Les élèves de confession musulmane dans les établissements de l'Enseignement catholique : réalité sociologique, cohérence institutionnelle et approches pédagogiques
     
Comment s'opère l'intégration des élèves musulmans dans les établissements d'Enseignement catholique ? Bien que cette recherche se base sur l'observation de 3 collèges, les 3 modèles d'intégration mis en exergue peuvent interroger l'enseignement primaire.

[ Mots-clés : culture religieuse, enseignement catholique ]
  Soetard Michel, Diouf Georges
Isea-Laref
01-07-2007
1 - LA PROBLEMATIQUE DE LA RECHERCHE

1.1) Le contexte
La loi Debré de 1959, a garanti à l'Enseignement catholique son "caractère propre", mais dans le même temps, celui-ci est tenu "d'accueillir tous les enfants sans distinction d'origine, d'opinion ou de croyance ". La récente loi sur les signes religieux ostensibles à l'école, qui visait principalement le port du voile islamique, a mis l'Enseignement catholique dans une situation paradoxale : placé dans l'obligation de s'ouvrir à tous les élèves, parmi lesquels des enfants musulmans, et soucieux de manifester son caractère spécifique, il est confronté au problème de la gestion d'une spécificité religieuse à l'intérieur de sa propre spécificité.

Certes, l'Enseignement catholique a toujours accueilli des élèves d'autres confessions. Toutefois cette situation est devenue problématique dès le moment où l'Etat légiférait sur la manifestation des signes religieux dans la cité, avec obligation faite à tous les établissements scolaires, publics ou sous contrat, de s'y conformer. Le problème s'est encore compliqué du fait que le même Etat républicain, préoccupé de ce que le religieux trouve désormais sa place dans le cursus scolaire, a entrepris d'y introduire un enseignement du fait religieux.

L'Enseignement catholique se conforme à ces obligations, (même s'il ne renonce pas, au-delà du fait, à la culture du sens religieux). Le "retour du religieux" et l'attention portée aux signes qui le manifestent dans le contexte scolaire font que l'Enseignement catholique ne peut rester indifférent aux autres confessions présentes dans les établissements. Il garde une mission d'intégration sociale, mais avec le souci de respecter et de faire vivre la dimension religieuse qu'il se doit d'assumer.

1.2) La question de départ
Des élèves musulmans sont présents, parfois en grand nombre, dans des établissements catholiques. L'Enseignement catholique est tenu de les accueillir. Si la loi récente interdit, dans la volonté de barrer la route au prosélytisme, la manifestation des "signes ostensibles" d'appartenance à une confession, l'Enseignement catholique reste soucieux d'afficher sa spécificité. Cette spécificité doit désormais prendre en compte d'autres spécificités confessionnelles à l'intérieur même de l'établissement. L'Enseignement catholique garde une mission d'intégration sociale, mais dans le respect des spécificités religieuses.

Cela aboutit à la question de cette recherche : "Comment s'opère l'intégration des élèves musulmans dans les établissements de l'Enseignement catholique ?".

1.3) Les hypothèses
L'hypothèse générale est que cette intégration s'opère dans la mesure où les établissements catholiques concernés parviennent à maîtriser la tension qui s'instaure entre l'obligation d'un large accueil des élèves (quelque soit leur appartenance religieuse), l'affirmation de la spécificité catholique de l'établissement et le respect des autres confessions qui y sont représentés.

Cette maîtrise peut s'appuyer sur la réflexion théologique développée dans l'Eglise catholique sur la base du concile Vatican II, qui fournit comme référence les positions officielles de l'enseignement catholique français.

Cependant la réponse est finalement renvoyée à l'établissement scolaire et à sa gestion institutionnelle du problème, là où il se manifeste de façon significative. Plus précisément encore, cette réponse dépend également de l'approche pédagogique adoptée dans chaque situation.

2 - LES RESULTATS

Trois modèles d’intégration ont pu être mis en œuvre :
- l’idéal-type 1 : l’affirmation de la catholicité dans le respect des différencesi, (fichier au format PDF).
- l’idéal-type 2 : la mise en œuvre d’une pédagogie culturelle à visée humaniste, (fichier au format PDF).
- l’idéal-type 3 : l’appel à l’ouverture spirituelle par le dialogue interreligieux , (fichier au format PDF).

3 - CONCLUSION

Ces trois types de réponse ne couvrent pas, bien sûr, toutes les réponses qui peuvent être apportées, mais ils semblent caractéristiques de trois positionnements assez courants dans le champ de l’Enseignement catholique.

Et au-delà, "Faut-il songer à une quatrième réponse qui ferait la synthèse des trois réponses étudiées ? Ce serait téméraire et irréaliste, dans la mesure où le projet d’établissement n’est pas construit "dans le ciel", mais au sein d’un contexte et à partir de présupposés qui n’ont pas forcément à se justifier. La diversité des réponses, dans le cadre de l’Enseignement catholique, est déjà le signe d’une liberté institutionnelle qui génère une pluralité des projets. Il est sain que l’institution s’interroge sur le problème qui se présente à elle et qu’elle creuse la voie d’une réponse qui lui appartienne".


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