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Tous les noms que l’on te donne
Refrain : Tous les noms que l’on te donne Sont les roses d’un bouquet O Marie que nos prières Soient des fleurs pour te chanter
Reçois la fleur de la confiance Et ses pétales parfumés Notre-Dame d’Espérance Viens fleurir nos cœurs fanés
Reçois la fleur de nos faiblesses Et ses épines si serrées Notre-Dame de Tendresse Viens fleurir nos cœurs blessés
Reçois la fleur de nos regards Et ses couleurs d’humanité Notre-Dame de la Garde Viens fleurir nos cœurs fermés
Reçois la fleur de nos "pourquoi" Et ses moissons de pauvreté Notre-Dame de la Joie Viens fleurir nos cœurs usés.
Référence du C.D . (« Signes et symboles à travers chants » – vol.2 – Ateliers du Fresne)
Que faire avec ce chant ? - L’écouter et en faire l’apprentissage - Engager une recherche avec les élèves : voici quelques pistes possibles… ° Les noms que l’on donne à Marie dans nos écoles. D’abord évidemment dans l’école où se trouvent les enfants si celle-ci porte le nom de Notre-Dame : pourquoi ce nom ? Son origine ? Sa signification ? …
Mais il est facile à l’aide de l’annuaire des écoles de partir à la découverte des écoles qui portent le nom de Notre-Dame et ces noms sont multiples. Pour vous mettre en appétit, voici quelques noms d’écoles portant le vocable de Notre-Dame : Notre-Dame des Noës, Notre-Dame de l’Isle, Notre-Dame de Beauregard, Notre-Dame des Champs, Notre-Dame de la Ronce, Notre-Dame de la Clarté, Notre-Dame de Kerbonne , Notre-Dame des Lumières, Notre-Dame des Fontaines, Notre-Dame d’Espérance, Notre-Dame des Fleurs, Notre-Dame du Vœu, Notre-Dame du Roncier, Notre-Dame des Victoires, Notre-Dame de la Garde, Notre-Dame des Miracles, Notre-Dame du Sacré-Cœur, Notre-Dame de la Palestine, Notre-Dame de Pontmain, Notre-Dame Auxiliatrice...
° Les noms de Marie sur la paroisse : partir avec les élèves à la découverte des vocables de Marie dans nos églises, dans nos chapelles… Marie est largement présente dans toutes les paroisses à travers le nom de bien des chapelles, mais aussi dans les vitraux, la statuaire de nos églises voire parfois dans le nom de certains lieux-dits. Voilà une belle occasion de retrouver la richesse de notre patrimoine et de vivre un lien intergénérationnel car nous savons que les grands-parents peuvent apporter leurs connaissances dans ce domaine. Chacun de ces noms peut ensuite conduire à une recherche sur la signification et l’origine du nom. ° Et Marie que l’on chante : pour chacune de ces chapelles, nous avons très souvent un cantique que bien des grands-parents connaissent par cœur. Pourquoi ne pas les inviter à l’école en ce mois de mai pour nous parler de Marie, de sa chapelle, des pardons et des cantiques en français ou en breton…
° Et Marie en poésie : les poètes aussi ont invoqué Marie. Allons à leur découverte : Francis Jammes, Paul Verlaine, Paul Claudel, Marie Noël, etc… (voir ci-dessous quelques poèmes…)
° Et Notre-Dame en chansons : il est intéressant de ne pas s’arrêter à l’unique chant en début de cet article. Marie a été chantée par beaucoup d’artistes : Mannick et Jo Akepsimas ("Marie du ciel, Maman du ciel" ou encore "Bonjour, Marie"), Jean-Noël Klinguer ("Ton nom était Marie") et bien d’autres…
La prière de Francis Jammes
Par le petit garçon qui meurt près de sa mère Tandis que des enfants s'amusent au parterre Et par l'oiseau blessé qui ne sait pas comment Son aile tout à coup s'ensanglante et descend Par la soif et la faim et le délire ardent Je vous salue, Marie.
Par les gosses battus, par l'ivrogne qui rentre Par l'âne qui reçoit des coups de pied au ventre Et par l'humiliation de l'innocent châtié Par la vierge vendue qu'on a déshabillée Par le fils dont la mère a été insultée Je vous salue, Marie.
Par la vieille qui, trébuchant sous trop de poids S'écrie : "Mon Dieu !" par le malheureux dont les bras Ne purent s'appuyer sur une amour humaine Comme la Croix du Fils sur Simon de Cyrène Par le cheval tombé sous le chariot qu'il traîne Je vous salue, Marie.
Par les quatre horizons qui crucifient le monde Par tous ceux dont la chair se déchire ou succombe Par ceux qui sont sans pieds, par ceux qui sont sans mains Par le malade que l'on opère et qui geint Et par le juste mis au rang des assassins Je vous salue, Marie.
Par la mère apprenant que son fils est guéri Par l'oiseau rappelant l'oiseau tombé du nid Par l'herbe qui a soif et recueille l'ondée Par le baiser perdu par l'amour redonné Et par le mendiant retrouvant sa monnaie Je vous salue, Marie.
Francis Jammes
LA VIERGE A MIDI
Il est midi. Je vois l’église ouverte. Il faut entrer. Mère de Jésus-Christ, je ne viens pas prier.
Je n’ai rien à offrir et rien à demander. Je viens seulement, Mère, pour vous regarder.
Vous regarder, pleurer de bonheur, savoir cela Que je suis votre fils et que vous êtes là.
Rien que pour un moment pendant que tout s’arrête Midi ! Être avec vous, Marie, en ce lieu où vous êtes.
Ne rien dire, regarder votre visage, Laisser le cœur chanter dans son propre langage,
Ne rien dire, mais seulement chanter parce qu’on a le cœur trop plein,
Comme le merle qui suit son idée en ces espèces de couplets soudains.
Parce que vous êtes belle, parce que vous êtes immaculée, La femme dans la Grâce enfin restituée,
La créature dans son honneur premier et dans son épanouissement final, Telle qu’elle est sortie de Dieu au matin de sa splendeur originale.
Intacte ineffablement parce que vous êtes la Mère de Jésus-Christ, Qui est la vérité entre vos bras, et la seule espérance et le seul fruit.
Parce que vous êtes la femme, l’Éden de l’ancienne tendresse oubliée, Dont le regard trouve le cœur tout– à-coup et fait jaillir les larmes accumulées,
Parce que vous m’avez sauvé, parce que vous avez sauvé la France, Parce qu’elle aussi, comme moi, pour vous fut cette chose à laquelle on pense,
Parce qu’à l’heure où tout craquait, c’est alors que vous êtes intervenue, Parce que vous avez sauvé la France une fois de plus,
Parce qu’il est midi, parce que nous sommes en ce jour d’aujourd’hui,
Parce que vous êtes là pour toujours, simplement parce que vous êtes Marie, simplement parce que vous existez,
Mère de Jésus-Christ, soyez remerciée !
Paul Claudel
À CELLE QUI INTERCEDE
À celle qui intercède. La seule qui puisse parler avec l’autorité d’une mère.
À celle qui est infiniment riche. Parce qu’aussi elle est infiniment pauvre.
À celle qui est infiniment haute. Parce qu’aussi elle est infiniment descendante.
À celle qui est infiniment grande. Parce qu’aussi elle est infiniment petite. Infiniment humble. Une jeune mère.
À celle qui est infiniment jeune. Parce qu’aussi elle est infiniment mère.
À celle qui est infiniment joyeuse. Parce qu’aussi elle est infiniment douloureuse.
À celle qui est toute Grandeur et toute Foi. Parce qu’aussi elle est toute Charité.
À celle qui est toute Foi et toute Charité. Parce qu’aussi elle est toute ESPÉRANCE.
À celle qui est infiniment au-dessus de nous. Parce qu’aussi elle est infiniment parmi nous.
À celle qui est avec nous. Parce que le Seigneur est avec elle.
À celle qui intercède. Parce qu’elle est bénie entre toutes les femmes. Et que Jésus, le fruit de son ventre, est béni.
Charles Péguy, Le porche du mystère de la deuxième vertu.
CANTIQUE DE LOURDES
Nuages qui passez, Louez l’Immaculée ! Par les lys des vallées, Par les agneaux frisés, Ah ! qu’Elle soit louée !
Granges qui sur les monts Êtes éparpillées, Et myrtilles pillées Par les pauvres pinsons, Louez l’Immaculée !
Vives truites d’argent Qui prenez la volée Sur les eaux déroulées Que l’on nomme torrents, Louez l’Immaculée !
Isards interrompant Vos sauteries ailées Aux pierres dévalées Sous vos sabots tremblants, Louez l’Immaculée !
Il faut ici laver Nos âmes et nos plaies. De dessus une claie Un homme s’est levé ! Louez l’Immaculée !
Francis Jammes
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