Accueil > Textes à méditer

Textes à méditer : Démocratie

Temps de lecture : 20 minutes
Textes à méditer : Démocratie

Les couleurs de l'amitié ; A qui la faute ? ; Les outils du charpentier ; D'où viennent les règles ? ; Les droits de l'écolier

« La démocratie ne peut pas fonctionner à moins que ceux qui expriment leur choix soient prêts à choisir judicieusement. C'est pourquoi le vrai garant de la démocratie, c'est l'éducation. »

Franklin D. Roosevelt


Les couleurs de l'amitié 

Un jour, toutes les couleurs du monde se mirent à se disputer entre elles, chacune prétendant être la meilleure, la plus importante, la plus belle, la plus utile, la favorite.
Le vert affirma : « Je suis le plus essentiel, c’est indéniable. Je représente la vie et de l'espoir. J'ai été choisi pour l'herbe, les arbres et les feuilles. Sans moi, les animaux mourraient. Regardez la campagne et vous verrez que je suis majoritaire. »
Le bleu prit la parole : « Tu ne penses qu’à la terre mais tu oublies le ciel et l’océan. C’est l’eau qui est la base de la vie alors que le ciel nous donne l’espace, la paix et la sérénité. Sans moi, vous ne seriez rien. »
Le jaune rit dans sa barbe : « Vous êtes bien trop sérieux. Moi j’apporte le rire, la gaieté et la chaleur dans le monde. La preuve, le soleil est jaune, tout comme la lune et les étoiles. Chaque fois que vous regardez un tournesol, il vous donne le goût du bonheur. Sans moi, il n’y aurait aucun plaisir sur cette terre. »
L’orange éleva sa voix dans le tumulte : « Je suis la couleur de la santé et de la force. On me voit peut-être moins souvent que vous mais je suis utile aux besoins de la vie humaine. Je transporte les plus importantes vitamines. Pensez aux carottes, aux citrouilles, aux oranges, aux mangues et aux papayes. Je ne suis pas là tout le temps mais quand je colore le ciel au lever ou au coucher du soleil, ma beauté est telle que personne ne remarque plus aucun de vous. »
Le rouge qui s’était retenu jusque-là, prit la parole haut et fort : « C’est moi le chef de toutes les couleurs car je suis le sang, le sang de la vie. Je suis la couleur du danger et de la bravoure. Je suis toujours prêt à me battre pour une cause. Sans moi, la terre serait aussi vide que la lune. Je suis la couleur de la passion et de l’amour, de la rose rouge, du poinsettia et du coquelicot. »
Le pourpre se leva et parla dignement : « Je suis la couleur de la royauté et du pouvoir. Les rois, les chefs et les évêques m’ont toujours choisie parce que je suis le signe de l’autorité et de la sagesse. Les gens ne m’interrogent pas, ils écoutent et obéissent. »
Finalement, l’indigo prit la parole, beaucoup plus calmement que les autres mais avec autant de détermination : « Pensez à moi, je suis la couleur du silence. Vous ne m’avez peut-être pas remarquée mais sans moi vous seriez insignifiantes. Je représente la pensée et la réflexion, l’ombre du crépuscule et les profondeurs de l’eau. Vous avez besoin de moi pour l’équilibre, le contraste et la paix intérieure. »
Et ainsi les couleurs continuèrent à se vanter, chacune convaincue de sa propre supériorité. Leur dispute devint de plus en plus sérieuse. Mais soudain, un éclair apparut dans le ciel et le tonnerre gronda. La pluie commença à tomber fortement. Inquiètes, les couleurs se rapprochèrent les unes des autres pour se rassurer.
Au milieu de la clameur, la pluie prit la parole : « Idiotes ! Vous n’arrêtez pas de vous chamailler, chacune essaie de dominer les autres. Ne savez-vous pas que vous existez toutes pour une raison spéciale, unique et différente ? Joignez vos mains et venez à moi. » Les couleurs obéirent et unirent leurs mains.
La pluie poursuivit : « Dorénavant, quand il pleuvra, chacune de vous traversera le ciel pour former un grand arc de couleurs et démontrer que vous pouvez toutes vivre ensemble en harmonie. L’arc-en-ciel est un signe d’espoir pour demain. Et, chaque fois que la pluie lavera le monde, un arc-en-ciel apparaitra dans le ciel, pour nous rappeler de nous apprécier les uns les autres. »

Anonyme


À qui la faute ?

Dans une paisible contrée, un lac déborda soudain, noyant brutalement les terres qui étaient en contrebas. Ce fut une terrible catastrophe ! Des jardins furent emportés, des villages submergés, des hommes précipités dans les eaux grondantes.
Lorsque la décrue s’amorça, les survivants en colère allèrent se plaindre auprès des divinités. Ils furent reçus par celle qui avait en charge le juste équilibre des choses et exposèrent leur requête. La divinité convoqua donc le lac et le somma de se justifier.
– Ce n’est pas ma faute, répondit le lac. La rivière qui m’alimente a brusquement grossi et j’ai soudain gonflé comme une outre.
On convoqua donc la rivière.
– Ce n’est pas ma faute répliqua-t-elle. Les torrents qui se jettent dans mes eaux ont cette année doublé de volume. Comment pouvais-je les retenir ?
On convoqua donc les torrents.
– Ce n’est pas notre faute, s’excusèrent-ils. Les neiges des montagnes ont fondu en quelques jours seulement et nous ont grossis comme des fleuves.
On convoqua donc les neiges des montagnes.
– Ce n’est pas notre faute, plaidèrent-elles. D’habitude, les sapins nous retiennent sur les hauteurs, mais cette année les hommes ont coupé tous les arbres à la fin de l’hiver.
Les villageois se firent alors tous petits, s’excusèrent auprès de tout le monde et reprirent leur chemin, songeurs.

Michel Piquemal  (Les philo-fables pour la terre)


Les outils du charpentier

Il y avait une fois, il y a bien longtemps de cela, dans un petit village nordique, un atelier de charpentier. Un jour que le Maître était absent les outils se réunirent en grand conseil sur l’établi. Les conciliabules furent longs et animés, ils furent même véhéments. Il s’agissait d’exclure de la communauté des outils un certain nombre de membres.
L’un prit la parole : « Il nous faut, dit-il, exclure notre sœur la scie, car elle mord et elle grince des dents. Elle a le caractère le plus grincheux du monde ».
Un autre dit : « Nous ne pouvons conserver parmi nous notre frère le rabot qui a le caractère tranchant et qui épluche tout ce qu'il touche ». 
« Quant au frère marteau, dit un autre, je lui trouve le caractère assommant. Il est tapageur. Il cogne toujours et nous tape sur les nerfs. Excluons-le ». 
« Et les clous ? Peut-on vivre avec des gens qui ont le caractère aussi pointu ? Qu'ils s'en aillent ! Et que la lime et la râpe s'en aillent aussi. A vivre avec elles, ce n'est que frottement perpétuel. Et qu'on chasse le papier de verre dont il semble que la raison d'être dans cet atelier soit de toujours froisser ! »
Ainsi discouraient en grand tumulte les outils du charpentier. Tout le monde parlait à la fois. L'histoire ne dit pas si c'était le marteau qui accusait la scie et le rabot la lime, mais il est probable que c'était ainsi, car à la fin de la séance, tout le monde se trouvait exclu.
La réunion bruyante prit fin subitement par l’entrée du charpentier dans l’atelier. On se tut lorsqu'on le vit s'approcher de l'établi. Il saisit une planche et la scia avec la scie qui grince. La rabota avec le frère rabot au ton tranchant qui épluche tout ce qu'il touche. Le frère ciseau qui blesse cruellement, notre sœur la râpe au langage rude, le frère papier de verre qui froisse, entrèrent successivement en action. Le charpentier prit alors nos frères les clous au caractère pointu et le marteau qui cogne et fait du tapage. Il se servit de tous ses outils au méchant caractère pour fabriquer un berceau pour accueillir un enfant à naître.

Légende suédoise


D’où viennent les règles ?

Au début, les règles venaient souvent d’un chef. Ce que le chef décidait devenait la loi que tout le monde devait respecter. Et les gens obéissent à la loi parce qu’elle est décidée par le chef. Pas parce que la loi est juste, bonne, ou décidée par tout le monde, pas parce qu’ils sont d’accord. Évidemment, ce système est dangereux : le chef peut tout décider, donc il peut aussi décider des choses mauvaises. Il peut faire des lois qui ne servent pas du tout à rendre la vie en groupe plus facile, plus agréable ; il peut faire des lois qui servent à rendre sa vie à lui plus facile et plus agréable.
Plus personne ne veut ce genre de chefs. Alors, on a inventé un autre système.
Aujourd’hui, normalement, les chefs ne font pas la loi. Pourtant, on croit souvent que le chef d’un village ou d’une ville, le maire, ou que le chef du pays, le président de la République, peuvent tout décider, peuvent faire les lois.
Mais le plus grand chef a un chef : tous les autres qui ne sont pas chefs. Le vrai chef, c’est les autres. Tout ce système, que les hommes ont inventé pour mieux vivre ensemble, s’appelle une démocratie.

Brigitte Labbé et Michel Puech (Les chefs et les autres, Ed. Milan, 2005)


Les droits de l’écolier

1 - L’enfant a le droit d’être reconnu, accueilli sans discrimination.
L’école donne toute sa place à chaque enfant.
2 - L’écolier a droit à un environnement favorable à son épanouissement.
Il trouve à l’école des espaces de vie et de travail adaptés à l’appropriation des connaissances et au développement harmonieux de tout son être.
3 - L’écolier a le droit de vivre le temps de son enfance.
Les rythmes de travail sont conçus pour l’enfant et non pour l’adulte ou l’institution.
4 - L’enfant a le droit d’être éduqué à l’autonomie et à la liberté pour devenir acteur de sa propre évolution.
L’école lui apporte les connaissances de base, les moyens d’acquérir une démarche personnelle d’apprentissage et l’occasion de développer son sens critique.
5 - L’écolier a droit au développement de sa créativité.
L’école sauvegarde, à côté du rationnel, la place de l’imaginaire et fait découvrir les richesses d’une vie intérieure.
6 - L’écolier en difficulté a le droit d’être aidé.
L’école lui apporte le soutien que nécessite sa situation personnelle.
7 - L’enfant a le droit d’apprendre la vie en société.
L’école lui offre le témoignage d’une communauté éducative, vivante et impliquée.
8 - L’écolier a droit à la reconnaissance de ses origines culturelles.
L’école est un lieu de découverte de toutes les cultures et de leurs richesses.
9 - L’enfant a le droit d’être aidé pour découvrir la valeur de ses choix, de ses actes et de sa parole.
L’école apprend  à l’enfant à vivre en relation dans une solidarité responsable.
10 - L’écolier a droit à une éducation aux valeurs.
L’école l’aide à découvrir et à vivre des valeurs adoptées à son temps, qui lui permettent de se construire.
11 - L’enfant a droit à la vie spirituelle quelles que soient ses croyances.
La communauté éducative doit éveiller l’enfant à la vie spirituelle dans la fidélité à son projet éducatif et le respect de la liberté de choix de chacun.
12 - L’enfant a le droit de recevoir dans une école chrétienne une proposition de la foi, en référence à l’Evangile, dans le respect de sa liberté de conscience.
L’enfant a le droit de trouver dans l’école privée catholique la prise en compte effective des droits énoncés ci-dessus.

Ces « droits de l’écolier » ont été promulgués lors des Assises Nationales de l’école catholique - Nogent-sur-Marne les 28, 29 et 30 octobre 1986


Allégorie de la Démocratie, Grisard, Bronze (Musée des Beaux-Arts de Sain-Lô)
© crédit photo Pierre Yves Le Meur, Vincent Laisney / Balloïde photo, service de communication - Mairie de Saint-Lô.

Commentaires

Pas encore de commentaires.

Ajouter un Commentaire

* Informations obligatoires
(ne sera pas publiée)
 
Avertissez-moi des nouveaux commentaires par e-mail.
 
J'ai lu et j'accepte les conditions d'utilisation. *
 
 
Powered by Commentics