Extraits du livre de Jean-Jacques PAUL - Edition ESF - 1996
Un livre qui en quelques pages reprend des données chiffrées et analyse le ressenti et les pratiques concernant le redoublement. Pour bousculer nos représentations. Vous trouverez ci-dessous quelques citations pour vous donner envie de lire le livre. Sans leur contexte, elles peuvent étonner. Mais comme enseignant, vous vous êtes sûrement interrogé sur la solution la meilleure (ou la moins pire) pour l'avenir d'un de vos élèves. Pour reprendre un titre d'un livre de Philippe Perrenoud : " Enseigner, agir dans l'urgence, décider dans l'incertitude " - Edition ESF - 1999. Pas facile ! Et si comme enfant ou comme parent vous avez vécu un redoublement, comment avez-vous ressenti cette période ?
1. Motivation des enseignants « Il existe un accord social quand à son utilité, voire même sa nécessité. » p. 44 « Pour deux-tiers des enseignants du collège, le redoublement constitue une mesure utile, voire nécessaire, à la pratique pédagogique. » p. 45 « Causes évoquées par les enseignants pour expliquer le redoublement : 20% manque de travail 10% limitations d'ordre intellectuel ou de compréhension 27% liés au milieu familial (manque d'aide au travail scolaire, problèmes familiaux...) 30% manque de bases, tant en connaissances qu'en méthodes de travail 13% imputées au système scolaire (structures inadaptées, manque d'aide...) 60% des motifs évoqués ont trait au comportement ou aux caractéristiques de l'élève. » « Si au dire des enseignants, les premières causes de l'échec tiennent au comportement de l'élève et au rôle de la famille, qu'est-ce que le redoublement pourra apporter à l'élève qui en "bénéficiera" ? » p. 46 « Dans quelle mesure cela vaut-il la peine de contraindre un élève à redoubler la classe qu'il vient de fréquenter, de le soumettre au même programme, avec l'idée que par le seul fait de la répétition, des connaissances et des aptitudes qui n'ont pas été assimilées vont l'être ? » p. 9
2. L'évaluation des élèves et des enseignants
« Quelque soit le niveau intrinsèque des élèves d'une classe à l'autre, la distribution des notes sera plus ou moins la même »... les élèves sont "classés les uns par rapport aux autres"... Il est normal qu'une proportion ou un nombre fixe d'élèves redouble. p. 51 « Indéniablement, subsiste dans l'évaluation des élèves une grande part d'arbitraire, qui retentit sur les décisions en matière de redoublement et par là sur la carrière scolaire des jeunes » p. 70 « Au vu des performances intrinsèques des élèves, pratiquement un redoublement sur deux aurait dû être admis, un élève admis sur cinq aurait dû être recalé. » p. 74 « Variation du taux de redoublement en fin de 5ème: 8 à 25% (écart du simple au triple) » p. 60 « La sanction du redoublement se prend au vu des résultats scolaires de l'année, modulés par le passé de l'élève. » p. 58 « Période 1984-1987, en SUISSE, 5ème année de primaire : Elèves conservant le même maître d'une année sur l'autre : 0,4% redoublent. Elèves changeant de maîtres l'année suivante : 6% redoublent » « Les élèves qui restent avec le même enseignant ne redouble pas » p. 54 « Les enseignants sont placés en situation d'incertitude, incertitude par rapport au niveau de connaissances réel des élèves, incertitude par rapport aux normes réelles des programmes, incertitude sur les pratiques et les jugements des collègues. » p. 55
3. Les élèves et le redoublement « Plus de la moitié des élèves ont, après une année de redoublement, une image d'eux-mêmes dévalorisée. Paradoxalement, c'est dans le cadre scolaire qu'une majorité des doublants ont amélioré l'image qu'ils ont d'eux-mêmes ; par contre, l'image de soi des doublants s'est fortement détériorée d'un point de vue général et dans le contexte social qui les environne ; elle s'est même dégradée dans leur milieu familial, ce qui pose le problème des représentations du redoublement chez les parents. » p. 71 « Les redoublants de 7-9 ans ne savent pas pourquoi ils redoublent, il s'agit d'un sujet tabou. » p. 71 « Très fréquemment, c'est à travers le bulletin scolaire que ces enfants du primaire ont appris la décision. » p.72
4. Le redoublement en Europe Pays du sud de l'Europe : redoublement au moins en fin de cycle. Pays du nord de l'Europe : promotion automatique. Age de l'orientation retardée vers 15, 16 ans. Danemark: pas de notes avant la 8ème année, mais information 2 fois par an des progrès de l'enfant. Même groupe de camarades pendant 9 ans. « Le redoublement n'est pas une fatalité, et certains pays s'en passent très bien. » p. 33
5. Efficacité du redoublement ? « L'analyse de l'évolution des résultats des nouveaux redoublants comparativement à ceux des non-redoublants faibles, dans la mesure où les résultats de juin des deux groupes sont assez proches...le passage à la classe supérieure est bien plus profitable que le redoublement en termes d'acquisitions. » p. 79 « Les élèves, même faibles, progressent plus vite quand ils ne redoublent pas. L'éventuel changement de maître, la confrontation avec de nouvelles questions, le fait de ne pas avoir à supporter le stigmate du redoublement, autant de facteurs qui favorisent sans doute l'apprentissage de ces non-redoublants. » p. 80 « Les seules expériences qui semblent profitables aux élèves les plus faibles sont celles qui consistent à les promouvoir mais à leur faire bénéficier d'une assistance individualisée. » p. 92
Pourtant il n'a pas le niveau ! Si vous passiez dans la classe supérieure avec cet élève que feriez-vous ? Vous êtes démuni. Cherchez des pistes avec vos collègues. A plusieurs on est plus à même d'analyser la complexité d'une situation. C'est un des objectifs des conseils de cycle. Aidez-vous du document « lire au CP » de l'Education nationale et des PAAP.
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