Quelques convictions. « Je viens faire toutes choses nouvelles ». (Apocalypse 21). Cette parole de l’Esprit-Saint s’adresse à chaque baptisé comme membre d’une communauté chrétienne : elle s’adresse à chacun communauté chrétienne ; elle suppose accueil, annonce et attention. Si accueil et annonce sont les deux temps de la réponse, accueillir et annoncer en sont les deux actions.
Attention ! « Elle va bien de la chance, ma fille, d’être baptisée » écrit une maman. Et d’ajouter en rencontrant la catéchète qui est allée à sa rencontre : « Je ne suis pas baptisée, mais j’ai passé l’âge ». Ce dialogue de plus en plus fréquent suppose une attention prévenante pour faire exprimer une demande voilée.
C’est par une attention prévenante, à l’écoute de l’Esprit-Saint et des besoins des parents que pourront se conjuguer des actions aussi essentielles que celles d’écouter, de vouloir, de prévoir, de réaliser, d’évaluer.
Si le modèle de toute catéchèse est la formation catéchuménale, la catéchèse des adultes est « comme la forme privilégiée de la catéchèse, à laquelle toutes les autres – non moins nécessaires -, sont d’une certaine manière ordonnées », DGC § 59 (DGC : Directoire Général pour la Catéchèse, 1997).
Toute la communauté chrétienne de l’établissement, en relation avec l’évêque et l’Eglise diocésaine, est responsable de la catéchèse des parents, DGC § 220 à 232. Les destinataires privilégiés de la catéchèse sont les adultes.
La communauté chrétienne d’un établissement se donne peu à peu un projet catéchétique inspiré du projet catéchétique diocésain, DGC § 72.
A quelles occasions faire naître des questions et des attentes. Il faut oser des chemins d’ouverture en fonction de la diversité des attentes et des démarches. Des parents accompagnent leurs enfants lors de la préparation de la première communion, de la profession de foi, de la confirmation. A cette occasion, veiller à ce qu’ils aient un temps pour leur foi d’adultes. « Goûtez et voyez comme est bon le seigneur », dit le psaume. « Dieu ne s’ajoute jamais à la vie d’homme, mais il s’y manifeste » dit le chrétien.
Une école réserve par an deux samedis matins, où les parents peuvent plus facilement se libérer, en vue d’une célébration des familles : à cette occasion proposer un éveil à la foi, des échanges sur les images de Dieu, sur les images de l’Eglise, (prévoir en ce cas une rentrée scolaire une journée plus tôt).
Le projet personnel de l’élève fait l’objet d’une réflexion particulière et collective : à cette occasion proposer une rencontre sur le chrétien et la vie professionnelle, ou encore proposer un échange sur des raisons de vivre et d’espérer.
En pratique, si le premier travail du catéchète est souvent de susciter la conversion, la catéchèse favorise chez les chrétiens : - une nouvelle expérience vitale de Dieu comme Père miséricordieux ; - une redécouverte plus profonde de Jésus-Christ, non seulement dans sa divinité, mais aussi dans sa véritable humanité ; - le sens d’être tous co-responsables de la mission de l’Eglise dans le monde ; - la prise de conscience des exigences sociales de la foi », DGC § 24.
Quels sont les thèmes possibles ? Le Notre Père, la profession de foi, le baptême, l’Eucharistie, l’Alliance et la vie quotidienne, personnelle et sociale.
Les caractéristiques fondamentales de la catéchèse d’initiation (DGC67). - Un apprentissage de la vie chrétienne, elle est plus qu’un enseignement. - Essentielle, elle porte sur la vie quotidienne. - Elle intègre dans la communauté qui vit, célèbre et témoigne.
Voici en particulier les tâches de la catéchèse des adultes définies par le Directoire général pour la catéchèse :
- « Promouvoir la formation et la maturation de la vie dans l’Esprit du Christ ressuscité par des moyens adaptés : pédagogie sacramentelle, retraites, direction spirituelle…
- Éduquer à juger correctement, à la lumière de la foi, les mutations socioculturelles de notre société. Le peuple chrétien pourra ainsi discerner les vraies valeurs mais aussi les dangers de notre civilisation et adopter les attitudes qu’il convient.
- Éclairer les questions religieuses et morales actuelles, c’est à dire les problèmes qui se posent aux hommes d’aujourd’hui, en ce qui concerne, par exemple, la morale publique et individuelle, les questions sociales, l’éducation des nouvelles générations.
- Expliquer les rapports entre l’activité temporelle et l’activité ecclésiale, en mettant en lumière les distinctions, les implications et leur inévitables interaction. Dans ce but, la doctrine sociale de l’Eglise fera partie intégrante de la formation des adultes.
- Développer les fondements rationnels de la foi. Une intelligence correcte de la foi doit manifester la conformité de l’acte de foi et des vérités à croire avec les exigences de la raison humaine. L’Evangile est toujours actuel et approprié, d’où la nécessité de promouvoir efficacement une pastorale de la pensée et de la culture chrétienne, ce qui permettra de dépasser certaines formes d’intégrisme et de fondamentalisme, et d’éviter les interprétations arbitraires et subjectives.
- Eduquer à la prise de responsabilité dans la mission de l’Eglise et au témoignage chrétien dans la société. L’adulte apprendra à découvrir, à valoriser et à mettre en pratique ce qu’il a reçu de la nature et de la grâce aussi bien au sein de la communauté ecclésiale que de la communauté humaine. Il sera ainsi en mesure d’éviter les pièges de la massification et de l’anonymat, particulièrement nombreux dans la société actuelle et conduisant à la perte d’identité et au discrédit des qualités et des ressources de chacun », DGC 175.
Où, quand, et avec qui ? Aucune exclusive n’est à faire en ce domaine.
Où ? Dans l’établissement (conseil d’établissement…), en secteur paroissial, en réseau d’établissements ; à la maison diocésaine,…
Quand ? Messe des familles ; temps liturgiques : Noël, Pâques, Pentecôte… ; célébration de rentrée ; étapes des enfants : première communion, une soirée à la fin d’une retraite pour la profession de foi, confirmation. Mais bien nombreuses sont les étapes où Dieu dit : « Veux-tu, désires-tu entrer en mon Alliance » : développement de la motricité, connaissance du prénom des autres, anniversaires, perception du temps, âge de l’intériorité… choix de profession…. Choix de vie. Comment accompagner les parents dans la nourriture spirituelle de leurs enfants à l’occasion de ces différentes étapes ? Phrases de l’Evangile sur une carte de vœux, sur la lettre de rentrée.. ; rassemblement diocésain des parents au nom de l’éveil à la foi (ne pas oublier l’aide possible d’étudiants de CFP…). Bref, à de nombreux moments, à condition de le vouloir, de le prévoir. Prévoir un temps entre parents.
Avec qui ? Avec les parents eux-mêmes. Ainsi, après une lecture d’Evangile, leur proposer d’échanger, en petits groupes : quelles images de la lecture retiennent-ils ? Quelle évocation d’un autre passage de la Parole de Dieu ? Quelle relation avec le Baptême, l’Eucharistie, le Notre Père, le Credo ? Quelle relation avec la vie quotidienne. A la table de la Parole de Dieu, proposer de la partager.
Avec les parents eux-mêmes. Ainsi leur proposer du recul vis à vis de leurs images de Dieu : Dieu se dit dans nos vies et notre perception aujourd’hui est distincte de celle d’il y a dix ans… vis à vis de leurs images de l’Eglise… vis à vis de leurs images de la société ce qui naît, ce qui meurt.
Avec la congrégation, avec le diocèse. Notamment avec les services diocésains de catéchèse, du catéchuménat, de formation permanente.
Avec la communauté chrétienne, avec le prêtre de cette communauté, l’équipe d’animation pastorale, l’animateur en pastorale scolaire.
Quels repères faut-il se donner pour évaluer l’enracinement de cette catéchèse ? - Insérer le projet catéchétique dans celui du diocèse, du secteur pastoral de l’établissement. - Bâtir un projet solide et cohérent : avec quelle équipe, quel conseil ce projet a-t-il été pensé ? Après l’analyse de ce qui existe déjà, et l’analyse des besoins des personnes. Après s’être donné une orientation, des moyens, des objectifs et des comportements observables et un calendrier d’étapes à réaliser.
- Se montrer visible, captiver et s’adapter : « Voici ce que j’ai à te proposer, qu’as-tu à me donner en échange ? » ; un visage souriant ; valoriser sa proposition et comment, à sa manière, elle est réponse .
Enraciner le projet dans le faire de l’établissement : par exemple, l’école développe l’usage de l’esprit critique, comment en catéchèse donner saveur à cet esprit critique, comment en catéchèse donner saveur à cet esprit critique ; la catéchèse se fait au nom de Dieu Amour, comment la communauté chrétienne aime-t-elle la communauté éducative ?
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