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Paul, son curriculum vitae |
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Pour comprendre pleinement qui fut cet homme hors du commun et qui a tant marqué la vie de l’Eglise, découvrons en quelques repères simples ce que nous savons de lui.
[ Mots-clés : catéchèse ]
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Garel Yvon 29-09-2008 |
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Naissance et jeunesse
Paul, ou plutôt Saül, nait à Tarse en 5 ou 6 de notre ère. Tarse est une ville, chef-lieu de la province romaine de Cilicie, au sud-est de la Turquie actuelle.
Juif de naissance (un Juif de la Diaspora : on désigne ainsi les juifs qui ne vivent pas en Israël), sa langue maternelle est le grec : il rédigera ses lettres dans cette langue. Dès son enfance, il baigne dans cette double culture, juive et grecque. Il reçoit une formation religieuse de haute qualité à Tarse, puis à Jérusalem auprès d’un célèbre rabbin, Gamaliel. Il apprend aussi un métier manuel, fabricant de tentes et de bâches ; il saura utiliser ses compétences dans ses voyages pour ne pas être un poids pour ceux qui l’accueillent.
Le persécuteur converti
Devenu un pharisien fervent, il est présent lors du martyre d’Étienne. Cet épisode est raconté dans les Actes des Apôtres : Saül observe et garde les vêtements. Son hostilité à l’égard des disciples de Jésus devient totale et c’est ainsi qu’il reçoit mission du grand-prêtre à Jérusalem pour se rendre à Damas afin d’y arrêter les disciples du Christ qui fréquentaient les synagogues de la ville.
C’est sur cette route de Damas que le Christ ressuscité lui apparaît et le convainc de son erreur. Il avouera plus tard qu’il avait vu Jésus, notre Seigneur et que ce fut là la dernière manifestation du Ressuscité à des humains après sa résurrection. Nous sommes entre 32 et 36 de notre ère.
C’est un véritable retournement pour Saül : sa foi juive est illuminée par la découverte du Christ ressuscité qu’il ne cessera ensuite d’annoncer. Après cette "rencontre" sur la route, il est conduit, aveugle, jusqu’à Damas chez Ananie. Trois jours plus tard, Ananie le baptise et il retrouve la vue. Dans les années qui suivent, il se déplace en Arabie (Transjordanie), revient à Damas et se rend à Jérusalem où il rencontre Pierre et Jacques. Puis, il voyage en Syrie et se fixe à Antioche, capitale de la province, troisième grande ville de l'empire romain, où résidait une importante communauté juive.
Premier voyage missionnaire (Actes 13-14)
Pour ce premier voyage (vers les années 39-40), il part d’Antioche où il réside comme adjoint de Barnabé. Ce voyage les conduit tous deux à Chypre puis en Asie Mineure : Antioche de Pisidie, Iconium, Lystres (où il fait la connaissance de Timothée). C’est un voyage de deux années. C’est au cours de ce voyage, à Chypre, que Saül prend le nom de Paul, un surnom latin qui suggère une personne petite, de constitution fragile et de peu d’apparence.

Là où Paul et Barnabé passent, ils annoncent le salut et la résurrection en Jésus… mais cela ne va pas de soi partout et ils doivent parfois partir précipitamment car tous ne veulent pas entendre cette bonne nouvelle.
Le temps du débat
C’est après ce premier voyage (ou selon certains historiens après le deuxième voyage) qu’un vaste débat a lieu au sein de l’Église naissante : le lien entre la foi chrétienne et la pratique de la loi juive. En effet tant que tous les adeptes de Jésus étaient juifs, il n’y avait pas de problème : tous pratiquaient la loi juive et en respectaient les principes. Mais à partir du moment où des non-juifs rejoignent la groupe de fidèles, que faut-il faire ? Faut-il que les hommes d’origine païenne se fassent circoncire ? Faut-il qu’ils suivent les règles alimentaires des Juifs ? C’est le grand débat.
Il ressort des textes des Actes des Apôtres et de la lettre aux Galates que le point de vue de Paul prévaut : les chrétiens d’origine païenne ne seront soumis ni à la circoncision ni aux autres obligations de la loi juive.
Deuxième voyage missionnaire (Actes 15-18)
Cette fois, Paul est chef de mission. Il part toujours d’Antioche de Syrie, revisite les communautés fondées au premier voyage, passe par le centre de l’Asie Mineure, s’arrête chez les Galates (pour raison de santé) puis rejoint Troas et le détroit des Dardanelles. Il passe en Europe : Philippes, en Macédoine, Thessalonique, Athènes et Corinthe. Après son séjour de 18 mois dans cette dernière ville, il regagne Césarée maritime par la mer, puis Jérusalem et Antioche de Syrie. C’est de Corinthe qu’il écrit sa première lettre aux Thessaloniciens qui est le plus ancien document du Nouveau Testament, plus ancien que les Évangiles.

Comment procède-t-il habituellement en arrivant dans une ville ? Il s’installe en général chez un Juif qui lui a été recommandé, travaille de ses mains et fréquente les synagogues. C’est là qu’il trouve le terrain favorable pour annoncer l’Évangile de Jésus en particulier lors de la cérémonie du sabbat. Mais c’est là aussi qu’il trouve du vent debout chez les Juifs. Alors il s’adresse aux païens.
Troisième voyage missionnaire (Actes 19-21,16)
Toujours la même ville de départ : Antioche de Syrie. Il gagne Ephèse en passant chez les Galates. Il reste à Ephèse deux ans et trois mois. Le succès de sa prédication dans cette ville lui vaut la colère des orfèvres, marchands de statues à l’effigie de la déesse Artémis. Il doit fuir en secret. Il rejoint Corinthe après un passage par la Macédoine, mais à Corinthe il trouve une opposition chez des prédicateurs, partisans de la loi juive pour tous les chrétiens. Il se retire en Macédoine avant de rejoindre par mer Tyr puis Césarée et de monter à Jérusalem.
 Quatrième voyage : le voyage de captivité (Actes 27-28,15)
Pendant son séjour à Jérusalem éclate un scandale à son sujet : Paul, juif, a pris ses distances par rapport à la loi et ses coreligionnaires le considèrent comme un apostat. Pris à parti dans le Temple, il manque d’être lynché et se trouve finalement arrêté pour troubles, prisonnier donc mais en même temps protégé de la vindicte juive. Son procès traine : deux années de captivité à Césarée. Alors Paul, citoyen romain, en appelle à la justice impériale. Du coup, il est envoyé à Rome pour y être jugé. Ce quatrième voyage fut mouvementé : tempête de 14 jours, naufrage au large de Malte. Ayant pu regagner la côte de l’île, il rejoint Reggio de Calabre, Pouzzoles et Rome.
Captivité à Rome
Bien que captif, il peut s’adresser à tous juifs, chrétiens et païens et il leur annonce la Bonne Nouvelle. Nous ne savons pas plus, par les Actes, sur son procès et sa mort. Il a sans doute bénéficié d’abord d’un non-lieu. Que fait-il ensuite ? Un voyage vers l’Espagne ? Un retour vers la Grèce et la Macédoine ? Il aurait été arrêté à nouveau vers 66, décapité en 67 sous Néron sur la voie d’Ostie sous l’autel de l’actuelle basilique Saint Paul hors-les-murs.
POUR MIEUX CONNAÎTRE SAINT PAUL
Quelques éléments complémentaires permettant de mieux situer Paul et le contexte dans lequel se situe son action.
Saint Paul était pharisien, qu’est-ce à dire ?
Les pharisiens sont une secte de gens pieux. Ils vénèrent la Loi et se font une gloire de la respecter avec scrupule. Certains d’entre eux suivront Jésus. Beaucoup d’autres, par contre, font de leur particularisme (pharisien veut dire "séparé") un moyen de se donner bonne conscience. Orgueilleux de leurs "œuvres", ils ne comprennent pas que le pardon gratuit apporté par Jésus est en fait l’accomplissement de l’amour de Dieu. Gens de condition moyenne, ils sont honnis des sadducéens. Ils jouissent toutefois de la sympathie des scribes et docteurs de la Loi, les spécialistes des Saintes Écritures, chargés de diffuser et de dire le droit civil et religieux. Les sadducéens constituent l’aristocratie du clergé. Ce sont des gens riches. Ils dominent le Temple. Ils aiment l’ordre. Pour eux, l’essentiel de la foi consiste dans le strict respect de la Loi de Moïse. Ils refusent toute interprétation nouvelle ou "loi orale", pratiquée par les pharisiens. Ainsi, ils ne croient pas à la résurrection des morts : pour eux c’est une hérésie, du moment qu’aucun texte du Pentateuque n’y fait clairement allusion.
Pourquoi Saint Paul a-t-il écrit tant de lettres ?
Saint Paul a fondé des communautés chrétiennes dans plusieurs grandes villes de l’Empire romain, notamment à Thessalonique, à Corinthe, à Ephèse. Dès qu’il jugeait que l’une d’entre elles était suffisamment soudée pour continuer à vivre sans lui, il repartait en mission. Mais il s’efforçait toujours de rester en contact avec ces Églises.
Parfois, c’est lui qui recevait des nouvelles. Des commerçants ou des voyageurs lui en apportaient : il arrivait même que les chefs d’une communauté lui écrivent pour lui demander conseil quand un problème se posait. Dans les cas graves, il se rendait sur place ; sinon, il répondait par écrit.
A Corinthe, par exemple, le repas du Seigneur (qui deviendra plus tard la messe) en était venu à diviser les gens plutôt qu’à les unir. Dans sa première épitre aux Corinthiens, Paul précise alors la façon de procéder. Il rappelle à cette occasion comment Jésus lui-même avait fait.
Paul a ainsi écrit une bonne dizaine de lettres plus ou moins longues. La plus longue, l’épître aux Romains, était adressée à une communauté qu’il n’avait pas lui-même fondée et qu’il ne connaissait pas encore. Il l’a envoyée pour y préparer sa première visite.
Comment connaissons-nous la vie de Saint Paul ?
Paul a raconté les moments importants de sa vie dans quatorze lettres qu’il a adressées aux communautés chrétiennes. Aujourd’hui, nous pouvons les lire dans le Nouveau Testament. Luc, l’auteur de l’un des quatre évangiles, a aussi voyagé avec Paul et il a raconté leurs aventures dans les "Actes des Apôtres". Le plus ancien manuscrit des lettres de Paul date du 4ème siècle. Il est conservé à Rome, au Vatican.
Comment écrivait-on au temps de Paul ?
Les lettres étaient souvent rédigées sur du parchemin, c’est-à-dire de la peau de veau, ou sur du papyrus (papier confectionné à partir d’une plante également appelé papyrus). Paul dictait en grec à son secrétaire qui écrivait avec un roseau taillé. Paul signait, puis nouait la lettre roulée avec un ruban trempé dans la cire. Paul a souvent confié ses lettres à Timothée, son ami fidèle, pour qu’il les porte à destination. Cela mettait parfois plusieurs mois ! Ensuite les lettres de Paul circulaient d’une communauté de chrétiens à l’autre.
Comment voyageait-on à l’époque de Paul ?
A pied, le plus souvent. Les marcheurs parcouraient des milliers de kilomètres sur les voies romaines qui reliaient Rome aux extrémités de l’Empire. Les voyages duraient plusieurs mois. Les voyageurs prenaient la route ensemble pour se protéger de nombreux dangers : les fleuves à franchir, les brigands, les fauves affamés, … Le passager d’un bateau devait emporter toute sa nourriture et discuter ferme le prix de la traversée. Et les navires n’étaient ni rapides, ni confortables !
Pourquoi lit-on les lettres de Paul à la messe ?
Paul est comme nous : il n’a pas vécu avec Jésus. Mais il nous transmet ce qu’il a découvert : il croit que Jésus est ressuscité, présent au milieu des chrétiens réunis. Paul a écrit le plus ancien récit du repas d’adieu de Jésus. Des disciples le lui avaient transmis. Et il nous a laissé d’autres récits pleins de foi que nous entendons à la messe. Paul est un lanceur d’ides neuves, et il a eu un rôle très important avec Pierre au commencement de l’Église.
Pour en savoir plus sur Saint Paul
Les livres sur Saint Paul sont légion. En voici quelques-uns : L’avorton de Dieu, une vie de saint Paul, DECAUX, Alain, (2003), Desclée de Brouwer : l’académicien nous conduit à la suite de Paul sur les routes qu’il a suivies, de Tarse à Jérusalem, d’Antioche à Chypre, d’Anatolie en Grèce et jusqu’à Rome où il a trouvé la mort. Un véritable "roman" d’accès très facile.
Prier 15 jours avec saint Paul, QUESNEL, Michel, (2008), Editions Nouvelle Cité : une courte biographie de Paul puis 15 passages des ses lettres, commentées et méditées.
Paul de Tarse, un homme aux prises avec Dieu, Marguerat, Daniel, (1999), Editions du Moulin en Suisse.
Paul et les commencements du christianisme, QUESNEL, Michel, (2008), Editions Desclée de Brouwer.
Pour les jeunes, des bandes dessinées : - Paul de Tarse, le chemin de Damas, BAR, Dominique, CLD-Tours - Les Actes des Apôtres en bandes dessinées, PONSARD, Christine et KIEFFER, Jean-François, Edifa-Fleurus. Mais aussi, un numéro de Filotéo (septembre 2008) entièrement consacré à Saint Paul.
Des DVD aussi : - Paul, un aventurier de la foi, Kubant, de Pavel - Sur les pas de Saint Paul, Bussyn, Jean-François, Despert, Jean-Noël et Fusselier, Philippe. Ces deux DVD aux éditions "Voir et Dire".
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