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Dans la bible : la lumière…

Temps de lecture : 52 minutes
Dans la bible : la lumière…

La lumière dans l’Ancien testament, le Nouveau testament et la liturgie chrétienne ainsi que des activités avec les enfants sur le symbolisme de la lumière.

Dans l'Ancien Testament

1. En ce qui concerne la formation de l'univers, la Bible voit dans la lumière une créature de Dieu que ce soit la lumière des origines surgie du chaos :
Dieu dit lumière et lumière il y a
Dieu voit la lumière comme c'est bon
Dieu sépare la lumière et le noir
Dieu appelle la lumière jour et nuit le noir
(Gn 1, 3-5)

celle du soleil, de la lune et des étoiles :

Dieu fait les deux lumières principales
la grande lumière commande au jour
la petite commande à la nuit
et les étoiles enfin
Dieu les donne à la voûte du ciel
pour éclairer la terre
pour commander au jour et à la nuit
pour séparer la lumière et le noir
Dieu voit comme c'est bon
(Gn 1,16-18)

rythmant l'alternance du jour et de la nuit :

Dieu dit
Lumières dans la voûte du ciel
pour séparer le jour de la nuit
Elles serviront de signaux de rendez-vous
feront les jours et les années
Elles serviront de lumières dans la voûte du ciel
pour éclairer le monde
C'est fait
(Gn 1, 14.15)

celle de la foudre, appelée « feu de Dieu » (Jb 1,16) ou « flèche de Dieu » (Sg (5, 21) ou encore la lumière ponctuelle diffusée par les lampes et les chandeliers (Nb 8, 2)

La lumière est soumise à Dieu :
C'est lui qui envoie la lumière et elle advient.
Il la convoque et elle lui obéit en frémissant
(Ba 3, 33)

Elle chante sa grandeur :
Soleil et lune allez louez-le
et vous toutes les étoiles lumineuses
(Ps 148,3)

2. Dieu et la lumière
L'Ancien Testament évoque souvent la relation intime que Dieu entretient avec elle ; elle l'entoure :
les nations marchent vers ta lumière
les rois vers ton lever radieux (Is, 60, 3)


Elle drape son vêtement de gloire :
Tu es habillé d'honneur et de majesté
enveloppé de lumière comme d'un manteau
(Ps 104, 2)
et illumine les lieux qu'il honore de sa présence ; bref la lumière est divine et manifeste la présence du Très-Haut :
Yhwh va devant eux : le jour en colonne de nuée pour leur indiquer la route, et la nuit en colonne de feu pour les éclairer... (Ex 13, 21).

3. L'homme et la lumière
Vivre c'est voir la lumière :
il sort l'âme de la fosse
pour que l'illumine encore
la lumière des vivants
(Jb 33, 30)
Elle est toujours signe
- de la protection divine :
Si j'habite dans le noir, j'ai Yhwh pour lumière (Mi 7, 8)
- de joie :
oui Yhwh sera ta lumière à jamais ce sera la paix, la fin de ton deuil (Is, 60, 20)
- de bonheur : Lumière brille dans le noir pour ceux qui sont droits (Ps 112, 4).
La lumière est gage
- d'honnêteté :
Nous nous sommes perdus loin du chemin de la vérité,
la lumière de la justice sur nous n'a pas brillé,
pour nous le soleil ne s'est pas levé.
(Sa 5, 6)
- de vérité : Emets ta lumière avec vérité
Elles me conduisent, elles me transportent
(Ps 43,3)
- de sagesse : j'ai vu j'ai vu
la sagesse l'emporte sur la bêtise
comme le jour l'emporte sur la nuit
(Qo 2,13)
Au fond, la lumière est un idéal de culture humaine et religieuse, de sorte que la Loi est lumière :
Ta parole, éclairage pour mes pas
Lumière pour mon trajet
(Ps 119, 105)
et que l'homme sage répand et est lui-même une lumière :
Moi, Yhwh je t'appelle
je te garde, je te donne
pour rallier le peuple, éclairer les nations
(Is 42, 6)
Aussi, la demande de lumière à Dieu fait l'objet de certaines prières :
Emets ta lumière avec vérité
Elles me conduisent, elles me transportent
(Ps 43,3)

4. Lumière et fin du monde

Selon les prophètes, le jour du Seigneur sera ténèbres pour les méchants :
Malheur à vous qui réclamez le jour de Yhwh !
Pourquoi l'appelez-vous jour de Yhwh ?
Il est nuit, non-lumière.
(Am 5, 18)
mais pour les justes brimés et angoissés, le jour du Seigneur sera lumière :
Le peuple qui traîne dans les ténèbres
a vu une grande lumière
elle a resplendi sur lui
hôte au pays des ombres (Is 13, 10)
clarté d'un jour magnifique :
la lune luira comme le soleil
le soleil luira sept fois plus
comme il luit en sept jours.
(Is 30, 26)
Et qui durera , comme lors de l'exode, où l'obscurité avait été le lot des Egyptiens impies C'est le jour, pas de lumières, les luminaires sont immobiles. C'est le jour un, par Yhwh reconnu, où il ne fait ni jour ni nuit. Au moment du soir, sera la lumière. (Za 14, 6).

Dans le Nouveau Testament

1) Le Christ, lumière du monde

Aux yeux de Matthieu (4, 16),
Vos habitants attendaient dans les ténèbres, prostrés
Puis ils ont vu une grande lumière
Pour ceux qui étaient ainsi prostrés ...elle resplendissait

Jésus réalise ce qui est annoncé par Isaïe (9, 1)
Par ses miracles et ses paroles, le Christ annonce la lumière aux païens ( Ac 26, 23) ; les guérisons d'aveugles revêtent une signification très importante :
Tant que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde (Jn 9,5).
Il est la lumière qu'il révèle : Lumière, je suis venu dans le monde pour que plus un seul de ceux qui me croient ne soit dans la nuit (Jn 12, 46) et qui donne la vie à tous les hommes ; le drame dont il est la victime correspond à une lutte entre la lumière et les ténèbres : la lumière brille à travers la nuit, la nuit ne l'a pas saisie (Jn 1,5).
La transfiguration, au Thabor, laisse apparaître sous l'humble enveloppe de la chair, la nature divine du Christ-Lumière : Sous leurs yeux, il se transforma. Son visage devint aussi radieux que le soleil, et ses vêtements étaient d'une blancheur éblouissante. (Mt 17, 2)

2. Lumière et salut
Arrachant les hommes à l'empire des ténèbres, le Christ annonce la lumière de la révélation voulue par Dieu : Vous, au contraire, vous êtes « une race élue, une nation sainte, un peuple qu'il s'est acquis » pour proclamer les hauts faits de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière (1P 2, 9). Il nous appelle à la conversion qui est un mouvement de l'obscurité à la lumière :
Vous étiez nuit
et maintenant lumière dans le Seigneur
marchez comme des enfants de lumière
oui, la bonté, la justice et la vérité sont le fruit de la lumière
(Ep 5, 8)
Les chrétiens qui ont choisi de « vivre en fils de lumière » (1 Th 5,5) de rejeter les oeuvres des ténèbres, de communier au Dieu de lumière ont part à l'héritage des saints dans la lumière et sont sauvés : Avec joie, remerciez le Père qui vous a rendus capables de partager l'héritage des saints dans la lumière (Col 1, 12)

3. Lumière et fin du monde

A la fin des temps, les justes parviendront à l'éternelle lumière inondant la Jérusalem céleste :
Dans le règne de leur Père, les justes seront des astres resplendissants (Mt 13, 43) ; ils y contempleront Dieu face à face, illuminés pour toujours :
Ils verront son visage, son nom sera sur leurs fronts (Ap 22, 4)
C'est la grande espérance que confie l'Ancien Testament aux fils de la lumière et que leur rappelle la liturgie des funérailles :

 

 

« Fais briller sur eux la lumière sans fin ! »

…le feu

1) Il est souvent présent dans les manifestations de Dieu

Dans le feu, Dieu montre sa gloire et sa grandeur :
Yhwh notre Dieu nous a manifesté sa gloire et sa magnificence ! Nous avons entendu sa voix provenant du milieu du brasier ( Dt 5, 24).
Yahvé était entouré de feu lorsqu'il apparut à Moïse :
Le messager de Yhwh se fait voir à lui dans une flamme de feu au milieu du buisson (Ex 3,2).
Pendant la nuit, une colonne de feu guidait les Israélites à travers le désert :
Yhwh observe le camp des Egyptiens, de la colonne de feu et de la nuée il sème la confusion dans le camp des Egyptiens (Ex 14, 24)
Ezéchiel entend l'appel de Dieu qui lui apparut au milieu du feu :
C'est comme du vermeil, c'est comme un flamboiement... on voit du feu et une lueur tout autour... cela ressemble au rayonnement de Yhwh… j'entends la voix de quelqu'un qui me parle ( Ez 1, 27-28).
Par contre, à l'Horeb, Dieu n'est pas dans le feu mais dans un bruit de fin silence (1 R 19, 12). L'Esprit Saint vient sur les apôtres en forme de langues de feu (Ac 2,3).

2. Le feu comme moyen de purification ou de châtiment

La colère de Dieu est souvent présentée comme un feu :
Jusqu'à quand ta colère
pour toujours ?
Ta jalousie va t-elle- brûler comme un feu ?
(Ps 79, 5)
Le feu purifie, il permet de détruire ce qui est impur. C'est pourquoi il est l'instrument du châtiment et du jugement de Dieu :
Yhwh, ta main se lève...
Ils voient tes efforts pour le peuple
et le feu destiné à tes ennemis les prend
(Is 26, 11)
Le feu est un des signes précurseurs annonçant la venue du Seigneur
Je ferai des prodiges sur la terre comme au ciel
Sang feu colonnes de fumée
(Jl 3,3)
Le jugement final se fera aussi par le feu qui éprouvera la qualité des oeuvres des hommes : Oui dans le feu Yhwh juge (Is 66, 16)

On trouvera d'autres citations dans le Dictionnaire encyclopédique de la Bible, Éditions Brepols. La traduction utilisée pour les citations est celle la Bible Bayard (2001).

Dans la liturgie chrétienne :

Le feu nouveau


Le feu nouveau de la nuit de Pâques éclaire à la fois l'année liturgique de la communauté chrétienne et les étapes de la vie de chacun de ses membres.
Empruntons le récit de cette nuit l'ouvrage de Jean-Noël Bezançon, intitulé : Un chemin pour aller ensemble au coeur de la foi (Desclée de Brouwer 2006). Cette liturgie de la fête la plus importante du calendrier chrétien constitue la toile de fond de toutes les célébrations dominicales et sacramentelles.
« Au mois d'avril, la nuit tombe de bonne heure. En ce samedi soir, veille de Pâques, dès qu'il commence à faire sombre, des petits groupes de tous âges s'agglutinent sur le trottoir devant l'église. On se serre un peu, il ne fait pas bien chaud. Oh, ce n'est pas un meeting ! Bien moins de monde que pour la veillée de Noël et la messe de minuit. Mais ceux qui sont là ne manqueraient pas ça pour une émission fétiche ou un match à la télévision...
Sur le parvis, un peu loin du portail, on vient d'allumer un feu. Dans une rue en pleine ville ce ne peut pas être un grand feu de la Saint-Jean. Mais, tout de même, les enfants se réveillent et se rapprochent, les yeux écarquillés...
La petite assemblée est toute surprise de se retrouver dans la rue, exposée aux regards des fenêtres d'en face... Ce n'est pas faute d'avoir entendu le curé leur expliquer bien des fois que la place normale de l'Église, c'est dehors, hors de l'église, « hors les murs ». D'ailleurs l'Église, ils le savent bien, ce n'est pas d'abord le bâtiment...
A la lumière du feu nouveau, conscient que ce petit groupe communie à la foi et à l'espérance des multiples assemblées de chrétiens qui contemplent ce soir la même lueur dans l'immensité de la nuit du monde, le célébrant l'interpelle :
« En cette nuit très sainte, l'Église invite tous ses enfants à célébrer la résurrection de notre Seigneur Jésus Christ… Nous veillons pour accueillir la lumière du Christ que Dieu a relevé d'entre les morts » .
Elle n'est pas bien spectaculaire cette lumière qui danse dans le vent du soir et dans les yeux des enfants : un feu, puis un cierge, que le diacre tout à l'heure élèvera à bout de bras...
après avoir allumé le cierge pascal au feu nouveau, le célébrant invite toute l'assemblée à se mettre en marche pour entrer dans l'église, à la suite du Christ, notre lumière. Entrer dans l'église n'est pas tourner le dos au monde. C'est se rassembler autour du Christ ressuscité, lumière du monde, afin de se laisser embraser de son Esprit…

Entre donc en tête dans l'église le prêtre ou le diacre, portant bien haut le cierge pascal. En tête non parce qu'ils seraient les chefs mais parce que le Ressuscité est la tête. Il est même au départ la seule lumière s'avançant dans la pénombre de l'église, tandis que la procession fait halte à trois reprises pour l'acclamer : « Lumière du Christ !
- Nous rendons grâce à Dieu! ». Alors, à chaque étape et de proche en proche la lumière se répand, chacun la recevant d'un autre pour la transmettre à son tour. Lumière fragile et vacillante, lumière vivante et vibrante de ces dizaines de petits cierges grâce auxquels la multitude des visages, tous singuliers, émergent de la nuit...
Lorsque le cierge pascal arrive au coeur de l'assemblée dont il va présider et éclairer toute la célébration, il est élevé de terre sur un grand candélabre, exalté comme le Christ dans sa passion… Alors éclate dans l'église, encore peu éclairée, le chant très solennel de l'Exultet acclamant la victoire du Ressuscité sur notre mort et notre nuit…
L'assemblée a maintenant pris place… Chacun, en s'asseyant pour écouter, a été invité à éteindre son cierge, pour plus de commodité : ces cierges seront allumés tout à l'heure pour la profession de foi et les baptêmes. Mais le cierge pascal, présence lumineuse du Ressuscité, va présider l'accueil de l'Écriture : c'est lui le Christ, qui est l'unique Parole qui résonne à travers ces textes, comme tout à l'heure, dans les sacrements de Pâques, c'est lui qui sera l'eau vive, la lumière et le pain...
Le livre de la Parole est alors ouvert. Successivement, l'assemblée entend la relecture des événements qui ont jalonné l'histoire des fils d'Israël :
- du poème biblique de la Création (Gn 1, 1—2,2)
- du non-sacrifice d'Isaac (Gn 22, 1-13. 15-18)
- de la libération d'Israël par le passage de la mer Rouge (Ex14, 15--15, 1a)
- de l'amour de Dieu pour Jérusalem, son épouse (Is 54, 5-14) etc.
Tout cela, la création, la vocation des patriarches, la mission de Moïse est l'histoire des alliances de Dieu avec son peuple ;
Tout cela prend sens comme figure et promesse de ce que Dieu a réalisé en arrachant son Fils à la mort…
Alleluia ! Toute l'assemblée jaillit, debout, dans une grande explosion de voix et d'instruments, pour acclamer l'évangile qui va être solennellement proclamé, joyeuse nouvelle du Seigneur ressuscité…
Tout est dit. Reste à vivre. La résurrection vient d'être proclamée. Reste à ressusciter. Célébrer la résurrection du Christ, en effet, c'est y entrer. C'est le sens de la liturgie pascale, de la foi exprimée par le Credo de la communauté, et des sacrements de la foi : baptême, confirmation, eucharistie. Ces sacrements sont les gestes par lesquels, aujourd'hui, Dieu notre Père, nous fait passer, avec Jésus, de la mort à la vie…
C'est pourquoi la dernière partie de la veillée pascale, avec la célébration des sacrements de l'initiation chrétienne, baptême, confirmation, eucharistie manifeste que la liturgie n'est pas seulement parole mais action, participation...
La célébration se termine. Ce soir, une bénédiction solennelle renvoie la communauté vers la foule des hommes. Spécialement les nouveaux baptisés. Et le grand signe de croix final, récapitulant tout ce qui vient d'être vécu, habille l'assemblée tout entière du Nom, c'est-à-dire de l'amour, du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
Après les congratulations fraternelles qui s'imposent malgré l'heure tardive... chacun se retrouve dehors, dans la rue; dans la nuit, là où tout a commencé. L'Église retrouve sa juste place, hors de l'église. Signe modeste pour ce monde.
Voilà donc, à l'aube de Pâques, celles et ceux qui ont participé à cette longue liturgie renouvelés dans leur identité : ils sont cette part de l'humanité qui croit en Jésus-Christ et qui vit de sa résurrection. Et les voilà rendus à leur mission : devenir pour le monde ce qu'ils ont reçu, la parole enfin parlante et le pain vivant de la confiance et de l'espérance dont le monde a faim... »

La lumière
Le cierge pascal
Le cierge allumé lors de la veillée pascale porte le millésime de l'année en cours, une croix, les lettres A et ?, première et dernière lettres de l'alphabet grec. Il est placé et demeure dans le choeur de l'église jusqu'à l'Ascension. Puis il est porté au baptistère ou fonts baptismaux.

Au baptême
Après les lectures, la profession de foi, le baptême proprement dit, l'onction du saint-chrême et le vêtement blanc, le prêtre présente au père ou au parrain le cierge allumé à la flamme du cierge pascal en disant : Recevez la lumière du Christ, veillez à l'entretenir pour que ....avance dans la vie en enfant de lumière.

Aux funérailles
Fréquemment, aujourd'hui, on allume au cierge pascal les cierges disposés autour du

A la messe
Aux occasions solennelles, au moment de l'Évangile, des servants d'autel ou enfants de choeur portant des cierges allumés et présentant l'encens, entourent le diacre ou le célébrant pendant la proclamation du texte .

Dans les églises : lumière et feu

Pénétrer dans une église avec des enfants, c'est s'exposer à les entendre dire : c'est sombre, on ne voit pas clair...Après une pause pour apprivoiser cette atmosphère, quand l'oeil s'est accoutumé, alors on peut les amener à découvrir des éléments présents dans cette église et qui font sens pour les chrétiens et parlent de lumière et de feu.

Les vitraux

Le jour, vus de l'extérieur, ils sont ternes et il est parfois difficile de voir ce qui est représenté. De l'intérieur, ils ne sont beaux que lorsqu'ils reçoivent la lumière du jour qui permet d'éclairer de manière naturelle l'intérieur de l'édifice et leur donne leur splendeur. Leur lumière, dès le Moyen Age, a été associée à la manifestation la plus évidente de Dieu dans le monde matériel où nous sommes. Pierre de Roissy, Chancelier du chapitre de Chartres écrit vers 1200 : « Les fenêtres vitrées qui sont dans les églises et par lesquelles...se transmet la clarté du soleil, signifient les Saintes Écritures, qui repoussent de nous le mal, tout en nous illuminant ». Durand de Mende, à la fin du XIIIe siècle va dans le même sens : « Les fenêtres vitrées sont les écritures divines qui versent la clarté du vrai soleil, c'est-à-dire de Dieu, dans l'Église, c'est-à-dire dans le coeur des fidèles, tout en les illuminant ».
La translucidité du verre coloré crée par ailleurs des effets d'une extraordinaire puissance chromatique et d'une variété infinie, car selon le degré de lumière reçue, chaque couleur se modifie à sa manière. On a fait le rapprochement entre cette mobilité d'effet des verres de couleur et la notion essentielle de la vie de l'Eglise, celle de lapides vivi, pierres vivantes, dont est bâtie la Jérusalem céleste de l'Apocalypse.
Les vitraux symbolisent le Christ conduisant et éclairant la communauté rassemblée, faisant Église autour des tables de la Parole et de l'Eucharistie.
Par contre, de nuit, quand l'église est éclairée grâce à l'électricité, le vitrail semble bien noir de l'intérieur. Il n'apporte sa lumière qu'à l'extérieur, à ceux qui n'osent peut-être pas rentrer. Le Christ n'est-il pas « lumière des nations », offerte à tous ?
Dans les églises, on observe des vitraux colorés et des vitraux historiés ; ces derniers présentent des scènes ou des personnages tirés de la Bible, Ancien et Nouveau Testaments, mais aussi des images de saints ou de leur vie. Les regarder et les contempler, c'est se familiariser avec le livre de la Parole et découvrir comment elle a été reçue et accueillie par les croyants qui nous ont précédés et qui sont nos aînés dans la foi. Ces croyants peuvent être lumière pour les enfants et les hommes et femmes d'aujourd'hui au sens où leurs vies témoignent de leur attachement au Christ, fils de Dieu.

La lumière du Tabernacle

Elle attire le regard des enfants ; quand elle est allumée, elle signifie la présence d'hosties consacrées. Le tabernacle a la forme d'un petit coffre ou d'une petite armoire que l'on peut fermer à clé. Il est parfois recouvert d'un voile appelé conopée et dont la couleur varie avec le temps liturgique. Le mot tabernacle signifie « tente » et rappelle celle sous laquelle reposait l'Arche d'alliance, qui contenait les tables de la Loi, données par Dieu à Moïse. C'est une réserve dans laquelle on place les hosties consacrées qui n'ont pas été consommées. Elles sont ressorties à une autre messe, à une célébration en l'absence de prêtre ou pour la communion des malades. Placé dans une chapelle favorable à la prière privée des fidèles ou en dehors d'un autel, à une place d'honneur bien décorée, il invite au recueillement, à l'adoration. Bien souvent, on trouve d'ailleurs dans cet espace des textes permettant de guider la prière individuelle. On insistera sur le fait que, sans mésestimer la prière devant le Saint-Sacrement, la participation à l'Eucharistie et à la communion, lors de l'assemblée dominicale, est bien plus constitutive de la vie chrétienne : ecclésiale et personnelle.

Les votives

Placées auprès d'une statue de la Vierge ou d'un saint, elles sont l'expression de la prière et de la dévotion individuelle que chacun peut porter à tel ou tel saint. La flamme qui brille et continue de brûler prolonge la présence de celui ou celle qui l'a allumée en invoquant la médiation du saint représenté ou en remerciant pour un voeu exaucé, une grâce obtenue. Elle témoigne aussi que bonheurs et peines sont au coeur de la prière de demande, de remerciement ou de louange. D'autres éléments peuvent passer inaperçus pour qui pénètre dans une église en dehors de la célébration eucharistique. Allons à leur découverte.

Le cierge pascal

Au temps pascal, il se trouve dans le choeur. Au cours de la nuit pascale, au début de la veillée, au milieu des chrétiens rassemblés, ce cierge est allumé à partir d'un grand feu à l'extérieur de l'église. Il symbolise la présence du Christ ressuscité. C'est un grand cierge en cire sur lequel sont gravés en rouge l'année en cours, des lettres de l'alphabet grec : la première, l'alpha, et la dernière, l'oméga. Cela fait référence à un passage de l'Apocalypse (ou Dévoilement) de Saint Jean : Moi, je suis l'Alpha et l'Oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin (Ap 22, 13). Il est placé dans le choeur jusqu'à l'Ascension ; ensuite, il se trouve au baptistère ou fonts baptismaux. On y prend la lumière au cours des baptêmes. Parfois, on s'en sert aussi pour allumer les cierges placés autour du défunt, lors des funérailles chrétiennes.

Les chandeliers

Ce sont les cierges qui entourent l'autel ; ils expriment le caractère festif de la célébration de la Messe. Ils sont placés selon le cas et leurs formes ou sur l'autel ou bien autour de celui-ci, de façon harmonieuse si possible et ne doivent pas gêner la visibilité.
Leur utilisation est déjà attestée les célébrations des premières communautés chrétiennes : Le premier jour de la semaine, nous nous sommes réunis pour partager le pain… il y avait de nombreuses lampes à l'étage supérieur où nous étions réunis (Ac 20,8). A ceux-ci peuvent s'ajouter, au moment de l'Avent, quatre bougies allumées au fur et à mesure que se déroulent les semaines qui séparent de Noël : c'est une manière de signifier la patience à cultiver dans l'attente de la venue de Jésus.

Le Livre de la Parole, enfin

L'évangéliaire est placé selon les cas dans la chapelle ou dans l'espace réservé à la prière personnelle et donc accessible à tous. L'ouvrir, c'est rencontrer le Christ. Je suis la lumière du monde. Qui me suit ne marche pas dans le noir mais dans la lumière dans la vie (Jn 8,12) Ce sont ses dits et ses faits, ses paroles et ses gestes qui éclairent nos routes et orientent nos vies.

 

Christ est notre lumière

Avec des enfants

On choisira la démarche la plus adaptée en fonction des situations catéchétiques.

Culture religieuse : Ce qui peut être proposé à tous.
Dans une église, si l'on veut faire sens, il y a beaucoup de choses à découvrir : l'architecture, les différents espaces et ce qui s'y déroule au cours des différentes liturgies, la statuaire et les vitraux... Il est donc intéressant d'organiser plusieurs itinéraires, au fil des années. C'est aussi l'occasion d'apprendre aux enfants à se familiariser avec les espaces sacrés et à les « habiter » dans le calme et le respect. Celui proposé amène à découvrir tout ce qui a trait à la lumière, réelle et symbolique. On invite les enfants à repérer tout ce qui évoque ce thème. On pourra s'assurer la collaboration d'une catéchiste ou d'un membre de l'équipe pastorale.

Approche catéchétique : Parcours symbolique réservé à ceux qui suivent la catéchèse et en accord avec les responsables catéchétiques.
On l'annonce aux enfants comme une expérience à vivre ensemble.
Les enfants sont réunis au baptistère ou fonts baptismaux. Un des adultes présents est invité à prendre le cierge pascal allumé. A chacun est remis un cierge qu'il allume à la flamme du cierge pascal. En silence, tous remontent la nef, vers le choeur, en suivant le cierge pascal que l'adulte place sur son socle. Les enfants mettent leurs cierges sur un support prévu à cet effet (vasque ou porte-cierges) puis s'assoient. Un adulte monte à l'ambon, lit un passage de la Parole de Dieu. On observe un temps de silence pour laisser la Parole pénétrer en chacun. On chante un refrain connu de tous. On dit ensemble le Notre Père. On termine par la signation.

Ensuite, dans un échange, les enfants sont invités à exprimer, simplement, ce qu'ils découvert ou vécu par exemple :
Pour la Lumière : elle éclaire ; c'est l'image du Christ pour notre vie.
Pour la Parole : C'est Dieu qui parle et cette parole éclaire notre chemin.
Pour la Prière : elle s'adresse à Dieu et réunit les chrétiens tous les dimanches
.
et qu'ils mettent en relation avec d'autres célébrations (baptêmes, messes, funérailles...).

Cette expérience adopte l'espace liturgique comme lieu d'initiation ou de cheminement de la foi. Parce qu'elle donne aussi une vraie place à la dimension corporelle et mobilise les sens, elle est intéressante avec les enfants.

Un vitrail… de la lumière
Les vitraux ont tout d'abord une raison d'être dans l'éclairage des églises et des chapelles souvent constituées de murs épais. Ils peuvent aussi signifier aux croyants que Jésus-Christ est lumière dans nos assemblées et sur nos routes. Les verrières exercent un effet presque magique sur les petits comme sur les grands, quand elles ruissellent de lumière sous les rayons d'un franc soleil.

Objectifs
. découvrir un élément du patrimoine religieux ;
. sensibiliser à la symbolique de la lumière ;
. selon les cas, découvrir une scène biblique, un saint ...

Démarche possible sur le site
1 - Echanger sur l'attitude à avoir dans un édifice religieux (faire trouver la justification de celle-ci).

2 - Pénétrer dans l'église ou la chapelle, laisser le temps de s'habituer au lieu et se placer devant le vitrail.

3 - Laisser les enfants réagir :
CE QUE L'ON VOIT :
- la hauteur des fenêtres
- les couleurs : les identifier, dégager la dominante
- les lignes et leur orientation
- les dessins : un arbre, des objets, lesquels ?
- les personnages : un homme, une femme, les scènes...
- la lumière : jusqu'où porte t-elle sur le sol ? Se déplacer sous les rayons de lumière.

CE QUE l'ON RESSENT :
- la luminosité
- les couleurs : froides, chaudes
- les couleurs sur soi
- c'est beau... Pourquoi ?

« Le vitrail est peut-être l'un des seuls moyens qui nous restent pour essayer d'atteindre au sublime ».
(S. Poliakoff, peintre français d'origine russe, 1900-1966)

CE QUE CELA REPRESENTE
- rien de particulier (vitrail non figuratif)
- une scène : une Nativité, une Passion, un arbre de Jessé, un saint.
(on peut lire le passage biblique correspondant ou raconter la vie du saint en question).

4 - Se situer :
Où sommes-nous ?
- dans une église, une chapelle ?
- que s'y passe t-il ?
- que vient- on y faire ?
- qui la fréquente ?
- quand ?
C'est un lieu où se rassemblent les chrétiens, les amis de Jésus. Ils y prient, y écoutent la Parole de Dieu.

5 - Annoncer Jésus-Christ :
Cette lumière nous dit quelque chose sur Jésus : Il est la Voie et la Lumière pour tous les hommes.
Y a-t-il dans l'église d'autres éléments qui expriment la même idée (découvrir le cierge pascal, les lumières du tabernacle, le livre de la Parole) ?
Lire le texte en l'évangile de Jean (6, 12 et 14, 6). laisser le temps d'intérioriser. Conduire un temps de prière (un refrain : par ex. Christ est lumière...).

 

© Crédit photo : Fotolia

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