Projecture (50)
Un Métier sous tension
     
Les recherches sur le stress des enseignants se multiplient. Quels constats en retirer ?

[ Mots-clés : professeur des écoles, identité professionnelle, santé ]
  Crépy Sylvie
Unapec
01-11-2000
Les enseignants peuplent les hôpitaux psychiatriques, c'est bien connu ! Mais est-ce si vrai ?

" Les enseignants peuplent les asiles psychiatriques " , c'est bien connu ! Mais est-ce si vrai ? La rumeur classe les enseignants dans les dépressifs chroniques, comme les … policiers ! Ces deux métiers sont exposés au regard de la société et donc " spectaculaires ". Pourtant le taux de suicide est plus fort chez les agriculteurs. En fait, toutes professions confondues, 20% des femmes et 17% des hommes ont connu, connaissent ou connaîtront une déprime à des degrés divers. Chez les enseignants, comparés à la population globale, les déprimes sont davantage de type névrotique que des troubles graves liés à des psychoses. Par contre la difficulté à reprendre l'activité initiale contribue à une mauvaise image. Tous les enseignants ne sont pas à égalité devant les déprimes : Les femmes institutrices et les hommes agrégés semblent globalement avoir une meilleure santé mentale que les hommes instituteurs et les femmes agrégées ! La différence entre les diverses catégories d'enseignants est plus importante que la différence entre enseignants et autres professions.

Quoi qu'il en soit les recherches sur le stress des enseignants se multiplient. Une étude récente effectuée en Angleterre auprès d'enseignants et de chefs d'établissement montre que le stress est plus élevé chez les jeunes enseignants et chez les femmes. Le stress vient d'abord des autorités scolaires (travail administratif, pressions exercée par la hiérarchie) , le comportement des élèves ne vient qu'en second. Le principal facteur de protection contre le stress est la qualité des relations de travail avec les collègues. Mais les mêmes conditions sont ressenties différemment suivant les personnes. Pour lutter contre le stress, les stratégies sont plus ou moins efficaces : L'appel à l'aide fournit bons et mauvais conseils dont les effets s'annulent. Le désengagement entraîne un sentiment de dévalorisation. La suppression d'activités autres crée un cercle vicieux où l'enseignement paraît d'autant plus lourd. Le plus efficace est la recherche active de solutions : changement de stratégie, élaboration d'un plan d'action… L'appartenance à un mouvement pédagogique témoigne d'un investissement et suppose une satisfaction dans l'exercice de sa profession. Il est corrélée avec une tolérance pédagogique que l'on retrouve aussi chez les enseignants en ZEP.

Reste que si 46% des enseignants pensent ne pas avoir la possibilité d'exercer correctement leur métier, 96% reconnaissent que le métier est difficile et 79% estiment que leur profession n'est pas reconnue à leur juste valeur, ils sont cependant 74% à avoir choisi ce métier par vocation et 73% feraient le même choix si c'était à refaire . Ils sont 83 % a trouver que le métier présentent autant voir plus d'avantages que d'inconvénients.
Un métier sous tension ? " Enseigner, c'est agir dans l'urgence et décider dans l'incertitude " dit Philippe Perrenoud.

D'après

- Du fer dans les épinards et autres idées reçues - J.F. Bouvet - Ed. Seuil -1997
- Enquête Libération du 27 et 28 mai 2000
- Des causes inattendues du stress des enseignants - Sciences Humaines - Juin 2000



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