Extrait de Sklerijenn, la revue de pastorale des DEEC du Finistère et des Côtes-d'Armor
Les instructions officielles offrent de nombreuses opportunités de cette éducation à la parole, fondatrice d'humanité. Cette éducation à la parole ne doit pas être cantonnée à la périphérie du scolaire, mais concerner, au premier chef, le domaine des apprentissages scolaires. Dans le premier degré, l'importance accordée, par les nouveaux programmes, à l'apprentissage du langage est une chance sur laquelle les enseignants de chaque cycle se doivent de travailler. Une place est-elle faite au débat comme y invitent les instructions officielles ? L'éducation à la parole passe aussi par une implication forte des élèves dans la vie de l'établissement. Les élèves sont-ils associés à l'élaboration du règlement intérieur, à l'organisation de la vie scolaire ? Des structures de participation ont-elles été mises en place ? Un temps nouveau pour l'Evangile p. 19-20.
Depuis quelques années, le ministère de l'Education nationale par ses circulaires et ses programmes insiste sur l'importance du langage oral. Certes il n'appartient à cette modeste publication d'en faire un rappel exhaustif ni l'exégèse mais profitons pour rappeler combien le langage est au cœur des apprentissages comme de la construction de la personnalité. Si l'on feuillette les programmes 2002, on ne peut qu'adhérer aux objectifs développés : - Permettre à chaque enfant de participer aux échanges verbaux de la classe et inscrire les activités de la classe dans de véritables situations de communication - cycle1 ; - Prendre toute sa place dans le réseau des communications quotidiennes ; - Entrer dans le dialogue didactique - cycle 2 ; - Savoir se servir des échanges verbaux dans la classe ; - Savoir l'enjeu de l'échange ; - S'insérer dans la conversation ; - Commencer à prendre en compte les points de vue des autres membres du groupe - cycle 3.
Tous les domaines d'apprentissage donnent l'occasion de s'exprimer et d'exercer à la communication et donc à exister à ses propres yeux comme à ceux des autres. Par ailleurs, la micro-société de la classe comme l'ensemble plus vaste de l'école sont aussi des leviers intéressants pour libérer la parole car les enfants progressivement y prennent toute leur place en manifestant leurs initiatives. Actifs et acteurs dans l'école, n'est-ce pas ainsi que se découvre la citoyenneté. Intégrer les règles de vie montre que les enfants se socialisent. Bien vite cependant parce que la démarche de projet leur apprend à être inventifs et participatifs, ils découvrent que ces règles peuvent évoluer et être améliorées. Ils se montrent observateurs perspicaces de la vie quotidienne et suggèrent des aménagements. C'est dans le débat que se pratique la communication réglée où l'écoute de l'autre et des autres accompagne la prise de parole individuelle. La mise en place de conseils d'enfants suppose une organisation où l'on s'approprie le fonctionnement démocratique : l'ordre du jour, la présidence, le compte-rendu… On peut continuer à imposer des règlements mais on sera surpris de découvrir combien un fonctionnement participatif rend les enfants plus responsables… Associer adultes et enfants pour organiser, améliorer la vie quotidienne à l'école, développe la prise de parole, la réflexion, la créativité réaliste… " C'est ainsi que l'on créera des espaces de vie aux couleurs de l'Evangile " dans la recherche d'un art de vivre qui sera chemin de bonheur pour tous (cf. Sklerijenn n° 25, p. 1 et 2). C'est ainsi que l'on recherchera le consensus, l'harmonie dans une école qui doit devenir un lieu de civilité, de joie de vivre et pourquoi pas de fraternité (cf. Sklerijenn n° 22, pp. 1et 4).
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