L’Enseignement catholique apporte sa pleine contribution aux évolutions du système éducatif
     
Eric de Labarre, secrétaire général de l’Enseignement catholique depuis le 1er août 2007, a reçu la presse le 12 juin pour faire le point sur la première année de son mandat. Il tenait à faire connaître les positions de l’Enseignement catholique sur les diverses réformes engagées par l’Etat. Au sommaire : la réforme de la formation des maîtres, celle de l’école maternelle et primaire, le projet de révision du lycée, la prise en compte des besoins éducatifs particuliers et les perspectives des rentrées 2008 et 2009.

[ Mots-clés : politique de l'éducation ]
  Service communication
Formiris
12-06-2008
Sur l’ensemble des réformes en cours, l’Enseignement catholique a fait parvenir à l’Etat ses réflexions : par exemple, en mars sur l’école ou en mai sur le lycée afin de jouer pleinement son rôle de partenaire et d’acteur en tant qu’enseignement associé au service public d’éducation.
Pour Eric de Labarre, travailler en amont des projets gouvernementaux, c’est aussi ne pas être mis devant le fait accompli. Quant aux équipes éducatives, elles peuvent ainsi se mobiliser et exploiter les espaces de liberté que laisse la loi à l’Enseignement catholique.

Formation des enseignants : pas d’hostilité à une évolution, mais quelques inquiétudes

Eric de Labarre s’est déclaré favorable à la mastérisation des enseignants et à l’élévation du niveau de recrutement. De même, une révision du concours pour qu’il ne soit pas seulement une "réussite disciplinaire" lui paraît recevable.
Cependant, trois points suscitent la vigilance de l’Enseignement catholique :
- La capacité des universités à assurer totalement une formation initiale adaptée aux enseignants.
- Les conditions de formation des enseignants après leur prise de fonction.
Pour l’Enseignement catholique, cette formation doit se poursuivre au moins durant les deux premières années d’exercice d’un jeune prof. L’instauration d’un compagnonnage par des professionnels et notamment des tuteurs permet par exemple aux enseignants débutants de se construire des repères. Il serait dangereux, a souligné le secrétaire général, de laisser sans accompagnement des enseignants face à une première rencontre avec des élèves.
- La détermination du rôle qui sera attribué à l’Enseignement catholique.
Ce dernier doit pouvoir assurer lui-même la transmission de son projet éducatif spécifique à ses propres enseignants. Enfin, Eric de Labarre a rappelé le risque d’une pénurie d’enseignants dans les années à venir. Cela devrait inciter à inventer d’autres modes de recrutement, comme le recours à des personnes « en seconde carrière », celles qui souhaiteraient entrer dans l’enseignement après avoir eu une expérience professionnelle antérieure.

L’Ecole : une réforme qui va dans le bon sens, si elle prend en compte tous les enfants

Sur le temps scolaire, l’Enseignement catholique mène une réflexion depuis octobre 2007.
La suppression récente du samedi matin ne pose donc pas de problème : 45 % des établissements catholiques pratiquent déjà la semaine de 4 jours.
Sur ce point, comme dans d’autres, les établissements ont toute latitude pour aménager le temps scolaire, selon leur contexte local et les publics qu’ils scolarisent ; ils peuvent également ménager plus facilement des temps de rencontre entre parents et équipes éducatives.
L’accompagnement des enfants qui fait suite à la réduction des horaires des programmes de 26 à 24 heures, répond également à la volonté de l’Enseignement catholique de lier instruction et éducation.
Toutefois, il convient d’éviter la ségrégation au sein des classes entre bons et mauvais élèves, ce qui nuirait à la fois à la dynamique éducative et à la cohérence du groupe-classe. Tous les enfants doivent pouvoir bénéficier de temps d’accompagnement en fonction de leurs talents. Les 2 heures libérées peuvent bien entendu se traduire en soutien ou aide aux devoirs, mais aussi permettre l’ouverture à d’autres activités, culturelles et/ou sportives.
Sur les programmes proprement dits, certaines propositions rejoignent des remarques que l’Enseignement catholique avait émises, à savoir :
- la nécessité de relier programme et socle commun des compétences,
- l’aide à l’élève dès qu’une difficulté apparaît. Pour cela, il convient d’intervenir par cycle, ce qui permet aux enseignants de travailler en équipe et d’assurer une responsabilité collective face aux apprentissages des élèves.
- une plus grande lisibilité des programmes, pour la mise en œuvre desquels il convient d’accompagner le corps enseignant par des séquences en formation continue.

Sur l’accueil de la petite enfance, l’Enseignement catholique constate le désengagement de l’Etat sur la scolarisation des moins de 3 ans. Celui-ci semble se diriger vers un transfert de responsabilité aux collectivités territoriales. Sur le plan éducatif, l’Enseignement catholique n’envisage pas de se désintéresser de cette étape importante chez l’enfant, et ce d’autant que de nombreuses familles attendent de l’aide.
Eric de Labarre dégage trois principes essentiels :
- laisser le choix sur le mode d’accueil ;
- accueillir la petite enfance en ne la réduisant pas à la mise en place d’une garderie, mais en faisant un vrai travail éducatif ;
- prendre en compte la diversité des besoins : ainsi, dans les quartiers difficiles, cet accueil est une passerelle entre les familles et l’école, un moyen non seulement de scolarisation, mais de socialisation du jeune enfant.
Conscient de l’enjeu, le Sgec a mis en place un groupe de travail dont les orientations seront examinées au Comité national de l’Enseignement catholique en juillet prochain. Les solutions pourront être variées : crèches collectives, familiales, d’application, jardins d’enfants, halte garderie, multi accueil… L’Enseignement catholique fera là aussi appel à la créativité de ses établissements.
Concernant le service d’accueil minimum en école primaire que l’Etat vient de promulguer, celui-ci ne concerne pour l’heure que l’enseignement public. Il sera demandé à ce que des dispositions soient prises pour que ce service puisse être reconnu aussi pour l’Enseignement catholique.

Pour que le lycée soit une étape dans un parcours de formation

Sur la réforme du lycée, plusieurs éléments de réflexion de l’Enseignement catholique ont été transmis en mai au gouvernement. Parmi eux, il a été souligné que le lycée ne doit pas être un lieu clos sur lui-même et que le baccalauréat ne doit pas être la fin en soi du lycée.
Pour autant, Eric de Labarre n’est pas favorable à la suppression de cet examen qui représente un symbole fort dans notre société. Cet examen marque entre autres une étape dans l’accession de l’adolescent à l’état d’adulte. C’est aussi un grade qui permet d’entrer de droit à l’enseignement supérieur. Néanmoins, le bac doit mieux préparer à une poursuite des études. Pour le secrétaire général, le lycée devrait être "piloté par l’aval", c’est-à-dire qu’il conviendrait d’identifier les compétences et les savoirs dont les lycéens auront besoin après le baccalauréat et donc réfléchir à une articulation entre lycée et études supérieures.

Pour cela, l’Enseignement catholique prône :
- de pratiquer davantage de transparence dans le système éducatif, aussi bien dans les options du lycée que dans les exigences de l’enseignement supérieur ;
- de s’appuyer sur les motivations des élèves et de diversifier les parcours de la seconde à la Terminale. Le collège serait le temps du tronc commun et le lycée le début d’une spécialisation ;
- de faire confiance aux familles et aux jeunes ;
- de construire des parcours personnalisés.
Plusieurs propositions concrètes ont été émises :
- mettre en place un bac modulaire comprenant une série d’unités fondamentales (qui permettraient des réorientations en cours de cycle, voire par semestre) et des unités de spécialisation ;
- donner la priorité aux bacheliers des lycées technologiques pour les formations courtes de type BTS et IU T ;
- renforcer l’orientation active.

L’Enseignement catholique est favorable à une école inclusive

Dans la mesure du possible, tous les élèves doivent être accueillis en classe ordinaire en premier lieu par des maîtres ordinaires. Cela nécessite bien entendu un ajustement de la formation initiale des maîtres et la mise en place de formation continue pour les enseignants en place. Cela implique également que, lorsque les difficultés sont trop fortes, des enseignants spécialisés apportent leurs compétences.
Concernant l’accompagnement éducatif généralisé à la rentrée prochaine, l’Enseignement catholique a confié à l’Ugsel, la prise en charge de ce dossier en lien avec le Sgec. Cet accompagnement doit être proposé à tous les élèves et pas réservé à ceux en difficulté.
L’Enseignement catholique avait également manifesté son désir de participer au renforcement de l’égalité des chances en mettant à disposition "son dynamisme, son envie d’éduquer et son savoir-faire". Pour des raisons historiques, il a souvent été moins présent dans certains secteurs ou sur certaines problématiques.
La contribution pour 2008 de l’Enseignement catholique s’est concrétisée sur la création d’une vingtaine d’UPI, de l’ouverture d’un peu moins d’une dizaine de classes sous contrat, de quelques classes relais ou passerelles comme à Stains ou à La Courneuve, d’une CPGE (classe préparatoire aux grandes écoles) en région parisienne.
En 2009, l’Enseignement catholique attend la pérennisation de sa participation au Plan Espoir Banlieue.

Une rentrée 2008 encore incertaine, une rentrée 2009 inquiétante

Les perspectives de la rentrée 2008 sont encore incertaines, notamment en maternelle et en bac pro, et ce en raison des réformes en cours. Toutefois, les effectifs de l’Enseignement catholique devraient rester stables, voire connaître une légère progression.
Les mêmes difficultés devraient rester identiques à celles de 2007 : concentration d’effectifs dans les mêmes zones (Paris et région parisienne, arc méditerranéen, grandes métropoles) et désaffection dans les régions en crise démographique.
Eric de Labarre a rappelé que pour 2008, 1400 emplois avaient été rendus et que la rentrée ne serait possible que par le recours aux heures supplémentaires (qui ont été accordées dans la même proportion qu’en public).
Pour 2009, en revanche, l’Enseignement catholique craint une impasse. Car, même s’il entend les exigences budgétaires de l’Etat, l’Enseignement catholique souligne que 30 à 40000 demandes d’inscriptions restent non satisfaites. En cas de moyens demeurant constants, quelle prise en compte serait possible ? Si le ministère engageait alors un retrait d’emplois pour la rentrée 2009 sans compensation en heures supplémentaires, celle-ci s’avérerait impossible.

Des projets 2008-2009 spécifiques à l’Enseignement catholique

Dans la poursuite des Assises de 2001, l’animation pédagogique et éducative dans les établissements se centrera sur "Choisir la rencontre". Un temps fort aura lieu le 5 décembre lors de la journée des communautés éducatives. Trois colloques sont également en préparation :
- Sur l’école maternelle, en septembre,
- Sur l’enseignement des sciences, en novembre,
- Sur l’orientation, en janvier 2009.
Enfin, l’Enseignement catholique fêtera en 2009 le 50ème anniversaire de la Loi Debré et le 25ème anniversaire de la Loi Rocard.


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