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Le judaïsme

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Le judaïsme

« Tous les chrétiens ont des racines hébraïques, déclare le pape François, et les deux traditions de foi ont pour fondement le Dieu unique, le Dieu de l’Alliance qui se révèle aux hommes à travers sa Parole. » Donnons-nous quelques repères sur aller à la découverte du judaïsme…

Le judaïsme est la religion des juifs. Ils ont un Dieu unique représenté par le tétragramme "YHWH", les juifs disent "Adonaï", le Seigneur.

Le fondateur en est Moïse et les autres principales figures sont Abraham, David, Salomon.

Le Livre sacré du judaïsme

L'ensemble des croyances et des traditions juives est exprimé dans une littérature qui remonte à l'Antiquité et se prolonge jusqu'à nos jours. Elle a été écrite pour la plus grande part en hébreu, mais aussi en araméen, langue parlée en Palestine et en Mésopotamie, puis, au Moyen Age, en arabe.

La Torah (qui signifie en hébreu enseignement), c'est la "loi" au centre de la Révélation. Le premier devoir du Juif est de se livrer tout au long de sa vie à son étude. Dieu a donné la Torah au peuple juif pour lui apprendre à devenir serviteur.

La Torah écrite est, selon la tradition, l'enseignement donné par Dieu à Moïse. Elle est constituée de 39 ouvrages rédigés à différentes époques par des auteurs qui transcrivent un savoir jusque là transmis oralement. Cette Bible écrite comprend trois parties :

  • La Torah proprement dite, ou Loi de Moïse, appelée encore Pentateuque, parce qu'elle réunit cinq livres : la Genèse, l'Exode, le Lévitique, les Nombres et le Deutéronome, lequel se termine par la mort de Moïse, vers 1200 avant Jésus-Christ.
  • Les Livres des Prophètes, ou les Neviim qui, au fil des siècles, ont renouvelé les appels à la sainteté lancés par la Torah. Ils vont de la mort de Moïse au retour d'exil de Babylone (536 avant Jésus-Christ).
  • Les Hagiographes ou écrits saints (les Ketouvim) : les Psaumes, poèmes attribués au roi David, les Chroniques, les Proverbes.
    Cette Bible juive est aussi appelée TaNaKh (à partir des initiales de ces trois parties)

La Torah orale ou Talmud interprète et complète la Torah écrite. Elle comprend :

  • La Halakah (en hébreu, "démarche" ou comment marcher sur les voies de Dieu) contient les commandements à suivre.
  • Les Aggadah (en hébreu, "légende") : ensemble de récits aidant à comprendre la Torah écrite.
  • Cette tradition orale a fini par être elle-même codifiée et rédigée : c'est la Mishna, texte du 3ème siècle, recueil des enseignements donnés depuis l'Exil jusqu'au 2ème siècle après Jésus-Christ.

Les commentaires sur la Mishna ont à leur tour été recueillis dans le Talmud (enseignement) : le Talmud de Jérusalem (fin du 4ème siècle), le Talmud de Babylone (6ème siècle).

Les différentes branches du judaïsme :

  • Les séfarades (juifs originaires d'Espagne et d'Afrique du Nord)
  • Les ashkénases (juifs d'Europe de l'Est et Centrale)
  • Les hassidim (les "pieux", qui privilégient la prière par rapport à l'étude des textes).

La prière

Selon le Talmud, la prière est "le service du cœur" ; elle est vécue comme une conversation intime avec Dieu. Le noyau le plus ancien de cette prière est le "Shema Israël" (Écoute Israël), constitué de trois passages bibliques tirés du livre du Deutéronome et du livre des Nombres. « Écoute Israël, l'Eternel est notre Dieu, l'Eternel est un ! Loué soit à jamais le nom de son règne glorieux ! » Cet appel signifie que le juif doit se tenir à l'écoute de l'Eternel son Dieu, qui est en quête de l'homme. Mais cette effusion du cœur suppose que l'être humain, qui se tient debout face à son Dieu, ait un cœur pur et qu'avant de prier, il se concentre spirituellement. Le croyant doit se rappeler sans cesse que la Loi est l'âme et la raison d'être d'Israël. Et comme autant d'aide-mémoire, quatre commandements sont soulignés dans ce "Shema Israël" et donnent lieu à des signes concrets de la foi juive que nous n'avons pas été sans remarquer lorsque nous observons les coutumes juives.

« Tu fixeras les paroles en signe sur la main et en témoignage entre les yeux. » : ce sont les phylactères ("les téfilin"), ces petites boîtes carrées de cuir noir qui renferment de petits rouleaux de parchemin et qui sont fixées sur le bras gauche et sur le front. Il y a aussi sur les portes des maisons, la mezouza, une applique ornementée que les juifs aiment à toucher de la main en entrant et en sortant.

Pour prier, les hommes mettent une calotte, appelée "kippa" et un châle de prière, le "talith", recouverts de franges, "les tsitsits".

Les juifs sont censés prier trois fois par jour : matin, après-midi et soir. Cela peut être seul mais il est préférable de prier en groupe (un quorum de dix personnes de sexe masculin de plus de treize ans).

La prière communautaire publique à la synagogue, l'amida, est faite debout vers Jérusalem. Elle est la prière par excellence et se termine par le souhait de la paix dans l'attente de la révélation de Dieu sur terre. Des prières particulières sont récitées lors du sabbat, pour les grandes et les diverses circonstances de la vie. L'homme et Dieu s'interpellent et se répondent dans un dialogue incessant depuis la création jusqu'à la fin du monde.

Le lieu de prière : la synagogue

Le judaïsme est tourné à la fois vers la communauté et vers la famille. Dans le monde moderne, on peut s’en rendre compte à travers les deux principaux lieux de l’espace sacré : la synagogue et le foyer. En effet, les fêtes se déroulent pour une partie, dans la synagogue, et pour une autre partie, dans la maison, véritable centre de la vie religieuse.

Le mot synagogue vient du grec et signifie "rassemblement".

La synagogue est née au début de la diaspora, lorsque le Temple fut détruit pour la première fois et que les juifs furent exilés à Babylone. Il leur fallut alors trouver un lieu pour se retrouver et prier. Centre communautaire et lieu d’enseignement, elle est devenue lieu de culte. Une synagogue est toujours orientée vers Jérusalem. Une plaque, le Mizrakh (Orient), posée sur un des murs indique la direction de Jérusalem. Tout est centré autour de la Torah. Le texte, inscrit sur deux rouleaux, est placé dans une niche nommée l’Arche d’Alliance. Comme dans le Temple, une lampe toujours allumée, suspendue au plafond, brûle en signe de la présence divine.

Au milieu de la salle, une estrade surélevée (la Binah) comporte un pupitre pour lire le texte. Dans certaines synagogues, les femmes se trouvent au premier étage, séparées des hommes comme c’était le cas dans le Temple ; dans d’autres synagogues, elles se placent à gauche et les hommes à droite ; dans d’autres enfin, il n’y a aucune séparation. La menorah (chandelier à sept branches) est également présente. Généralement toute représentation humaine est interdite dans les synagogues.

Les pratiques alimentaires

Le repas de midi est précédé de la même prière que celui du matin et on se lave encore les mains. Ensuite, on remercie Dieu pour la nourriture reçue.

Il existe des règles alimentaires issues de la Torah. Ces règles, qui seraient considérées aujourd'hui comme une diététique spirituelle, s'appellent la casherout. Le juif mange casher, ce qui veut dire que certains aliments lui sont interdits.

Parmi les animaux à quatre pattes, il n'a pas le droit de manger la chair des mammifères qui n'ont pas le sabot fendu et qui ne sont pas des ruminants (exemple : porc, cheval…). Parmi les oiseaux, une liste cite le nom de ceux qui sont interdits ; dans l'ensemble, les volailles domestiques sont autorisées. Parmi les poissons, ne sont comestibles que les poissons ayant à la fois des nageoires et des écailles, ce qui élimine les crustacés, les fruits de mer… Il faut bien comprendre que derrière ces prescriptions casher, comme pour les musulmans, les conditions de conservation dans des pays chauds ont joué un grand rôle. On retrouve de semblables pratiques avec la vache sacrée en Inde : par souci écologique, les bouses de vache servant de combustible, on réduit l'abattage des forêts.

En ce qui concerne les recettes chez les Juifs, on doit suivre aussi certaines règles : la viande n'est bonne que si l'animal a été tué selon des règles précises qui ont pour but de ne pas faire souffrir la bête, puis de la vider entièrement de son sang. Cette viande doit ensuite subir un traitement : lavée, salée, ou bien purifiée par le feu, elle deviendra casher et pourra être cuisinée.

Quant aux menus, la famille qui mange casher ne pourra les composer n'importe comment. On dirait aujourd'hui qu'elle doit équilibrer les repas. Le principe de base vient d'une petite phrase, deux fois citée dans la Bible qui ordonne : « Tu ne feras pas cuire l'agneau dans le lait de sa mère. » Donc pas de lait ou de laitages après la viande et pas de fromages ordinaires à la fin d'un repas casher au cours duquel la viande a été servie.

Les pratiques vestimentaires

Les juifs doivent avoir la tête couverte en permanence, pour signifier qu'ils ne sont que des créatures de Dieu et que leur créateur est au-dessus d'eux. Ils portent alors une petite calotte, la kippah, parfois sous un chapeau à l'extérieur. Pour la prière, les hommes portent de plus des tefillin, attachés au front et au bras gauche. Il s'agit de petites boîtes qui renferment des parchemins sur lesquels sont écrits des textes de la Torah. Ils portent également le tallit, châle de prière avec, aux quatre coins, des franges de couleur blanche appelées tsitsit.
Ces prescriptions ne concernent que les hommes.

Les étapes de la vie

La circoncision
Pour renouveler l'alliance nouée entre Dieu et son peuple, le petit garçon est circoncis à huit jours. Une cérémonie est prévue pour une petite fille qui reçoit alors son prénom.

La bar-mitzwah ou l'entrée du jeune garçon dans la communauté religieuse.
Après un apprentissage religieux où il acquiert des connaissances en Bible et en Talmud, le jeune garçon, lors d'une cérémonie qui se déroule lorsqu'il a 13 ans, est capable de mener la prière (comme tout juif adulte) et d'observer les commandements ou mitzwot (pluriel de mitzwah). Lors d'une cérémonie moins pompeuse, la fillette devient bat mitzwah et devient ainsi capable de prendre des responsabilités religieuses surtout dans le domaine domestique.

Le mariage
La cérémonie devant un rabbin est très sobre. Le mariage peut être interrompu par le divorce ou guet.

La mort est très rapidement suivie de l'enterrement, dans les 24 heures si possible, qui consiste en des récitations de prières près du défunt, notamment le quaddish.

Les fêtes juives

Pessah, la fête de Pâque
Elle est fêtée en mars-avril et elle commémore le temps où Moïse conduisit son peuple hors d’Egypte, lors des débuts de la nation juive. La famille se regroupe autour d’un repas de cérémonie, le séder et elle se raconte la fuite d’Egypte et chante des chants de louange à Dieu. Pour cela un enfant pose quatre questions tirées du texte de la Haggada auxquelles on répond en racontant l’histoire depuis le début.
La nourriture posée sur l’assiette du séder est là pour rappeler cette histoire des Hébreux dans l’Egypte ancienne. On y trouve : de la viande (l’agneau sacrifié lors de la première Pâque), des herbes amères reflétant l’amertume de l’esclavage, l’oeuf rappelant aux Juifs les sacrifices des temps bibliques, des légumes verts représentant le printemps et le renouveau de la vie et le haroset (pâte à base de noix et de fruits écrasés) symbolisant le mortier qu’utilisaient les  esclaves juifs pour bâtir les cités.

La fête des semaines – Chavouoth - (devenue la fête de la Pentecôte)
Elle est liée à la moisson des blés et elle commémore la promulgation de la Loi sur le Sinaï (Exode 19-20). La fête dure deux jours et à la synagogue, les fidèles lisent les Dix commandements et le livre de Ruth. Lors de cette fête certains fidèles consomment des produits laitiers, commémorant ainsi un temps où les Hébreux, alors qu’ils attendaient la proclamation des dix commandements en évitant de consommer de la viande interdite par la loi, ne mangeaient que ces produits.

Roch Hachana (Jour de l’An)
Fête honorant la création du monde, elle marque la nouvelle année juive. Elle est également le moment où Dieu pèse les bonnes et les mauvaises actions de chacun et décide de son sort pour l’année à venir. Son jugement est consigné dans trois livres : un pour le bien, un pour le mal et un pour la moyenne. Le jugement final n’intervient que 10 jours plus tard à Yom Kippour. Ce jour de fête, les services à la synagogue sont plus longs et plus solennels que d’habitude. Ils comportent une confession et des prières de repentir et le son du shofar (instrument fabriqué avec une corne de bélier, en mémoire du sacrifice d’Abraham) représente un appel au renouveau, à méditer sur l’année écoulée et à prendre de bonnes résolutions pour celles qui s’annoncent. Il est coutume aussi de se rendre au bord de la mer ou d’une rivière pour réciter des prières. Les fidèles en un geste symbolique vident leurs poches et jettent dans l’eau des miettes de pain symbolisant leurs péchés. Cette tradition s’appelle tashlikh (« rejeter » en hébreu).

Yom Kippour (Jour du Grand Pardon)
C’est le jour le plus saint du calendrier juif, qui se situe 10 jours après Roch Hachana. La plupart des fidèles passent leur journée à prier à la synagogue pour expier leur péché auprès du créateur. On y lit en particulier le livre de Jonas pour illustrer la compassion de Dieu. Le service de Yom Kippour se termine sur le son d’un unique coup de shofar, puis chacun s’en retourne chez soi, purifié et empli de bonnes résolutions.

Hanoukka (Fête des lumières)
Commémorant la libération du Temple de Jérusalem en -154. Pendant cette fête qui se déroule sur 8 jours, il est prescrit d'allumer chaque soir, une lumière sur un chandelier à 9 branches pour rappeler le miracle de la lampe à huile. Hanoukka est aussi célébrée comme la fête des enfants.

Pourim
Fête célébrant le triomphe, rapporté par le livre biblique d'Esther, des juifs exilés sur leur ennemi, le ministre du roi des Perses, Haman. Elle a lieu les 14 et 15 du mois d'adar (février-mars).
Le livre d 'Esther raconte que, sous le règne d'Assuérus (486-465 av JC), les juifs de Perse et de Médie sont menacés dans leurs vies par Haman, qui a fait le projet de les anéantir. Haman a jeté les pourim, c'est-à-dire les " sorts ", afin de savoir quel jour était le plus propice à l'extermination des juifs : la date est finalement fixée pour le 13 adar. Mais la reine, Esther, qui est juive, se présente devant le roi et l'implore. Le complot se retourne contre Haman qui est pendu. Les juifs sont réhabilités dans tout l'empire. La Bible rapporte enfin comment en souvenir de ce retournement, les 14e et 15e jours du mois d'adar seraient désormais des jours de joie et de liesse pour toutes les générations à venir.
Pourim est une grande fête populaire. Elle se traduit par une mascarade ou un carnaval. L'histoire d'Esther est jouée par des enfants déguisés, agitant des crécelles. De grands défilés se forment dans les rues. C'est l'expression d'une joie après l'angoisse.
Le festin est de rigueur et on n'oublie pas de donner des cadeaux et d'être charitable envers les pauvres pour que tous puissent participer.
Pourim est une fête religieuse car le récit tend à montrer que les juifs, en proie à la persécution, sont sauvés grâce à la présence cachée de Dieu qui guide l’histoire.

Soukkot, la fête des cabanes
Elle dure une semaine et commémore l’époque où les Israélites vivaient dans les cabanes, lors de la sortie d’Egypte. Divers rites de commémorations s’y rattachent : en particulier la prescription pour les juifs de résider dans une soukka (une sorte de hutte souvent décorée). On y pratique aussi la bénédiction des quatre plantes (palme, cédrat, myrte et saule). Ces plantes, appelées lilas, symbolisent l’agriculture dont nous dépendons tous.
Le 8ème jour de Soukkot est célébré Chemini Atsérète qui marque le début de la saison des plais en terre d’Israël ; durant ce jour, on fête la simhat Torah qui marque la fin du cycle annuel de la lecture de la Torah

N.B.Les fêtes juives débutent toujours la veille à la tombée de la nuit.

Pour en savoir plus
Les religions expliquées aux enfants : découverte de 3 grandes religions à travers le récit de 6 enfants : Déborah et Noam (Juifs) ; Blandine et Pierre (Catholiques) et Yamina et Djam ( Musulmans)
E-Talmud, un site ludique pour s’initier au judaïsme.

 

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