Education : synthèse de l'actualité (67)
Enseignant : un métier en mutation ?
     
Un rapport de l'OCDE pour rendre le métier d'enseignant plus attractif, l'intégration des IUFM aux universités, le concours de professeurs des écoles remodelé. Autant de signes de la mutation du métier d'enseignant.

[ Mots-clés : entrée dans le métier, formation initiale, identité professionnelle, professeur des écoles ]
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Unapec
08-07-2005
Alors qu'un rapport de l'OCDE (1) propose des pistes pour rendre le métier d'enseignant plus attractif, les IUFM préparent leur propre intégration aux universités. Par ailleurs, le concours de professeurs des écoles, qui attire de plus en plus de salariés du privé, est remodelé.

  • Revaloriser le métier d'enseignant


  • En s'appuyant sur l'expérience de 25 pays (2), l'OCDE tire le signal d'alarme : les enseignants qualifiés dans certaines disciplines, telles que les mathématiques, les langues et les sciences, se font rares. Face aux départs à la retraite massifs prévus dans les prochaines années, ce métier doit devenir plus attrayant, au risque de ne plus pouvoir inverser une spirale à la baisse. Dans un rapport sur le rôle crucial des enseignants, l'OCDE incite les gouvernements à élaborer une stratégie globale pour :
    - revaloriser l'image du métier en améliorant la compétitivité des rémunérations et des conditions de travail,
    - renforcer les compétences et les connaissances des enseignants grâce à un assouplissement de la formation initiale et un renforcement de la formation continue,
    - accorder plus d'autonomie aux établissements scolaires dans la gestion de leurs personnels,
    - améliorer l'évaluation des enseignants et récompenser "l'efficacité pédagogique",
    - consulter les enseignants sur la politique d'éducation.
    Pour l'OCDE, il s'agit de transformer les établissements scolaires en "communautés apprenantes spécialisées".

  • L'intégration des IUFM aux universités


  • La loi d'orientation pour l'avenir de l'école prévoit l'intégration des IUFM aux universités. La CDIUFM (3) a élaboré une charte (4) afin que cela se passe dans les meilleures conditions.
    Après avoir rappelé la mission des IUFM, ce texte demande des garanties pour un bon fonctionnement des instituts : une équipe de direction appropriée, des services clairement identifiés ainsi que des crédits et des emplois directement attribués. Il est souhaité également que les éléments qui permettent l'obtention d'un master, dans le cadre de l'intégration de la formation des enseignants dans le LMD, soient définis.
    Cette charte sera suivie d'un cahier de charges national, qui définira les principes fondamentaux de la formation des enseignants. La CDIUFM demande que ce document "fixe clairement les compétences attendues chez les futurs enseignants".
    Face aux inquiétudes des IUFM, Gilles de Robien se refuse à toute précipitation : selon lui, il est "envisageable d'éviter les intégrations précipitées et sans cadrage. La définition du cahier des charges pour ces instituts pour mars 2006 apparaît comme un objectif qui s'impose avant tout décision de transfer"."

  • Un nouveau profil de candidats et des épreuves renouvelées


  • Les concours enseignants, notamment celui de professeurs des écoles, sont en pleine mutation.
    Tout d'abord chez les postulants : les candidats venant du secteur privé sont de plus en plus nombreux. Pour répondre à cette demande, l'IUFM d'Orléans-Tours, par exemple, proposera une préparation spécifique dès la rentrée prochaine. Destinée aux salariés du privé et aux demandeurs d'emploi en reconversion professionnelle, cette formation sera compatible avec une activité professionnelle. Les cours auront lieu en soirée et le samedi matin.
    L'IUFM de Lyon s'était déjà lancé dans l'expérience en 2003 : 75 candidats avaient été inscrits la première année ; ils sont 175 en 2005.
    Le monde enseignant a tout à gagner de cette mixité sociale, car, comme l'explique la responsable de formation de l'IUFM de Lyon : "Ces nouveaux professeurs, grâce à l'expérience acquise et la variété de leurs profils, peuvent changer l'école."
    S'agissant du concours de professeur des écoles, de nouvelles épreuves plus généralistes seront introduites à partir de 2006. Les candidats devront se préparer aux épreuves suivantes : français, mathématiques auxquelles s'ajoutera une épreuve mixte d'histoire-géographie, de sciences expérimentales et technologie. Les épreuves orales, quant à elles, seront constituées d'un entretien avec le jury sur un dossier professionnel, d'un exposé ou d'une performance en musique, arts visuels ou littérature jeunesse et d'une épreuve de langues étrangères qui devient obligatoire, sans oublier une épreuve d'éducation physique et sportive.
    Les conditions d'inscriptions seront également modifiées : les candidats devront justifier de leur capacité à nager et d'une qualification minimale en matière de secourisme.



    Alors que la définition des missions de l'Ecole a été au cœur des débats sur la loi d'orientation, les enseignants seront les acteurs des évolutions à venir. Reste à savoir si le gouvernement pourra enrayer la pénurie qui s'annonce tout en garantissant un recrutement de qualité.


    Dépêches de l'AEF, 9 juin 2005 ; 13 juin 2005 ; 16 juin 2005.
    Le Figaro Entreprises, 13 juin 2005, p. 6.
    Le Monde, 5-6 juin 2005, p. 9.
    Le Monde - La Lettre de l'éducation, n° 489, 30 mai 2005, p. 4.

    1 Organisation de coopération et de développement économiques
    2 Allemagne, Australie, Autriche, Belgique, Canada (Québec), Chili, Corée, Danemark, Espagne, Etats-Unis, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Israël, Italie, Japon, Mexique, Norvège, Pays-Bas, République Slovaque, Royaume-Uni, Suède et Suisse.
    3 Conférence des directeurs d'institut universitaire de formation des maîtres
    4 www.amue.fr/Cdiufm



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