Constat : De nombreux intervenants extérieurs sont appelés dans les établissements du premier degré (Anglais, EPS, Musique, Arts plastiques, Théâtre, Informatique, Catéchèse, …). L’accroissement du nombre de ces « experts » peut poser certaines questions.
Réflexions-Questions : - Les instructions officielles insistent sur la polyvalence des maîtres, mais ceux-ci sont-ils suffisamment formés à l’approche de certaines didactiques ? (notamment pour l’apprentissage des langues vivantes). Que peut-on mettre en place pour se former : entraide entre collègues, formation en école, intervenant formateur, sessions proposées par l’Institution …) ? - Faire appel à des « experts » pour compenser certaines insuffisances didactiques, n’est-ce pas, parfois, une solution de facilité ou une habitude « culturelle » de l’établissement? - Une organisation différente peut-elle être réfléchie au sein d’un cycle, voire de l’école ? Quelles sont les ressources internes : collègue « expert » en musique par exemple ou ayant une licence d’anglais…? - A-t-on pensé à la cohérence d’une pédagogie systémique où toutes les didactiques sont abordées au sein d’un projet de classe et/ou de cycle et non pas « saucissonnées » comme si les savoirs étaient indépendants les uns des autres ? - La présence d’un intervenant permet souvent de partager le groupe-classe, ce qui peut faciliter une approche plus personnalisée d’une autre didactique ou d’élèves rencontrant des difficultés … mais n’est-ce pas, parfois aussi, le moyen de se déresponsabiliser de la didactique « faite » par l’intervenant ? - Y a-t-il un véritable travail de préparation et de co-animation avec les intervenants ? Quels en sont les temps impartis, les modalités, les champs d’actions ? Comment mettre en œuvre la cohérence pédagogique, éducative et pastorale de la classe ? - Ces « experts » sont-ils suffisamment accompagnés par les titulaires de la classe, notamment en matière pédagogique (avoir une connaissance sur une didactique ne veut pas forcément dire savoir la communiquer et l’enseigner) ? - Un réel projet pédagogique est-il examiné et amendé en conseil de cycle ? - Les intervenants réfléchissent-ils avec les titulaires sur la complémentarité de l’enseignement et de l’éducation, sur le triangle « Liberté-Culture-Foi », qui fonde notre approche éducative au sein de nos écoles catholiques? - Le titulaire a-t-il une présence active quand l’expert prend l’ensemble de la classe ? - Si une co-animation n’est pas effective, le temps « libéré » du titulaire sert-il à la préparation approfondie des interventions futures ou, plus logiquement, à des interventions dans d’autres classes de l’école ou du cycle ? - La « sécurité » physique, psychologique et éducative des élèves est-elle prise en compte? - Le titulaire est-il en mesure d’assurer sa responsabilité légale s’il est absent de la classe ? - La participation d’un intervenant a un coût financier. A-t-on pensé aux incidences ? A-t-on opéré un choix dans les dépenses ?
Ces questions ne sont pas là pour freiner les apports de personnes extérieures, toujours enrichissants pour chacun d’entre nous. Mais, elles donnent l’occasion d’une véritable stratégie de travail en équipe, en partenariat avec les intervenants. La cohérence est à réfléchir au sein d’un projet pédagogique de classe ou de cycle.
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