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 Fiches syndicales du Snceel (572-573)
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Les langues vivantes en France, bilan d'étape d'une philosophie |
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Le Plan Langues Vivantes a permis d'initier un grand mouvement européen. Il a par ailleurs permis et développer une réflexion d'ensemble de l'école au lycée, l'accompagnement des apprentissages des élèves et l'ouverture aux apprentissages hors de la classe.
[ Mots-clés : langue vivante, éducation interculturelle, Europe ]
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Macaire Dominique ICFP, Marseille 01-07-2002 |
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Le Plan Langues Vivantes, initialisé par Jack Lang, se caractérise par trois aspects principaux, que l'on peut considérer comme irréversibles : 1. il résulte d'un grand mouvement européen, 2. il s'inscrit dans une réflexion d'ensemble pour les différents degrés, de l'école au lycée, 3. il accompagne désormais davantage les apprentissages des élèves, y compris par les liens avec d'autres disciplines et l'ouverture aux apprentissages hors de la classe.
1. Un grand mouvement européen Volonté de diversification des langues : soutien aux langues plus rares, mise au même plan des langues régionales, des langues de la migration et des langues les plus répandues en France (le portugais est la seconde langue parlée en France) au même titre que les langues étrangères. Ce qui fera la différence plus tard pour les élèves, ce ne sera pas l'anglais, mais les autres langues apprises. La diversification a un coût. Mais c'est un plus et une chance pour les élèves. La proposition du rapport remis au ministre (2002) : organiser l'offre des langues entre établissements, pour limiter le choix des parents, mais maintenir la diversification sur une carte scolaire et soutenir la minorité.
Entrée plus précoce dans les apprentissages et acquisition de compétences plurilingues : objectif annoncé : deux langues et la langue nationale maîtrisées au BAC. Début des apprentissages (et non plus simple sensibilisation ou initiation) en CE2, à la rentrée 2002. Et en grande section de maternelle, une possibilité d'approcher les langues, en particulier par les sons et les cultures diverses pour développer le plus tôt possible l'ouverture aux langues/ cultures. A terme, une seconde langue apprise plus tôt en collège (on parle de la sixième) et avec des horaires pouvant être, à terme, supérieurs à ceux de la langue apprise en premier à l'école primaire.
Multilinguisme et multiculturalité, fait acquis au plan social, sont en train d'arriver à l'école : Prise en compte et accueil de plus en plus concret des élèves d'origines autres que celle de la langue de l'école. La biographie langagière de ces élèves peut être perçue comme une expertise pour les autres et une richesse pour la classe s'ils sont stimulés dans leurs connaissances (linguistiques et culturelles). Cela valorisera ces élèves et les mettra dans de meilleures conditions pour réussir à l'école. Ce sont souvent ces élèves qui sont en difficulté scolaire. Ceci devrait se faire dès l'école primaire pour garantir une éducation à la citoyenneté.
Les sections européennes et l'enseignement d'une discipline non linguistique dans une langue étrangère : elles permettent de développer là où c'est possible des sections spécialistes dans les apprentissages en langue de disciplines non linguistiques. La parité n'est pas nécessaire entre les horaires en français et les horaires en langue, mais un travail d'équipe est vivement recommandé pour harmoniser les programmes. Les sections européennes permettent d'introduire une culture plus européenne et de la diffuser à l'extérieur de l'établissement. Cette confrontation est une richesse.
Politique d'ouverture à l'Europe: développement des échanges et stages pour les élèves (ex : programme européen Socrates Comenius et pour l'allemand, programme Voltaire de l'OFAJ, proposant des échanges sur 6 mois aux élèves de seconde, ou programme Tele-Tandem, lancé fin mai 2002 en primaire) les enseignants, les responsables et les parents d'élèves (programmes Socrates : Lingua, Arion par exemple, et programmes de formation nationale UNAPEC 2002-2003). Penser là aussi aux grandes associations européennes mercantiles ou autres (l'Arc atlantique, les réseaux marine etc.) et aux congrégations, ferment de contacts.
Renforcement de la formation linguistique des enseignants : volonté que les enseignants de l'école primaire atteignent un niveau de maîtrise des langues étrangères plus élevé : deux diplômes sont proposés, le CLES et le DCL qui seront acquis par tous avant d'entrer en formation professionnelle. Pour la formation initiale des Professeurs des écoles, un parcours à dominante est mis en place à la rentrée 2003. Il permet un séjour de 4 à 6 semaines dans un pays dont on veut enseigner la langue. L'épreuve du concours de recrutement des professeurs des écoles comporte en option à l'oral d'admission une épreuve de langue qui est revue en termes de compétences linguistiques renforcées. Enfin, une prochaine Université d'Automne (IUFM de Caen du 25 au 29 octobre 2002) fera le point pour le premier degré (www.caen.iufm.fr).
2. Une réflexion d'ensemble pour les différents degrés Langue-outil, langue-objet et culture : la dimension communicative est prioritaire dès le plus jeune âge (cf. programmes de février 2002 pour le primaire). On parle de l'acquisition de la langue-outil. Mais communiquer ne suffit pas pour apprendre les langues. Il faut aussi apprendre à comprendre le fonctionnement des langues, les comparer avec la langue de l'école et posséder quelques savoirs sur les langues (les emprunts, la variation des accents, etc.). Il s'agit de développer la maîtrise de la langue-objet. Et enfin, il faut prendre en compte le lien entre les langues et les cultures sans lequel il n'y a pas vie des langues.
Un plan qui respecte les besoins et ce qu'on peut raisonnablement faire à chaque niveau de classe : des modèles à géométrie variable en termes de répartition horaire des cours sont tout à fait envisageables. On peut imaginer de travailler la communication de manière prioritaire avec les plus jeunes, et de se centrer par la suite sur des compétences partielles (plutôt la traduction, par exemple, à l'occasion de recherches pour des dossiers, à l'âge de l'adolescence, où la communication en classe n'est plus aussi aisée… etc. ). Il s'agira alors de penser à des " parcours de langues ", à des itinéraires à projets thématisés avec des regroupements d'horaires annuels plutôt qu'en termes d'horaires hebdomadaires figés. C'est le cas pour le cycle III, avec les temps de l'enseignant polyvalent (classe en tiers lieu avec échange linguistique par exemple).
Un référent : le cadre commun de référence (Editions Didier, 2000) qui arrive du Conseil de l'Europe et propose des repères, palier par palier, communs aux différents pays de la communauté. Il sert à établir les programmes. Il est utile à chaque linguiste.
Une évaluation revisitée : le Portfolio Européen des Langues pour le primaire et le lycée (celui du collège est en cours d'élaboration), la mise en cohérence des cycles par les évaluation CM2/6° (expérimentale cette année sur certains sites tests et qui devrait être généralisée en 2003) et en fin de 3° (sous forme d'une banque d'outils d'aide à l'évaluation disponible sur Internet).
Un Portail Langues ouvert avec le CIEP, hébergé Bd St Germain à Paris et qui ouvrira ses portes et son adresse de site en septembre 2002. Il comportera des adresses utiles, des informations et des liens vers d'autres sites. Il permettra également la recherche de correspondants pour les classes.
3. Un accompagnement des apprentissages des élèves Liens entre les disciplines et en particulier avec la maîtrise des langages en premier degré (cycle III) : les langues doivent permettre des ponts avec le français, qui est l'une des priorités urgentes affichées de l'école. Un programme est établi pour faire ces liens. L'enseignant de la classe gère même chaque semaine une ½ heure de cours, en lien avec les langues vivantes qui sont prises dans le temps accordé au domaine de la langue et non pas conçues comme une discipline à part.
Parcours de découverte et parcours diversifiés : En 5°/4° les parcours de découverte permettent de proposer des projets (deux itinéraires semestriels par année du cycle central), dans quatre domaines thématiques, dont les langues et les civilisations. On encouragera ici les liens portant sur les racines de notre langue, les comparaisons sur le fonctionnement de diverses langues pouvant aider à l'apprentissage soit du français, soit d'autres langues apprises en collège. En 3°, les domaines langues et cultures du monde et langues et cultures de l'antiquité permettent de tisser des liens entre les langues. Au lycée, se met en place une dynamique similaire de croisement des disciplines pour les relier entre elles et favoriser les apprentissages par des projets. Les TPE permettent d'intégrer les langues dans des recherches, des projets (Internet par exemple), que le site eduscol encourage par des scénarios pédagogiques, tout comme le site du cndp ou encore les sites de certaines académies, afin d'aider les enseignants à mettre en place des pédagogies encore peu familières pour certains.
Ouverture hors de la classe : apprendre ne relève plus seulement d'une forme de travail entre maître et élèves. D'autres voies d'accès au savoir sont favorisées, y compris pour les langues, en particulier par le biais des TIC. Des outils multimedias sont désormais labellisés par le Ministère (RIB) et certains diffusés par le CNDP ou les CRDP. Un appel d'offres a été lancé pour le primaire. Sur le site sitEColes, vous trouverez des informations sur les langues et ces outils.
A l'heure actuelle, nous ignorons quels aspects du dispositif seront privilégiés à l'avenir, mais il est certain que, plus encore que par le passé, la marge de manœuvre disponible est sensible et que les innovations seront soutenues. Les grandes tendances dessinées ici sont assurées.
Sources : Bulletin HS du 14 février 2002 (programmes de l'école primaire) Bulletin du 18 avril 2002 (rentrée 2002-2003)
Les sites : www.education.gouv.fr www.eduscol.education.fr www.educlic.education.fr www.info-europe.fr www.ofaj.org www.sitecoles.org
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