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Les Symboles du feu

Temps de lecture : 12 minutes

La symbolique du feu dans les religions antiques, dans la Bible, dans l'ancien testament, dans le nouveau testament.

Symboliques traditionnelles dans les religions antiques

Dans beaucoup de traditions, on distingue trois feux :
le feu du monde terrestre : le feu ordinaire, qui correspond au cœur, aux passions et à la colère ;
le feu du monde intermédiaire : les éclairs, la foudre, correspondant aux puissances intermédiaires ;
le feu du monde céleste : le soleil, symbole du monde suprême ;
Le feu est purificateur et régénérateur. Le feu de brousse permet aux champs de reverdir à neuf.
" Symboliquement, le feu purificateur permet un passage à l'éternité. Les taoïstes entrent dans le feu (sans se brûler) pour se libérer du conditionnement humain. Elie monte au ciel dans un char de feu. " L'homme est feu ", dit saint Martin : sa loi comme celle de tous les feux est de dissoudre (son enveloppe) et de s'unir à la source dont il est séparé. Le bouddhisme indique une conception plus intérieure : j'attise une flamme en moi, mon cœur est l'âtre, la flamme est le soi dompté.
L'aspect destructeur du feu a évidemment un aspect négatif. La maîtrise de ce feu est souvent considérée comme diabolique (Lucifer, caste des forgerons). C'est le feu dévorant des passions, le feu ravageur de la guerre et des incendies.
Le feu, dans les rites initiatiques de mort et de renaissance, s'associe à son principe antagoniste l'Eau. Feu et eau assurent une purification complémentaire. La liturgie de la veillée pascale utilise cette dynamique. Dans certaines crémations, le feu est considéré comme véhicule, ou messager du monde des vivants vers le monde des morts.
Le feu du monde intermédiaire, l'éclair ou la flèche, étant le prolongement de la lumière, possède une valeur de purification et d'illumination. Cette conception marque une étape importante de l'intellectualisation du cosmos et de l'éloignement de l'homme de la seule condition animale. Le feu serait ce dieu vivant et pensant qui prendra le nom d'Agni, d'Hathor, de Christ suivant les traditions religieuses. Le feu est considéré comme la meilleure image du divin, de l'essence des êtres célestes, intermédiaires ou suprêmes.
Le feu symbolise la purification par la compréhension, jusqu'à sa forme la plus spirituelle, par la lumière et la vérité. L'eau symbolise la purification du désir jusqu'en sa forme la plus sublime, la bonté ".
(extrait du Dictionnaire des symboles, J. Chevalier et A. Gheerbrant " Bouquins, Lafont-Jupiter)

Symboliques dans la Bible
Le feu comporte un riche symbolisme : lumière rassurante, chaleur réconfortante, flamme destructrice et donc redoutable, force d'expansion. Ce symbolisme se retrouve à maintes reprises dans l'Ancien et le Nouveau Testament.

* Dans l'Ancien Testament
Inhabituel dans la nature, le feu est considéré comme signalant une présence, humaine ou divine.
Lumière attirante qui éclaire la route (Exode 13, 21), mais cependant redoutable car on ne peut s'en emparer ou s'en approcher de trop près, le feu est mis en relation avec la sainteté de Dieu.
Signe de la présence " brûlante de Dieu (Genèse 15, 17), il ne consume pas le buisson qu'il enflamme, lorsque Moïse se voit confier la mission de délivrer les Hébreux de l'esclavage égyptien (Exode 3). Selon le deuxième Livre des Rois (2R 2, 11), le prophète Elie est enlevé auprès de Dieu dans un char de feu, symbole de la puissance divine.
Flamme destructrice, le feu apparaît comme purificateur ; il détruit ce qui est impur. Dans une vision, le prophète Isaïe voit ses lèvres purifiées par un charbon ardent afin d'être fidèle messager de Dieu (Isaïe 6, 3-8).
Le feu en vient à symboliser la colère, l'ardeur et l'intransigeance de Dieu face au péché : il dévore comme paille toute œuvre mauvaise. Tout ce qui n'est pas compatible avec la sainteté de Dieu est détruit : le méchant ne tient pas devant lui, il est consumé (Genèse 19, 23-25)
Mais celui qui traverse ce feu est purifié est transformé, comme le métal passé au feu est débarrassé de ses impuretés.
Les prophètes annoncent de façon très brutale le jugement et la punition des nations ainsi que des royaumes d'Israël et de Juda en raison de leurs mauvaises actions, de leur rejet de Dieu. L'image de la destruction par le feu est fréquemment employée (Amos 1, 3 à 2, 5). Appel à la conversion pour ceux qui n'agissent selon la volonté de Dieu, c'est aussi l'espérance de purification et de délivrance pour ceux qui cherchent à être fidèles.
* Dans le Nouveau Testament
Le feu est fréquemment associé :
à la force communicative de l'Esprit-Saint (Luc 3, 16 et 12, 49 ; Actes des apôtres 2, 3) et au zèle dans le service (Heb . 12, 28-29) ;
à la chaleur d'une présence : " Notre cœur n'était-il pas tout brûlant au-dedans de nous quand il nous parlait en chemin ? " (Luc 24, 32) ;
Le Nouveau Testament reprend les images familières de l'Ancien testament concernant le feu du jugement, qui est manifestation de la sainteté purificatrice de Dieu et qui " éprouve " l'œuvre de chacun (Mathieu 13, 41-43)
* Dans la Tradition ultérieure
La tradition reprend les images classiques du feu du jugement, mais avec une nuance punitive de rétribution et non plus seulement d'épreuve par le feu comme dans l'Ecriture. Il conviendrait d'en retrouver le sens premier.
Feu de l'enfer : celui qui s'opposerait totalement à Dieu en choisissant de faire le mal serait consumé ; il ne resterait rien de lui et tout pouvoir lui serait ôté.
Feu du purgatoire : toute vie humaine est traversée de difficultés qu'il faut affronter et vaincre. Elles peuvent " mettre à l'épreuve " notre fidélité à Dieu et l'affiner comme le métal passé au feu. La tradition a considéré que la mort biologique ne mettait pas un terme à cette purification ; vivants ou morts, appartenant au Christ, donc à l'Eglise, sont toujours associés dans la même prière les uns pour les autres. Plus qu'une punition qu'on craindrait pour après la mort, il faudrait prendre ces images comme le rappel pour aujourd'hui de nos responsabilités, et un message d'espérance de vie dans la chaleur et la lumière de l'amour de Dieu, au travers d'inévitables dépouillements.
* Dans la tradition mystique, la brûlure du feu est comparable à celle de l'amour, son ardeur à celle de la charité (voir saint Jean de la Croix)
* Enfin dans la liturgie chrétienne, le feu est tout spécialement utilisé au début de la Veillée pascale pour signifier la résurrection lumineuse du Christ au cœur de ténèbres, du mal et de la mort. C'est à ce feu qu'est allumé le cierge pascal. Sa flamme est signe de la présence vivante du Christ ressuscité au milieu de son peuple. Cette flamme est communiquée aux baptisés pour qu'ils soient témoins de la présence du Christ. Cette flamme est aussi ravivée auprès du cercueil des défunts pour dire qu'ils partagent maintenant la vie même de Dieu.
(Document extrait de " Théo ")
Lire aussi sur siteEcoles : Le feu - la lumière : séquences pédagogiques

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