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 ECD (237)
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Ecole privée catholique, les deux visages d'une situation |
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Ecole privée catholique, les deux visages d'une situation diablement compliquée ou heureusement complexe ?
[ Mots-clés : contrat (simple et d'association), enseignement catholique ]
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Jouffrey Robert directeur diocésain adjoint DDEC Lyon 01-06-2001 |
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1 - Situation diablement compliquée, source de difficultés et de tensions… Il n'échappe aujourd'hui à personne que la Loi DEBRE, heureuse réponse pour l'avenir de l'école " libre " à une époque donnée et dans un contexte précis, ne pouvait pas tout prévoir, et certainement pas l'évolution des réalités administratives, sociales, économiques, constatées en plus de quarante ans. En 1959, dans le cadre de la liberté publique d'enseignement inscrite dans la Constitution Française, notre école était reconnue comme participant à un service d'intérêt national. Elle passait alors avec l'Etat un contrat (simple ou d'association), reconnaissant les obligations qui en découlent. De là naissait pour l'école une originalité associative et contractuelle, intéressante à bien des égards et pourtant compliquée en certains domaines. Un contrat qui, aujourd'hui encore, introduit selon sa nature des différences notoires dans la situation même des maîtres (en premier degré notamment, mouvement de l'emploi, retenues sur salaire, etc…). Un contrat qui oblige à vivre sans cesse cette tension inévitable entre structure civile et institution chrétienne, entre droit civil et droit canon, entre ouverture à tous et accueil de chacun, entre liberté de conscience à respecter et caractère propre à proposer…
Du reste, cette dualité n'est pas toujours bien comprise, faisant souvent dire à l'extérieur que l'école privée catholique joue sur les deux tableaux, voulant selon l'expression consacrée " le beurre et l'argent du beurre ". Une dualité qui laisse aussi parfois à l'intérieur même de l'institution une impression de confusion ou d'ambiguïté. Quelle autorité des congrégations ou directions diocésaines en tant que Tutelle, garante du projet ? Quel rôle des services diocésains dans le fonctionnement des établissements ? Et dans le domaine des moyens accordés - notamment en matière de développement -force est de constater des difficultés plus ou moins importantes selon les régions dans les rapports avec l'administration, rectorat ou inspection académique. Ici, les orientations d'un CODIEC seront bien entendues, là les travaux d'un CAEC seront remis en cause… Toujours cette tension à vivre pour l'établissement catholique d'enseignement associé d'une part au service public d'éducation, dans le cadre des textes législatifs qui lui confèrent une existence juridique civile, et engagé d'autre part dans une mission d'Eglise reçue, en référence aux finalités de l'Enseignement Catholique…
2 - Situation heureusement complexe, source de richesses et de possibilités… Et si du terme complexe nous retenions non pas le sens de complication mais bien celui de " groupement, ensemble, association " ?.. Une vision des choses qui nécessite du coup cohérence, cohésion, unité dans la diversité. Autant de mots-clés qui traversent aujourd'hui tous les projets diocésains, s'inscrivant pleinement dans les perspectives ouvertes par le Secrétariat Général de l'Enseignement Catholique.
Alors certes, il y a lieu d'œuvrer encore en direction de l'administration pour repréciser le statut juridique des maîtres, ou pour s'assurer des moyens dont les établissements ont besoin en terme de dotations horaires ou d'aides diverses. Nos instances nationales en portent le souci et chacun se réjouit des avancées substantielles réalisées (contractualisation progressive des 33 000 enseignants concernés par l'accès aux échelles de rémunération de professeurs d'écoles ou de certifiés, décharge horaire pour les directeurs d'écoles à 7 classes..) Mais il convient aussi de mesurer et de saisir la chance, que nous laisse notre liberté d'action, de pouvoir travailler ensemble dans l'Enseignement Catholique, et ce à tous les niveaux. La volonté de travailler en région ou en académie ne doit pas générer un système technocratique mais simplement donner aux CRAEC ou aux CAEC toute l'importance qu'ils doivent revêtir pour être des interlocuteurs reconnus par l'administration. Tout comme le désir de travailler en diocèse ou inter-diocèses doit faire naître une politique de réseaux d'établissements, renforçant les liens, les complémentarités et les solidarités entre petites et grandes structures, et ce à tous les échelons, de la maternelle au supérieur…
Et voici que la situation complexe pour chacun devient richesse pour tous. Ici des rencontres d'enseignants école-collège s'organisent autour de la réflexion pédagogique (liens CM/6è, apprentissage d'une langue étrangère, accueil des élèves à besoins spécifiques… ). Là, des responsables de gestion échangent leurs compétences et mutualisent leurs services (comptabilité, gestion des salaires, restauration, groupement d'achats...) Ici encore, des solidarités se développent entre APEL de différentes écoles (fêtes, conférences communes, réunions d'échange sur l'éducation…). Une manière de ne pas perdre de vue la réalité du vécu quotidien et la proximité des personnes dans l'Enseignement Catholique. Mais réaffirmer fortement cette orientation de travail en secteur ou de mise en réseaux n'est pas une invention nouvelle. Cela ne fait que rappeler l'importance qu'il nous faut accorder à l'article 11 du titre 1 du Statut de l'Enseignement Catholique : " Les établissements catholiques, quelles que soient leur taille et leurs ressources, ne peuvent vivre leur dynamisme de manière isolée comme s'ils se suffisaient à eux-mêmes ".
3 - Conclusion Alors, situation diablement compliquée ou situation heureusement complexe ?… On ne peut que pencher pour la seconde, en se rappelant qu'en ce temps d'Assises nous sommes justement invités à repenser la vraie place de l'école catholique dans la nation. Un vaste chantier pour lequel trois axes de réflexion nous sont proposés (Cf. Journal des Assises, dans le dernier ECA de mai 2001) : - Etudier les relations entre l'école et la société : voici bien l'occasion de revoir les rapports avec l'Etat, les administrations, les collectivités territoriales. Que demandons-nous et qu'avons-nous à offrir ? - Examiner la vie des établissements en confrontant la réalité aux inspirations des fondateurs : voici l'invitation à rechercher nos racines, à échanger au plus près avec les congrégations tutelles, ou dans le cas de tutelles diocésaines à retrouver les grandes figures éducatives qui ont marqué la vie des diocèses. - Dégager les innovations possibles en renouvelant la contribution de l'Ecole Catholique à l'ensemble du système éducatif : nous voici bien au pied du mur car l'Enseignement Catholique a-t-il toujours cette " longueur d'avance " que certains lui ont volontiers accordée dans le passé ? Ne faut-il pas oser des pratiques nouvelles en matière d'enseignement, d'éducation et de relation école-familles ? Non pour dire que l'on fait forcément mieux, en apportant ce petit plus tant attendu, mais bien pour proposer un véritable autrement, puisé dans les valeurs qui nous font vivre.
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