois dès les premiers jours. Des pistes vous sont proposées pour se donner le temps de connaître les besoins des élèves et mettre de la souplesse dans le système.

Des vacances à la mise en place de l’aide personnalisée

Le jour de la rentrée, le groupe classe rassemblé peut paraître prêt à aborder de nouveaux apprentissages après une période de vacances qui a permis de se ressourcer.
Cependant, au cours de l’été, chaque enfant, coupé de l’école, a vécu des expériences différentes. Nous n’avons pas toujours conscience que les vacances sont un temps où se creusent les écarts et que certains de nos élèves :
- N’ont pas eu l’occasion de parler français. Lire sur sitEColes : Accueil d’un enfant allophone.
- N’ont rien lu.
- N’ont pas tenu de crayon, car ils n’ont été invités ni à écrire des lettres, ni à tenir un journal, ni même à dessiner.
- N’ont que très peu eu l’occasion de bénéficier de l’attention individuelle d’un adulte ayant le temps d’échanger avec eux…
Un "sas" est donc nécessaire afin de permettre à chacun de reprendre contact en douceur avec la réalité scolaire et de réactiver ses connaissances.
Or, la nécessité de mettre en œuvre l’aide personnalisée incite l’enseignant à évaluer ses élèves, parfois dès les premiers jours. L’étiquette d’élève en difficulté peut ainsi être posée très (trop ?) rapidement, entravant la mise en place d’une relation positive entre l’élève et l’enseignant, voir entre l’enseignant et la famille.

Comment aider sans stigmatiser ?

1. Susciter des relations positives au sein de la classe

- Prendre le temps de parler des vacances. Valoriser les expériences personnelles : visite d’un pays étranger ou retour au pays d’origine, pratique d’une langue étrangère, pratique d’un sport, temps passé en famille…
- Permettre à chaque élève de montrer ses forces et ses champs d’intérêt. Afficher, pour chaque élève, une compétence qui pourrait être mise au service du groupe. Dans ce cadre, penser à valoriser les compétences déjà acquises par les redoublants ainsi que des compétences telles "savoir apaiser les conflits", "accueillir les nouveaux", "organiser des jeux", "ranger", "connaître le fonctionnement de la classe"… Ce sont d’ailleurs loin d’être des compétences marginales puisqu’elles font l’objet du pilier "Autonomie et initiative" du socle commun.
- Construire son "arbre de connaissances". L'idée part du principe que "personne ne sait tout, mais tout le monde sait quelque chose", aussi il peut être proposé de construire un arbre qui recense des compétences scolaires ou extrascolaires qui pourront ensuite servir à la classe par mutualisation.
- Utiliser le "renforcement positif", c'est-à-dire valoriser chaque élève à un moment durant les premiers jours de classe.

2. Organiser l’aide personnalisée sans stigmatiser

Dans certains lieux, les injonctions institutionnelles ou le calendrier adopté par l’équipe obligent à mettre en œuvre l’aide personnalisée très rapidement. Il est alors possible d’organiser le soutien de façon différente pendant quelques séances, le but étant de se donner le temps de connaître les besoins des élèves. Lire sur sitEColes : Aide personnalisée : Outils et modalités d'organisation.

- Utiliser le temps d'aide personnalisée pour évaluer ses élèves sans avoir à gérer toute la classe. Ainsi certains enseignants invitent leurs élèves par roulement en petit groupe durant les heures affectées au soutien pour les évaluer en lecture, langue orale. Lire sur sitEColes : Identifier les besoins des enfants en difficulté.

- Proposer des temps d'atelier concernant les compétences fondamentales à tous les élèves de la classe, du niveau ou du cycle. Cela permet ainsi selon le choix de l’équipe pédagogique après analyse des priorités, de concentrer les efforts des enseignants sur des publics prioritaires.

En cycle 2 : Tous les élèves de CP peuvent être accueillis durant ces heures pour un travail de soutien en ateliers dans les domaines suivants : graphisme, phonologie, connaissance de la langue écrite, langue orale, jeux de langue... afin de concentrer les aides sur cette classe charnière. En CE1 un travail de lecture / orthographe, révision des correspondances grapho phonétiques peut être engagé en accueillant également tous les élèves.

En cycle 3 : un travail de type MACLE (module d’approfondissement des compétences en lecture, écriture) peut être envisagé.

- Travailler la méthodologie par petits groupes : Le temps consacré à la mise en route des habitudes dans la classe est souvent coûteux ou bien, laisse une partie des compétences attendues dans l’implicite faute d’être enseignées de façon explicite. Recevoir les élèves en petits groupes par roulement permettrait de prendre le temps d’apprendre les gestes attendus : savoir coller dans un cahier, utiliser un agenda, comprendre le fonctionnement des fichiers. Ce temps pourrait aussi être un moment de clarification des attendus de l’enseignant sur l’apprentissage, un temps de confrontation des représentations autour du sens de ce qui est enseigné afin d’amorcer une dynamique d’engagement dans des tâches parfois rébarbatives : comment et pourquoi apprendre des mots par cœur, des tables etc...

3. Construire une relation positive avec les familles

Loin d’être démissionnaires les parents sont souvent démunis devant les attentes de l’école ou les réactions de leur enfant dans le groupe classe. Les tensions actuelles de la société, les messages véhiculés par les médias, renforcent l’inquiétude sur la réussite de leur enfant à l’école, engageant ainsi les parents dans un enjeu fort qui suscite parfois des malentendus dans la relation. Il est donc essentiel de construire un partenariat basé sur la confiance, on peut pour cela :
- Prendre le temps de comprendre la vie quotidienne de l’enfant à la maison, en valorisant les informations ainsi reçues.
- Lister les questions que les parents souhaitent poser durant l’entretien.
- Associer les parents en répondant à leurs questions mais aussi en les guidant dans leurs choix éducatifs par exemple en mettant en place un PPRE qui comporte une partie sur le rôle attendu des parents.
- Informer sur les difficultés rencontrées, après avoir présenté les points forts de l’élève.
- Organiser des temps, où les parents peuvent découvrir ce qui se fait dans la classe (portes ouvertes, visites, réunion), lire sur sitEColes : Les réunions de parents.
- Planifier des rencontres, plutôt que de réagir sur le vif face à une situation difficile. Cela permet ainsi de mettre de la distance et de se rencontrer dans un lieu approprié.
Engager nos élèves sur un chemin de valorisation des réussites pour susciter la motivation parait être une urgence plus grande encore que de pointer les difficultés.

Dossier sur le site Eduscol : aide personnalisée, stages de remise à niveau, résultats de l'enquête 2009-2010 (janvier 2010).

"La motivation ne fait que nous aider à faire ce que nous sommes déjà capables de faire" R.Sylwester, Université d’Oregon.

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