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Le feu

Temps de lecture : 42 minutes
Le feu

Le feu vu au travers de l'Evangile des disciples d'Emmaüs (3ème dimanche de Pâques) : Une proposition pastorale au coeur du projet "terre d'enjeux".

« Notre cœur n'était-il pas brûlant quand il nous parlait sur la route ? » Luc chap. 24

La Foi c'est une expérience de rencontre avec quelqu'un.
Dieu vient à notre rencontre par sa parole.


Dans la Bible le feu symbolise la destruction et la purification. Ce sont « les braises ardentes » répandues sur Jérusalem (Ezéchiel 10, 2) ou sur le monde (Apocalypse 8, 5).
Il est aussi le signe de la présence de Dieu. Dieu parle au peuple hébreux « du milieu du feu » (Deutéronome 4, 12). « L'ange de Yahvé se manifesta à lui (Moïse) sous la forme d'une flamme de feu jaillissant du milieu d'un buisson... Le buisson était embrasé mais ne se consumait pas. » (Exode 3, 2).

C'est cette symbolique de la présence que nous retenons pour aborder le thème du Feu au travers du récit des disciples d'Emmaüs que la liturgie du troisième dimanche de Pâques propose à notre méditation.

« Notre cœur n'était-il pas brûlant lorsqu'il nous expliquait les Ecritures », se disent-ils lorsque Jésus disparaît à leurs yeux et qu'ils l'ont reconnu ?

Quel est donc ce feu qui les brûle et leur expérience a-t-elle quelque chose à nous dire aujourd'hui ?

Pour répondre à cette question nous proposons de valoriser le 3e dimanche du temps Pascal :
- pour nous catéchistes, une méditation du texte de Saint Luc par Monseigneur Dagens
- une piste pour célébrer à partir du récit des disciples d'Emmaüs
- des textes et des chants pour nourrir la prière et accompagner la célébration
- deux dessins représentant le texte des disciples d'Emmaüs.

Méditation de Mgr Cl. Dagens, évêque d'Angoulême, sur un passage de l'évangile selon saint Luc au ch. 24 : "Les disciples d'Emmaüs".

L’EXPERIENCE DU CHRIST DES PELERINS D’EMMAUS.
C'est un long récit, propre à l'Évangile de Luc, avec deux éléments très importants :
Il y a plusieurs étapes sur ce chemin, plusieurs moments dans ce long dialogue avec Jésus. Autrement dit, l'expérience du Christ ne se fait pas d'un coup. La foi au Christ ne se réduit pas au tout ou rien. Il y a réellement un cheminement de la foi. Et nous n'en finissons pas d'apprendre et de pratiquer cette pastorale du cheminement.
Sur cette route d'Emmaüs, c'est Jésus qui prend l'initiative. C'est Lui le premier acteur du dialogue, même s'il n'est pas reconnu. Ils le reconnaissent après, quand il les a quittés. Il y a presque toujours un délai de la foi. Lui s'approche et fait route avec nous. Nous, nous comprendrons plus tard. D'où le besoin de relire, de faire mémoire des passages de Dieu dans nos vies.

I – PREMIER MOMENT : IL FAIT ROUTE AVEC EUX
Eux, Jésus et nous : ce seront les trois éclairages de ce récit.

1. Eux, les pèlerins, qui quittent Jérusalem et rentrent chez eux, à Emmaüs. .
Ils sont brisés. Ils sont remplis par la mémoire de la mort : violence, mort de Jésus sur la Croix, désarroi, solitude. Tel est le terreau humain dans lequel va germer la Parole de Jésus.
Il y a là un très grand réalisme de la foi. L'expérience du Christ n'abolit rien des duretés du monde. C'est au sein de nos brisures que germe la foi, comme l'aurore dans la nuit, comme la lumière dans les ténèbres.
Pour le dire comme l'apôtre Paul, rien ne peut nous séparer de l'Amour du Christ, parce que rien n'empêche le Christ de venir à nous : telle est la puissance de sa résurrection.
Ils sont en même temps enfermés dans leurs illusions sur Dieu. Car ils ont imaginé Dieu comme une puissance supérieure, capable d'écraser tous ses adversaires. Ils ont donc rêvé d'un coup de force de Dieu et d'un triomphe du Messie Jésus.
Sa mort violente sur la Croix est donc pour eux l'effondrement de leur rêve Dieu a été mis en échec par les hommes. Eux aussi sont condamnés à l'échec.
La mort est donc bien plus que l'événement de mort. C'est l'ombre portée en eux-us que l'événement de mort. C'est l'ombre portée en eux-mêmes par l'effondrement de leur rêve. C'est cela qui les rend aveugles : ils ne peuvent voir que ce qu'ils ont expérimenté. Ils ont expérimenté l'échec de Dieu selon leur idée de Dieu. Ils ne voient que l'échec. Ils ne peuvent pas reconnaître le Ressuscité.
Ce récit dit aussi la profondeur du mal : le mal, c'est ce qui empêche de voir le réel de Dieu avec nous. Le mal, c'est ce qui nous sépare - presque physiquement - de l'humanité de Dieu révélée dans la Croix du Christ. Et la délivrance du mal sera donc, pour eux, comme une résurrection.

2. Et Lui, Jésus, qui est-il, à côté d'eux ?
Il est ressuscité. Il a vaincu la mort. Il est vivant près de Dieu. Il est dans la lumière de Dieu. Il est le Seigneur. Son horizon, ou plutôt ce qui l'habite, c'est la gloire de Dieu.
Mais, en même temps - et là est la nouveauté de la résurrection -, il est là, près de ces deux hommes désemparés. Il fait route avec eux. Il a la liberté de les rejoindre, de les accompagner. Dans la plupart des récits d'apparition, c'est le verbe venir qui exprime cette liberté du Christ ressuscité : il vient, et sa venue est le signe de sa Seigneurie.
Il y a là une ouverture absolue de Dieu aux hommes : ce n'est pas seulement l'Incarnation, le fait d'assumer notre humanité, mais la Résurrection, c'est-à-dire la liberté de s'ouvrir à nous, même quand nous, nous ne sommes pas ouverts à Lui, et il s'ouvre à nous pour nous ouvrir à Lui.
Il est là, il marche, et sa parole est une parole de proximité et de compréhension. Il ouvre lui-même le dialogue : " Quels sont ces propos que vous échangez en marchant ? " (Luc 24, 17). Il leur donne la parole : Jésus, le Ressuscité, devient l'auditeur, et comme le témoin de sa propre Passion racontée par ces deux hommes, et en même temps le témoin de cette formidable incompréhension humaine, qui est une des raisons essentielles de sa Passion : ils attendaient un Messie triomphant, et ils n'ont pas accepté l'échec apparent de Jésus, sa mise à mort, sa crucifixion. " Nous espérions, nous, qu'il était Celui qui allait délivrer Israël ! " (Luc 24, 21). La liberté de Dieu va jusque là: jusqu'à être témoin de notre aveuglement, de notre refus de sa victoire sur la mort.
Voilà l'expérience que fait Jésus ressuscité : il assume et encaisse notre résistance au salut. Et cela donne son plein sens, son sens dramatique à la promesse: " je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde. " (Matthieu 28, 10). Il est avec nous, même quand nous restons aveugles à sa Présence. Et il demeure un inconnu. La Passion du Christ continue au-delà et comme à travers la résurrection. Mais le dernier mot de Dieu, ce n'est pas la mort du Fils. C'est la proximité toujours possible du Ressuscité à nos côtés.

3. Et nous, sur nos routes, comment faisons-nous l'expérience du Christ ? À quoi cette expérience nous engage-t-elle ?
Restons-en à cette première étape de non-reconnaissance, de dialogue réel, mais sans issue immédiate, comme dans certains de nos dialogues humains : on se parle, on se raconte sa vie et ses sentiments, mais on ne se comprend pas. La distance semble insurmontable. La solitude demeure.
À cette étape, nous pouvons nous demander : qu'est-ce qui crée la distance ?
Qu'est-ce qui nous sépare du Christ ressuscité ? Qu'est-ce qui nous empêche de faire l'expérience du Christ ?
- Notre indifférence, souvent épaisse, nos distractions : nous sommes occupés à autre chose, et surtout à nous-mêmes. Dieu est si loin.
- Parfois, sans doute, notre culpabilité, notre sentiment d'indignité : nous interdisons à Dieu de s'approcher de nous.
- Mais il y a peut-être plus profond, plus radical : nous avons peur de la proximité de Dieu. Comme Pierre, au moment du lavement des pieds : "Ne viens pas si près ! Ne t'approche pas ! Reste chez toi ! Laisse-moi tranquille ! Ne m'associe pas à ta mission ! " Cette peur de la proximité de Dieu est réelle. Elle est un obstacle réel. Au fond, nous n'acceptons pas que Dieu soit si proche, si humain, si fraternel.
Nous sommes résignés aux lois de la mort. Il y a l'échec. Il y a l'ensevelissement. Il y a la disparition du corps. Mais il n'y a rien au-delà. Nous sommes résignés à l'absence d'éternité, à la mort éternelle. Or l'éternité commence avec le Christ ressuscité. Acceptons-nous que la victoire de Dieu sur le mal passe par des chemins que nous n'osons pas imaginer ? Par le chemin du don total.

II –DEUXIEME MOMENT : IL OUVRE POUR EUX LES ECRITURES
1. C’est Jésus lui-même qui prend alors la parole.
Et avant d’ouvrir les Ecritures, sa parole exprime sa souffrance « Esprits sans intellligence, cœurs lourds et lents à croire... " (Luc 24, 25)
C'est l'expérience même du Christ par rapport à nous, par rapport à ses disciples :
Lui a vaincu la mort et eux demeurent incrédules. Ils sont fermés à la Résurrection, enfermés dans la mort.
Alors vient la parole qui va les arracher à cet enfermement : La Parole du Christ qui parcourt les Écritures, toutes les Écritures : " Il leur expliqua dans toutes les Écritures ce qui le concernait. " (Luc 24, 27)
Ici, attention : on dit que le Christianisme serait une religion comme l'Islam. Ce n'est pas exact : la foi chrétienne n'est pas fondée d'abord sur un Livre, mais sur une Parole tenue, une promesse qui s'accomplit.
Quand Jésus s'explique sur lui-même, sur sa mort et surtout sur sa mission, il n’a pas pas de livre à la main. Mais il a en lui, il porte en lui, fils d'Israël, la mémoire vive de l'histoire du salut : il fait mémoire, à travers toutes les Écritures, de l'engagement de Dieu pour son peuple à travers l'histoire des peuples du Moyen Orient.
Et la référence à Moïse est capitale : car Moïse, inséparable d'Abraham est l’homme qui conduit le peuple élu vers la Terre promise. Mais il n'y entre pas. Il meurt en terre de Moab après avoir contemplé la Terre promise au mont Nebo (cf. Dt. 34,1-5). Et ce n'est pas un hasard si Moïse est présent à la Transfiguration avec le prophète Élie : ils parlent avec Jésus de son exode à Jérusalem (Luc 9, 31).
Et maintenant l'Exode est accompli. Par sa passion et par sa mort, Jésus a accompli les promesses de Dieu. Le Christ ressuscité est habité par cette conscience vive d'être l'accomplissement des promesses de Dieu, le Sauveur.
D'une façon étonnante, scandaleuse, paradoxale : il a subi la violence des hommes, de tous, les Juifs, les Romains et aussi ses amis qui le lâchent. Sa mort révèle que le mal dans ce qu'il a de radical, c'est le refus de l'Amour, le refus du don de Dieu. Et dans cette mort, dans cet abandon du Fils à Dieu, le Père tient sa promesse pour tous les hommes : il fait miséricorde, il touche, à travers le Corps de son Fils, notre humanité violente, et il la relève, il la recrée. " Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? » (Luc 24, 26).
Voilà le centre, le cœur palpitant de la Révélation chrétienne et de la foi chrétienne : par la Croix, par la souffrance et la mort du Fils, le mal est en même temps révélé et vaincu. Et la gloire, celle qui passe par la Croix, ce n'est pas seulement la lumière de Dieu: c'est le rayonnement du pardon, c'est la puissance de miséricorde qui se déploie pour tous les hommes "Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » ; c’était une des dernières paroles de Jésus crucifié dans le récit de Luc. (Luc 23,24).
Maintenant sur la route, Jésus ouvre et explique les Édisciples à ce cœur du mystère pascal. Et l'on verra plus loin que "leur cœur était brûlant " (Luc 24, 32), lorsqu'il reçoivent cette Révélation.

2. Et nous, face à la Parole de Dieu, que dire, que faire ?
Avant tout écouter, recevoir la Parole, de toutes les façons : lecture personnelle, rumination quotidienne, groupes de lecture organisés dans le diocèse, groupes d'études exégétiques, avec l'aide d'un prêtre ou d'un laïc formé.
Il y a diversité de méthodes et d'approches. Mais il y a une intention commune et une expérience commune.
La Parole de Dieu, de l’Ancien au Nouveau Testament, est un tout. On ne peut sélectionner tel ou tel élément en le séparant du tout. Mais on n'aura jamais tout lu. On peut ne retenir qu'une phrase, un mot. " Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique. " Jean 3,16).

Mais nous savons bien ce que nous cherchons, en dernière instance dans la parole de Dieu : nous y cherchons et nous y trouvons l'engagement même de Dieu qui sort de lui-même pour faire Alliance avec nous. Et le sommet ou le cœur de l'Alliance, c'est le don du Fils, c'est la Croix de Jésus, non pas signe de mort, mais de la mort vaincue par le don du Fils.
Alors, cette Parole de Dieu devient une source de compréhension nouvelle des événements du monde. Par sa parole, Dieu nous donne de comprendre toutes choses autrement, comme pour les deux disciples d'Emmaüs.
Jusque là, ils en restaient à une lecture humaine de la mort de Jésus : une sorte de rapport de forces implacable entre Dieu et les hommes, qui aboutirait à la défaite de Dieu. La mort sur la Croix n'est pas l'échec, mais le signe de l'amour plus fort que la mort.

Nous avons-nous aussi à pratiquer cette lecture pascale des événements de nos vies et de la vie du monde. La question essentielle n'est plus: "Qui est le plus fort ? Où sont les vainqueurs et les vaincus, ou même les bons et les méchants " Mais : "Où y a t-il signe de renaissance, même à travers l'épreuve ? Où y a t-il attente de vie et de résurrection, même dans des situations de violence, que ce soit au Moyen Orient ou dans nos existences personnelles ?"
Ce qui change et qui éclaire l’histoire du monde, c’est la Croix de Jésus, souvenons-nous des moines de Tibhérine ! À vue humaine, c'est l'échec. Aux yeux de la foi, qui ne se résigne pas à la mort, c'est la promesse d'une réconciliation.
Cherchez ces signes dans la trame de nos vies. Où la mort est-elle vaincue ? De quelles brisures peut jaillir la résurrection, en nous-mêmes et dans notre humanité ?

III –TROISIEME MOMENT : IL ROMPT LE PAIN ET LE LEUR DONNE

1. La halte au village
Le Christ ressuscité a ouvert pour eux les Ecritures, et il a commencé à ouvrir leurs cœurs au mystère pascal. Mais il reste encore un inconnu.
Voici maintenant le moment de la reconnaissance qui va avoir lieu lors de la halte au village. Et cette halte va devenir un point de départ, presque un envoi en mission.
Cette halte est désirée par les deux pèlerins. Ce sont eux qui en prennent l'initiative, alors que Jésus semblait poursuivre la route. " Reste avec nous, le soir vient ... " (L29). Cette allusion à la nuit qui tombe exprime sans doute la peur de la solitude : cet inconnu est devenu pour eux un ami, un compagnon. Ils ressentent le besoin de sa présence. Et leur insistance, leur invitation est très révélatrice de leur attente : ils ont écouté sa parole. Ils ont faim de poursuivre le dialogue. Mais le dialogue va désormais passer non plus par un échange de paroles, mais par un signe.

2. Le signe du pain rompu
« Quand Jésus se fut mis à table avec eux, il prit le pain, prononça la bénédiction, le rompit et le leur donna. " (Luc 24, 30).
Ce signe est sans aucun doute le signe eucharistique. Il renvoie au dernier repas de Jésus avec ses disciples, à la veille de sa mort au Cénacle, dans le cadre d’une liturgie juive. Mais désormais, nous avons ici une liturgie clairement chrétienne. Pourquoi ? Parce que le centre en est Jésus ressuscité, lui-même : c’est lui qui préside, qui bénit, qui rompt le pain et le leur donne. Les gestes de l'Eucharistie sont d'abord des gestes du Christ. Le sacrement de l'Eucharistie n'est pas une invention de l'Église, mais l'acte de Jésus se révélant et se donnant à ses disciples.
C'est la Résurrection de Jésus, ou plutôt sa Pâque, qui donne son plein sens à ce signe, à ces gestes :
- Le geste du pain rompu déploie, révèle l'acte de sa vie donnée, abandonnée au Père, livrée aux hommes.
- En même temps, c'est le Ressuscité qui rompt le pain et le leur donne : cette fraction du pain communique sa victoire sur la mort, son entrée dans le Royaume.
- Et il sera clair, pour les disciples, qu'en recevant ce pain, ils communient à la Pâque de Jésus : Ils reçoivent en eux la force du don par laquelle il a lui-même vaincu la mort et le mal. Ils reçoivent son Corps pour devenir son Corps. Plus de parole à entendre, mais une présence charnelle, mystérieusement charnelle, à reconnaître et à accueillir. Tout est dit ainsi du sacrement de l'Eucharistie, inséparable de la Pâque de Jésus : son origine dans le sacrifice du Fils, son accomplissement dans le geste du pain rompu, et aussi ses effets pour ceux qui y participent.
- "Leurs yeux s'ouvrent, ils le reconnaissent, puis il leur devint invisible. " (Luc 24, 31).
C'est l'expérience de la présence, à l'intérieur d’une réelle absence. Mais cela est une expérience profondément humaine : car il ne suffit pas d'être physiquement à côté les uns des autres pour être présents les uns aux autres. On peut être présent aux autres ou les autres peuvent nous être présents dans la distance, malgré l'éloignement.
- Et surtout, quand leurs yeux s'ouvrent, ils ne le reconnaissent pas pour le seul plaisir de le reconnaître. En le reconnaissant, ils deviennent ses témoins : ils ne peuvent pas garder pour eux seuls ce qu’ils ont reçu.
Leur communion au Christ les renvoie à Jérusalem, aux apôtres et à l’Eglise naissante, naissante de la Pâque de Jésus. Leur expérience du Christ ne peut demeurer une expérience individuelle, privée. Elle demande à être confirmée par l'Église, par les apôtres, par l'autorité des apôtres, qui leur diront : " C'est vrai ! Le Seigneur est ressuscité, et il est apparu à Simon ! " (Luc 24, 34).

3. La naissance de l’Eglise
Ce récit d’Emmaüs, qui commence par le désarroi, s’achève non seulement par la foi et la communion au Christ ressuscité, mais par la naissance de l’Eglise, de l’Eglise qui vit du Christ ressuscité.
L'Eglise vit du Christ ressuscité, à la manière des disciples d'Emmaüs.
- en laissant le Christ lui-même faire route avec nous, même s’il n’est pas reconnu,
- en écoutant sa Parole qui vient ouvrir nos cœurs fermés,
- en communiant au pain rompu pour vivre de sa Pâque,
- en acceptant aussi que notre expérience personnelle du Christ soit confirmée par les apôtres.

Voici les étapes du chemin d’Emmaüs.
Une démarche de célébration sur le récit des Disciples d'Emmaüs (Luc 24, 13-35)

A la rencontre de quelqu’un qui
Fait route avec nous,
Est présent par sa parole et le pain partagé,
Nous envoie partager la Bonne Nouvelle.

Avec les disciples nous faisons l'expérience de cette rencontre qui nous fera passer des ténèbres, de l'aveuglement, du doute et du désespoir à la lumière de Pâques, et la reconnaissance de la réalité de la résurrection.

Nous aidons les enfants à faire le lien entre l'expérience des deux disciples et leur expérience propre.

Rencontrer l’autre nécessite que l’on s’oublie soi-même et qu’on le reconnaisse pour ce qu’il est.
Cela passe par une écoute attentive et une fréquentation régulière.
La joie de cette rencontre, plutôt que de vouloir la garder, nous avons envie de la partager.

Les enfants comprendront que la rencontre de la personne de Jésus ressuscité passera par la lecture de la Bible, la prière personnelle et communautaire, le partage de l’Eucharistie et que cette rencontre chacun peut la partager avec les autres dans sa vie.

La mise en place de la célébration s'adaptera aux réalités du groupe du lieu et aux différentes modalités choisies pour la préparer. Notre proposition prend le parti d'un déroulement dans l'église avec un groupe classe en présence du prêtre ou d'un animateur en pastorale.

Une préparation des prises de parole des enfants pourra s'avérer nécessaire dans le cadre d'une célébration avec un grand groupe. Avec un petit groupe on peut très bien imaginer de faire ce temps de questionnement pendant la célébration elle-même.


Matériel : une Bible, une icône des disciples d’Emmaüs, des veilleuses, le cierge pascal.

Le texte d'après Luc chapitre 24

Récit :
1ère partie - Trois jours après la mort de Jésus, deux disciples se rendaient à un village appelé Emmaüs qui se trouvait environ à 11 kilomètres de Jérusalem. Ils parlaient et discutaient de tout ce qui s'était passé.
Ils étaient tristes à cause de ce qui était arrivé à Jésus, qui parlait de Dieu et en son nom guérissait les malades. Les chefs des prêtres l'avaient fait condamner à mort et crucifier. Ils se disaient : « Et nous qui espérions qu'il serait le libérateur d'Israël ! ».

2ème partie - Jésus lui-même s'approcha d'eux et fit route avec eux. Ils le voyaient mais quelque chose les empêchaient de le reconnaître. Il leur demanda : « De quoi discutez-vous en marchant ? ». Ils lui répondirent : « Tu es bien le seul de ceux qui étaient à Jérusalem à ignorer ce qui s'est passé » et ils lui expliquent ce qui est arrivé. Pourtant nous avons été bouleversés par quelques femmes qui sont allées près du tombeau et l'ont trouvé vide. Des anges leur ont dit que Jésus est vivant ». Alors Jésus leur dit : « Vous n'avez donc pas compris; votre cœur est lent à croire ce qu'on dit les prophètes. Ne fallait-il pas que le Messie souffre ainsi pour entrer dans sa gloire » ? Et il leur expliqua dans toute l'écriture ce qui le concernait.

3ème partie - Quand ils arrivèrent près d'Emmaüs, les disciples lui dirent : « Reste avec nous, le jour baisse déjà et la nuit approche ». Il entra donc pour rester avec eux.
Quand il fut à table avec eux, il prit le pain, et remercia Dieu; puis il le rompit le pain et le leur donna. Alors leurs yeux s'ouvrirent et ils le reconnurent. Mais il disparut à leurs regards. Alors, ils se dirent l'un à l'autre : « Notre cœur n'était-il pas brûlant quand il nous faisait comprendre les écritures » ?

4ème partie - Ils se levèrent aussitôt et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent les disciples et partagèrent avec eux la grande nouvelle : « Le Seigneur est vraiment ressuscité » ! Ils racontaient ce qui s'était passé sur la route et comment ils l'avaient reconnu quand il avait rompu le pain.

La Célébration


© Crédit photo : Pierre Robitaille

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