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Devenir enseignant spécialisé |
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Les concours, les compétences, les structures.
[ Mots-clés : enseignant spécialisé, certificat d'aptitude aux actions pédagogiques spécialisées d'adaptation et d'intégration scolaires (CAPSAIS), classe d'intégration scolaire (CLIS), adaptation scolaire et scolarisation des enfants handicapés (ASH) ]
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Lacroix Danielle Unapec 01-04-2004 |
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L'enseignement catholique a une longue tradition d'accueil d'élèves handicapés ou en grande difficulté dans ses écoles. Que ce soit dans le cadre d'une intégration collective ou individuelle en établissement " ordinaire " ou d'une scolarisation dans des classes d'établissement spécialisé, l'enseignement catholique a besoin d'enseignants spécialisés. Pour ceux qui souhaitent travailler avec des enfants ou adolescents handicapés ou en grande difficulté, le métier d'enseignant spécialisé leur permet d'exercer dans diverses structures. Une formation spécifique est indispensable.
1/ Qui peut devenir enseignant spécialisé ? Comment le devenir ? Actuellement, seuls les instituteurs (ou professeurs des écoles) peuvent de venir enseignants spécialisés par l'obtention d'un diplôme particulier intitulé Capsais (Certificat d'aptitude aux actions pédagogiques spécialisées d'adaptation et d'intégration scolaires). Cet examen n'est pas encore ouvert aux professeurs de collège et de lycée professionnel.
Le Capsais était l'examen qui permettait d'exercer dans l'enseignement spécialisé. Il est remplacé par le CAPA-SH. Pour pouvoir le passer, il faut au préalable être instituteur (ou professeur des écoles). En fonction des particularités des enfants et adolescents accueillis, les enseignants spécialisés doivent acquérir ou développer des connaissances et des compétences spécifiques.
Le CAPA-SH a donc plusieurs options : - option A : enseignement des enfants et adolescents handicapés auditifs. - option B : enseignement des enfants et adolescents handicapés visuels. - option C : enseignement des enfants et adolescents malades somatiques, déficients physiques ou handicapés moteurs. - option D : enseignement des enfants et adolescents présentant des troubles importants à dominante psychologique. - option E : enseignement et aide pédagogique auprès d'enfants en difficulté à l'école préélémentaire ou élémentaire. - option F : enseignement et aide pédagogique auprès d'adolescents ou de jeunes en difficulté. - option G : aide à dominante ré-éducative.
Les trois centres nationaux de formation au CAPA-SH : - Ispec, 17 rue Merlet-de-la-Boulaye, BP 154, 49001 Angers. Tél. : 02 41 24 24 75 - Institut catholique de Paris - Institut supérieur de pédagogie, 3 rue de l'Abbaye, 75006 Paris. Tél. : 01 44 32 16 31. - L'Oratoire (Institut privé pour la recherche et la formation pédagogique), 2 rue de l'Oratoire, 69300 Caluire. Tél. : 04 72 10 69 02.
2/ Quelles sont les qualités de l'enseignant spécialisé ? Les compétences requises pour de venir enseignant spécialisé sont nombreuses et exigeantes. Ce sont pratiquement les mêmes que celles demandées à un enseignant " ordinaire ". Plus qu'ailleurs, toutefois, devenir enseignant spécialisé implique une foi dans l'éducabilité de toute personne humaine, le refus de tout déterminisme en matière d'apprentissage, la volonté de travailler en équipe, le souci de jouer un rôle de personne-ressource et requiert un très bon équilibre personnel.
Il faut avoir envie de :
- Vivre en équipe L'enseignant spécialisé articule son action avec celle de ses collègues des classes " ordinaires " ou des autres enseignants spécialisés. Les temps de concertation sont nombreux. Cela est indispensable pour lutter contre le risque de marginalisation ou d'exclusion, tant au niveau des enseignants que des élèves.
- Travailler en partenariat avec d'autres professionnels Pour la mise en œuvre des projets individuels d'apprentissage et de développement des enfants ou des jeunes en grande difficulté ou handicapés, il faut que les actions des différents professionnels ne soient pas étanches et cloisonnées. Ce travail en partenariat est complexe et varié, compte tenu de la multiplicité des partenaires qui ont chacun leur propre culture professionnelle. Ainsi, l'enseignant spécialisé est-il amené à travailler avec médecins, psychologues, orthophonistes, kinésithérapeutes, éducateurs, assistants sociaux… mais aussi avec l'ensemble du personnel éducatif de l'établissement (cadre éducatif, auxiliaire d'intégration…) ou l'administration de l'Education nationale (commissions spécialisées).
- Ecouter et observer L'enseignant spécialisé élabore des hypothèses, des diagnostics et des interprétations. Ecoute active et observation rigoureuse lui permettent de " recalibrer " sans cesse son action, de l'adapter à l'évolution des besoins de chacun des élèves.
- Rédiger Rédiger est une obligation fréquente : projets de classe ou individuels, comptes rendus de réunion de concertation, etc. Cette pratique implique et garantit le regard à distance, sur lequel repose l'évaluation de l'action.
- Avoir un rôle de personne relais L'expertise dont fait preuve la très grande majorité des enseignants spécialisés ne prend son sens que si elle est mise au service de la communauté éducative.
- Etre médiateur L'enseignant spécialisé ne transmet pas des savoirs, il ne prend pas en charge l'élève en grande difficulté ou handicapé mais il est plutôt celui qui lui permet de se mettre en projet d'apprentissage, d'être l'acteur principal de son développement. Auprès des familles, il a la volonté de laisser (ou de rendre) à la famille sa responsabilité d'éducation. Enfin, auprès de ses collègues et de ses partenaires : il est celui qui fédère les énergies autour de projets individuels.
- Se former " continuellement " L'enseignant spécialisé a le souci de maintenir et développer ses compétences : car l'exercice de son métier est difficile, les situations très diverses, les acteurs nombreux. De plus, les handicaps et les difficultés dans le développement humain demeurent des réalités mystérieuses et mouvantes.
3/ Quelles sont les structures existantes ?
En école primaire :
- Les Classes d'intégration scolaire (CLIS) Les CLIS (classes d'intégration scolaire regroupent un maximum de 12 élèves handicapés âgés de 6 à 12 ans. Actuellement, les CLIS sont de quatre types selon que les enfants soient porteurs d'un handicap mental (dont l'autisme), d'un handicap auditif, d'un handicap visuel ou d'un handicap moteur. D'autres structures proches des CLIS existent. Les classes de perfectionnement, créées en 1909, recouvrent des réalités très différentes suivant les lieux. Certains départements ont exigé leur transformation. Le public d'élèves se situe entre les grandes difficultés scolaires et le handicap mental.
- Les classes d'adaptation Il s'agit de la constitution de classes à effectif réduit rassemblant de manière permanente des élèves en difficulté. Ces classes d'adaptation dont l'effectif ne pourra excéder 15 élèves ont pour objectif de réinsérer le plus rapidement possible, ces enfants dans une classe ordinaire correspondant à leurs possibilités nouvelles.
- Les regroupements d'adaptation Les regroupements d'adaptation rassemblent de manière temporaire des élèves en difficulté qui continuent à fréquenter la classe ordinaire dans laquelle il demeurent régulièrement inscrits.
- Postes spécialisés de soutien à l'intégration L'intégration individuelle d'élèves handicapés est facilitée par des postes de soutien à l'intégration, postes occupés par des enseignants spécialisés au niveau d'un diocèse ou d'un secteur géographique.
Au collège ou au lycée professionnel :
- Unités pédagogiques d'intégration (UPI) Les UPI (unités pédagogiques d'intégration) sont dans le 2nd degré le pendant des CLIS. Elles accueillent des jeunes porteurs d'un handicap mental, âgés de 11-12 ans à 16-20 ans. Quelques UPI accueillent des adolescents autistes. Il n'existe pas d'UPI pour les jeunes ayant des handicaps auditifs, visuels ou moteurs. Ce dispositif comprend des temps de regroupement pédagogique spécifique et des temps d'intégration en classes ordinaires. Les UPI ont des objectifs assez semblables à ceux des Clis. Toutefois, l'UPI accorde une place importante au projet d'insertion socioprofessionnelle et prend en compte les difficultés spécifiques liées à la période d'adolescence. Il existait, en 1999, moins de 50 UPI. Depuis, il y a eu plusieurs ouvertures dans différents diocèses.
- Les Sections d'enseignement général et professionnel adapté (Segpa) Les sections d'enseignement général et professionnel adapté (Segpa) accueillent des élèves présentant des difficultés scolaires et qui ne maîtrisent pas toutes les compétences attendues pour entrer en collège ou des élèves de collège présentant des difficultés graves et persistantes. Elles accueillent aussi des élèves handicapés.
- Postes spécialisés de soutien à l'intégration L'intégration individuelle d'élèves handicapés est facilitée par des postes de soutien à l'intégration, postes occupés par des enseignants spécialisés au niveau d'un diocèse ou d'un secteur géographique. On 1999, on recensait quelques postes de soutien à l'intégration dans le 2nd degré.
Autres possibilités pour un travail dans une structure spécialisée :
- Les classes intégrées dans les établissements spécialisés (instituts médico-pédagogiques) Les établissements spécialisés dépendent essentiellement du ministère de la Santé. Ils possèdent souvent des classes ou structures pédagogiques intégrées, relevant de l'Education nationale. En 1999, on comptait dans l'enseignement catholique français pas loin de cent établissements spécialisés. Dans la plupart des cas, il existe une convention entre l'établissement spécialisé et la direction diocésaine. La scolarité des enfants s'y déroulent à temps plein ou à temps partiel. Dans ce dernier cas, elle alterne avec des actions éducatives, thérapeutiques ou ré-éducatives. Les adolescents dont l'état le permet bénéficient de formation professionnelle.
- Les établissements régionaux d'enseignement adapté (EREA) Ces établissements accueillent en internat des adolescents handicapés ou en grande difficulté. Ces derniers y bénéficient d'une scolarité ainsi que d'une prise en compte de leurs autres besoins (suivi médical, rééducation, orthophonie, etc.)
- Postes spécialisés dans les Services d'éducation spécialisée et de soins à domicile (Sessad) Le Sessad ou SESSD (Service d'éducation spécialisée et de soins à domicile) dépend du ministère de la Santé. Il répond à des besoins éducatifs et pédagogiques spécifiques en y associant des actions de soins, pour des enfants dont les handicaps sont très variés (déficiences visuelle, auditive, polyhandicaps, etc.). Il existe quelques postes d'enseignants détachés par l'Education nationale.
- La scolarisation des " gens du voyage " Les Antennes scolaires mobiles (ASM) sont destinées aux gens du voyage. Elles sont toutes rattachées administrativement à des établissements privés de l'enseignement catholique et reconnues comme classes à part entière par l'Éducation nationale. Les maîtres sont soumis aux mêmes exigences de diplômes et d'horaires que n'importe quel autre enseignant. Ces "camions-classes", conduits par les enseignants eux-mêmes, se déplacent sur les lieux de stationnement des familles itinérantes et scolarisent les enfants âgés de 6 à 16 ans.
4/ Une adresse utile La Cellule du ministère de l'Education nationale : Handiscol , tél. : 08 01 55 55 00.
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