Sklerijenn (44)
Le souffle
     
Le souffle, le vent, leur signification dans les textes de l’Ecriture et des activités à mener. Une proposition pastorale au coeur du projet "terre d'enjeux".

[ Mots-clés : culture religieuse ]
  Biguier Yves
DDEC Ille et Vilaine
14-01-2008
Feuille synoptique


L’air
« L’un des quatre éléments avec la terre, l’eau et le feu, l’air est ce qui dans ce monde renvoie le plus au divin : il est lié au souffle vital, au vent mystérieux et au ciel qui côtoie l’infini ».
Extrait du « Lexique des symboles chrétiens », De Michel Feuillet, Editions Puf

Le vent sous ses différentes formes :
Le vent, sous ses différentes formes, symbolise nombre de relations entre Dieu et les hommes.

Le prophète Ezéchiel parle ainsi du vent qui accourt des quatre points cardinaux. Dieu fait « des vents ses messagers » (psaume 104,4). « Tu retires leur souffle…tu envoies ton souffle » (psaume 104, 29, 30).

Quand Ezéchiel évoque la colère du Seigneur contre les mauvais prophètes d’Israël, il annonce une tempête destructrice : (Ez 13,13-14).

Dans l’épisode des dix plaies d’Egypte, Dieu se sert du vent d’est pour amener un fléau : (Ex 10,13). Il se sert du vent d’ouest pour le faire disparaître (Ex 10,19). D’une façon plus spectaculaire encore le vent joue un rôle capital dans l’action libératrice de Dieu lors de la sortie d’Egypte, au bénéfice d’Israël : (Ex 14, 21-22). Et bien évidemment le même vent souffle au détriment de Pharaon et de son armée (Ex 15, 10).

De même qu’on ne peut enfermer ou retenir le vent, on ne peut enfermer ou retenir Dieu dans quelques limites que ce soit.

Ce souffle de Dieu, dont on entend la voix et dont on reconnaît le passage seulement grâce à certains signes, parfois très explicites, parfois très ténus et discrets. Ce souffle de silence que recueillit Elie, sur le mont d’Houb, et dans lequel il sut reconnaître l’Esprit de Dieu. C’est bien un souffle, un vent dont nul ne peut savoir « ni d’où il vient, ni où il va » (Jn 3,8).

L’entretien avec Nicodème (Jean 3,1-10)
Or il y avait parmi les Pharisiens un homme du nom de Nicodème, un notable des Juifs. Il vint de nuit trouver Jésus et lui dit : « Rabbi, nous le savons, tu viens de la part de Dieu comme un Maître : personne ne peut faire les signes que tu fais, si Dieu n’est pas avec lui ».

Jésus lui répondit : « En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître de nouveau, nul ne peut voir le Royaume de Dieu ».
Nicodème lui dit : « Comment un homme peut-il naître, étant vieux ? Peut-il une seconde fois entrer dans le sein de sa mère et naître ? »

Jésus répondit : « En vérité, en vérité, je te le dis, à moins de naître d’eau et d’Esprit, nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair, ce qui est né de l’Esprit est esprit. Ne t’étonne pas, si je t’ai dit : Il vous faut naître d’en haut. Le vent souffle où il veut et tu entends sa voix, mais tu ne sais pas d’où il vient ni où il va. Ainsi en est-il de quiconque est né de l’Esprit ».

Nicodème lui répondit : « Comment cela peut-il se faire ? »

Jésus lui répondit : « Tu es Maître en Israël, et ces choses-là, tu ne les saisis pas ? »


Trop petits pour comprendre ?

Petits élèves de cycle I

Cet évangile peut nous sembler difficile à présenter aux petits. Ne cherchons pas à tout prix à l’expliquer. Bornons-nous à le raconter. Cependant, faisons en sorte de créer auparavant un climat d’écoute.

On peut par exemple introduire la lecture par une courte prière, un moment de silence.
(Chut ! Je ne fais plus de bruit. Je pose mes jouets et je me tais. Jésus, je fais silence pour t’écouter me parler en secret).

Il n’est pas nécessaire d’ajouter de commentaire : « laisser parler la Parole ». Ecoutons les éventuelles réactions des enfants ou répondons à leurs questions. Certains passages peuvent aussi être mimés, on suggèrera aux enfants des gestes et attitudes simples, on pourra leur faire redire ensemble quelques paroles de Jésus. Mimer un texte est une bonne manière de l’assimiler.

On peut terminer par un temps de silence pour laisser résonner la Parole de Dieu.

B. d’Arjuzon et M. Rupied dans leur ouvrage « Laissez venir à moi les petits enfants » écrivent : « Quand nous lisons la Bible avec de jeunes enfants, nous découvrons que dès le plus jeune âge, la Parole de Dieu agit dans la vie de chacun d’entre nous. Elle est comme la pluie qui ne retourne pas au ciel, sans avoir arrosé la terre, l’avoir fécondée, l’avoir fait germer ».

Voici par exemple une prière toute simple qui peut être proposée à de très jeunes enfants pour les familiariser petit à petit au vocabulaire « spécifique » des prières.

Deux ans, c’est (en moyenne) l’âge du développement du langage : acquisition de mots nouveaux, puis de phrases de mieux en mieux construites. Profitons de cet enrichissement du vocabulaire pour « étoffer » progressivement la prière du tout petit, introduire des mots « sacrés » sans nous préoccuper de savoir s’il les « comprend ».
Avant même de comprendre la signification d’un mot ou d’une phrase, le tout petit en pressent le sens profond par un don d’intuition qui lui est tout particulier.

A partir de 3 ans l’enfant aime les mots nouveaux, qui lui paraissent réservés à certains cas ou à certaines personnes. Il les découvre avec un sentiment de fierté.



Avec les élèves des cycles I et II : imaginons la scène… regardons l’image…
C’est la nuit : Nicodème est venu en cachette parler avec Jésus.
Nous les voyons, tous deux, accroupis sur une natte comme on fait encore aujourd’hui en Orient, à la lueur d’une faible lampe : devant la natte ils ont posé leurs sandales après les avoir enlevées comme le veut la coutume.
L’enseignant peut proposer aux enfants d’identifier Jésus puis Nicodème. Il les invite à exprimer ce qu’ils voient.

Observons les attitudes des 2 personnages :
- Ils sont assis en face l’un de l’autre.
- Leurs têtes légèrement penchées sont proches l’une de l’autre. C’est la nuit, peut être parlent-ils doucement ? Peut être ne veulent-ils pas être entendus ? Rappelons-nous que Nicodème rend visite à Jésus de nuit pour rester discret. Il ne veut pas qu’on sache qu’il rend visite à Jésus. Pourtant il désire rencontrer Jésus parce qu’il a entendu parler de tout le bien que fait Jésus.
- L’attitude de Jésus indique que c’est lui qui parle (une de ses mains est levée), l’autre tendue vers Nicodème, effleure son vêtement comme pour l’inviter à être attentif.
- Jésus parle. Nicodème écoute, les yeux baissés, soutenant sa tête avec une main comme pour mieux écouter. Nicodème a des difficultés à comprendre les paroles de Jésus.
- Nicodème pose des questions : « Comment un homme peut-il naître, étant vieux ? Peut-il une seconde fois entrer dans le sein de sa mère et naître ? » Jésus peu à peu lui fait comprendre qu’il ne s’agit pas de naître une seconde fois du ventre de sa mère mais plutôt de « naître à nouveau » grâce à un sacrement. C’est le baptême dont il s’agit. Par le baptême, Jésus fait de nous des enfants de lumière.

Le baptême
Vient du verbe grec baptizein qui signifie « plonger, laver ». Le baptême nous fait renaître à la vie. C’est le premier des sept sacrements puisque en nous faisant devenir enfant de Dieu, il permet de recevoir tous les autres sacrements.

Un sacrement : C’est le premier de sept sacrements. Il permet de recevoir tous les autres sacrements.
- Un signe pour le chrétien de l’Amour de Dieu
- Un don de Dieu Le don de l’Esprit Saint
Les symboles du don qui font signe :
L’eau :
Signe de vie, indispensable à toute vie sur terre.
La lumière : Signe du Christ - Lumière du monde - pour éclairer toute vie et l’orienter dans l’Amour.
L’huile : Signe de l’Esprit Saint qui pénètre au plus profond pour aider à vivre en frères les uns avec les autres, dans l’unité féconde.
Le vêtement blanc : Signe de pureté, d’une vie toute entière recouverte de l’amour de Dieu « Vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu le Christ ».

Par le baptême nous devenons « prêtre, prophète et Roi » :
- « prêtre » pour prier Dieu et le remercier (lui rendre grâce)
- « prophète » pour en témoigner et l’annoncer
- « Roi » pour veiller sur les autres et développer des relations fraternelles.

Cet évangile peut donner l’occasion de parler avec les enfants de leur propre baptême pour ceux qui l’ont reçu bien sûr, et pour les autres, de parler de leur naissance en leur demandant par exemple de porter à l’école le faire-part de leur naissance.
Ainsi peut se créer peu à peu un panneau dans la classe autour de la naissance et du baptême.

Avec les élèves de cycle II et II :

L’entretien avec Nicodème (Jn3, 1-10)
Fiche de lecture

Des mots à expliquer :
Pharisien :
Les pharisiens sont des juifs qui respectent scrupuleusement la Loi de Moïse. Mais Jésus leur rappelle que l’amour du prochain est au cœur de la Loi, ce qu’ils oublient parfois. Certains pharisiens, comme Nicodème ou Paul, suivent Jésus.

Notable : Personne qui en raison de ses activités professionnelles ou personnelles, occupe une situation importante dans un groupe, une société.

Rabbi : Nom qui signifie maître

Qui provoque la rencontre ?
C’est Nicodème. Le texte dit : « Il vint de nuit trouver Jésus » : l’initiative a donc été prise par lui.

Quand a lieu la rencontre ?
La rencontre a lieu la nuit.

Pourquoi Nicodème vient-il la nuit ?
Beaucoup de juifs n’apprécient pas Jésus. Nicodème en tant que notable est connu de tous. Verrait-on d’un bon œil une rencontre entre « un notable des juifs » et « ce Jésus » venu d’on ne sait où ?
Nicodème semble cependant reconnaître l’autorité que Jésus tient de Dieu. Il parle au nom d’un groupe de personnes « nous le savons. Tu viens de la part de Dieu comme un Maître ».

Nicodème comprend-il les paroles que Jésus lui adresse ?
« Naître de nouveau » pour être capable de « voir le Royaume de Dieu ».
Non Nicodème est incrédule et s’étonne : Quand on est vieux, on ne peut retourner dans le ventre de sa mère et vivre une deuxième naissance.

Quelle est alors l’attitude de Jésus ?
Il répète pour se faire comprendre certains de ses propos (« Nul ne peut entrer dans le Royaume de Dieu ») en rajoutant une explication nouvelle :

« A moins de naître d’eau et d’esprit » (Pointe du récit)


De quelle naissance parle Jésus ?
Jésus fait peu à peu comprendre à Nicodème qu’il ne s’agit pas de naître une seconde fois « du sein de sa mère » mais plutôt de « renaître » à la vie (naître d’en haut), grâce à un sacrement qui nous fait devenir à notre tour enfant de Dieu. C’est le baptême dont il s’agit.

Dieu a des projets pour chacun d’entre nous. Nous les hommes ignorons le plus souvent le sens de ce qui nous est donné par Dieu. « Le vent souffle où il veut et tu entends sa voix, mais tu ne sais pas d’où il vient ni où il va ».

La Pentecôte (Acte des Apôtres 2, 1-4)
Le jour de la Pentecôte étant arrivé, ils se trouvaient tous ensemble dans un même lieu, quand, tout à coup, vint du ciel un bruit tel que celui d’un violent coup de vent, qui remplit toute la maison où ils se tenaient.
Ils virent apparaître des langues qu’on eût dites de feu ; elles se partageaient, et il s’en posa une sur chacun d’eux.
Tous furent alors remplis de l’Esprit Saint et commencèrent à parler en d’autres langues, selon que l’Esprit leur donnait de s’exprimer.


Commentaires :
Ce texte des Actes des Apôtres va véritablement lancer l’action de l’Eglise. A partir de ce jour, les Apôtres qui étaient découragés (Jésus n’est plus là), apeurés (ils sont repérés par les juifs), sans force et sans perspectives, deviennent courageux, audacieux, confiants et sûrs de ce qu’ils doivent dire et faire.
Qu’est-ce qui a bien pu provoquer ce bouleversement ?
Le texte nous présente une arrivée de l’Esprit Saint très spectaculaire : coup de tonnerre, vent violent, souffle et feu. De quoi être effrayé !
Ceci contraste avec la rencontre d’Elie sur la montagne de l’Horeb quand Dieu ne paraît ni dans l’ouragan, ni dans le tremblement de terre, ni dans le feu mais dans une brise légère.
Mais c’est un fait : Les Apôtres sortent de cette expérience transformés. Ils sortent physiquement de la pièce dans laquelle ils étaient enfermés (sans doute le Cénacle là où a eu lieu la Cène du Jeudi Saint) et désormais ils seront dans le monde au milieu des hommes pour annoncer Jésus Vivant, Dieu aimant et miséricordieux, baptiser au nom du Père du Fils et de l’Esprit et répandre l’Esprit Saint « par toute la terre, pour les siècles des siècles », c'est-à-dire en tout lieu et en tout temps.
Cette onde de choc s’est propagée jusqu’à nous aujourd’hui, jusque dans notre école et continue son chemin au-delà de toute frontière.

Pour présenter ce texte aux enfants
1) Il peut être intéressant d’avoir préalablement présenté l’histoire d’Elie (Premier livre des Rois 19, 1-17) ce qui permettra de pointer les différences et les points communs.

Différence :
Dieu se manifeste à Elie dans la douceur.
L’Esprit se manifeste aux Apôtres dans la force.

Point commun :
L’effet de la rencontre qui donne force et courage pour aller de l’avant tant à Elie qu’aux Apôtres.

2) Situer le texte :
On est après Pâques, les Apôtres ont vécu la tristesse de la mort de Jésus, la joie de l’avoir revu vivant mais depuis quelques temps ils ne le voient plus.

3) Lire le texte puis demander aux enfants de réagir à ce texte. Qu’est-ce qui les surprend ? Comment ils imaginent l’ambiance ?

4) Expliciter le vocabulaire : Pentecôte : 50 - A l’origine : La Pentecôte juive
Cette fête fait partie des 3 célébrations communautaires qui forment l’ossature du calendrier juif :
- la fête du printemps ou des pains sans levain (la Pâque juive)
- la fête de la moisson (Chavouah) (40 jours après)
- la fête des récoltes ou fête des tentes (50 jours après).

C’est au moment où il devient sédentaire que le peuple d’Israël adopte ces trois fêtes étroitement liées au calendrier agricole.

Après une certaine période, on observe des transformations : à la signification agricole s’ajoute un sens qui vient de l’histoire du peuple.

Ainsi, la fête des moissons devient fête des semaines, sept semaines après la Pâque.

Elle est l’expression de la gratitude des fidèles pour toutes les bénédictions reçues.

Au moment de l’exil à Babylone au 6ème siècle, les significations historiques l’emportent sur le caractère agricole de ces fêtes. C’est surtout le don de la loi au Sinaï qui se fêtera à la Pentecôte, cinquante jours après la célébration de la sortie d’Egypte (Exode). Pentecôte signifie en grec 50.

5) Construire la trame de succession des événements :
- réunis tous ensemble,
- un bruit, un violent coup de vent,
- des langues de feu sur chacun,
- remplis de l’Esprit Saint,
- l’Esprit leur donne une capacité nouvelle, inattendue, irrésistible.

6) Proposer de faire une bande dessinée en 5 vignettes. Montrer une reproduction d’œuvre d’art (peinture, vitrail) présentant cette scène.

7) Réflexion sur le texte :
Est-ce que l’Esprit Saint est encore donné aujourd’hui ?
Est-ce qu’il est encore actif ? Est-ce que je peux le recevoir ?
C’est la Foi des chrétiens de croire en Dieu Père Fils et Esprit Saint.
Le chrétien convient que l’Esprit Saint est donné dans les sacrements. On pourra alors expliquer ce que sont les 7 sacrements.

Une activité pour la classe (Cycles I et II)
Réaliser une girouette, pour suivre le mode d’emploi, cliquez ici, (fichier au format PDF).

Suggestions pour des travaux pluridisciplinaires




Expliciter des expressions usuelles contenant le mot « vent » :
Avoir le vent en poupe
Avoir du vent dans les voiles
Etre dans le vent
Du vent !
Bon vent !
Prendre un vent
Un coup de vent
Brasser du vent
Avoir le vent dans le nez
Avoir le vent dans le dos
Vent de face
Vent de travers
Qui sème le vent récolte la tempête.

Expliciter des expressions usuelles contenant le mot « souffle » :
Etre essoufflé
Etre à bout de souffle
Reprendre son souffle
A couper le souffle
Souffler n’est pas jouer
Souffler ses bougies
Prendre le temps de souffler
Souffler à perdre haleine
Se faire souffler dans les bronches
Rendre son dernier souffle.




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