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Fête des mères, fête des pères à l'école

Temps de lecture : 22 minutes

Ce document de sitEColes fait part d'une réflexion et de précautions à prendre à propos de la fête des mères et des pères et propose des projets à réaliser avec les élèves.

Quand refleurit le lilas et que se préparent les brins de muguet, le temps de l'école se vit au rythme des jours plus longs, de week-ends de ponts et de fêtes à venir.
C'est toute une effervescence qui habite les classes et les couloirs.Quelque fois aussi du découragement, de la fatigue, de la lassitude…Et puis pour les enfants, nous trouvons encore la bonne idée, un nouveau projet.
Et tous ces cadeaux de perles, de tableaux de pâtes, ces prouesses conservées précieusement parce qu'elles traduisent tellement d'amour : " Il y a dans nos maisons des cartons de bricoles "
Parmi ces fêtes successives : fête du travail, fête de l'école, fête des mères et fête des pères, fête du muguet, fête de l'ascension…où donner de la tête ?

Faut-il encore préparer la fête des mères et des pères à l'école avec les enfants quand on connaît de plus en plus de situations familiales difficiles, d'enfants qui souffrent alors un peu plus parce qu'ils ne seront pas avec leur maman ou leur papa ce jour là ? Quand on sait que pour des enfants de culture différente, les rôles familiaux et la structure familiale sont peut-être différents ?
Je vous propose de revenir sur :
L'histoire de la fête des mères dans le temps et dans l'espace.
Des histoires familiales différentes.
Une occasion de réflexion avec les enfants.
Une occasion pour une démarche de projets.

L'histoire de la fête des mères dans le temps et dans l'espace :

Il semble que depuis fort longtemps l'idée de célébrer la maternité se soit concrétisée d'une façon ou de l'autre.
Dans la Grèce antique, au printemps, les anciens Grecs fêtaient Rhéa, la mère de tous les dieux.
Les Romains au Vème siècle avant Jésus-Christ, célébraient au mois de juin les "Matralia", fête des femmes et des mères.
La religion peu à peu fit disparaître ces coutumes païennes.
Ensuite c'est en Angleterre puis aux Etats-Unis que l'idée va être reprise.
En Angleterre, c'est au quinzième ou au dix-septième siècle (selon les sources) qu'on célèbre une fête appelée "Mothering Sunday" au début du carême. La date fut ensuite fixée au quatrième dimanche du printemps.
C'était l'occasion pour toutes les mères qui travaillaient comme domestiques dans les familles fortunées de retourner passer la journée à la maison avec leur famille, puisque qu'elles avaient congé à cette occasion. Aux Etats-Unis l'idée fut d'abord lancée par Julia Ward Howe en 1872. Elle organisait une célébration spéciale à cette occasion à Boston à tous les ans.
L'idée fut reprise en 1907 par une autre américaine de Philadelphie, Ana Jarvis. La première célébration eut lieu le deuxième dimanche de mai, à Grafton, Virginie de l'Ouest. Cette date était l'anniversaire du décès de la mère d'Ana.
L'année suivante, la fête fut aussi célébrée à Philadelphie.
Ana Jarvis entreprit une importante campagne pour instituer la Fête des Mères sur le plan national et en 1911, cette fête était célébrée dans à peu près tous les états américains.
En 1914, le président Woodrow Wilson fit de la Fête des Mères une fête officielle devant se tenir le 2 ème dimanche de mai.
En Belgique, la Fête des Mères se tient généralement le second dimanche du mois de mai.
Elle s'est instaurée à la suite des Etats-Unis et s'est calquée sur cette coutume américaine comme d'autres pays notamment le Danemark, la Finlande, l'Italie, la Turquie, l'Australie.
Mais la date de la fête des mères n'a pas toujours lieu le même jour selon les régions de la Belgique. En région Anversoise par exemple la fête des mères est célébrée le 15 août, jour de Marie.

En France plusieurs avis divergent sur l'officialisation de cette fête. Certains l'attribuent au Général Pétain qui voulait mettre en valeur " la bonne ménagère, l'épouse soumise à son mari et entièrement dévouée à ses enfants ". D'autres font référence à des sources plus anciennes :
En 1806 Napoléon aurait évoqué la création d'une fête des mères officielle au printemps.
En 1897, l'Alliance Nationale contre la dépopulation, lance l'idée d'une fête des enfants.
En juin 1906, dans l'Isère, se déroule la première célébration des mères, sur l'initiative de l'Union Fraternelle des Pères de Famille
Le 31 décembre 1917, à Paris, on organise une fête des familles nombreuses.
Le 16 juin 1918, à Lyon, est célébrée la première "Journée des mères". À la suite de cet événement l'idée d'une Journée des Mères de Famille est lancée. Selon certains les français se seraient inspirés des Américains qui durant la grande guerre de l'époque envoyaient massivement du courrier à l'occasion de la fête des mères qui était déjà établie aux Etats-Unis. À ce moment là la date envisagée pour cette fête est le 15 août.
Le 9 mai 1920 le ministre de l'Intérieur autorise la première Journée Nationale des Mères de familles nombreuses. L'apothéose de la fête se déroula à Paris le 19 décembre, bien loin du 15 août initialement prévu!
Le Gouvernement prend alors la décision de célébrer chaque année la "Journée des mères". La première cérémonie eut lieu le 20 avril 1926.
Aujourd'hui la fête des mères se célèbre le dernier dimanche du mois de mai, sauf lorsque celui-ci est aussi le jour de la Pentecôte, la fête des mères est alors reportée au premier dimanche de juin. C'est une fête officielle.

En Allemagne, " Ce jour-là, les mères ne travaillent pas. Les jeunes font tout. On commence par un beau déjeuner. Puis on fait une excursion. A la fin de la journée on va s'offrir un bon repas. Quelques-uns font un cadeau à leur mère. Dans l'ensemble la fête des mères est une bonne journée. Mais pour beaucoup de jeunes la fête des mères est une journée normale. "
Comme les européens, les vietnamiens ont aussi la fête des Mères. C'est la fête du Vu Lan au 15è jour du 7ème mois lunaire.

Quelques soient les particularités nationales,de dates, de modalités, partout c'est l'idée de fêter la maternité et tous les sentiments humains qui naissent, se consolident nous modèlent qui est à l'honneur. Pourtant depuis quelques décennies c'est aussi une fête commerciale qui alimente les spots publicitaires de façon surabondante au point de réveiller des agacements ou des remises en question. En effet comment résister à cette captation publicitaire et commerciale et privilégier l'authenticité des sentiments.
Quelle image de la femme et de la maternité est ainsi véhiculée dans une période où les modèles familiaux évoluent et où les rôles parentaux sont moins séparés ?


Des histoires familiales différentes :

Comment ne pas s'interroger à l'école et dans la classe sur la pertinence de cette fête préparée à l'école. Car, nous le savons bien, chaque enfant a son histoire familiale et suivant les cas, nous risquons de blesser, de rouvrir une cicatrice lorsqu'il y a séparation entre les conjoints, lorsque l'enfant est placé dans une famille d'accueil, ou encore lorsqu'il y a eu décès.
Enfin, tenons nous assez compte des contextes culturels de nos élèves ? Lire l'histoire d'Afouceta décrite par Marie Rose MORO dans son livre - " Enfants d'ici venus d'ailleurs " - Editions La Découverte - dont voici un extrait :
" Pour la fête des mères, les enfants sont invités à dessiner leur mère et à écrire un mot doux pour elle. Afouceta est ennuyée, elle est pourtant prompte à dessiner. Mais là elle ne sait pas quoi faire : elle, elle a deux mères, une grande c'est celle qui l'a mise au monde, et une petite, plus jeune, qui s'occupe beaucoup d'elle, la peigne, la parfume, lui achète de belles robes qu'elle adore. En fait c'est la co-épouse de sa mère… En plus cette petite mère parle très bien le français et elle aime parler le français avec elle, en particulier dans la rue, comme les autres mères. Quand c'est sa mère qui vient la chercher à l'école, elle doit lui parler en bambara, et elle a honte. Alors, pour la fête des mères, elle fait 2 dessins. La maîtresse constate le fait et sans doute par souci pédagogique lui dit doctement : " une mère, on n'en a qu'une ! " Puis elle demande de choisir un seul dessin. Afouceta ne discute pas, elle garde un dessin dans sa poche en faisant semblant de le froisser. Elle le donnera à sa petite mère quand même. "
Nous voyons dans cet exemple combien il est difficile de nous décentrer de notre modèle familial et comment par une réponse, certes vraie, nous pouvons blesser une enfant. Il y avait peut-être occasion à engager un échange dans lequel Afouceta aurait expliqué sa famille, d'autres enfants auraient sans doute alors exprimé des situations différentes.


Une occasion de réfléchir avec les enfants :

Peut-on passer sous silence les sentiments humains qui sont mobilisés lors de cette préparation du cadeau, du geste, du compliment à l'occasion de la fête des mères et de la fête des pères ?
Bien sur, ce n'est pas simple mais nous ne pouvons pas faire comme s'ils n'existaient pas ?
Il y a sans doute la peur de se laisser déborder ou de se laisser soi-même envahir par de forts sentiments ou une émotion à l'écoute de ce que pourra dire un enfant. Nous avons aussi peur de ne pas savoir quoi répondre, d'être pris au dépourvu. Mais rien ne nous empêche de différer une réponse en disant à l'enfant que l'on a entendu sa question mais que l'on va y réfléchir ou en l'invitant à en parler à quelqu'un en qui il a confiance.
Pourquoi ne pas profiter aussi de cette occasion pour l'aborder sous l'angle du débat philosophique.
Dans le livre - " les Philofables " de M. Piquemal et P.Lagautrière - Editions A. Michel - vous trouverez p 32.33, une légende arabe " le cœur d'une mère " qui peut servir de support.
C'est l'histoire de Hassan qui sous l'emprise de sa femme va jusqu'à tuer sa mère. En rentrant il trébuche, le cœur de sa mère tombe par terre et une " petite voix s'écrit : Hassan, mon fils, tu ne t'es pas fait mal au moins ? "
Ce questionnement pourrait porter sur les sentiments humains, les émotions, la filiation, les relations avec les parents….
Voir aussi des témoignages d'enfants de Grande section qui ont répondu à la question : Qu'est-ce que c'est une maman ? Qu'est-ce que c'est un papa ?


Une occasion pour une démarche de projets :

De nombreux enseignants ont choisi de regrouper ces deux fêtes et de mener ensuite un projet avec leur classe.
En dehors des réalisations de cadeaux et d'attentions particulières voici quelques idées :
* Travailler sur la publicité : nous l'avons dit les publicistes se déchaînent à cette occasion, apprendre à lire les images, éveiller un questionnement chez les enfants, faire parler les enfants sur les publicités qu'ils aiment et pourquoi …Utiliser les supports télévisuels et les magazines. Inventer des publicités " non commerciales " qui mettraient en avant l'importance des sentiments…
* Explorer les oeuvres d'art, sculptures, peintures regroupées par période autour de la thématique de la maternité… Créer à son tour.. Faire une exposition dans l'école qui regrouperait œuvres picturales, textes, montages vidéo…
* Réaliser une récolte des plus beaux souvenirs de fête des mères, des témoignages où les parents seront invités à écrire, les grands parents, où pourront se livrer des souvenirs ou des événements liés à d'autres espaces géographiques ou d'autres cultures…
En faire un recueil, en faire une soirée " raconter… "
* Réaliser un album de fête des mères.
* Inviter les parents dans l'école pour un petit déjeuner spécial " fête des parents ".

Bien sûr vous avez de nombreuses idées. N'hésitez pas à les communiquer actuellement sur le site en écrivant pour les partager.

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