Sklerijenn (n° 37)
L'Enfant et la réconciliation
     
Quelques clés pour vous aider à vivre des temps éducatifs.

[ Mots-clés : catéchèse, prière ]
  Garel Yvon
secrétaire général
DDEC Côtes d'Armor
01-09-2005
Quelques repères de la construction des notions de bien et de mal et du pardon chez les enfants.

Que signifie pardonner ?
Le pardon n'est pas la simple excuse pour une bêtise. C'est l'acte qui reconstruit une relation à l'autre après qu'on lui ait fait du tort. C'est un re-départ, une libération, pas un oubli.
Mais avant d'en arriver à cet acte du pardon, il y a eu le mal. Et cheminer vers le pardon pour un enfant n'est possible que s'il a pris conscience du bien et du mal.
Ce discernement entre le bien et le mal pour un enfant se fait par étapes et petit à petit. Ce qui veut dire pour tout éducateur (parents, enseignants, etc.) le souci d'accompagner cette découverte et d'aider à ce qu'elle construise une véritable conscience de ce qui est bien et mal.
C'est d'abord tout petit l'expérience du plaisir et du déplaisir : l'enfant se rend compte qu'il peut lui aussi causer du plaisir ou du déplaisir à ceux qui l'entourent. Il faut qu'il entende alors que ce qui est bien ce n'est pas ce qui fait plaisir mais ce qui fait grandir.
Il découvre ensuite la distinction entre les actes qui favorisent la relation avec les autres et ceux qui mettent à l'écart des autres. Cette découverte, nous la vivons au quotidien avec les élèves de nos classes de maternelle.
Vers 7 ans, il peut mettre des mots sur tel ou tel acte : la notion de bien et de mal est là. Il va faire alors la découverte de la transgression et donc réfléchir au sens des interdits. Pour que cette conscience du bien et du mal se mette en place, il a besoin de l'aide de l'adulte. Deux valeurs sont au fondement de cette conscientisation : le respect de soi, l'estime de soi, d'une part (que l'adulte lui dise " tu vaux quelque chose ") et le respect de l'autre, d'autre part qui n'est d'ailleurs que la conséquence de l'estime de soi. Cela exige que l'on pose limites et règles à la vie avec les autres et que les adultes qui l'entourent apparaissent comme des modèles, des témoins. Dans notre société d'aujourd'hui, ce n'est pas d'ailleurs tant les repères qui font défaut que l'existence de modèles auxquels l'enfant puisse s'identifier, et bien entendu ces modèles il doit pouvoir les trouver dans son environnement proche. On en déduit sans mal le rôle fondamental des parents et des éducateurs.
Entre 8 et 12 ans, l'enfant entre dans une période de rationalité, " l'enfance adulte ". Il cherche à trouver sens aux expériences qu'il a faites dans le passé.

Et le pardon dans tout cela ?

Lui aussi va se construire petit à petit. Ce n'est pas un acte magique, mais bien un cheminement.
Nous reconnaissons le mal qu'on nous a fait, sans le nier. Ce qui veut bien dire qu'il est nécessaire d'avoir distingué cette notion de bien et de mal.
Nous prenons alors conscience de notre souffrance et nous découvrons qui nous sommes : notre agressivité, nos limites. Nous aussi nous pouvons faire le mal.
Alors nous pouvons comprendre la limite des autres, accepter de leur pardonner.

Alors que faire avec les enfants ?
Pour les conduire au pardon :
- faire s'exprimer les colères, nommer les blessures. Dieu est au cœur de nos souffrances, de nos révoltes.
- Eveiller à la notion de bien et de mal : créer des temps pour réfléchir sur les blessures, le manque de respect qu'ils provoquent.
- Amener à découvrir que des relations sont détruites par nos actes.

Des articles dans vos précédents numéros de Sklerijenn

"Et si on se réconciliait" (des textes adaptés aux enfants pour initier au pardon) dans Sklerijenn janvier 2005.
"On fait la paix" (Une célébration avec les élèves de cycle 1 et 2) dans Sklerijenn janvier 2001.

Un chant

La paix, c'est comme un cadeau

Quand je suis fâché avec mes copains
Je n'ai pas envie de leur donner la main
Mon cœur est bien triste et bien malheureux
Et pourtant je sais que la paix, c'est mieux.

Refrain
La paix c'est comme un cadeau
Un cadeau si merveilleux
La paix c'est comme un cadeau
Un cadeau qui vient de Dieu

Quand je fais la tête mon cœur est fermé
Et je ne veux pas prêter mes jouets
Tout au fond de moi, je suis coléreux
Et pourtant je sais que la paix c'est mieux

C'est un peu la guerre quand je suis méchant
Je fais de la peine à papa et maman
De très grosses larmes font rougir mes yeux
Et pourtant je sais que la paix c'est mieux.


Jean-Noël Klinguer "Jésus, viens dans mon cœur"

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Et si on se réconciliait ?



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