La Transversalité : du " mille-feuilles " au " baba au rhum " !
     
Comment repérer dans les programmes tout ce qui relève de la transversalité pour aider les élèves à faire les liens entre les diverses disciplines et éviter la conception " mille-feuilles "

[ Mots-clés : interdisciplinarité, programme d'enseignement ]
  Crépy Sylvie
Unapec
14-10-2002
Les programmes 2002 ont-il rajouté des matières ? Au cycle 3, on peut le croire : Littérature, technologies de l'information et de la communication (TICE) avec le brevet informatique et Internet (B2i), langues vivantes, débat hebdomadaire.
Dans ce cas, on est dans la conception " mille-feuilles " où on superpose les couches. A tel point que cela devient immangeable ! On en a trop !

On comprend que ces programmes soient de leur temps, adaptés à la société actuelle et que ces nouvelles disciplines ont toutes leur raison d'être !
C'est pourquoi, afin de les intégrer sans surcharge, les programmes 2002 insistent sur la transversalité. C'est aussi un moyen de mettre de la cohérence en évitant des savoirs éclatés. Les horaires du cycle 3 réservent 14 heures aux activités transversales.
C'est la conception " baba au rhum " où l'on arrose le gâteau avec du rhum, assurant moelleux et parfum… ! Le baba est excellent quand le rhum a bien pénétré.
Au-delà de ces images, il s'agit de donner le goût d'apprendre et du sens aux apprentissages !
Cela suppose de repérer dans les programmes tout ce qui relève de la transversalité pour aider les élèves à faire les liens entre les diverses disciplines.

Pour articuler les activités spécifiques et celles plus transversales, vous lirez ci-dessous un extrait du dossier de presse sur les programmes 2002 (conférence de presse de Jacques Lang du 20 février 2002). Il donne quelques exemples.

« Transversalité dans les nouveaux programmes
La maîtrise du langage et de la langue française dans les autres champs disciplinaires
Chacun sait qu'un enfant a tendance à oublier les contraintes de la langue dès qu'il n'est plus dans un horaire de français. Il en est souvent ainsi pour l'enseignant qui, emporté par les visées propres de la discipline, oublie de contrôler la rigueur de la syntaxe, la précision du vocabulaire, l'orthographe, etc. Restaurer cette attention de tous les instants est l'objectif de cette nouvelle disposition des programmes.
Jusqu'ici, les enseignements transversaux étaient souvent délaissés. Pour qu'il n'en soit pas de même, dans une matière aussi importante, un soin tout particulier a été mis à définir les compétences attendues des élèves à cette occasion. Ce sont des compétences générales et des compétences spécifiques à chaque discipline (on définit en quelque sorte le bagage de maîtrise du langage nécessaire à l'histoire, aux mathématiques, aux sciences, aux enseignements artistiques ou à l'éducation physique). Ces compétences seront au centre de tous les dispositifs d'évaluation diagnostique ou bilan (voir fiche). On peut donc raisonnablement penser qu'elles seront au cœur de l'enseignement des maîtres.
Cette nouvelle disposition permet aussi de traiter un problème délicat : dans ces dernières années, l'entraînement des élèves à la rédaction de textes spécifiques (une lettre, un résumé, une consigne, un mode d'emploi, une recette) se faisait dans les horaires de français, souvent d'une manière très artificielle.
Les nouveaux programmes proposent aux enseignants d'attribuer à chaque discipline l'enseignement des textes qui la caractérisent
. Où, ailleurs qu'en mathématiques, peut-on apprendre à bien lire un énoncé de problème, à bien rédiger le compte rendu d'un atelier de recherche, la solution d'un exercice ? Où, ailleurs que dans la leçon de géographie, peut-on apprendre à rédiger la description d'un paysage ? Où, ailleurs que dans la leçon d'histoire, peut-on apprendre à lire le récit d'une action, à rédiger le résumé d'une leçon ?
Chaque champ disciplinaire, y compris celui consacré à la littérature, comporte ainsi un lexique propre, des textes spécifiques qu'il faut savoir lire et écrire, des façons de parler (décrire, narrer, argumenter, etc.) qu'il faut pouvoir utiliser.

Articuler les activités spécifiques et les activités transversales :
La maîtrise du langage et de la langue française s'inscrit certes dans des activités spécialisées mais aussi, à l'occasion de tous les autres apprentissages, dans une attention permanente à la qualité du parler, du lire et de l'écrire de chacun des élèves.
Ainsi les sciences expérimentales exigent que l'élève apprenne à expliciter les raisons qui le conduisent à une affirmation, bref à argumenter. De même, en imposant la tenue d'un carnet d'expériences, elles seront l'occasion d'apprendre à faire des descriptions précises, d'utiliser une langue rigoureuse. L'histoire est l'occasion de comprendre, en situation, le récit historique et la complexité des temps verbaux qui y sont utilisés. Les langues vivantes permettent, par les comparaisons dont elles sont l'occasion, de mieux comprendre le fonctionnement de la langue française, etc.
Il en est de même de l'initiation à la lecture et à la critique des images. Même si les arts visuels ont un rôle privilégié en la matière, chaque fois que l'on rencontrera un document iconographique, en histoire, en géographie, en sciences expérimentales, un effort particulier devra être fait pour que les élèves apprennent à l'utiliser sans difficultés. Les technologies de l'information et de la communication sont, elles aussi, présentes dans l'ensemble des champs disciplinaires.
L'éducation civique, comme la maîtrise du langage, ne saurait se limiter à un horaire spécifique. Elle se construit à chaque instant de la vie scolaire. Les maîtres devront prendre l'habitude d'une attitude rigoureuse face aux problèmes que pose le vécu quotidien mais aussi montrer comment un débat provoqué par la lecture d'un texte littéraire, une notion découverte en histoire, en géographie ou en sciences contribuent à donner sens aux valeurs qui fondent notre société.

L'apprentissage d'une langue étrangère ou régionale
En sus de ses visées propres, cet apprentissage va enfin permettre qu'un enfant prenne de la distance par rapport à sa propre langue et qu'il en comprenne mieux le fonctionnement. Autrefois, c'était l'un des rôles essentiels du latin. Dans les petits lycées, on le découvrait dès la 8e. C'est lorsqu'on peut mettre face à face un accord de pluriel en anglais et en français qu'on peut comprendre les spécificités de notre langue (la manière dont se comporte l'adjectif) et tout particulièrement que ce qui s'entend en anglais ne s'entend pas toujours en français. C'est en regardant comment se distribuent les temps du passé dans les autres langues latines qu'on mesure le rôle envahissant du passé composé en français, etc. »


Alors " mille-feuilles " ou " baba au rhum " ?
Quels que soient nos goûts en gastronomie, nous pouvons gagner du temps et du sens en nous appuyant sur la transversalité. C'est plus facile à réaliser en premier degré grâce à la polyvalence des enseignants. C'est aussi demandé dans une certaine mesure à nos collègues du secondaire avec les " itinéraires de découverte " et " les parcours personnalisés de découverte ".



Site réalisé par le Pôle multimédia de Formiris - Informations légales