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Faut-il tuer Halloween ? |
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Halloween : une occasion de découvrir à la fois cette tradition et d'approfondir de la fête chrétienne de la Toussaint avec les élèves.
[ Mots-clés : culture religieuse, fête païenne, fête religieuse ]
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Girieu Gilbert DDEC PARIS 10-01-2001 |
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"Ne pas parler d’Halloween, alors que les rues, les boutiques, les publications pour la jeunesse en sont constellées, relèverait aujourd’hui plutôt de l’erreur pédagogique ! La découverte de traditions étrangères est aussi une démarche culturelle qu’un enseignant peut proposer à ses élèves. (…) En Enseignement catholique nous voulons rappeler l’importance que prend la fête de la Toussaint dans notre foi catholique. (…) Nous espérons donner aux enfants des repères clairs conduisant, d’une part, à ne pas tout mélanger et, d’autre part, permettant un véritable approfondissement de la fête chrétienne de la Toussaint". Jean – Paul Charles – DDEC Paris
Un peu d’histoire Halloween c’est le jour où les Celtes marquaient le passage aux nuits plus longues de l’hiver. Ils croyaient que les esprits des morts pouvaient alors venir les tourmenter ; et ils exorcisaient leurs craintes dans une importante « fête de la Mort ». Quand les chrétiens arrivèrent en Angleterre, ils introduisirent la "fête de tous les Saints le 1er novembre. Cette fête s’appelait, selon les régions, "all Saints day" (racine latine) ou "hallows day" (racine celtique "holy"). Malgré la christianisation du pays, les populations locales restèrent attachées à leurs rites ancestraux sur la mort ; célébrés le 31 octobre au soir, ils survécurent sous le nom de "fête de la veille de la Toussaint" - all hallow’eve, qui devint Hallowe’en, puis Halloween. Au Moyen-Age, le rituel païen, se pratiquait dans les cimetières la nuit du 31 octobre au 1er novembre : on croyait que les esprits maléfiques sortaient avec le diable pour inciter les villageois au mal. C’est en Irlande que cette coutume était la plus suivie. Les textes de l’époque parlent d’un certain Jack errant à travers le monde pour délivrer les gens de l’influence néfaste du diable ; équipé d’une lanterne sculptée dans un navet, il passait d’habitation en habitation ; au fil du temps, les navets furent remplacés par des citrouilles portées par des enfants : leur passage était assimilé à une délivrance et marquait le début des réjouissances nocturnes (feux de joie, jeux,…). C’est sous l’influence du christianisme qu’Halloween devint essentiellement ludique et fut réservé aux enfants. Ainsi, les immigrés irlandais qui ont apporté aux Etats-Unis toute leur foi pour célébrer le "Hallows day" le 1er novembre ont aussi apporté la tradition celtique de fêter "all’Hallow’eve" la veille au soir ! Les maisons sont décorées pour la circonstance de citrouilles et de fantômes, les enfants quêtent de porte en porte, les adultes festoient…et tout est aux couleurs d’Halloween : noir et orange.
En France, ces pratiques ont d’abord été limitées aux régions d’origine celtique ; ainsi, en Bretagne, les paysans sculptaient des citrouilles en forme de visage, allumaient des bougies à l’intérieur, et les plaçaient devant portes et fenêtres pour repousser symboliquement les mauvais esprits de la nuit.
… Et aujourd’hui… Aujourd’hui, via les Etats-Unis, cette fête revient en force sur notre continent. Certains calendriers la mentionnent, le commerce s’en empare, les médias encouragent. Comme le sapin de Noël ou Carnaval, les réjouissances d’Halloween ne sont rien de plus que du folklore. "De soi, ces rites qui s’imposent dans notre culture présente ne sont pas bien méchants. Mais il faut se demander ce qu’ils pourront produire s’il arrive que l’imaginaire des futures générations n’est plus structuré que par ces seules références, dans l’oubli de la signification chrétienne de la Toussaint… " (Mgr Hippolyte Simon, évêque de Clermont-Ferrand, dans "Vers une France païenne ?" éd. Cana). En effet, pour des jeunes, privés de repères, il y a un risque important : celui d’accorder à cette tradition une importance qu’elle n’a pas ; et surtout d’éclipser la fête de tous les Saints – et d’aggraver la confusion dans les esprits.
…Quelques pistes pour sanctifier la Toussaint
La Toussaint : une fête joyeuse, celle de la Joie de tous les Saints, celle de la Vie plus forte que la mort ; fête célébrée en blanc, dans l’allégresse du « Gloire à Dieu » et des "Alleluia".
Comment manifester à nos élèves l’importance de cette fête ?
- Imaginer une célébration, en présence d’images, d’icônes de saints. Pourquoi ne pas demander à chaque élève d’apporter l’image de son Saint Patron et l’inviter à faire une recherche sur la vie de celui-ci ? Pour manifester le côté festif de cette célébration : la lumière – cierges, veilleuses allumées, spots électriques… - et des chants joyeux. Après présentation de la célébration, lecture de l’Evangile des Béatitudes et commentaire, chacun peut tirer au sort une des 9 béatitudes reproduite sur un petit carton. La béatitude est reçue par l’élève comme un point à vivre et comme un appel à la sainteté. - Prévoir la visite d’un lieu où reposent les reliques d’un saint, avec présentation de la vie du saint, commentaire, temps de prière… - Organiser la projection d’une vidéo sur la vie d’un saint (le choix est grand) avec débat, commentaire de certaines étapes de la vie du saint, lecture d’extraits de ses écrits, méditation-prière,… - Proposer un temps de prière, avec chants festifs, Parole de Dieu (l’Evangile des Béatitudes), "litanie" au cours de laquelle chacun nomme son saint patron (sans oublier le saint dont l’école porte le nom), suivi d’un refrain avec prière d’intercession,… - Et pourquoi pas une démarche des élèves portant des bannières de saints, depuis leur(s) établissement(s) scolaire(s) jusqu’à l’église paroissiale, pour une célébration festive ! C’est ce qu’organisent la paroisse Notre-Dame de Grâce de Passy et plusieurs établissements catholiques du secteur, en lien avec les enfants catéchisés dans la paroisse.
Le champ est vaste ; et chaque proposition permet une ouverture sur un plan plus "intérieur", quel que soit l’âge des élèves. L’essentiel est de saisir toutes les occasions que nous offre le calendrier liturgique – et la Toussaint en est une - pour sanctifier le temps et faire le lien entre foi – liturgie – vie de chaque jour.
- Un site à visiter. |
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