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L'Accueil, une aventure inoubliable

Temps de lecture : 16 minutes

Des réflexions, des questions autour des multiples dimensions de l'accueil

L'accueil, une donnée présente au cœur de nos projets d'établissements
L'accueil, un critère de choix pour les familles
L'accueil, une qualité à vivre au quotidien en classe, dans l'école.
Voici quelques repères que nous vous proposons avec quelques questions pour une réflexion en équipe.

L'accueil, une donnée de l'être humain

Elle est à la base de notre existence. Nous vivons en accueillant la nourriture que nous consommons, l'air que nous respirons, le soleil et la lumière qui nous entourent. Autant d'apports extérieurs que nous accueillons grâce à nos sens et grâce à cette capacité psychologique d'accueil. Nous savons trop bien les drames qu'entraînent chez les adolescents ou chez des personnes âgées le refus de s'alimenter ou de trop s'alimenter.

Question : Si nous accueillons par tous nos sens, il importe qu'avec nos élèves, nous ayons le souci de l'éducation sensorielle ; elle est inscrite dans nos programmes : qu'en est-il ?

Nous avons aussi reçu de nos parents la vie biologique, les caractéristiques et les déterminations qui façonnent notre existence et qui constituent aussi nos limites.
S'accueillir soi-même, recevoir sa vie des autres, ce n'est pas toujours chose aisée : nous voudrions parfois être différents de ce que nous sommes, de ce qu'est notre histoire, notre passé. Naissance, amour, mort… des étapes de toute vie humaine marquées par l'accueil. " Je t'accueille et je me donne à toi… " se disent les époux à la cérémonie de mariage.

Les ponts de l'accueil

Donnée fondamentale de notre existence, l'accueil est aussi un impératif de notre expérience humaine. Nous ne pouvons pas vivre sans cela ; nous sommes en effet appelés à vivre avec les autres et toute société est une communauté d'échanges, à la fois réels et symboliques. Elle est structurée suivant la logique de l'accueil : " adressez-vous à l'accueil " ; " l'hôtesse est à votre disposition " ; " nous sommes ravis de vous accueillir dans notre cité " etc. Nous voyons bien comment les réalités que recouvrent ce mot " accueil " sont multiples et variées. Pour y voir plus clair et mieux situer les réalités de cet accueil dans nos vies, dans nos écoles, comme on prend connaissance d'un paquebot de croisière, laissons-nous guider pour découvrir les différents ponts de l'accueil. Ce sont autant de repères pour nous conduire aux endroits stratégiques. Nos projets peuvent ainsi être réinterrogés.

Le pont des choses de la vie

C'est le premier pont, celui des choses les plus banales, les plus courantes et qui constituent pourtant notre quotidien. A ce niveau, l'accueil apparaît comme une fonction sociale requérant un savoir-faire pour informer, pour renseigner. Cela s'apprend, cela exige un minimum de compétences et, dans notre situation d'enseignant, une bonne dose de patience. Accueillir c'est d'abord chercher à comprendre ce que veut le demandeur, lui prêter attention avec bienveillance, l'aider à reformuler sa demande. Et nous savons bien combien l'accueil dans les situations quotidiennes de notre école passe à travers des détails non négligeables : notre voix, notre sourire, notre regard… Nous connaissons aussi les difficultés qui nous guettent :
- L'activisme : réaliser, faire des choses pour que l'autre se sente accueilli, c'est nécessaire. Mais l'accueil implique aussi une disposition de soi en creux pour que l'autre prenne toute sa place dans notre cœur et dans nos sentiments.

Question : Dans un monde où nous nous activons tant, où nous vivons dans une permanente urgence, nos lieux, nos espaces, nos temps existent-ils pour accueillir l'autre ?

- L'individualisme, le chacun pour soi, le repli sur soi. Cette posture interdit l'accueil qui doit considérer l'autre comme indispensable à ma propre existence et, d'une certaine façon, à dépendre de lui.

Question : Notre souci d'une certaine tranquillité vis-à-vis des parents ne guide t-il pas notre attitude lorsque nous organisons l'accueil dans nos classes, nos écoles ?

- Le matérialisme : nous sommes dans un monde où tout s'achète et tout se vend. L'accueil relève, lui, de la gratuité. Il implique une qualité de disponibilité qui ne relève pas d'une logique purement marchande. Il se fait par le sourire, l'ouverture de soi, la disponibilité à l'autre, l'attention du cœur, l'écoute. Ces valeurs ne s'achètent pas.

Question : Notre souci de bien organiser les choses ne fait - t-il pas obstacle à ces valeurs essentielles à un accueil de qualité ? Comment recherchons-nous l'équilibre entre les exigences d'organisation (rendez-vous, répondeur téléphonique…) et une disponibilité aux besoins de l'autre ?

Le pont des relations sociales

C'est le second pont, celui où l'accueil apparaît comme la condition première d'une convivialité heureuse qui requiert un savoir-vivre. Elle s'exprime par cette fine fleur de la politesse qui s'appelle la courtoisie, c'est-à-dire la prévenance dans les rapports humains, le sens du contact. Cela se concrétise à travers des actes mais aussi des paroles. On appelle toutes ces manifestations des rites : le bonjour du matin ou le bonsoir au moment de se quitter après la journée de classe, l'anniversaire ou l'événement heureux que l'on fête ensemble, les départs en retraite, les réussites aux concours ou les réussites des enfants… Car en définitive, fêter quelqu'un n'est-ce pas lui donner la joie de savoir qu'il compte pour les autres, lui témoigner de la reconnaissance. En se saluant le matin dans une école au début d'une journée de travail, c'est se dire que nous sommes liés pour vivre ensemble un bout d'existence dans une communauté de destin. Nous tissons avec les autres une relation qui soit vraiment humaine, cordiale jusqu'à devenir amicale.

Question : Dans nos écoles, comment se vivent ces rites qui tissent nos relations tout au long d'une année scolaire ?

Le pont de l'amitié

C'est le troisième pont de notre découverte, celui d'une relation de savoir être. Nous entrons sur la pointe des pieds dans l'espace d'intimité de l'autre. Cela exige respect, retenue. L'accueil devient alors co-naissance de l'autre, avec dans cet autre ce qu'il a d'incomparable. C'est apprendre son histoire, sa géographie… C'est le saisir dans ce qui fait sa différence, sa particularité. Cela implique une intelligence affinée de la relation humaine. Ainsi on n'entre pas en relation avec une élève timide de la même façon que l'on s'adresse à celui à qui rien ne fait peur dans la classe. Pour accueillir l'autre, il nous faut des qualités d'intelligence et de cœur car nous partageons avec lui un peu de nous-mêmes, nous nous livrons tant soi peu. Nous avons tous en mémoire ces moments où les vécus de nos élèves nous accompagnent toute la journée voir la nuit au plus profond de notre être.

Question : Comment accueillons-nous véritablement la parole de l'élève ? Quelles sont nos réponses ?

Le pont de la foi

C'est le quatrième pont, celui où l'accueil devient amour entre les humains. Celui où je me pose la question : qui est mon prochain ? qui sont mes frères ? Ce sont mes parents, mes amis, mes voisins, mes collègues de travail, mais aussi les autres qui arrivent à l'improviste, au plus mauvais moment, qui bousculent, qui sont vraiment les indésirables. En ce début d'année, je vois arriver dans ma classe ces élèves qui ne sont pas comme les autres et qu'il me faut accueillir : la " tête de turc " des classes précédentes, l'handicapé qu'on intègre … Ils sont là à ma porte ces anonymes qu'il s'agit de baptiser " frères ".
Nous percevons à ce point de notre visite que les trois premiers ponts nous conduisent petit à petit à ce pont de la foi. L'expression de " pédagogie du seuil " prend tout son sens : accueillir l'autre dans les menues choses de la vie, créer avec lui un tissu de relations sociales, c'est le conduire à découvrir toute la richesse de l'amour de Dieu. En relisant le passage de l'Evangile de Jean qui nous relate la rencontre de Jésus avec la Samaritaine auprès du puits où elle vient chercher son eau, je retrouve ces ponts de la découverte de la foi : Jésus part de ce qui préoccupe la femme : venir puiser l'eau. La confiance s'installe et il en vient à évoquer ses sept maris ! Cela conduira la femme à ce cri de foi : " Oui, tu es le Messie tant attendu ".

Question : Dans nos projets, comment accueillons-nous cette dimension de l'accueil ? Chacun est-il libre d'exprimer sa foi ?

Les harmoniques de notre accueil

Il doit être ouverture, écoute, attention, sans exception, sans restriction.
Il implique disponibilité : pour recevoir l'autre, il ne faut pas être encombré par soi. L'accueil va jusqu'à la convivialité, la fraternité.
Il est solidarité et communion. Que les problèmes de l'autre deviennent nos problèmes, ses joies, nos joies, ses peines, nos peines. C'est accepté de se laisser transformer par l'autre qui a quelque chose à me dire.
Cet autre, nous le disions, c'est le prochain, proche de nous, partageant notre vie ; c'est le voisin, le collègue de travail.
Cet autre, c'est le différent, celui dont rien ne nous rapproche, avec lequel on a si peu de contact.
Cet autre c'est " l'indifférent ", avec lequel aucune relation ne peut ou ne doit s'établir ; c'est le Samaritain de la parabole, l'anonyme qu'une parole, un sourire va sortir de son autisme.
Cet autre c'est l'ennemi, l'adversaire, celui qu'il faut accueillir par le pardon, par la communication rétablie.

L'accueil, c'est bien l'aventure de l'homme voyageur sur la terre, allant au-devant de la vie, au-devant de l'autre, au-devant de soi-même. Bonne route. Vous ne serez jamais déçus !

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