Les dispositifs de réussite éducative
     
Le Programme Personnalisé de Réussite Educative (PPRE) concerne l’élève sur temps scolaire. L’équipe de réussite éducative accompagne l’enfant hors temps scolaire.

[ Mots-clés : adaptation scolaire et scolarisation des enfants handicapés (ASH), échec scolaire ]
  Cartigny Marc
Animateur formateur
DDEC Lille
20-05-2007
Ces dispositifs de Réussite Educative prennent appui sur deux textes officiels :
--> Le premier concerne l’élève et le texte de référence est évidemment la loi d’orientation pour l’école. Deux points d’appui essentiels :
- le « Programme Personnalisé de Réussite Educative » qui concerne tout élève en difficultés dans la maîtrise du socle commun de connaissances et de compétences ;
- certains collèges publics situés en zone d’éducation prioritaire, et dont l’enquête sociale a révélé un environnement socio-culturel très fragile, ont reçu le label « ambition réussite ».
Les actions sont, dans ce cadre, sous la responsabilité de l’équipe éducative des établissements scolaires.
--> Le deuxième concerne l’enfant et le texte de référence est la loi de programmation pour la cohésion sociale. L’objectif est de fournir une réponse la plus individuelle possible au contexte de vie. Le dispositif est sous la responsabilité de la ville qui le met en œuvre. La coordination et l’organisation des actions sur un territoire donné sont gérées par une « équipe de réussite éducative ».

Deux références complémentaires :
1ère référence : la loi d’orientation pour l’école concernant le temps scolaire : l’élève (sous la responsabilité des équipes pédagogiques)

Objectif : Permettre à tout élève sortant du système scolaire de maîtriser un socle commun de connaissances et de compétences.
A la fin de la scolarité obligatoire, aucun élève ne doit sortir sans un niveau reconnu ? Mise en place d’un nouveau brevet qui validera l’obtention de ce « socle ».

Des paliers du socle commun sont définis à chaque étape de la scolarité de l’enfant :
- place des évaluations ;
- nécessité d’un livret scolaire validant les compétences et permettant un suivi de l’élève d’une classe à l’autre et entre école/collège.

  • Dispositif 1 : P.P.R.E.

  • (Programme personnalisé de réussite éducative)
    --> Circulaire N°2006-138 du 25.08.2006

    La circulaire développe l’expérimentation mise en place l’an dernier :
    --> Un guide pratique a été édité lors de la rentrée de septembre 2005.
    - Il sera généralisé à la rentrée 2007 à toutes les classes élémentaires.
    - Dispositif utilisable par tous les établissements scolaires pour les enfants repérés en difficultés par rapport au niveau attendu (Cf paliers) ou dans le cas d’un redoublement.
    - Mise en œuvre possible à tout moment de la scolarité obligatoire (entre 6 et 16 ans).
    - Lire aussi : Repères sur le PPRE .

  • Dispositif 2 : Réseau d’éducation prioritaire

  • Mise en place des réseaux « ambition réussite »
    Ils concernent certains réseaux de l’Education Prioritaire plus en difficultés, en fonction de l’enquête sociale.
    Pour l’enseignement public : Un collège et des écoles qui y sont reliés

    - Mise en place comité exécutif fixant le projet formalisé du réseau et les actions (Contrats d’objectifs) ;
    - Adaptation du parcours scolaires des élèves (Cf PPRE) et accompagnement du projet professionnel et d’orientation de l’élève) ;
    - Renforcement du personnel avec des maîtres supplémentaires (intervenant en collège et dans les écoles) ;
    - Recrutement d’assistants pédagogiques ;
    - Obligation de suivi et d’évaluation des politiques mises en œuvre.

    2ème référence : la Loi de programmation pour la cohésion sociale concernant le hors temps scolaire : l’enfant (nécessité du partenariat : équipe de réussite éducative) : Loi n°2005-32 du 18 janvier 2005.
    Trois « piliers » sont concernés par ce plan : le Travail, le Logement et l’Egalité des chances. L’éducation intègre ce dernier pilier.
    Le volet précédent (1ère référence : la loi d’orientation pour l’école) était axé sur l’élève et l’objectif de la réussite scolaire / socle commun de connaissances et de compétences est clairement signifié.
    Mais les dispositifs mis en œuvre veulent aussi s’occuper de l’enfant, car les conditions de vie, son éducation, son environnement ont des répercussions sur la représentation scolaire et ses résultats.

    Ce « Dispositif de Réussite Educative » ne se substitue pas aux dispositifs déjà existants :
    - Contrat Educatif Local : continuité éducative entre temps scolaires et péri-scolaire, désormais intégré dans le « Contrat Urbain de Cohésion Sociale » sous l’appellation « Plan Educatif Local » : B.O. N°2 du 11 Janvier 2007 - Circulaire N°2007-004 du 11-12-2006.

    - Contrat Local d’Accompagnement à la scolarité (le soir après l’école, aide au travail scolaire et ateliers éducatifs) ;
    - Contrat Petite Enfance (garderie) ;
    - Contrat Temps libre (CLSH) …
    qui sont à visée collective.

    Mais les nouvelles propositions tentent d’apporter une réponse à chaque situation individuelle.
    Il s’agit donc d’une politique de soutien individualisé pour l’enfant, avec un accompagnement adapté à la situation familiale.

    1 - Les principes :
    Des parcours éducatifs pensés dans la durée sont élaborés :
    • en mobilisant, rassemblant et coordonnant localement un collectif de professionnels sociaux, sanitaires et éducatifs (= équipe de réussite éducative mise en place sur un « territoire » défini) ;
    • en mettant en œuvre, avec les parents, essentiellement hors temps scolaire, un accompagnement des enfants et adolescents, voire une prise en charge à caractère social, sanitaire, éducatif et culturel, collectif ou individuel. Ce soutien personnalisé peut dans un certain nombre de cas ou de situations être organisé de façon collective (suite aux besoins repérés, en accord avec la famille, la priorité est donnée dans l’utilisation des dispositifs existants pour apporter une réponse, exemple : accompagnement à la scolarité, associations sportives, services sociaux, etc.) ;
    • en assurant une évaluation et une adaptation du dispositif au regard de la situation individuelle de chaque enfant ou de chaque adolescent concerné et de sa famille (la participation à des activités « collectives » est consécutive à un diagnostic posé individuellement et en fonction des besoins une adaptation du dispositif pour des besoins spécifiques est à envisager. Une évaluation des effets est également à faire) ;
    • en apportant, le cas échéant, un soutien direct aux parents, afin de leur permettre d’améliorer les conditions de vie de leurs enfants et les aider dans leur fonction parentale (l’équipe de réussite éducative, dans des cas spécifiques, peuvent directement apporter la réponse à des besoins, des moyens sont mis en place, si des solutions collectives n’existent pas ou en fonction d’une urgence en attendant la réponse structurée et organisée).

    2 - Un exemple concret sur la ville de Tourcoing :
    1°) Les axes prioritaires des actions (définis pour la ville de Tourcoing suite à un diagnostic partagé) :
    - La santé (physique, mentale, hygiène de vie, équilibre alimentaire)
    - La parentalité (Ecoute, aide et participation)
    - L’accompagnement éducatif et scolaire (travail en réseau et accès à la citoyenneté)
    - La citoyenneté (pratiques sociales, solidaires, culturelles et sportives).

    2°) La définition des territoires pertinents :
    Sur la ville, trois territoires ont été définis. Ils sont en lien avec la carte des réseaux d’éducation prioritaires, trois des quatre collèges publics de la ville ont le label « Ambition Réussite ».
    Autre élément : l’établissement ne doit pas être classé > 718 à l’enquête sociale.
    Sur ces 3 territoires, trois collèges et quatre écoles catholiques de la ville sont concernés.
    N.B. : Certaines actions vont concerner toute la ville. Elles sont essentiellement liées au « Contrat Local d’Accompagnement Scolaire ».

    3°) Sur chaque territoire, mise en place d’une équipe de réussite éducative :
    Elle est composée des représentants des établissements scolaires et des partenaires des différentes instances et organismes concernés sur cette zone géographique (centres sociaux, services de santé, services sociaux, psychologues, …)
    - Une obligation : la confidentialité
    - Une tâche : susciter, construire, proposer des actions possibles.
    Ces actions seront pré-validées par une Commission technique avec avis (l’enseignement catholique a des représentants), puis validé par un Conseil Consultatif au niveau de la ville.

    4°) Pour mener des actions, il peut être fait appel :
    - à des professionnels,
    - à des vacataires de différentes spécialités (enseignants, éducateurs, animateurs, travailleurs sociaux, psychologues, pédopsychiatres, intervenants culturels ou sportifs, etc.),
    - à des associations dont le professionnalisme est reconnu.
    --> Nécessité de l’adhésion de l’enfant et de sa famille.

    3 - Une expérience à l’école Sainte Lucie / Tourcoing : Opération « Coup de pouce »
    Deux écoles catholiques et quatre écoles publiques de la ville ont bénéficié de ce dispositif.
    Il concerne les élèves de classe de CP.
    Dans chacune des écoles, un club « Coup de Pouce » est constitué. Il est organisé autour de 5 élèves repérés par l’enseignant. Il ne s’agit pas d’élèves en grosses difficultés qui demandent une aide spécialisée dans le cadre de l’adaptation scolaire. Ce sont des élèves qui ont les aptitudes pour réussir l’apprentissage de la lecture et de l’écriture, mais dont l’environnement social et/ou familial ne peut accompagner dans de bonnes conditions la réussite de cet apprentissage.

    Madame Sophie Carpentier, directrice de l’établissement Saint Lucie / Tourcoing, également coordonnatrice pour son école de ce dispositif fait part de l’expérience vécue cette année.

    Coup de pouce / CLE (Clubs de Lecture et d’Ecriture)

    Mon établissement, situé sur la ville de Tourcoing, dans une zone dite sensible, a été retenu, suite à une proposition de la Coordination diocésaine, pour faire partie du dispositif « Club coup de pouce ». Ces clubs sont gérés par l’ApfEE (Association pour favoriser une Ecole Efficace) sous l’aval du ministère de l’Education nationale. Cette action péri-familiale et péri-scolaire s’inscrit dans l’axe Accompagnement Scolaire et Educatif du Dispositif de Réussite Educative et se trouve financée à ce titre par l’Etat, dans le cadre de la programmation DRE 2006 (Dispositif de Réussite Educative).

    --> Mais rentrons plus dans le vif du sujet :
    Ce dispositif ne concerne que les élèves de CP. Ce sont des élèves qui ne reçoivent pas à la maison, chaque soir, le soutien nécessaire pour réussir leur apprentissage en lecture.
    Dans un club, il y a un adulte animateur pour 5 enfants.
    Autour des enfants, nous avons 2 animateurs qui se relayent, 1 coordinateur et l’enseignante. Ici mon cas est particulier puisque j’ai la double casquette, c'est-à-dire coordinatrice et enseignante de CP.
    Le rôle du coordinateur est de faire le lien entre toutes les parties : enfants, animateurs, enseignants, et enfin et surtout les parents. Ceux-ci sont la clé de la réussite. L’engagement quotidien des parents est le 1er objectif visé par le club.
    --> Comment se déroule le club ? :
    Tous les soirs d’école de 16h30 à 18h00, les 5 enfants repérés participent avec l’animateur à 4 séquences qui rythment la séance :
    - La 1ère : Temps de détente autour d’un goûter = temps d’échange. (= 30 min.)
    - La 2ème : Temps de travail donné par l’enseignante (= 15 min.)
    - La 3ème : 4 à 5 activités brèves et ludiques autour de la lecture et de l’écriture (= 25 à 30 min.)
    . Lecture surprise : travail d’équipe (= 5 min)
    . Production collective d’écrit (= 5 à 10 min.)
    . Jeu de lecture ou d’écriture (= 10 min)
    . Prise en charge d’un élève en lecture / écriture (1 différent par soir), les autres étant en autonomie. (= 8 min.)
    - La 4ème : La Belle histoire pour le plaisir d’écouter.

    --> On pourrait croire sans aller plus loin que l’on en demande trop aux enfants. Ce n’est pas le cas puisqu’il ne s’agit pas de l’école après l’école. Même si cela se passe au sein de l’école, les élèves se retrouvent dans un lieu neutre : notre BCD.
    Les deux animateurs qui encadrent le club sont pour l’une une Emploi de Vie Scolaire qui travaille dans l’école la journée (et je peux vous dire qu’ils font bien la différence entre le soir et la journée puisque la journée ils disent « Madame Chloé » et le soir « Chloé » sans se tromper) et pour l’autre, il s’agit d’un animateur du centre social. Ils ont tous les deux un rôle essentiel : ils doivent s’adapter constamment au niveau de l’enfant pour le mettre en situation de réussite. Ils ne doivent être que dans le positif.
    Leur autre mission est de mettre les parents dans le coup en leur montrant des gestes simples pour aider quotidiennement leur enfant, le soir, et en les faisant participer à la vie du club. Les parents font partie intégrante du dispositif.
    (N.B. : L’enseignante de la classe où se trouvent les enfants ne peut intervenir à l’animation du club).

    Le coup de pouce est une aide momentanée apportée à l’enfant et à sa famille. En fin de coup de pouce, le relais doit être entièrement passé aux parents.




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