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Jésus fait sa rentrée

Temps de lecture : 12 minutes
Jésus fait sa rentrée

Évangile selon Saint Luc, 4, 16-30, 4 septembre 2017

1. Le texte d'évangile selon Saint Luc, 4, 16-30

Il vint à Nazareth, où il avait été élevé. Selon son habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture. On lui remit le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit :  L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur. Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui. Alors il se mit à leur dire : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre. » Tous lui rendaient témoignage et s’étonnaient des paroles de grâce qui sortaient de sa bouche. Ils se disaient : « N’est-ce pas là le fils de Joseph ? »  Mais il leur dit : « Sûrement vous allez me citer le dicton : “Médecin, guéris-toi toi-même”, et me dire : “Nous avons appris tout ce qui s’est passé à Capharnaüm ; fais donc de même ici dans ton lieu d’origine !” » Puis il ajouta : « Amen, je vous le dis : aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays. En vérité, je vous le dis : Au temps du prophète Élie, lorsque pendant trois ans et demi le ciel retint la pluie, et qu’une grande famine se produisit sur toute la terre, il y avait beaucoup de veuves en Israël ; pourtant Élie ne fut envoyé vers aucune d’entre elles, mais bien dans la ville de Sarepta, au pays de Sidon, chez une veuve étrangère. Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; et aucun d’eux n’a été purifié, mais bien Naaman le Syrien. » À ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux. Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu’à un escarpement de la colline où leur ville est construite, pour le précipiter en bas. Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin.

2. Le regard de sitEColes

L’Évangile de Saint Luc s’ouvre par les scènes de l’enfance, puis viennent la prédication de Jean Baptiste, le baptême du Christ et les tentations au désert. Avec cette page d’Evangile, nous voici à l’inauguration de ses paroles publiques. « Jésus retourna en Galilée avec la puissance de l’Esprit (...) Il enseignait dans leurs synagogues, glorifié par tous. » (Luc, 4, 14-15). Les choses vont se compliquer à Nazareth, où, déjà, la réaction de l’auditoire préfigure la Passion. (Verset 29). Jésus fait donc ici, en quelque sorte sa rentrée et expose son programme. Il le fait dans le cadre de l’organisation codifiée de la synagogue, comme toute rentrée en passe par le respect de quelques rites : « On lui remit le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre (...) Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit. ». Ce programme s’inscrit dans une histoire déjà connue du public, familier du prophète Isaïe, dont Jésus cite le début du chapitre 61 (versets 1-2a). Mais Jésus veut aussi rendre attentif à la nouveauté de ce temps qui s’ouvre : « aujourd’hui, s’accomplit ce passage de l’Ecriture que vous venez d’entendre. ». Ainsi en va-t-il de toute séance inaugurale, où il faut s’appuyer sur du connu, pour éveiller à l’émergence de l’inédit. Toute rentrée se fait ainsi sous le signe de la continuité et de la rupture.

Quant au programme, il est ambitieux : « porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs la libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur. ». Le croyant entend là, bien sûr la promesse de libération faite par Dieu à son peuple, depuis l’origine des temps : « je suis Yahvé ton Dieu qui t’ai fait sortir d’Egypte, de la maison de servitude. » (Exode, 20,2). Mais Dieu – Jésus- a besoin de notre collaboration, de notre engagement pour mettre en place ce programme. Nous pouvons nous rendre attentifs à cet appel comme éducateurs. Nous sommes conviés à libérer les enfants et les jeunes qui nous sont confiés de toute ce qui peut les opprimer, blessures de la vie, peur de l’échec...mais aussi de tant de déterminismes contemporains, la tyrannie de la consommation, l’enfermement dans des usages erronés des médias numériques...Nous avons à ouvrir les yeux de nos élèves pour qu’ils comprennent mieux le monde qui les entoure, pour qu’ils trouvent un sens à ce qu’ils vivent aujourd’hui, pour qu’ils puissent voir clair dans leurs projets.

Les auditeurs de Jésus sont perplexes devant un tel programme, énoncé par celui qu’ils ont vu grandir parmi eux. : « N’est-ce pas le fils de Joseph ? ». Et ils demandent des signes tangibles : « Nous avons appris tout ce qui s’est passé à Capharnaüm ; fais donc de même ici dans ton lieu d’origine. ». La réponse de Jésus invite à l’ouverture, à partir du dicton « nul n’est prophète dans son pays » et à partir de deux faits de l’Histoire du peuple hébreu : Elie envoyé, non pas aux veuves d’Israël, mais à une païenne, la veuve de Sarepta (Premier Livre des Rois, 12) et Elisée qui ne guérit pas les lépreux d’Israël, mais Naaman le syrien. (Second livre des Rois, 5). Ainsi, dès le début de l’Evangile, Jésus rappelle-t-il l’attention nécessaire à l’universel. Il vient pour toutes les nations, et non pour le seul salut d’Israël. Alors qu’aujourd’hui encore, la tentation de l’entre soi est si Document issu de sitEColes – Claude Berruer – Juillet 2017 forte, comment ne pas entendre cet appel à la sollicitude pour l’étranger, le différent. Et, en dehors des singularités ethniques, culturelles ou religieuses, il est bien des enfants et des jeunes qui vont, cette année encore, nous déconcerter par leur étrangeté. Mais c’est vers eux aussi que nous sommes envoyés. C’est pour eux que notre talent d’éducateur sera le plus sollicité.

Voici donc un « beau programme », bien exigeant. Enseignants, nous aurons à respecter les programmes officiels, mais plus encore à nous fixer un programme éducatif, soucieux de la croissance et de la libération de chacun. C’est ce qu’il nous faut annoncer et promettre, en cette rentrée, pour que cette nouvelle année soit une « année favorable accordée par le Seigneur. »

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