Prier avec les enfants
     
Quelques repères pour tenter de dégager la prière de toutes ces représentations.

[ Mots-clés : catéchèse, culture religieuse ]
  Garel Yvon
09-10-2007
Sans prétention exhaustive, voici quelques points sur lesquels il faut s’interroger lorsque l’on met en œuvre ces temps de ressourcement, de regard sur soi, sur les autres et sur Dieu que sont les moments de prière.

Où prier ?
Nous sommes tributaires de notre espace classe et de l’organisation des lieux dans l’école mais des principes simples peuvent guider notre repérage du lieu propice à ce temps de prière.

Il s’agit de toute façon de faire en sorte que ce temps se vive dans un « lieu » différent : on entend par lieu aussi bien un coin de la classe qu’un espace extérieur à la classe (oratoire, par exemple). Pour cela :
- Se disposer autrement et disposer autrement les éléments de l’environnement et les positionnements des gens (adulte et élèves). Cela doit être beau, agréable.
- Se sentir bien : moquette, tapis, coussins…
- Signifier une Présence : la Bible ouverte, une bougie, la croix (signe des chrétiens). Ouvrir le livre de la Parole ou allumer la bougie vont signifier l’entrée dans ce temps différent.
- Intéresser les enfants autant que possible à la préparation de ce lieu, de cet espace, de ce temps que l’on va vivre ensemble.

Un corps qui prie
La prière n’est pas un exercice intellectuel. Ce n’est pas uniquement la tête qui va entrer en prière : on prie avec tout son corps : le cœur, les mains, les bras, etc…

Et la première condition pour entrer en prière, c’est le silence, silence par rapport aux bruits qui nous entourent et silence intérieur. Cela nécessitera une éducation au silence, à l’intériorité.

Les postures possibles pour la prière sont diverses et chacune aidera l’enfant à prier :
- S’asseoir : c’est l’attitude du repos, de l’abandon. On se laisse envahir par le silence, la beauté d’un chant, d’un texte. On intériorise, on médite, parfois les yeux fermés…
- Se tenir debout : attitude du respect : on s’apprête à accueillir quelqu’un à l’écouter, à l’honorer. Pour un chrétien, c’est une attitude de ressuscité, de vivant. On écoute la Bonne Nouvelle, on dit la prière du chrétien, le Notre Père. Et là encore, l’éducation à la station debout s’apprend (en éducation motrice, en EPS, nous pouvons mettre en place des activités d’apprentissage de postures du corps).
- S’incliner, se prosterner, s’agenouiller : c’est une attitude respect, d’humilité, de repentir. Elle est sans doute moins familière et moins évidente pour les enfants aujourd’hui. Elle ne prend que plus de poids lorsque l’on amène les enfants à pratiquer ces postures.
- Le signe de croix : c’est le geste par excellence du chrétien. Il mérite une approche développée avec les enfants pour qu’ils en saisissent toute la richesse.

Comment prier ?
Les attitudes dans la prière sont diverses. Retenons-en quatre :
- La prière d’adoration et de louange, celle qui nous fait dire « Je t’aime ».
L’adoration est l’expression de l’émerveillement qui dit à Dieu « Je t’aime », qui aboutit à la louange pour ce Dieu qui est Amour, source de toute vie. On pourra s’arrêter à 2 textes du Nouveau Testament qui disent cette louange : le Benedictus de Zacharie et le Magnificat de Marie.
- La prière de pardon, prière du pauvre, du repentant. Nous reconnaissons notre misère, notre péché et sollicitons le pardon qui renoue les liens, qui recrée la relation. Citons le psaume 51 « Pitié pour moi.. » ou la supplication du lépreux en Luc 5, 12
- La prière de demande : « s’il te plait ». C’est sans doute la plus fréquente, celle qui vient « naturellement » en toutes circonstances difficiles. On la retrouve dans le Notre Père.
- La prière d’action de grâces, celle du merci. Elle remercie Dieu pour les joies de la vie mais elle est aussi engagement à vivre avec Jésus. Rendre grâces, cela veut dire « redonner, relancer, répandre ce que l’on a reçu. Et ce qu’on a reçu, ce n’est pas tel ou tel bienfait, c’est Dieu lui-même » (J-P. Dubois-Dumée).

A partir de là, on peut envisager de lancer avec les enfants des activités qui vont les aider à découvrir ces attitudes dans la prière.
- Dans les psaumes, on recherchera des versets qui expriment l’émerveillement, la conscience du péché, le merci. On pourra les écrire sur des bandes de papier pour les disposer autour du lieu de prière.
- On pourra faire cette même recherche dans les chants religieux et cantiques connus des enfants, y compris en prenant appui sur des chants profanes
- Les enfants seront invités à composer un poème, une prière sur la beauté de la création, sur ce qui nous fait dire merci…

La prière, un rendez-vous
Dans la vie, nous avons besoin de rites. Il est essentiel de placer la prière dans la vie de la classe comme un rendez-vous qui s’inscrit dans le temps. Il y a le temps du sport, du chant, de l’éducation artistique… Et la prière, alors ?
- Un rendez-vous par période : ce sont les célébrations liées à l’année liturgique (Toussaint, Noël, février, Pâques…
- Un rendez-vous hebdomadaire : en début ou en fin de semaine, au choix, à un moment placé dans l’emploi du temps. On s’y prépare, on en connait le moment.
- Un rendez-vous quotidien : il tiendra compte de la vie de la classe en sorte qu’il ait lieu au moment le plus approprié. Nous vivons avec les élèves tant de choses dans une journée qui peuvent donner lieu à ces moments de merci (le retour de l’enfant absent depuis quelques semaines…), de pardon (après une dispute…), de louange (un bel arc-en-ciel dans un ciel d’automne…).


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