Sklerijenn (31)
La Toussaint, fête d'hier, fête d'aujourd'hui
     
Quelle est l'origine de la fête de la Toussaint ?

[ Mots-clés : fête religieuse ]
  Garel Yvon
secrétaire général
DDEC Côtes d'Armor
01-09-2003
Extrait de Sklerijenn, la revue de pastorale des DEEC du Finistère et des Côtes-d'Armor

Pour vous aider à mieux situer cette fête, vous trouverez ci-dessous un extrait de la revue Arc en Ciel (pour les moins de 8 ans), Editions Bayard et un document tiré du parcours catéchétique « fais jaillir la vie ».

Jean Debruyne. Dans « Arc-en-Ciel » (septembre-octobre 2001)
Quelle est l'origine de la fête de la Toussaint ?

Lorsque Constantin, l'empereur romain, s'est converti à la religion chrétienne, l'Eglise persécutée est devenue une Eglise au pouvoir, et les chrétiens appelés au martyr se sont retrouvés appelés à gouverner le monde.
Petit à petit, le christianisme a envahi l'univers romain. Les signes chrétiens se sont glissés partout. Les vieux temples dédiés aux dieux païens sont devenus des églises, les basiliques de Rome qui étaient des lieux de forums, de débats, de bourse, de procès et d'idées, sont devenus des lieux de foi et les sièges du Pape.
En 610, le Pape Boniface IV fit transformer le Panthéon(le temple dédié alors à « tous les dieux) en église de tous les martyrs. Le jour anniversaire de cette consécration devint rapidement une grande fête dans le calendrier liturgique de l'Eglise. D'abord célébrée le 13 mai sous le vocable de « Fête de tous les martyrs, de tous les saints et de Marie », la fête fut déplacée au 1er novembre par le Pape Grégoire III, qui la nomma « Toussaint ».

Après ce retour historique, comment expliquez-vous aujourd'hui la Toussaint aux enfants ?
La fête de la Toussaint est la fête de tous ceux dont la vie a été si humaine qu'elle a laissé transparaître la sainteté de Dieu dans leurs gestes, leurs regards, leurs mots, leur présence. Et non pas le résultat de tous ceux qui ont gagné un concours.
Et Halloween ! Que signifie un tel engouement ?
Aujourd'hui, la fête n'est plus liée à l'événement mais à l'argent. Ceux qui financent Halloween n'ont rien à célébrer mais ils ont beaucoup de choses à vendre.
Cet engouement soudain peut gêner les chrétiens, mais n'avons-nous pas trop cru que l'évangélisation était faite une fois pour toutes ? L'Evangélisation est une histoire et elle est toujours à faire. Chaque génération appelle une évangélisation parce que chaque génération est un continent nouveau. D'ailleurs, bien souvent et même en France, il y a eu une « christianisation », mais il n'y a pas eu d'évangélisation. Il fallait être chrétien puisque la société l'exigeait ! On accomplissait les rites chrétiens mais les rites ne touchaient pas les cœurs.

En quelque sorte, vous nous mettez en garde contre le piège qui voudrait établir une concurrence entre Halloween et la Toussaint.
Oui. Devant halloween comme devant tous le paganismes, ne cherchons pas à détruire. Evangélisons-les, convertissons-les. Des idoles, faisons des serviteurs de Dieu. Des représentants de commerce, faisons des apôtres de l'Evangile. Savez-vous que Notre-dame du Puy comme Notre-dame de Chartres ont commencé par être des déesses païennes ? Nos enfants sont des « païens », cela veut dire qu'ils sont d'une « terre », d'une époque, d'une culture. Ils sont un continent nouveau qu'attend l'Evangile sur son rivage.

Extrait du livre de l'animateur du parcours catéchétique « Fais jaillir la vie ».
Appelés à la sainteté
La sainteté : accueil du don de Dieu

« Si quelqu'un m'aime, il restera fidèle à ma parole ; mon père l'aimera, nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprès de lui » (Jean 14, 23). Ainsi la sainteté ne signifie pas d'abord perfection morale. Elle ne s'acquiert pas à la force du poignet. Elle ne se traduit pas nécessairement par des faits extraordinaires ou miraculeux. Elle est accueil de l'amour infini de Dieu et réponse active, avec la force de l'Esprit saint. C'est le sens de la prière de François d'Assise « Dis-moi, Seigneur, ce que tu veux que je fasse. »

La sainteté : un chemin
Les saints ont grandi en sainteté petit à petit, acceptant de se convertir et de laisser une place de plus en plus grande à Dieu dans leur existence. Si le chrétien sait qu'il peut compter sur Dieu, il sait aussi qu'il peut compter sur les autres. On ne marche jamais seul sur le chemin de la sainteté. François d'Assise a été soutenu par ses frères et par Claire ; Marcel Callo par ses copains de la J.O.C.

Un chemin qui mène au ciel auprès de Dieu
Les saints et les saintes ne sont pas seulement des témoins du passe. Ils sont vivants aujourd'hui avec Dieu et ils prient la Seigneur pour nous. Leur mort fut un passage auprès de Dieu. François d'Assise se prépare à la mort, heureux de pouvoir vivre pour toujours avec Dieu. Marcel Callo et animé de l'espoir d'une vie nouvelle avec Dieu. Les évêques de France soulignent en effet : « La foi permet d'affronter la mort et fait accéder celui qui espère en des réalités situées au-delà de la mort : la résurrection, la vie éternelle, la vision béatifiante de Dieu. C'est aussi ce que nous permet de célébrer la fête de la Toussaint. »

La vie des saints : un appel de Dieu pour une époque
C'est dans la vie concrète de leur époque que les chrétiens ont à témoigner de l'amour de Dieu. L'Esprit a toujours suscité des saints : leur vie retentit comme un appel de Dieu dans une époque donnée. Saint François d'Assise, par son choix de la pauvreté, conteste radicalement la façon de vivre de ses contemporains et des responsables d'Eglise. En ces débuts du capitalisme marchand du 13ème siècle, il rappelle qu'on ne peut pas servir deux maîtres, Dieu et l'argent. Durant la seconde guerre mondiale, par son souci des autres et sa vie toute donnée à Dieu, Marcel Callo témoigne que la violence et la haine ne sont pas les derniers mots de l'histoire : un monde d'amour est possible.





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