Bilan d'un an de mise en œuvre des programmes 2002
     
Synthèse d'une enquête du ministère de l'éducation nationale (DESCO) après un an de mise en œuvre des programmes 2002.

[ Mots-clés : programme d'enseignement ]
  Cambrezy Françoise
Snceel
18-08-2003
Cet article est une synthèse d'une enquête du ministère de l'éducation nationale (DESCO) effectuée par la voie hiérarchique entre février et mai 2003 auprès des recteurs d'académie. Elle concerne les écoles publiques. Les résultats ont été étudiés lors de la commission spécialisée des écoles du ministère le 23 juin 2003 à laquelle participait le Snceel.
Malgré le contexte à cette période, cette réunion s'est déroulée dans un climat serein. Les résultats ont d'abord été commentés par les personnes du ministère puis par les syndicats.
Voici non pas un compte-rendu de cette commission mais quelques points d'attention que j'ai relevés lors des différentes interventions. Dans l'ensemble les syndicats ont approuvé les commentaires, leurs remarques spécifiques sont en italique et la réponse du ministère suit quand il y en a une.


1) Quelques précautions dans la lecture des réponses à l'enquête : Par exemple, les tailles des départements diffèrent, les nombres d'écoles par circonscription sont très variés… Il convient donc d'être prudent dans l'utilisation des résultats chiffrés de cette synthèse. Par ailleurs, de nombreuses questions étaient ouvertes et donc différemment exploitables. Elles donnent cependant des informations intéressantes pour une étude qualitative. D'autant plus que de nombreux départements (plus du tiers) ont fait parvenir des documents complémentaires aux questionnaires : outils d'organisation de formation, grilles d'animation pédagogique, modèles de formulaire B2i, livret scolaire, évaluation en langues vivantes…

2) Le rapport du ministère note que « Le bon accueil réservé aux programmes 2002, considérés comme ambitieux, se confirme, même si des obstacles restent à surmonter quant à leur appropriation et à leur mise en œuvre. De fortes demandes de temps (appropriation des nouveautés, conception de pratiques adéquates) d'une part et d'accompagnement par des documents et des formations, d'autre part, se manifestent, même si on constate une mobilisation importante des personnel. On remarque par ailleurs un développement sensible de coopération et de mutualisation entre écoles, surtout en milieu rural, par exemple pour mettre en commun les ouvrages de littérature ou les mallettes pédagogiques constituées. »

3) Le ministère a énormément mis l'accent sur les actions de formation aux nouveaux programmes en faveur des conseillers pédagogiques de circonscription qui avaient eux-mêmes pour mission de former les équipes pédagogiques. La mobilisation de moyens vers les équipes pédagogiques a été un élément fort de la mise en œuvre des nouveaux programmes. Quelle formation pour les formateurs (conseillers pédagogiques, IEN mais aussi formateurs des IUFM) ? On sent bien qu'ils ne sont pas assez formés, ressourcés.

4) De plus, il y a eu beaucoup de mutualisation des actions de circonscription, notamment en fonction des domaines de compétences des conseillers pédagogiques et des IEN. Certains départements travaillent les programmations, pourquoi pas une mutualisation nationale de ces outils ? Il est certain qu'il y a des productions intéressantes à partager.

5) Les priorités ministérielles de formation continue et d'actions pédagogiques sont la maîtrise de la langue, les sciences et les élèves en difficultés.

6) En PS et GS, les modifications les plus importantes induites par les nouveaux programmes portent sur la maîtrise du langage ; une préoccupation saillante est le besoin de programmation, de progressions de cycle ; la question de l'exploitation des évaluations GS/CP demeure.

7) En CE2, les bouleversements sont plus importants mais ont aussi créé plus de dynamisme et des modifications commencent à se voir (amplification des traces écrites, mise en place des conseils d'enfants, plus de lecture en histoire et géographie, augmentation du nombre de livres lus…). Il y a encore des points à faire mieux comprendre, par exemple le pourquoi des 10 livres : Il ne faut pas les aborder scolairement mais vraiment entrer dans la littérature. Il n'est pas question de faire des fiches de lecture sur tous les chapitres de tous ces livres ni même de les faire tous acheter puis lire par les élèves. On attend beaucoup de la lecture par le maître, y compris pour la langue. On peut aussi " zoomer " sur un ou deux aspects qui donnent de l'intérêt…mais là on déjoue le contrat didactique habituel du maître !

8) Par contre, à l'heure actuelle les emplois du temps des classes ne traduisent pas les modifications (or, ils le devraient) ; seuls, les fiches de préparations et les cahiers- journaux les montrent un peu.

9) En ce qui concerne les langues vivantes, l'écart est important entre les écoles avec intervenants extérieurs et celles qui n'en ont pas. Les difficultés principales sont la précarité de l'organisation, les classes à plusieurs cours, l'absence d'outils pédagogiques et didactiques. Le point positif est la motivation des familles et des élèves.

10) En ce qui concerne les sciences, la volonté d'entrer dans une démarche de formation est présente chez les enseignants. Les élèves sont plus actifs dans la manipulation mais dans la conception et la démarche expérimentale ? Les modalités de choix des thèmes, les progressions, programmations …restent à travailler.

11) Le chant-chorale semble être présent dans toutes les écoles et le travail sur l'écoute se développe en lien avec le travail sur la langue.

12) En mathématiques, la lecture des énoncés et la résolution des problèmes sont des domaines extrêmement travaillés en lien avec la langue et la transversalité. On sent une reprise du travail du calcul mental. Le contenu des fichiers utilisés est un problème.

13) En EPS, un important travail sur les programmations de cycle est effectué par les conseillers pédagogiques et une meilleure articulation intervenants/enseignants se met en place.

14) La mise en place du B2I semble simple quand les équipements informatiques nécessaires sont en place dans les établissements.

15) Quand il y a construction collective d'outils par l'équipe enseignante, il y a meilleure appropriation et c'est bénéfique en particulier pour les élèves en difficultés ; ceci repose la question de la gestion du temps de travail des équipes enseignantes, du temps nécessaire pour l'appropriation des nouveaux programmes mais aussi la gestion du temps de la classe surtout quand il y a beaucoup d'intervenants. La demande de temps des enseignants est vraiment très forte.

16) Et les livrets scolaires ? Cette préoccupation n'a pas été soulevée et pourtant ils nécessitent au moins une adaptation si ce n'est pas un renouvellement.

17) Quelle évaluation des compétences transversales ?

18) Les documents d'application sont appréciés, en même temps il en a manqués dans certaines circonscriptions, il n'y en a pas dans tous les domaines de tous les cycles et il y a un risque à être noyé sous une avalanche de documents que l'on n'a pas le temps d'étudier.
On espère que l'avalanche de documents reçus cette année nourrit les formateurs qui, à leur tour, retransmettront.

19) En conclusion, il y a un fort engagement de la grosse majorité des enseignants mais avec une forte demande : « Aidez-nous, accompagnez-nous, formez-nous. »









Site réalisé par le Pôle multimédia de Formiris - Informations légales