ECA (237 juin-juillet 2001)
Langues vivantes : Les enseignants non-linguistes disqualifiés ?
     
Apprendre à apprendre les langues, c'est un des objectifs de la sensibilisation aux langues. L'enseignant non linguiste a toute sa place.

[ Mots-clés : habilitation langues vivantes, langue vivante ]
  Castelli Pierre
Animateur formateur
DDEC Toulon
23-07-2007
Force est de constater que les maîtres du premier degré non-linguistes sont absents actuellement du débat sur les langues vivantes. Curieusement celui-ci se développe sans qu’ils soient partie prenante car ils se disent « incompétents en la matière ». Levons tout de suite une ambiguïté. L’enseignement des langues relève des linguistes. Cependant, les enseignants non-linguistes ont un rôle essentiel à jouer. Ils sont à même de conduire des apprentissages qui porteront sur le développement d’attitudes, d’aptitudes et de savoirs non en langue mais sur les langues. La recherche EVLANG, (1) a été une première étape de sensibilisation pour les enseignants du Var. L’hypothèse de la recherche consistait à postuler que l’étude des énoncés sur plusieurs langues étrangères favoriserait la capacité d’objectivation. (Les élèves étaient mis en situation d’observateurs externes, y compris quand ils avaient accès au sens de l’énoncé).
De même que l’approche métacognitive a fait naître un courant qui s’est traduit par la formule “Apprendre à apprendre“, la réflexion métalinguistique permet d’envisager un “Apprendre à apprendre les langues“. L’enjeu consiste à passer d’une connaissance intuitive à une connaissance explicite de la structure de la langue : Analyse de l’organisation des données - Discrimination auditive - Rapport graphie-phonie - Arbitraire des règles de fonctionnement syntaxiques et lexicaux -Intérêt pour la diversité linguistique et culturelle (2).
Autant de compétences utiles pour affiner le regard posé sur le fonctionnement de sa propre langue. Ces apprentissages sont menés en cycle 2 et poursuivis en cycle 3 à partir d’une multitude de langues sans intention de les apprendre. En cycle 3, le choix d’une langue vivante est fait, l’enseignant non-linguiste assurant l’E.L.C. en lien avec un autre enseignant linguiste.
Si l'apprentissage de la langue maternelle et des langues étrangères sont intimement liés, qui pourrait, mieux que l'enseignant de la classe, effectuer cette synthèse ?

(1) Programme Socrates Lingua 2, à l’initiative de Michel Candelier, de l'Université du Maine, et dont la coordination pour la France a été assurée par Dominique Macaire, de l’Université René Descartes - Paris V. / ICFP Marseille (1997-2000)
(2) Cette approche globale a pris le nom d’Education aux Langues et aux Cultures.(E.L.C.)© Dominique Macaire (Les aspects culturels et citoyens ne sont pas développés dans cet article)


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