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Vivre la semaine sainte à l'école |
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Un carnet de route pour la semaine Sainte
[ Mots-clés : fête religieuse ]
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Garel Yvon secrétaire général DDEC Côtes d'Armor 15-01-2005 |
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Cette année, la Semaine Sainte se situe en dehors des vacances scolaires. Elle va donc être vécue au cours de la dernière semaine du trimestre. Elle doit être un temps fort et différent dans la vie de l'établissement. " Cette semaine n'est pas une semaine comme les autres. " Il faut que cela soit perçu par tous.
Les propositions d'activités ci-dessous se donnent pour objectifs de donner à vivre aux enfants et à toute l'équipe toute la cohérence de ce Triduum Pascal : l'acclamation des Rameaux et la mort du Vendredi-Saint, la joie du Jeudi et la tristesse du lendemain. Pour cela il ne s'agit pas de se contenter de faire le récit de ces évènements mais de les vivre en les articulant les uns avec les autres par exemple par une unité de lieu et une diversité des gestes et de la décoration.
Il nous faut aussi allier culture religieuse et temps de prière. Prévoir des temps proposés à tous et sans doute des temps où, selon vos écoles, il sera important de donner place au facultatif. Chacun se situe selon sa foi.
Et si ce temps était aussi une occasion de rencontrer les parents ? Faisons leur connaître ce qui va se passer et invitons-les, voire en sollicitant leur participation, selon leur désir et leurs compétences. Ce sera peut-être pour eux l'occasion de vivre Pâques de façon nouvelle.
LUNDI-SAINT
Ce premier jour de la semaine, nous ferons le rappel du dimanche des Rameaux, l'entrée de Jésus à Jérusalem.
Certains ont peut-être participé à l'office des Rameaux, mais tous sont invités à apporter un rameau ou un branchage. Une procession est organisée jusqu'à un point spécifique de l'école qui a été décoré pour la circonstance et qui va servir tout au long de cette semaine. On pourra y installer une fresque représentant la ville de Jérusalem.
Deux adultes portent une banderole ou toute autre forme qui figure l'entrée dans une ville. Les enfants y passent en agitant leurs rameaux et en chantant. Arrivés à destination, ils plantent leurs rameaux dans des seaux de sable et on écoute la lecture de l'évangile de Saint Luc (19, 29-39). On termine par une prière et un chant.
Prière (insistant sur l'accueil comme Jésus est accueilli à Jérusalem) Jésus, tu viens chez nous, tu es l'Envoyé de Dieu ! Tu te tiens à notre porte ! Viens, Seigneur Jésus ! Avec toi, nous ouvrons notre cœur à ceux qui demandent, nous changeons notre regard sur ceux qu'on repousse. Nous t'accueillons chaque jour. Viens, Seigneur Jésus ! Avec toi, nous transformons nos colères en gestes de paix, et nos mots méchants deviennent des mots de bonté. Nous t'accueillons chaque jour ! Avec toi, nous décidons de vivre chaque jour !
JEUDI-SAINT
C'est le jour du Repas ; alors on va s'organiser pour donner tout son sens au geste du partage. D'abord on va décorer les classes avec bouquets, dessins, etc… Puis selon les écoles, on va faire du repas de ce jour un repas de fête en participant à sa préparation, en décorant la salle de restauration.
Il sera important de venir au lieu mis en place le lundi pour y écouter le récit de l'institution de l'Eucharistie pris dans la lettre de Saint Paul aux Corinthiens (11, 23-25). On mettra à profit ce jeudi-saint pour faire découvrir aux enfants le sens des symboles (élaborer une séquence sur le pain)
Dans un souci de culture religieuse, quelle belle occasion de découvrir avec les enfants le repas dans les différentes religions : chez les Juifs, chez les musulmans, dans les différentes religions chrétiennes, et puis voir aussi tout ce qui est dit sur le repas dans la Bible.
VENDREDI-SAINT
Nous vous proposons ci-dessous un chemin de croix qui à l'aide des dessins disponibles dans la revue Point de repères n° 169 peut être facilement mis en place en ce lieu de l'école retenu le lundi. Ces dessins sont reproduits ou collés sur des cubes qui' en se superposant, vont constituer un calvaire.
Jésus est condamné à mort
Placer sur la frise du bas, de gauche à droite : Caïphe, Marie, Jésus, un soldat et Pilate.
Te voici, tous t'ont condamné, et toi, Seigneur, tu ne dis plus rien. Caïphe le grand-prêtre, et tous les serviteurs du Temple veulent ta mort parce que tu dis que tu es Fils de Dieu. Ils t 'accusent parce que tu as parlé de Dieu comme de ton père. Pilate, le gouverneur romain, t'accuse lui aussi et pourtant dans son cœur il sait que tu es innocent, que tu n'as rien fait de mal. Il dit même que, c'est vrai, tu es roi. Et toi tu ne dis plus rien. Tu as parlé sur la montagne et dans les villages aux Juifs et aux Samaritains, aux riches et aux pauvres. Seuls ceux qui avaient un cœur pur, seuls ceux qui avaient un cœur d'enfant t'ont compris. Mais les autres n'ont pas pu entendre. Et maintenant, ils veulent que tu te taises, que tu te taises pour toujours. Ils te condamnent tous. Mais peut-on condamner au silence celui qui est la Parole de Dieu, peut-on condamner à mort celui qui est la Vie ? Quelquefois un camarade est rejeté par tous les autres. Pardon, Seigneur de le laisser tomber, nous aussi ; pardon de le laisser tout seul en classe, pendant la récréation, pendant le sport… Pardon Seigneur de ne pas défendre ceux qui sont accusés injustement, sans raison. Pardon Seigneur d'accuser ou de laisser accuser ceux qui n'ont rien fait.
Jésus est chargé de sa croix
Sur la frise du bas on remplace l'image de Jésus au centre par celle de Jésus portant sa croix.
Jésus, cette croix que tu portes, c'est la nôtre : c'est le poids de nos chagrins, de nos douleurs, de nos maladies, de nos péchés. En la recevant, ce sont toutes nos peines, toutes nos souffrances que tu portes. Tu nous invites à te suivre avec confiance. La croix est faite de ce bois dont Dieu s'est déjà servi pour sauver les hommes : Noé et les siens furent sauvés de la mort grâce au bois de l'arche. Maintenant, toi le fils du charpentier, tu montes planter le bois de la croix au sommet du Golgotha où il deviendra arbre de Vie et signe de résurrection. Seigneur, aide-nous quand nous sommes malheureux, quand nous sommes dans la peine, quand c'est trop difficile, trop dur, trop lourd. Tu as souffert comme nous, alors tu nous comprends. Seigneur, tant d'hommes ont porté eux aussi leurs croix, leurs malheurs, sûrs de ressusciter avec toi. Aide-nous à les suivre quand nous sommes tellement tristes et découragés.
Jésus tombe
Frise du milieu : Simon de Cyrène, Jésus tombe, Véronique.
Tu tombes sous les moqueries de ceux qui disent : " C'est bien fait pour lui, il ne l'a pas volé ! " Tu tombes sous tout le poids de haine, d'incompréhension, de méchanceté dont les hommes sont capables. Jésus, tu tombes sur cette terre dans la quelle le grain de blé doit tomber pour germer et donner du fruit. Pardon Seigneur de regarder tomber les autres sans les aider à se relever. Pardon de nous moquer de ceux qui sont tombés.
Avec Marie
Frise du bas
Marie, tu es là, les bras ouverts. Jésus est si seul, tous ses amis l'ont abandonné. Tu partages de tout ton cœur la souffrance de ton Fils, la souffrance de tes fils aujourd'hui. Tu te souviens, Marie, de ce jour où tu as accepté de devenir la mère de Jésus. Tu te souviens Marie qu'il a fallu trois jours pour le retrouver quand il était perdu au temple. Et maintenant tu réalises que ton enfant va mourir. Tu es là, debout, espérant contre toute espérance humaine. Tu es sûre de Dieu en qui tu as mis toute ta confiance. Marie, aide-nous à consoler ceux qui pleurent, aide-nous à les comprendre, aide-nous à les soulager, aide-nous à faire le geste qui leur rendra un sourire. « Sainte Marie, mère de Dieu, priez pour nous maintenant et à l'heure de notre mort. »
Simon de Cyrène
Frise du milieu
Simon, tu es un étranger, tu viens de très loin, du nord de l'Afrique. Tu es sans doute païen. Tu ne connais pas Jésus, tu ne sais pas pourquoi il a été condamné à mort. Un soldat t'oblige à porter sa croix. Malgré toi, tu vas partager son chemin de croix. Toi aussi, tu entendras les ricanements, les insultes. On dit que tu es impur parce que tu es païen, parce que tu touches un condamné blessé et plein de sang. Mais le sais-tu : en montant avec lui sur le Golgotha, en partageant sa croix, en partageant ses souffrances, tu partages déjà la vie nouvelle qu'il va donner. Apprends-nous Simon à porter les fardeaux des autres, même si ce n'est ni à nous, ni à notre tour de le faire. Apprends-nous à répondre oui quand on nous appelle.
Véronique
Frise du milieu
De toi, l'Evangile et l'histoire ne nous disent rien, mais les chrétiens n'ont jamais oublié ton geste. Tu es celle qui a essuyé le visage en sang et en sueur de ton Seigneur. Tu es là, au milieu d'une foule qui hurle et, tout à coup, nous ne voyons plus que cette image de Dieu que tu nous présentes. Ton nom Véronique (Verum icon) signifie que tu portes à nos yeux et en ton cœur une " image vraie " de Dieu. De toi, nous ne savons finalement que l'essentiel : tu es celle qui est capable de révéler, de montrer le visage du Seigneur dans un monde de haine, de cruauté, dans un monde qui ne sait pas regarder. Dieu est en chacun de nous. Apprends-nous à le chercher tout au fond de notre cœur. Apprends-nous à le chercher chez les autres. Seigneur, aide-nous à te ressembler.
Jésus tombe à nouveau
Jésus, tu tombes à nouveau. Tu partages même nos chutes. Jésus, tu tombes avec tous ceux qui sont accablés par la souffrance, la maladie, la misère, la solitude, la tristesse. De chute en chute, d'abaissement en abaissement, tu retombes à terre. Tu tombes sur cette terre où reposent les morts, sur cette terre qui fera germer, qui fera éclore les ressuscités. Seigneur, c'est dur de toujours tomber, de toujours recommencer à avoir mal. Apprends-nous à garder confiance. Apprends-nous à ne jamais désespérer. Apprends-nous aussi à tendre la main à celui qui n'en peut plus et à être à côté de lui pour le relever.
Jésus est dépouillé de ses vêtements
Frise du haut au centre droit.
Jésus, on t'humilie, on t 'enlève ton vêtement, ce vêtement avec lequel tu as marché sur les routes de notre monde, le vêtement de ta vie, de ta vie d'homme et de Dieu. Ta tunique sans couture, tissée d'une pièce de haut en bas, n'est pas partagée. Elle est tirée au sort. Cette tunique sans couture, tissée de haut en bas, c'est un peu l'histoire de ta vie, tissée du ciel jusqu'à terre. Et si ce vêtement dont on te dépouille, c'était le vêtement que nous recevons au baptême. Oui, ce vêtement dont on t'a dépouillé, c'est celui de ta vie, ta vie d'amour et de paix pour tous. Recevons ce vêtement de Vie que tu nous donnes, que ta Vie devienne notre vie.
Jésus est cloué sur la croix.
Sur la frise du haut on remplace l'image de Jésus dépouillé de ses vêtements par celle du tombeau. On place au-dessus Jésus en croix.
Sur la croix, Jésus, tu ouvres grand les bras vers les hommes, vers tous les peuples. Sur la croix, Jésus, tu demandes pardon à ton Père pour tous les hommes qui ne savent pas ce qu'ils font. Tu acceptes de mourir, toi qui es Dieu, pour traverser la mort et la faire passer à tous. C'est au monde entier, maintenant, que tu étends tes mains qui ont guéri, tes mains qui ont partagé le pain et versé le vin, tes mains qui donnent tant. Ta croix unit le ciel et la terre. Qu'elle nous rappelle que tu es descendu sur terre pour que nous sachions regarder vers le ciel. Qu'elle soit le signe des bras de Dieu étendus pour offrir son amour à tous les hommes.
Jésus meurt sur la croix. Il est mis au tombeau.
Placer le centurion à gauche de la frise du haut.
Jésus, tu rends l'esprit et tu meurs. Les ténèbres recouvrent la terre. Tout semble perdu, fini à jamais. Un soldat romain est chargé de vérifier que tu es bien mort. De sa lance, il perce ton côté dont il coule du sang et de l'eau. Il s'écrie : « Vraiment, cet homme était Fils de Dieu. » L'Esprit que tu rends sur la croix devient en nous souffle de la Résurrection. L'eau et le sang qui coulent de ton côté nous rappellent que c'est toi la source du baptême et de l'eucharistie : " Vraiment, tu es Fils de Dieu ! " et tu nous donnes ta vie. Ton corps est déposé dans un tombeau où il repose trois jours. Un grand silence règne aujourd'hui sur la terre, un grand silence et une grande solitude. Toi que nous oublions souvent, brise en nous cette pierre que nous refermons si souvent sur toi : brise nos cœurs de pierre.
Résurrection
On remplace l'image de la croix par celle de la résurrection.
Seigneur Jésus, tu as été enchaîné et tu nous libères, tu t'es abaissé et tu nous élèves, tu t'es humilié et tu nous relèves, tu as été couronné d'épines et tu nous fais rois, tu fus dépouillé de tes vêtements et tu nous en revêts, tu es mort et tu nous fais vivre, tu fis mis au tombeau et tu nous réveilles, tu es ressuscité dans la gloire et tu nous donnes la joie. Tu t'es élevé au ciel et tu nous y emportes. (Hymne tiré de la liturgie maronite).
Autre possibilité pour ce Vendredi-Saint
On peut axer la réflexion autour de la prière universelle telle que lue à la cérémonie du Vendredi-Saint. Dans chaque classe, par petits groupes, on fait la découverte des différents aspects que revêt cette prière : ce sera l'occasion d'une ouverture à tous ceux qui croient en Dieu (travail de culture religieuse). Ensuite on confectionne une intention de prière et sur un grand planisphère, on épingle les intentions, les messages au fur et à mesure qu'ils sont lus.
ET AU RETOUR DES VACANCES
Quinze jours seront passés mais cela ne nous empêche pas de fêter la Résurrection avec les enfants en retrouvant ce lieu qui a été le centre de toute notre attention au cours de la Semaine Sainte.
Une première possibilité : apporter des fleurs pour que ce lieu soit le renouveau de la vie du printemps. Nous fleurissons nos écoles : faisons de ce moment un symbole de la résurrection de la vie.
Autre possibilité, qui peut d'ailleurs se combiner avec la précédente : écouter le récit des disciples d'Emmaüs et dans un geste symbolique les enfants se transmettent la lumière et sont invités à la répandre autour d'eux.
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