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Ta voiture est allemande, tes chiffres sont arabes, tu fêtes Halloween et La Toussaint… Le « pluriel » à l’école !

Temps de lecture : 9 minutes

Dans un contexte de pluralité fragilisant et riche, relevons le défi ! Aidons à la « structuration » de nos élèves au service de la société actuelle et à venir !

« J’ai des parents, des amis, des voisins qui ne sont pas de la même nationalité que moi. », « Je connais des personnes qui vivent dans d’autres pays », « Je mange du couscous, de la paëlla, des sushi… », « J’ai vu des films, des dessins animés, des émissions de télévision tournés dans d’autres pays. », « J’ai lu des livres écrits par des auteurs étrangers. », « J’ai des objets, des photos d’autres pays », « Je connais des chansons, des artistes, des sportifs … d’autres pays », « Je voyage à l’étranger »(1).
Enfants ou adultes, nous pouvons reprendre la majorité de ces déclarations à notre compte.

Nous sommes dans un contexte pluriculturel. La télévision, internet, une mobilité accrue, une certaine mixité sociale ont élargi l’environnement des enfants. Ils sont plongés dans des cultures diversifiées. Ils croulent sous une masse d’informations fragmentées, juxtaposées, sans contextualisation, structuration, hiérarchisation. Les connaissances sont souvent superficielles et privées de sens. L’école, par son rôle de médiation, peut permettre à chacun de se questionner, de se situer, d’articuler ses connaissances. Il s’agit non pas d’accéder à une culture commune mais à une culture partagée où il y a découverte, respect de l’autre, transformation par l’autre sans perte d’identité individuelle et collective. C’est alors que se vit une ouverture culturelle raisonnée . « L’ouverture à l’universel ne se confond pas avec une « mondialisation » qui se réduirait à la diffusion d’un mode culturel unique, elle est aussi prise de conscience de ce qui rassemble, respect des différences et volonté de construire une économie plus juste : jumelages, correspondances entre établissements, ouvertures des programmes scolaires à cette perspective seront favorisés. A cet effet, l’implantation internationale de nombreuses congrégations religieuses est une incitation et une aide précieuse »(2) .
L’école d’aujourd’hui devrait passer d’une transmission d’une culture unique à une découverte d’une culture partagée.

Nous sommes dans une société qui ne manque pas de références mais qui, au contraire, en a trop ! La diversité socioculturelle s’illustre par une multiplicité de codes, de modèles de comportement, de valeurs. « La société française est devenu un véritable microcosme des sociétés occidentales où s’exprime une diversité souvent conflictuelle de comportements et de normes éthiques, avec leur légitimations philosophiques et religieuses » (3). L’éclatement de la cellule familiale et les familles recomposées sont autant d’occasions de pluralités proches. La possibilité de choisir ses modèles engendre insécurité et sentiment de non-appartenance. Le souci de tolérance a parfois contribué à la confusion en mettant tout sur le même plan. Mais cette pluralité provoque aussi questionnement éthique, recherche de sens et développement de l’intériorité. C’est notamment là que notre spécificité « école catholique » peut participer à la structuration de la personne étant « à la fois lieu d’évangélisation, d’éducation intégrale, d’inculturation et d’apprentissage du dialogue de vie entre jeunes de religions et de milieux sociaux différents » (4) . L’école est un lieu où les enfants peuvent « Apprendre à vivre l’inter religieux : s’accepter différents en sorte que le dialogue des différences ne conduise pas à un nivellement, à un relativisme, mais soit le creuset de ses propres croyances » (2) . Dans ce contexte, « L’Enseignement catholique ne peut renoncer à la liberté de proposer le message et d’exposer les valeurs de l’éducation chrétienne. Il devrait être clair à tous qu’exposer et proposer n’équivaut pas à imposer » (5) .
L’école éduque, donne des repères pour permettre à chaque enfant quel que soit son origine de développer sa personnalité au service d’un mieux vivre ensemble « en développant la compréhension de l’autre, la capacité à gérer les conflits, la réalisation de projets communs, le goût de l’engagement » (2) .

Développer une mixité sociale en se donnant les moyens d’une prise en compte réelle, allier pluralité et singularité sont de nouveaux objectifs pour l’Enseignement catholique. Aujourd’hui, l’école passe d’une « transmission de valeurs » à « une éducation aux valeurs », au partage, au discernement (6) dans un contexte de pluralité fragilisant et riche. Relevons le défi ! Aidons à la « structuration » de nos élèves au service de la société actuelle et à venir!

(1) d’après le portfolio européen des langues - niveau primaire – CNDP - 2000
(2) L’enseignement catholique en Assises, document de lancement – 16 septembre 2000
(3) Proposer la foi dans la société actuelle – Conférence des Evêques de France – 1994
(4) L’école catholique au seuil du troisième millénaire – congrégation pour l’éducation catholique – juin 1998
(5) Statut de l’Enseignement catholique – 1992
(6) « La foi au Christ […] fournit des principes de discernement qui les aident à faire des choix. Elle joue aussi un rôle d’unification et de cohérence. […] Il y a là comme une structure interne à la liberté humaine suscité et soutenue par la foi : une structure qui ouvre sur une intériorisation personnelle et sur un appel au dépassement et au don. Cette structure peut permettre aux croyants d’habiter ce monde pluraliste en y exerçant leur liberté » (3) .

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