Education : synthèse de l'actualité (60)
Portrait des professeurs des écoles
     
Une enquête réalisée pour le Snuipp-FSu sur "les professeurs des écoles débutants et leur regard sur le métier".

[ Mots-clés : professeur des écoles, identité professionnelle ]
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Unapec
01-06-2004
78 % des professeurs des écoles ont le sentiment d'exercer un métier plutôt dévalorisant. Telle est l'une des réponses à l'enquête réalisée pour le Snuipp-FSU1 sur "les professeurs des écoles débutants et leur regard sur le métier". Si cette étude révèle que les jeunes enseignants sont gagnés par un certain pessimisme, elle montre aussi qu'en majorité, ils aiment leur métier.


Un professeur des écoles sur deux (46 %) a choisi ce métier dès l'enfance ou l'adolescence, 71 % par vocation. L'entrée dans le métier est pour 77 % des sondés jugée de manière positive. Les principaux motifs de satisfaction sont la réussite des élèves (66 %), les relations avec ces derniers (62 %) et la transmission des connaissances. 62 % estiment que "la réussite de tous les élèves est un objectif qui ne peut pas être atteint" Ils étaient 54 % à le penser en janvier 2001 lors d'un sondage réalisé alors par la Sofres. Ils sont cependant 85 % à considérer que cette réussite pourrait être possible "dans une école transformée".
Les différences de niveaux entre les élèves comptent parmi les problèmes les plus rencontrés. "L'échec persistant des élèves" est également cité. Il s'explique selon eux par des effectifs par classe trop importants (69 %), par la situation sociale des familles (60 %), mais aussi par les différences culturelles prônées par les enfants d'une part et par l'école d'autre part. Pour y remédier, les enseignants se prononcent pour un recentrage de l'enseignement sur les fondamentaux (lire, écrire, compter). La limitation des redoublements en primaire n'est pas satisfaisante pour 61 % des sondés.
Par ailleurs, la formation dispensée par les IUFM est vivement critiquée puisque 76 % d'entre eux ne la jugent "pas satisfaisante".
Quant au syndicalisme, il ne semble plus attirer les enseignants, 50 % d'entre eux refusant de s'y engager. Cette démotivation peut s'expliquer par les grèves du printemps 2003.
Le métier d'enseignant reste pourtant attractif et on constate que de plus en plus de salariés du privé ou encore des demandeurs d'emploi tentent les concours d'enseignement. Pour exemple, en 2003, ces convertis représentaient 15 % des admis au concours du professorat des écoles. Un recrutement à ne pas négliger selon l'étude publiée par le réseau d'information Eurydice. Cette enquête recense les expériences des pays européens pour attirer les jeunes et les salariés vers l'enseignement. L'idée est de proposer le développement de voies alternatives de formation. Pour répondre au sentiment de malaise des enseignants, d'autres idées sont proposées comme l'individualisation des salaires en fonction de la difficulté du poste occupé.


Les résultats du sondage sur les jeunes enseignants sont assez paradoxaux. Plutôt satisfaits professionnellement, ces derniers affirment aussi que leur métier n'est pas reconnu par la société. Ce sentiment de malaise doublé de la pénurie des vocations fait partie des problématiques auxquels sont confrontés les ministres européens de l'Education.

1Sondage réalisé par l'Institut CSA, en avril 2004 auprès de 2 184 enseignants de moins de cinq ans d'ancienneté. Rendu public lors du congrès du Snuipp-FSU (Seignosse, 1er - 4 juin)

Les Echos, 22 juin 2004, p. 2.
Dépêches de l'AEF, 1 juin 2004 ; 2 juin 2004.
Libération, 1er juin 2004, pp. 2-3.
Le Monde, 2 juin 2004, p. 35 ; 9 juin 2004, p. 11.


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