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Textes à méditer : Fête des mères, fête des pères |
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A ma mère ; L’oiseau et moi ; La voix de ma mère ; Je te souhaite ; Tu es belle, ma mère ; Femme noire, femme africaine ; Un papa, Devenir mère, joie et souffrance ; Prière pour les mères.
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Textes à méditer 02-04-2008 |
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1. A ma mère 2. L'oiseau et moi 3. La voix de ma mère 4. Je te souhaite 5. Tu es belle, ma mère 6. Femme noire, femme africaine 7. Un papa 8. Devenir mère, joie et souffrance 9. Prière pour les mères
1. A MA MÈRE
Lorsque ma sœur et moi, dans les forêts profondes, Nous avions déchiré nos pieds sur les cailloux, En nous baisant au front, tu nous appelais fous, Après avoir maudit nos courses vagabondes.
Puis, comme un vent d'été confond les fraîches ondes De deux petits ruisseaux sur un lit calme et doux, Lorsque tu nous tenais tous deux sur tes genoux, Tu mêlais en riant nos chevelures blondes.
Et pendant bien longtemps, nous restions là blottis, Heureux, et tu disais parfois : ô chers petits ! Un jour vous serez grands, et moi je serai vieille !
Les jours se sont enfuis, d'un vol mystérieux, Mais toujours la jeunesse éclatante et vermeille Fleurit dans ton sourire et brille dans tes yeux.
Théodore de Banville
2. L’OISEAU ET MOI
Oui, c’est avec Le bout de ses ailes trempées De rosée Qu’un oiseau envoie les baisers Qui tremblent dans son bec.
Et moi, c’est en nouant Mes bras rieurs Au cou de ma maman, Que je lui donne les baisers De l’oiseau léger Qui chante dans mon cœur.
Maurice Carême
3. LA VOIX DE MA MÈRE
Des perles, des colliers d’argent Des violons et des cerises, Un grand navire de cristal Qui s’en va, poussé par la brise.
Dans un arbre bleu qui se dresse La lune pend comme un gâteau Une musique me caresse En courant le long de ma peau.
Les pigeons et les passeroses Viennent dresser dans ma maison Quand la voix de ma mère chante, La nuit est pleine de couleurs.
Pierre Gamarra
4. JE TE SOUHAITE
Je te souhaite un jour de velours, d'iris, de lis et de pervenches, un jour de feuilles et de branches, un jour et puis un autre jour,
un jour de blés, un jour de vignes, un jour de figues, de muscats, un jour de raisins délicats, un jour de colombes, de cygnes.
Je te souhaite un jour de diamant, de saphir et de porcelaine, un jour de lilas et de laine, un jour de soie, ô ma maman
et puis un autre jour encore, léger, léger, un autre jour jusqu'à la fin de mon amour, une aurore et puis une aurore,
car mon amour pour toi, ma mère, ne pourra se finir jamais comme le frisson des ramées comme le ciel, comme la mer...
Pierre Gamarra
5. TU ES BELLE, MA MÈRE
Tu es belle, ma mère, Comme un pain de froment. Et, dans tes yeux d'enfant, Le monde tient à l'aise.
Ta chanson est pareille Au bouleau argenté Que le matin couronne D'un murmure d'abeilles.
Tu sens bon la lavande, La cannelle et le lait ; Ton cœur candide et frais Parfume la maison.
Et l'automne est si doux Autour de tes cheveux Que les derniers coucous Viennent te dire adieu.
Maurice Carême
6. FEMME NOIRE, FEMME AFRICAINE
ô toi ma mère je pense à toi...
O Dâman, ô ma mère, toi qui me portas sur le dos, toi qui m'allaitas, toi qui gouvernas mes premiers pas, toi qui la première m'ouvris les yeux aux prodiges de la terre, je pense à toi...
Femme des champs, femme des rivières, femme du grand fleuve, ô toi, ma mère, je pense à toi...
O toi Dâman, ô ma mère, toi qui essuyais mes larmes, toi qui me réjouissais le cœur, toi qui, patiemment supportais mes caprices, comme j'aimerais encore être près de toi, être enfant près de toi...
O Dâman, Dâman de la grande famille des forgerons, ma pensée toujours se tourne vers toi, la tienne à chaque pas m'accompagne, ô Dâman, ma mère, comme j'aimerais encore être dans ta chaleur, être enfant près de toi...
Femme noire, femme africaine, ô toi, ma mère, merci ; merci pour tout ce que tu fis pour moi, ton fils, si loin, si près de toi !
Camara Laye
7. UN PAPA
Un papa rapluie Qui me fait un abri Quand j'ai peur de la nuit.
Un papa ratonnerre Je ne sais pas quoi faire Quand il est en colère
Un papa rasol Avec qui je m'envole Quand il rigole
Un papa tout court Que je fête en ce jour Avec tout mon amour.
Pierre Ruaud
8. DEVENIR MÈRE, JOIE ET SOUFFRANCE
Ressac du flux humain contre les parois de chair. Petit de moi, perçois-tu déjà mon murmure amoureux, ma tendresse vive ? Mon existence prend sens sous ton gouvernail. Je vais nidifier au long des neuf mois. Attentive à toi, je vais aller, jamais plus seule, par les rues transfigurées. Ta présence va m’habiter comme la flamme au cœur de la lampe. La péniche s’alourdit semaine après semaine. Lest précieux. Allégresse teintée d’anxiété : vais-je bien fabriquer cet enfant ? Pourrai-je le réussir jusqu’au plus petit lobe de son cerveau ?
Être devenue une femme de poids, occuper de la place pour deux ou presque. Susciter curiosité, ironie ou respect, mais de toutes façons ne plus passer inaperçue. Premier accouchement, son mot d’incertitudes et de paniques. Souffrance indéniable du corps supplicié : ce n’est plus moi qui commande, c’est cet autre en moi qui prétend percer la fine paroi et s’expulser d’ici. Un autre désir que le mien se fait jour et se moque de mes cris rentrés. Un rythme étranger au mien, une pulsion irrépressible s’est emparée de ma chair surprise et va, jouant son propre jeu. Délivrance enfin ! Immersion dans un plaisir sans commune mesure : corps rendu à la paix, comblé d’un orgasme inouï, cœur fou, partage et reconnaissance. Petit de nous venu à nous. Domine l’émerveillement devant cette chose animée d’un souffle autonome, cet être encore replié sur son mystère, son noyau infrangible. Nouveau-né aux yeux le plus souvent clos, brutalement secoué par des vagues de rage affamée. Bouche exigeante, comme une sangsue au sein endolori. Détente repue, sourires d’ange. Ma fille !
Au nœud du couple novice, le père en question. Quelle place inventer ? Homme désemparé, troublé, privé de ses repères, éloigné de cette accaparée qui n’a plus grand chose en commun avec la sirène de l’année dernière, la séductrice, le corps pour l’amour fou. Un couple devient une famille.
Lente école de la discrétion. Je ne veux pas, je ne peux pas tout savoir de toi, mon enfant. Ton territoire t’appartient, tu n’as pas à me rendre compte de ton espace, de ton jeu. Ma vigilance crispée d’appréhension s’arrête à tes frontières. Je suis prête à recevoir ce que tu m’offriras, mais je ne réclamerai rien, je renoncerai même à l’attente impatiente qui agace l’air. C’est un être libre que j’ai voulu. Allions nos routes en espérant secrètement les carrefours, les croisées de chemins, les auberges de rencontre.
Enfant, tu n’aurais pu vivre si je t’avais étouffé sous ma demande, si je t’avais voulu en accord avec mon désir plutôt qu’avec le tien. Pour ne pas peser sur toi de tout mon amour, il me fallait exister pour mon compte, rester la femme de ton père autant que ta mère.
Colette Nys-Mazure ("Célébration du quotidien – Ed. Desclée de Brouwer page 75 et sq.").
9. PRIÈRE POUR LES MÈRES
Loué sois-tu, Seigneur, Pour les mères. Pour la mère de chacun de nous ; Pour la mère, Marie de Nazareth ; Tu as voulu qu'elle soit aussi la nôtre : Pour toutes les mères ; Encore ici-bas, ou déjà dans l'au-delà.
Loué sois-tu, Seigneur, Pour toutes les mères pauvres et malades Pour toutes les mères écrasées sous le poids du travail, A l'extérieur et à la maison ; Pour les mères sources de nombreuses vies.
Pour les mères qui ne sont pas aimées par leurs enfants ; Pour les mères seules ; Pour les mères qui ont cessé de vivre en donnant naissance à une vie nouvelle.
Loué sois-tu Seigneur, Pour le dévouement que chacun a reçu de sa mère ; Pour le don de toutes les mères à leurs enfants.
Par l'amour des mères, Tu révèles le visage maternel de ton amour pour les hommes.
Paru dans "... D'un parvis à l'autre..." n° 1737, bulletin de la paroisse Sainte-Geneviève d'Asnières
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